Si
la Règle propose au Tertiaire quelques éléments
de vie extérieures capables de modifier sa manière
d’exister, a un milieu du monde, afin de l’aider «à
y vivre sans en être», à plus forte raison,
va-t-elle essayer de modeler son comportement intérieur,
son âme, pour l’orienter et la monter vers le Christ.
Habillement et logement,
loisirs et repos, nourriture et bonne chair, sont le fait de la
personne consacrées au Christ, dans le siècle, comme
de celle qui ne l’est pas. Mais il y a la manière
de l’une et celle de l’autre, la mentalité
différente de l’une et de l’autre sur ces points.
Et cela change tout.
Conduire l’homme à
l’homme, ou aider l’homme à
marcher vers le Christ, ce sont là deux méthodes,
de valeur très distinctes.
Pour cette marche ascendante
de l’humain vers le divin, du charnel au spirituel, de la
copie vers le Modèle, il faut à celui qui vient
tenter l’aventure, des forces, tout un équipement,
une habitude de voir en idéal poursuivi avec persévérance,
non pas l’homme qui se réduit à lui-même,
mais l’homme qui se dépasse
jusqu’au Christ.
Ceci est tellement contraire
aux méthodes de ceux qui l’entourent.
C’est pourquoi la
Règle du Tiers-Ordre prévoit pour ceux qui s’engagent
à la vivre, tout un régime de rencontres, de conversations,
d’habitudes, établissant une communauté facile,
profonde et joyeuse avec le Seigneur-Christ. A la suite de saint
François est définitive, ne le veut-il pas comme
ami intime ?
D’après saint
Paul, le Christ «premier voulu» est la raison même
de notre création : «Nous pour le Christ»,
dit-il aux premiers Chrétiens.
Ce n’est là
toutefois, qu’une situation de serviteur du Fils, pour devenir
avec Lui serviteur du Père.
Mais voici que le Fils,
s’introduit par la grâce baptismale, dans l’âme
du Chrétien, apportant avec lui son titre de Fils et il
nous l’offre en participation du sien.
Serviteur
encore, mais fils du Père
aussi, donc frère du Fils.
Cependant, deux frères
sont quelques fois moins intimes que deux amis, surtout que deux
frères amis. Or, une proposition nous est fait : «Si
vous réalisez ce que je vous demande, je ne vous appellerai
plus seulement serviteurs (et frères), mais vous serez
mes amis».
N’avez-vous pas l’impression
qu’en face du Christ, le «serviteur» François,
transformé en «frère» François
est devenu passionnément «l’ami intime»
François. La communauté est telle entre les deux,
que les secrets qui marquent l’amitié se communiquent
de l’un à l’autres sans arrêt.
L’auteur
de la Règle rêvait-il autre chose par elle, que de
conduire ses disciples à cette intimité amicale
?
Que
demande-t-elle donc en vérité ?
Lisons
simplement avant de commenter :
«Ils
confesseront leurs péchés chaque mois et ils s’approcheront
aussi chaque mois de la Sainte Table».
(Chap.II.par.5)
«Les
laïques qui ne disent pas l’office canonial, ni le
petit office de la Sainte Vierge, devront dire chaque jour douze
Pater, Ave, Gloria ..» .
(Cap. II, par. II).
«Ils
feront l’examen de conscience chaque soir…».
(Chap. III, par. 10).
«Ceux
qui le peuvent commodément assisteront chaque jour à
la messe». (Chap. II, par. II).
C’est
clair ! Tout dans ces prescriptions ne vise qu’à
établir l’unité, l’amitié.
La
religion, en effet, dont trop souvent on a malheureusement fait
une suite d’exercices, est avant tout
une Personne. Et tout en elle est en marche vers cette
Personne, rayonne autour d’Elle, s’organise pour qu’Elle
devienne le centre de nos petites personnes à nous, l’Amie
intime et définitive dont la vie absorbe la nôtre
pour l’épanouir à plein : «Ce n’est
plus moi qui vis, c’est lui qui vit en moi…»
Nous
sommes loin du formalisme qui attache plus d’importance
à la manière d’aborder l’Être
qu’on veut honorer et qui se perd dans une foule de paroles,
de gestes absorbants, au point d’en oublier qui on va voir,
pour ne plus être préoccupés que de soi-même.
La vue d e nos propres attitudes, la sonorité mélodieuse
de notre propre voix, nos substitues à la Personne, et
c’est nous que nos finissons par servir.
On
! sans doute, l’intention est droite.
Mais, en amitiés cela ne suffit certainement pas.
Saint
François ne s’entendait ni parler, ni chanter sur
Christ. Il n’avait même pas imaginé qu’il
deviendrait un jour chef de chorale, et c’est pourquoi il
n’a réussi ni à écrire tout la musique
de son âme, ni surtout à la faire chanter comme il
la chantait lui-même.
Il
se perdait trop dans ses transports vers la personne à
aimer, jusqu’à en oublier les personnes qui le suivaient.
Il n’apprenait pas à ses fils à chanter le
Christ, il le chantait devant eux et les
autres apprenaient en l’entendant.
C’est la seule manière pour le chant et la prière
de rester vrais !
