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Mon Révérend Père
Le travail que vous présentez aujourd’hui à nos frères et sœurs du Tiers-Ordre est le fruit d’une expérience déjà longue. Depuis plusieurs années votre activité sacerdotale et religieuse s’exerce presque exclusivement parmi eux. En contact incessant avec nos Fraternités, de l’Ouest, vous vous êtes rendue compte, d’une manière très concrète, très pratique, de la valeur incomparable de cette Institution, de sa merveilleuse efficacité pour la rénovation spirituelle de nos paroisses et de nos populations ; mais vous avez eu aussi l’occasion de le dire et de le redire : Le Tiers-Ordre répondra aux desseins de Dieu et de l’Église dans la mesure même où les Tertiaires seront vraiment de véritables enfants de saint François , les dignes héritiers et disciples de son esprit au milieu de monde.
Trop souvent, vous l’avez constaté vous-même, nombre d’entre eux s’arrêtent à la lettre du texte de leur Règle, sans chercher à en pénétrer l’esprit. C’est ainsi que plusieurs en jugent les prescriptions trop peu exigeantes, trop peu sévères et sont tentés de chercher ailleurs une règle de vie chrétienne plus rigoureux et plus adapté, leur semble-t-il , à leur désir de perfection dans le monde. D’autres, par contre, s’attachant avec un zèle louable, que l’on désirerait plus éclairé, aux moindres prescriptions, oublient malheureusement l’essentiel ; faire passer l’esprit du Fondateur dans leurs activités quotidiennes. La Règle n’est plus pour eux une « forme de vie», elle n’est qu’un Code, un recueil de lois excellents sans doute, mais sans influence réelle et pratique sur les détails de l’existence. Si la formule n’était trop sévère, on pourrait appeler cet état d’esprit : le pharisaïme du Tiers-Ordre.
Il va de soi qu’une connaissance approfondie du texte littéral de la Règle reste indispensable pour qui veut connaître le Tiers-Ordre et se obligations. Mais pour vous, et c’est là la caractéristique ce votre travail, vous vous êtes appliqué à le révéler les trésors cachés. Vous aidez à découvrir le fruit sous l’enveloppe, la sève sous l’écorce, l’esprit sous la lette de l’Évangile, un traité de perfection chrétienne, une voie sûre pour aller à Dieu. Par déjà la lettre, s’ouvrent des perspectives nouvelles et insoupçonnées pour une vie spirituelle plus riche et plus féconde.
Je suis heureux de vous offrir mes plus vives félicitations pour cet excellent travail. Il a le mérite de faire connaître l’esprit de la Règle, d’aider à en mesurer toute la richesse, obligation personnels, familiales et sociales. Il a le mérite, montrer à nos Tertiaires comment ils peuvent et doivent étudier leur Ordre pour le réaliser en Association puissante, au service de Dieu et de l’Église.
Veillez agréer, mon Révérend Père, l’assurance de mes sentiments religieusement dévoués en Notre-Seigneur et Notre Séraphique Père.
Fr. Corentin Le Grand
Ministre Provincial de Saint-Denis
Couvent de Kermabeuzen- Quimper
Le 23 janvier 1940 |