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Il y a des années, nous écrivions des Élévations, un commentaire de la Prière de Sœur Élisabeth de la Trinité, Carmélite de Dijon : «O mon Dieu, Trinité que j’adore.» Les pages consacrés à la contemplation du Mystère de Dieu, Un et Trine, on très bien accueillies et très répandues. (1)
Nous voudrions refaire ce commentaire, nous plaçant, cette fois, au point de vue de la Sainte Eucharistie et, en particulier, après sa réception dans la saint Communion. Il nous a semblé que cette prière pouvait servir d’admirable cadre à des considérations biens utiles au moment où Jésus-Christ, en pleine possession de l’âme, veut l’attirer sur les hauteurs de Dieu et la faire communier à ses propres états.
Les instants qui suivent cette communion bien-heureuse étant les plus précieux de notre dévotion à la Sainte Trinité et à Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est l’heure de nous arracher à nous-mêmes, pour nous plonger en le mystère de Dieu. Nous y aurons, du reste, tout avantage ; nous ne sauvegardons jamais mieux nos propres intérêts qu’en assurant ceux de Dieu. Et pour s’être abîmés en lui, notre âme n’en peut revenir que plus transfigurée en Jésus, son amour, et, dès, lors, plus déifiée.
Ces considérations, très simples, ne seront lues que très lentement, phrase par phrase, et comme en oraison. Elles ont été écrites dans nos « actions de grâces », demandant à Dieu et suppliant son Esprit-Saint de nous éclairer et de nous enflammer de lui-même. Seul, en effet, il inspire celui qui cherche en regardant Jésus, à contempler la Face du Père, par son Christ, dans l’Amour. Alors, se fait , en nous, le rayonnement de sa vie, vie divine s’épanchant dans l’âme, lorsque, pleine de celle-ci, elle s’élève et s’écrire :
O mon Dieu Trinité que j’adore.
Référence -1
Prière de Sainte Élisabeth de la Trinité.
Prière de Sainte Élisabeth de la Trinité.
O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, me faire sortir de vous, mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieus de votre repos ; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois à toute entière, tout éveillé en ma foi, tout odorante, toute livrée à votre action créatrice.
O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre cour ; je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais aussi aimer jusqu’à en mourir. Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me revêtir de vous-même, d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.
O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous ; puis, à travers tous les nuits, tous les vides, toutes le impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. O mon Astre aimé, fasciniez-,moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.
O Feu consumant, Esprit d’amour, survenez en moi, afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe `que je lui sois une humanité de surcroît, en laquelle il renouvelle tout son mystère.
Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature ; ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances.
O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perd, je me livre à vous comme une prière ensevelissez-vous en moi, pour que je m’ensevelisse en vous, en attenant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.
Synthèse doctrinale
Qui dira les multiples merveilles qu’opère en une âme la sainte communion à jésus-Hostie ! L’eucharistie, sacrifice et sacrement, est au centre des œuvres du Dieu un en essence et trine en personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et cela, pour y être le divin instrument de la glorification de ce même Dieu, Trinité, qu’on adore. C’est pourquoi, quand, par l’Hostie, Jésus daigner descendre en nous, envahissant tout notre être, c’est, avant tout, pour nous rendre, en plénitude à l’Unité de la bienheureuse Trinité, notre principe et notre fin. Il n’y a pas d’autre sainteté.
Et, d’abord, Jésus-Hostie, l’Homme-Dieu, vient apprendre à notre âme comment on adore cette Trinité. Il l’établit, dès lors, dans cette paix, aussi profonde qu’Immuable, qui permet de demeurer sous l’action créatrice de celui qui réalise, en elle, toujours plus et toujours mieux, le plan éternel et gratuite de sa prédestination.
Pour se prêter pleinement ; à cette action, l’âme remplie de la vertu de l’Hostie à laquelle elle vient de communier, abîme de Jésus crucifié, de toute son amour, elle lui consacre et lui voue tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle a. Elle le supplie de l’identifier à lui-même, pour n’être plus qu’un rayonnement des propres perfection de son Dieu.
C’est alors que Jésus-Hostie l’entraîne à la contemplation du Verbe, sa Personne adorable. Dans sa docilité à écouter la Parole vivante qu’il est, attentive aux impulsions de la grâce qui la déifie, l’âme vit et reste, pacifique, sous la clarté de la Lumière, dût-elle traverser les épreuves les plus crucifiantes de la vie intérieur.
Emportée si haut en Dieu et soumis, par l’Hostie, aux influences transformantes de l’Esprit- Saint, elle l’appelle à son aide, pour qu’il daigne faire de son être comme une humanité de surcroît, on dirait un autre Christ, qui renouvelle en cet être tout le mystère de sa vie, des états des grâces de Jésus.
C’est ainsi que l’âme devient, par l’Hostie, la fille du Père céleste. Mieux encore qu’au baptême, il se penche sur elle, il la reconnaît, toujours plus, pour son enfant très chère; il la livre totalement à la puissance d’une grâce qui développe sans cesse, en elle, le mystère de sa filiation adoptive.
L’âme est devenue la proie de Dieu. Il fait d’elle ce que son amour exige, Jésus-Hostie l’a conquise à fond ; elle reste comme ensevelie en lui, et c’est le triomphe de l’Eucharistie. Dieu est tout en tout, dans cette âme ; elle se sent établie au seuil de la vision que achèvera un jour, sa ressemblance avec le Dieu qui ne l’a créée qu pour lui. Elle n’a plus d’autre attente.
À la Trinité, l’âme s’est élevée, par l’Hostie
Références
( 1 ) O Mon Dieu, Trinité que j’adore. Élévations- Éditions de Maredaous, -45millles