Ne
soyons pas des comédiens spirituels qui attendent les applaudissements,
même du Christ ; qui se font objet d’admiration des
spectateurs ou d’eux-mêmes.
Soyons des François d’Assise, hypnotisés par
l’Ami et en conversation avec lui, au mépris de tous
les jugements et approbations, n’ayant que Lui comme spectateur
Vive
le Christ et avec Lui,
avant de prétendre trop apprendre aux autres ce qu’il
est.
Ou
plutôt, l’apprendre aux autres
en le vivant sous leurs yeux, puisqu’ Il veut se
servir de notre «petite humanité de surcroît»
pour transmettre la sienne au monde.
C’est
ce qu’on appelle la «Vie Intérieure».
Essayons d’en voir les éléments essentiels
présentés par la Règle.
On pourrait les distinguer, pour une étude plus facile,
en purgatifs, illuminatifs et unitifs, selon la distinction traditionnelle
si bien expliquée dans le «De triplici Via»
, de saint Bonaventure.
Comme le signale ce dernier cependant, cette distinction n’a
qu’une valeur d’enseignement pratique. La réalité
est que les trois éléments de la sainteté
se vivent simultanément et progressivement d’un bout
à l’autre de l’existence, et non pas séparément
et l’un après l’autres, comme l’on l’a
insinué longtemps au grand dépriment des bonnes
volontés.
|
|
Éléments
purgatifs |
Nous
insisterons peu sur le sacrement de pénitence, nous en avons
déjà parlé. Rappelons en passant, en plus du
sens négatif qu’il comporte, son sens positif de «rencontre
avec l’Ami». En obtenant le pardon de nos fautes, il
resserre une amitiés ou brisée ou détendue
et la prend plus ardent qu’auparavant.
Il
reste, que ce qui apparaît de prime abord, c’est le
débarras de nos scories, de nos impuretés de corps
ou d’esprit. C’est un lavage, un nettoyage, une purification.
Il
va de sois que cette confession mensuelle n’interdit pas
une confession plus fréquente. Mais alors, une fois par
mois, l’une d’elles doit comprendre, d‘accord
avec le confesseur surtout s’il est en même temps
directeur de conscience, une révisions des manquements
et faiblesses à l’égard de la Règle
et de son esprit. Bien que celle-ci n’oblige pas sous peine
de péché, il y a toujours au moins indélicatesse
et par le fait froissement à l’égard de la
personne qui a reçu notre Profession : le Christ-Jésus.
L’habitude
mensuelle d’ajouter à l’aveu de se fautes proprement
dites, l’aveu de sa petitesse comme «consacré
dans le monde», est excellente et à conseiller à
tout Tertiaire.
Ce
n’est pas la lettre de la Règle, c’en est certainement
l’esprit, car il s’agit de tenir propre la maison
de l’Ami en nous.
A
ce travail au moins mensuel de purification d’ âme,
l’obligation d’un examen de conscience journalier
vient s’ajouter.
C’est
logique, puisque le Tertiaire a pour mission de copier le modèle.
Disons
de suite, que si la Règle semble réduire l’examen
à surveiller quelques points de dignité dans le
maintien et de réserve dans les paroles, ce serait se méprendre
lourdement de ne pas dépasser ici encore les mots, pour
voir le but réel dont elle exige la poursuite d’un
bout à l’autre de son texte :
l’identification au Christ-Jésus.
En
effet, il ne peut être question dans ces prescriptions,
d’un simple règle de politesse humaine ou de bienséance
mondaine. Les soucis d’une Règle religieuse sont
autres.
Qu’il
s’agisse de «serments à éviter en dehors
des cas de nécessité», de «paroles des
honnêtes ou de plaisanteries déplacées»,
son but est de rappeler au «consacré», la
présence intime de L’Ami en lui, et apparemment
de lui faire prendre conscience des attitudes et réserves
que comportent cette «Présence».
Mais
n’est-ce pas encore plus, de le mettre en face de l’image
du Christ en lui, ou revoir les perfections de l’Ami devant
ses propres déficiences à rectifier, essayent ainsi
de réduire par une copie fidèle les distances entre
les deux intimes.
S’Il
faut éviter de s’écarter, n’est-ce pas
une invitation implicite en même temps à réduire
les différences, à opérer une identification
de plus en plus réelle.
Autre
remarque. Vu ainsi l’examen de conscience de la Règle
se différencie totalement de cet examen comptable, «épuçage
de conscience» que Huysmans et Péguy condamnent avec
tant de raisons.
A-t-on
jamais vu deux amis, et l’appel à la vocation au
Tiers-Ordre est bien un choix d’amis, se mettre en face
l ‘un de l’autre chaque soir et se torturer mutuellement
pour compter le nombre d’indélicatesses, de distractions,
de peccadilles l’un à l’égard de l’autre
au cours de la journée !..
L’amitié
est plus simple et plus aimante; deux amis cherchent moins les
faiblesses de leurs rencontres, que les moyens d’identification
de leurs tempéraments, de leurs natures.
Et
là est le vrai sens de l’examen de la Règle.
Si l’examen est négatif dans sa formule, il doit
être essentiellement positif dans sa réalité,
ou bien il engendre la crainte et le scrupule au lieu de grandir
l’amitié et la joie.
Nous
nous permettrons de donner ici une formule originale d’examen.
Elle fera peu-être sourire, mais elle a fait se preuves. Les
Tertiaires qui l’utilisent ont l’impression très
nette que les prescriptions de leur Règle concernant cet
exercice deviennent ainsi pour eux une lumière, une fore
et une joie.
L’examen
doit en fait se définir, s’il ne veut pas être
un piétinement sur place, une suite d’introspections
craintives qui conduisent à la neurasthénie, au
déséquilibre spirituel et à la folie mystique
: «Le regard amical du Christ sur
moi et de moi sur le Christ, pour m’exciter à me
transformer en Lui ».
C’est un travail à deux pour réduire en efforts
communs les points de différence et solidifier les éléments
d’unité.
Le
mois comporte en général quatre semaines, rarement
une cinquième.
Pour
éviter monotonie et routine dans l’examen de conscience
chaque semaine est consacrée à un genre particulier.
Le tout en définitive, finit par être un examen beaucoup
plus de la personne du Christ que la nôtre et ceci
tout à notre avantage, car la beauté est toujours
plus attirante que la laideur ou l’imperfection.
Première
semaine : Examen
des déficiences de mon tempérament en face de la
perfection du tempérament du Christ.
Pas
de casse-tête. Noter simplement dans le cours de la semaine
un ou deux défauts caractérisés, une ou deux
tendances de nature en face de la nature du Christ.
Deuxième
semaine :
Examen des qualités de mon tempérament vues en face
des qualités et vertus du Seigneur
Là
aussi une ou deux, avec en plus les tendances heureuses à
développer. La parabole des talents m’y incite tellement
… Et l’impressionnante condamnation du péché
d’omission dans L’Évangile encore plus : depuis
les vierges folles, jusqu’au jugement dernier, en passant
par la parabole des invités au festin nuptial.
Troisième
semaine :
Examen des joies de la journée. S’arrêter à
trois ou quatre par jour (il y en a trop) et se faire ainsi une
âme franciscaine de joie et d’action de grâce,
car chaque joie comporte un merci. Cet examen a transformé
des vies.
Quatrième
semaine :
Examen dit, en spiritualités, «du coup d’œil».
Se surprendre une fois par jour au milieu d’une action,
pour en pénétrer jusqu’au fond le vrai motif.
Il y a toujours un ou des motifs de surface. Je mange pour «m’entretenir
au service de Dieu», mais combien souvent en même
temps et quelquefois beaucoup plus, pour m’entretenir à
mon service, personnel. Dans le vêtement, le repas, le gain
d’argent, que de motifs inavoués et loin de la poursuite
du Seigneur. L’essentiel est que la surprise si réelle.
Si le motif est mauvais, le supprimer et, sans rien changer «l’
action, y substituer une intention droite orientée vers
le Christ». Si le motif est bon, remercier et le rendre
encore meilleur si possible, par une union plus intense aux motifs
d’action du Seigneur.
Une
fois par jour seulement, pour éviter une sorte d’obsession
nerveuse. Cet examen est le plus sérieux et le plus solide
pour copier le Christ en apprenant à se connaître
soi-même.
S’il
y a cinq semaine, cette
dernière se consacrée au repos. Et le cycle recommence
avec le mois nouveau.
En réalité, ces éléments purgatifs
de la Règle, nous ont déjà conduits à
des lumières spirituelles et à une union plus vrai
avec l’Ami.
|
|
Éléments
illuminatifs |
La
vie de notre âme, comme la vie physique, parc qu’elle
se fatigue et qu’elle s’use, au besoin d’éliminer
les résidus, de se débarrasser de ce qui l’alourdit
inutilement. Ce travail, inconscient pour notre corps, doit être
au contraire délibérément voulu et pensé
pour notre vie intérieure.
La
Règle y a pourvu, par le sacrement qui détruit la
faute pour construire dans le pardon : le Pénitence et
par le regarde amoureux de l’Ami vers l’Aimé
pour trouver la fore de vaincre les obstacles à un rapprochement
plus intime, dans l’examen de conscience.
Cette
purgation spirituelle laisse à l’esprit une liberté
plus déliée, un regard plus vif pour deviner la
route.
Voir
clair, avoir suffisamment d’huile dans sa lampe, laisser
luire la lumière qui en vient pour éclairer les
ténèbres et pour que la «voie s’illumine»
devant nos pas, tel est le rôle des éléments
illuminatifs de la Règle.
Nos
les trouvons dans ces deux prescriptions :
«Ils
s’appliqueront aux exercices de piété»
; chaque jour il diront l’Office ».
( Chap. II. Par.6 et 8 ).
a)
Exercices de piété.
La
Règle ici, par «exercices de piété»
n’envisage pas seulement l’ensemble des prières
qu’elle prescrit.
On
pourrait même affirmer qu’elle veut parler de tout
autre chose, puisque pour celles-ci elle les a précisées
d’une façon absolue dans les paragraphes 3 et 6 ,
11 et 14, du deuxième chapitre, concernant la messe, l’Office,
le Bénédicité, les prières pour les
défunts etc…
Par ce terme, il faut comprendre les différents moyens
pratique que chacun juge utile, à l’entretien personnel
de sa santé spirituelle, aux précisions dont il
a besoin pour éclairer sa vie, l’orienter, la pousser
en toute sûreté vers son but.
Les
imposer tous, de la même façon, et à tous,
serait aussi ridicule que de vouloir dans une même famille,
tous les estomacs aptes à assimiler la même nourriture,
de la même manières, avec un résulta identique.
Ou encore, qu’on y emploie les mêmes lunettes sans
tenir copte des degrés visuel de chacun .
Chacun
connaît ses réactions, ses possibilités d’assimilation,
ses capacités, ses puissances et, le caprice mis à
part, à libre choix dans les moyens de se nourrir et de
s’éclairer.
Ceci
dit, puisque la Règle ne précise pas, nous le ferons.
Mais, qu’on le sache bien, à titre de pure information.
Nos
serions navrés de provoquer chez quelques-uns de nos lecteurs
des angoisses spirituelles à base scrupuleuse. Disons-le
d’ailleurs pour les rassurer, saint François n’a
pas connu tous ces moyens, il ne les aurait pas tous employés
et cela ne l’a pas empêché d’être
plus saint que nous le serons.
La
Règle volontairement, laisse une liberté totale
en face de l’Arsenal des moyens de vie spirituelle susceptibles
d’aider les bonnes volontés. A chacun de garder cette
liberté et d’en user.
Peu
d’exercices bien réalisés valent mieux que
beaucoup négligés, ou routiniers,
ou angoissés.
Dans le choix de ceux que nous proposons nous savons bien que
les uns sont possibles seulement dans certaines conditions de
vie, que le autres peuvent ne convenir qu’à certains
tempérants.
Le
premier qui nous vient à l’esprit est :
a)
L’étude de l’Évangile :
Ce
livre est une « Présence »,
la pensée du Christ chez nous, pour être «communiée»
et devenir complémentaire de l’Eucharistie : «l’homme
ne vit pas seulement de pain (même eucharistique) mais de
toute parole qui sort de la bouche de Dieu». (Matthieu IV,
2, II)
On
mettait autrefois dans le tabernacle l’Évangéliaire
auprès du ciboire.
François
en parlait, l’appelant : «paroles odoriférantes
de mon Seigneur» (lettre à tous les fidèles).
Il l’a vécu et copié.
Il en fait l’essence de toutes ses Règles religieuses
: «Règle et la vie… c’est observer le
saint Évangile de N.S.J.C.»
Quel
bel exemple, celui de ce ménage, où chaque soir,
à genoux, devant un Évangile éclairé
d’un cierge, symbole de la «Lumière qui lui
devant tout homme, venant en ce monde», les deux époux
réalisent en commun leur «communion» à
la pensée du Maître. «Il» est là…
François
a vu dans sa vision prophétique à travers les âges
parmi ceux qui venaient à lui dans ses trois Ordres, ce
ménage et ceux qui prendraient méthode ce genre.
On
peut ensuite proposer quand c’est possible :
b)
La prière en famille :
Au
moins celle du soir, ou celle d’une «heure»
parmi les autres «Heures» de l’Office. «Quand
plusieurs seront assemblés en mon nom, je serai au milieu
d’eux».
c)
La méditation :
C’est-à-dire,
quelques minutes de réflexions, d’entretien cœur
à cœur avec l’Ami, pour demander le mot d’ordre
de la journée. C’est une «rencontre
d’amitié» avec le Maître, sa pensée,
ses intérêts en nous et dans le monde, pour apprendre
le Lui à aimer tout ce qu’IL aime.
d)
La visite au Saint- Sacrement :
On
est heureux de rencontrer, de «rendre visite» à
un ami. Envers le Christ c’est aussi une marque d’affection
que de l’aller voir pour lui demander un conseil, le remercier
d’une faveur.
Si
la distance ou les occupations nous empêchent d’entrer
dans l’Église de pierre de notre paroisse, entrons
dans l’Église de chair de notre corps pour une «visite
spirituelle», en esprit, descendre en soi quelques très
courts instant, pour y rencontrer volontairement Celui qui s’y
trouve «à demeure» : «J’établirai
ma maison en vous».
e)
La lecture spirituelle :
Elle
stimule nos efforts, développe et éclaire nos connaissances
religieuses. Elle nous aide à réaliser le début
de notre Règle qui nos demande, d’être «fidèle
à la foi catholique». Cette fidélité
est à base d’études.
En
face des erreurs savamment diluée et distribuées
autour de nous, il faut des convaincus intelligentes et persuasifs.
La lecture spirituelle doit être édifiante et «instructive».
f)
La couronne franciscaine :
C’est
le chapelet des sept allégresses de Marie. Par cette dévotion,
on réjouit le cœur maternel de la Vierge ; le dispose
nous accorder ses faveurs, particulièrement à nous
obtenir de connaître et d’aimer son Fils à
la manière de saint François.
g)
Le Chemin de Croix :
Dévotion
éminemment franciscaine, propagé par l’Ordre
Franciscain en souvenir de l’amour de saint François
envers le Christ souffrant dans sa Passion. Le miracle de la stigmatisation
n’a-t-il pas couronnée cet amour !…
Fait-il
appeler «exercices de piété» les visites
aux malades, aux pauvres, aux prisonniers ?
Je
le crois ? «Ce que vous ferez au plus petite d’entre
les miens, c’est à Moi que vous le ferez.»
Tout
ce qui provoque ne «rencontre d’âme» entre
le Christ et le Chrétien en est un, car la piété
n’a pas d’autre sens.
Cette
notion de «l’exercice de piété»,
détruit peut-être toutes les mièvreries sentimentales
et égocentristes de ce qu’on est convenu d’appeler
ainsi dans les livres dénommés tels, mais tant pis
ou tant mieux. Les sentiments et les alarmes qui ne se changent
pas en actes dévoués au Seigneur , en soi et dans
les autres, ne sont que vent et pacotille.
Piété
veut dire «dévouement».
B)
Office.
Et
c’est encore ainsi qu’il faut envisager «l’Office
journalier».
Le
Christ- Jésus a pour fonction première de recevoir
l’amour qui déborde de la Trinité et de renvoyer
cet amour avec toute la perfection de son affection filiale.
Il
veut, en plus, apprendre à l’humanité ce beau
travail et il déborde sur elle l’amour qui lui vient
du Père, en l’invitant à le Lui rendre pour
qu’Il le porte au nom des hommes dont Il est le «représentant»,
jusqu’au sein de Dieu.
Il
a appris à l’homme à prier.
Il
a commencé la prière de l’homme
et il demande à son Épouse, «l’Église»,
d’organiser la continuation de cette prière pour
que de l’Homme à Lui et de lui à Dieu, il
n’y ait qu’une seul louange, qu’une seule adoration,
qu’un seul gémissement de repentir, de joie, d’amour.
Et
depuis vingt siècles, la prière
de «l’homme racheté», continue la prière
de «l’ Homme-Rédempteur» et celle du
«Verbe incarné», commencée par le «Verbe
pensé» avant toute la création, comme «première
créature».
Et cette prière continuera jusqu’à la fin
des temps et dans l’éternité.
Il
n’y a pas de solution de continuité. Et nous sommes
dans la chaîne un chaînon, celui d’aujourd’hui,
formé des prêtres, des religieux, des religieuses
et des Tertiaires d’aujourd’hui, délégués
officiellement or qu’il n’y ait aucun arrêt
dans la prière du Christ.Quand
je «prie» mon Office, au même titre que les
prêtes, je donne mes lèvres au Seigneur Jésus
pour qu’en ce siècle, en cette année, en ce
jour, en cette cité où j’habite, «sa
prière» continue incessante.
Rien
qu’avec le Tiers-Ordre, trois millions de «consacré»,
la prière du Christ est assuré sans interruption.
Pas une minute, pas une seconde où il n’y ait à
travers les espaces des lèvres de Tertiaires à prononcer
: «Notre Père», «Je vous salue, Marie»,
«Gloire à vous, Trinité sainte».
Dans
une seule Fraternité, dans mon petit village, avec les
vingt-cinq, cinquante ou cent membres de ma famille spirituelle,
unie à notre ou à nos prêtres, à nos
religieux et religieuses, aux Tertiaires des autres Ordres, le
Christ trouve «sa prière» en adoration, grâce
à nous.
Ce n’est plus une prière particulière, mais
une partie de la supplication officielle liturgique de l’Église.
Y manquer serait faire preuve de légèreté
d’esprit, d’abus de confiance, de manque d’affection
à l’égard du Seigneur.
Saint
François avait un respect profond pour «l’Office»,
et l’une de ses grandes joies a été de multiplier
les «consacrés» à travers le monde pour
assurer la continuité de cette prière.
Il
faut la dire «digne, attente avec devotion», «Seigneur,
ouvrez mes lèvres pour que je bénisse votre saint
Nom…»
Pour
les Tertiaires, l’Office des douze Pater suffit, mais quand
on dispose de plus de temps, on peut dire, ou le Bréviaire,
ou l’Office de la Sainte Vierge. Il est bon, de temps en
temps, de s’habituer à dire quelques parties de l’Office
de la Sainte Vierge, en supprimant le nombre de «Pater»
correspondants.
L’Église
a reçu notre promesse de le
réciter chaque jour.
Pour éviter la routine, ayons une pensé particulière
qui fixe notre esprit : soit un mystère de la passion,
ou une union avec tel saint… pour obtenir telle grâce,
etc.. des méthodes différentes sont à la
disposition des Tertiaires, aucune n’est obligatoire. A
chacun d’utiliser celle qui l‘aide le plus.
Il
serait préférable de se mettre à genoux,
mais, pour le grand nombre, c’est impossible et on peut
y satisfaire en allant et venant, en travaillant si le temps fait
défaut.
C’est
une prière vocale, la simple lecture des yeux, ou la récitation
mentale, ne suffisent pas.
Derrière
les mots, tenir son âme attentive et fervente et l’Office
sera bien prié.
Saint
François disait à ses religieux d’emporter
avec eux leur cellule pour y continuer leur oraison lorsqu’ils
allaient de par le monde.
Dans
le monde, ami lecteur, vous y êtes. «Et le monde est
dans les ténèbres et les ténèbres
ne veulent pas de la lumière». Et pourtant, il vous
faut voir claire et il vous faut éclairer.
Emportez, vous aussi, votre cellule au milieu de la foule, à
l’usine, à l’atelier, dans les affaires. Et,
à chaque fois qu’un souffle viendra menacer ou même
éteindre la lampe qui lui en vous, ranimez-là à
la flamme de vos «exercices de piété»,
de «votre Office» et vous verrez clair au milieu du
chemin, enténébré.
En contact avec «la lumière», vous serez allumés
«au grand cierge pensé vers le petite cierge que
vous êtes» (Claudel) et, à votre tour, vous
vous pencherez vers les petits cierges éteints qui vous
entourent pour leur communiquer votre flamme.
Et
la route de lumière continuera de percer les ténèbres
et d’attirer les regards, de ceux qui sont lassés
de la nuit, de ceux qui cherchent, de ceux qui étaient
en danger de se perdre.
|
|
Éléments
unitifs |
| Le
but de toute vie chrétienne le mot l’exprime c’est
de devenir « Christ », de
s’identifier à Lui dans toute la mesure de nos forces
aidées, refaites et divinisées par la grâce.
Ce travail, nous l’avons
vu, suppose l’habitude de vaincre en soi et autour de soi
tout ce qui empêcherait la fusion amicale du Chrétien
avec son Christ ; l’habitude, aussi de voir, par
la pensée du Christ, tout le vrai sur soi-même,
sur les autres, sur Dieu et son œuvre.
Ce n’est qu’à
ces conditions que le disciple rencontre pleinement le Maître
et établir ce «courant de vie partagée»
qu’est la communauté réelle, celle de deux êtres
qui n’en font plus qu’un.
La Règle de l’Ordre.
Par la «pénitence
sacramentelle et personnelle», et par «l’examen
de conscience,», purifie le Tertiaire et le maintient disponible
pour l’entrée du Christ en lui; par «les exercices
de piété» et «l’Office», trace
et éclaire la route qui le conduit et le dispose à
comprendre à accepter ce qu’Il est.
L’union peut alors se
réaliser sans difficulté.
C’est dans ce but que
deux nouvelles prescriptions vont engager l’âme «consacrée»
à rechercher, à la suite de François, l’amitié
qui fait les saints.
Au chapitre deuxième
:
«Une communion mensuelle»
est ordonnée ( par.5 ) et la «messe quotidienne»
( par. II ).
Messe et communion on t souvent
été dissociées au cours des âges. Question
de mentalité, de compréhension différents,
provoquées par des théories, des circonstances locales
et temporelles que nous n’avons pas à analyser ici.
Dan la première Règle
(1221), la messe n’est prescrite « qu’une fois
par mois, à l’occasion de la réunion ou quand
il paraîtra bon aux Ministres » (chap. Vi, par. 16).
Et la communion trois fois par an : «à la Nativité
du Seigneur, à Pâques et à la Pentecôte».
(Chap. V. par 13).
Dans celle de 1289, la messe
devient quotidienne :«que dans chaque vielle ou localité
tous les frères et toutes les sœurs se portant bien
entendent la messe tous les jours, s’ils le peuvent commodément»;
et celle de la réunion est solennisée : «et
que chaque mois, ils se réunissent dans l’église
ou le lieu que les Ministres auront fait annoncer, et là
ils entendront la messe solennelle». ( Chap. XIII, par.24
).
Enregistrons ces variations.
Elles prouvent que la vie spirituelle des Ordres religieux, comme
celle des individus, subit des adaptations.
Du moment qu’elles sont
contrôlées, approuvées et, paru le Tiers-Ordre,
prescrites par l’autorité légitime, il n’y
a qu’ à y soumettre, sans gémir vers le passé
qui n’est plus et sans devancer l’avenir. Seulement
quand «l’Esprit » souffle, l’écouter
et le suivre.
Or, pour l’instant il
n’y a d’obligatoire que la messe journalière
et la communion mensuelle. Simplement, constatons avec joie que
depuis Pie X, une poussée merveilleuse vers la «communion
quotidienne» a été donnée et que de nos
jours la dissociation entre la messe et la communion tend à
disparaître.
Les
deux ne font qu’un en effet, comme semble-t-il, ils l’auraient
toujours dû. Souhaitons que les Chrétiens le saisissent
de plus en plus et, parmi les Chrétiens, ceux qui doivent
toujours être à l’avant-garde, beaucoup d’ailleurs,
pour ne pas dire tous, le pratiquent dès maintenant dans
le Tiers-Ordre.
Ceci dit,
voyons , dans ces deux éléments, le moyen prévu
par le Fondateur de l’Ordre, pour créer la «communauté»
entre l’âme «consacrée» et Celui
qui l’a choisie en la préférant parmi les autres.
«L’amour
tend à la fusion, à l’union.»
N’est-ce
pas pour cela que Dieu, défini par saint Jean, «l’Amour»
: «Deus caritas est», s’est uni l’humanité
dans son Fils ? «Verbum caro factumest : et le Verbe s’est
fait chair. »
Il
s’est fait chair, pour «s’unir la nôtre»
et en Lui, celle-ci est élevée jusqu’à
sa dignité. «Merci, Seigneur, d’avoir permis
à votre Fils de revêtir notre humanité, pour
que par Lui nous puissions nous «habiller» de divinité
!»
C’est
comme un échange de natures, nous dit la liturgie, tout à
notre avantage d’ailleurs. La plus forte soulève la
plus faible et l’envahit comme un torrent pour l’entraîner
vers la «Vie».
Or,
cette union, cette fusion se réalisent à la Messe,
dont une partie intégrante est la communion.
La
Messe
Missa
! la messe. Des traités nombreux en exposent l’historique.
Le symbolisme des vêtements, des gestes et des vase sacrés,
a également se commentateurs autorisés et la liturgie
du rite sacré est l’objet d’ouvrage où
les spécialistes, aussi bien que les simples fidèles,
peuvent nourrir leur piété à l’égard
du «mystère du Corps et du Sang du Seigneur».
Nous
conseillons fortement à nos lecteurs, en demandant conseil
à leur Directeur de Fraternité, de se faire indiquer
les meilleures et les plus adaptés à leur dispositions
spirituelles et à leur développement intellectuel.
Ici,
nous n’envisageons le Sacrifice de l’autel qu’en
raison de l’union réalisée par lui entre le
fidèle et le Maître : et par le Christ communié,
entre tous ceux qui participent au repas fraternel.
Peu
d’associations spirituelles obligent leurs membres à
par les religieux et religieuses en communauté à une
messe quotidienne.
Combien de fois avons-nous entendue dire, par des prêtres
de campagne en particulier : «Si nous n’avions nos Tertiaires,
nous n’aurions personne à dire la messe avec nous en
semaine.»
Saint
François et les Souverains Pontifes ont vu le Sacrifice du
Christ inapprécié ; à travers le monde et comme
pour la prière d’Office, la grande prière du
Seigneur continué et assurée par l’Église
son épouse, ils ont compté sur la générosité
des adeptes de l’Ordre de la Pénitence.
Et
ainsi, chaque jour, toute une armée d’âmes consacrées
dans le monde, se joint aux deux prières essentielles des
âmes consacrées dans le cloître.
Et
ainsi, chaque jour, ces deux armées spirituelles continuent
l’acte de justice «sacrificiel» du Christ à
la messe et l’acte d’adoration, de conversation amoureuse
de l’humanité avec la divinité par l’Office.
Et
ainsi, chaque jour, l’union, la grande communion de Dieu et
de l’homme par le Christ, per Dominum Nostrum Jesum Christum,
relie, malgré les efforts des haines et du péché,
la créature du Créateur.
En
comme la Messe renouvelle la Croix, le «pêcheur universel»,
sacrifié au Clavaire, continue, par ceux qui veulent bien
Le perpétuer, à répondre du péché
mortel et véniel actuel du monde pour l’effacer…
C’est cela la messe : après nos être offerts
de notre mieux, devenir le Christ par la transsubstantiations ;
puis, par la communion. Le porter avec nous, pour Le mettre en contact,
par nous, avec tous ceux que nos atteignons de près ou de
loin.
Soulever
notre petite humanité et l’humanité qui nous
entoure, toute celle qui est destiné à devenir Christ
avec nous c’est-à-dire tous les hommes jusqu’à
la Croix, rééditée par chaque «consécration»
de messe.
Ainsi, avec le Christ, nous, tout l’homme se trouve consciemment
ou inconsciemment, en acceptant ou en refusant, où mis à
nouveau, remis en propriété de Dieu.
Tel
set le rôle matinal, immense, large,
catholique, demandé à chaque Tertiaire, chaque
jour.
Comme
on comprend le premier chapitre de la Règle exigeant comme
qualité essentielle du Postulant : «un caractère
amide la concorde», et la prescription du deuxième
chapitre; «Ils apaiseront les discordes partout où
ils les rencontreront !».
En
plus de ce rôle social et humain de
«résumer» toute l’humanité à
chaque instant dans le Christ, la messe réalise, dans celui
qui ne se contente pas d’y être intégrer malgré
lui ou sans y attache d’importance, une Communauté
d’âme sans pareille.
A)
Communauté dans l’offrande :
Sur
la patène du prêtre il y a une hostie composée
de quelques graines de blé, ce n’est que du pain. Symbole
de l’hostie spirituelle que le fidèle y associe, composée
de ce jour, de devoirs d’état, d’affections,
de peines, de joies, de dévouement, etc…
Suscipe :
Recevez, Seigneur, notre offrande, mon offrande «pure et an
s tache».
Recevez-la.
Suscipe.
Pure
et sans tache… elle l’est encore, car je n’ai
pris que si peu contact avec elle, que je n’ai pas eu le temps
de la ternir…
Pure
et sans tache… elle le restera, car je sais que vous effacer
les taches après mes sottises d’étourdi !…
Pure
et sans tache.. elle le deviendra davantage, car vous changerez,
Seigneur, chaque heure , chaque jour, chaque joie ou peine, comme
vous changez le pain à l’autel après l’office.
Vous en ferez la transsubstantiation …Merci !…
B)
Communauté dans la «consécration».
Suscipe…
Recevez Seigneur, pour «transformer», en effet. Transformer
en Vous, immoler tout avec Vous, ne plus faire qu’une victime
avec Vous.
Quand
vous me redonnerez ce que je vous donne, que ce soit en communion
intense, vraie, en tout.
L’hostie de l’autel par de nous : pain ; elle revient
de Vous à nous : eucharistie.
Mes
actions, ma vie dans tous ses détails partent vers Vous :
humaines ; elles reviennent à chaque seconde : divines.
Vie transsubstantiée !…
c)
Communauté dans la communion !…
La
Messe est un repas.
Je
reçois en nourriture à la Table fraternelle toue ce
que j’ai offert, tout ce qui a été consacré,
c’est-à-dire le Christ-Jésus, et tout ce qui
va faire Sa Volonté dans ma journée, en devoirs, en
joies, en peines, en imprévus et en épanouissent spirituel
et humaine.
C’est
la communion, l’union commune qui entâmes ma vie dans
Sa vie, ma pensée dans la Sienne, ma volonté et mon
cœur dans le torrent d’amour qu’IL est et qu’il
reste en m’unissant à Lui et en s’unissant à
moi.
La
communion commence à l’autel, elle se continue ainsi
tout le jour. Tout dévient source d’union et par le
fait aussi «action de grâce». L’amitié
est inébranlable. On ne peut plus dire «j’ai
communié» ce matin, mais «je
communie» à chaque moment, en voulant Sa volonté,
en aimant ce qu’Il m’envoie.
Ite Misa est : allez, réalisez «l’offrande»,
la «consécration», «l‘union»,
pendant vingt-quatre heures.
En
nous obligeant à l’audition quotidienne de la messe,
saint François nous conduit vraiment à la source même
de la vie chrétienne, toujours suivre, toujours féconde
et abondante en eaux salutaire.
Il
semble par ces mots : «Si on le peu commodément»,
que la Règle ne nous fasse pas une prescription très
rigoureuse de participer au Saint Sacrifice…
C’est
cependant une obligation, mais tempérée par une sage
prudence.
Certains
tertiaires sont astreints à des devoirs d’état
qui priment de droit toute autre obligation particulière.
Il y a aussi la distance, la santé. Dans ce cas, qu’ils
remplacent par la «messe spirituelle» est la «communion
spirituelle».
La
Messe se célèbre sans discontinuer dans l’une
ou l’autre partie du monde. Le Tertiaire peut donc toujours
s’imposer au moins une assistance d’esprit au Saint
Sacrifice.
La
messe spirituelle consiste, après s’être choisis
un prêtre, confesseur, Directeur de conscience, prêtre
de sa famille, ou encore le Pape, en un mot : «son prêtre»,
à se le représenter chaque matin au saint autel. Il
suffit alors de vivre avec lui les trois phases principales du Sacrifice.
1)
L’Offrande :
Mettre en esprit sur la patène notre offrande personnelle,
petite hostie auprès de la grande; journée, devoir
d’état, peines, joies, affections, imprévus
etc..
2) La consécration :
Voir «son prêtre», se pencher sur l’offrande`puis
prononcer avec lui les paroles consécratoires : «Ceci
est mon corps», et accepter intimement à ce moment
la propriété de Dieu sur notre offrande «Christifiée».
3)
La Communion :
Voir en esprit le prêtre distribuant l’eucharistie :
faire une communion spirituelle avec une formule déterminée,
ou simplement en récitant le Pater lentement pour s’arrêter
à ces mots; «donnez-moi, Seigneur, aujourd’hui,
mon pain d’aujourd’hui.»
Le tout demande au plus,
deux ou trois minutes.
Chaque
Tertiaire, s’il veut vivre l’esprit de la Règle,
s’imposera cette messe spirituelle, à chaque fois qu’il
n’aura pu aller à l’église.
Donc
pas de paraisse, pas de prétexte, un désir intense
de dire sa messe chaque matin comme le prêtre et le religieux.
La
messe, c’est l’envahissement d’une hostie par
le Christ. Faisons-nous hostie auprès de l’hostie du
Prêtre, pour être envahis en nous-même et dans
tout notre journée par le Christ . Il viendra tout transsubstantier,
en montant jusqu’au divin nos petites actions humaines.
La
communion
Quand
au sacrement de l’Eucharistie,
toute la pratique de la Règle entraîne vers la Communion
fréquente et quotidienne; l’assistance à la
messe ne peut être pas ne pas éveiller le désir
et le besoin de la communion journalière. C’est là
que nous irons retremper nos forces.
Que
ce soit vraiment une Communion, c’est-à-dire une «union
commune» de tout notre être avec le Christ, Sa volonté,
Sa pensée, Ses soucis, Ses affections.
C’est «le signe de l’unité, le symbole
de la concorde, le lien de la charité» selon le Concile
de Trente, ce qui doit faire de nous de véritables Tertiaires.
Il est d’usage, dans certaines Fraternités, d’offrir
une Communion par mois les uns pour les autres. Là où
la messe en commun est établie, on peut profiter de cette
présence de tous pour s’acquitter de ce devoir de charité.
On
le voit, «les trois éléments de la vie spirituelle»,
de la perfection chrétienne, sont bien proposés au
disciple de François dans la Règle du Tiers-Ordre.
Il
suffit à chaque Tertiaire de méditer l’esprit
de pénitence, l’esprit de prière, l’amour
du Sacrifice de l’autel et du Sacerdoce chez François
et la montée en flèche vers l’Amour est assurée. |
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