Pour
désigner le groupe organisé des Tertiaires,
le mot très chrétien et très franciscain
de «FRATERNITÉ» ne pouvait être mieux
choisi. Ceux-ci ne peuvent plus dès lors se considérer
comme étrangers les uns aux autres, comme juxtaposés,
mais comme : «frères en esprit et en vérité»,
par saint François, devant Dieu et devant les hommes
: en Fraternité, en communauté.
C’est
donc une mise en commun.
La
Communauté se définit : «un courant
de vie partagée».
La
Communauté en Dieu ce n’est que cela : La Trinité
est le modèle de toute communauté.
La
Communauté du Verbe avec l’Humanité
ce n’est que cela : l’Incarnation c’est
la rencontre la vie de l’homme et de la vie de Dieu.
François
n’a jamais conçu ses Fraternités de
Mineurs de Pauvres Dames, de Tertiaires, autrement.
Trop
souvent on a oublié cet aspect communautaire du Tiers-Ordre.
Sans doute, à l’extérieur, il semble
réduit et apparemment il n’en est questions
qu’au moment des «réunions ou assemblées
mensuelles» Mais ce serait méconnaîtes
l’esprit du fondateur en le minimisant à ce
point.
François
a trop le sens de sa communauté avec Dieu par le
Christ, pour ne pas l’inculquer à tous ses
entreprises. En ce «courant de vie partagée»
qui mêle sa propre vie à celle du Christ et
qui l’entraîne vers toutes les vies que le Christ
veut atteindre, il l’institue dans ses trois familles
en leur apprenant sa grande passion «d’aimer
l’Amour qui n’est pas aimé».
«Aimer
Dieu sans aimer le prochain est un mensonge», dit
saint Jean est ainsi, l’amour du prochain devient
la preuve la plus sensible de l’amour de Dieu. Là
est la base de toute communauté chrétienne
«Aimer Dieu et aimer nos frères c’est
le recto et le verso de l’Évangile».
Pas
de christianisme dès lors, sans vie communautaire
unissant Dieu à l’homme et l’homme à
Dieu et, par le fait, les hommes entre eux, car ils doivent
aimer Dieu et les uns dans les autres.
A
plus forte raison, cette marque essentielle de l’amour,
doit-elle apparaître dans les groupes qui prétendent
être dans le Christianisme, les témoins de
la pensée et de la volonté divines.
François
n’a voulu par ses Fraternités de Tiers-ordres
que cela.
L’une
des conditions requisse pour entrer dans l’Ordre c’est
:
«d’avoir
une caractère ami de la concorde». (Chap. 1
par, I)
«Les
Tertiaires auront soin de maintenir entre eux et avec les
autres la charité et la bienveillance. Ils s’appliqueront
à apaiser les discordes selon leurs moyens»
(Chap. II.Par.9)
Une
Fraternité devait être au milieu d’un
monde qui se paganise, qui perd sa «Lumière»,
un chandelier lumineux, une lampe éclairante, une
étoile réconfortante. Ce petit cierge dont
parle Claudel qui, prenant sa lumière au Christ source
de toute clarté, se penche vers les cierges éteints
pour leur proposer en partage tout fraternel, la flamme
qui l’anime.
Une «Fraternité» c’est une présence
plus réelle du Christ au milieu de Chrétiens
paganises ou de païens à rechristianiser.
François
voyait prophétiquement ses frères, ses disciples
de tous Ordres créer des îlots de sainteté
dans tous les coins du monde, cherchant à se rejoindre
entre eux et entraînant dans leur sillage pour se
les unir tous les vies rencontrés. Des Tertiaires
ont défini eux-même dans cet esprit, la Fraternité
: «Une communauté dispersée, en dehors
d’un jour par mois, mais unie perpétuellement
par le sacrifice, la prière, la charité et
l’esprit de François d’Assise».
Une
«communauté-témoin», une «communauté-évangélique»,
une «communauté-amour», telle doit être
la fraternité de Tiers-Ordre, au milieu, du monde.
Peut-être
sonnes–nous loin de cet idéal, loin d’être
cette «lumière dans les ténèbres»,
ce «levain dans la pâte», ce Christ d’Évangile
à la manière de François au milieu
du monde, et pourtant, si nos Fraternités ne reviennent
pas «à cette manière de vivre»,
c’en est fait de la troisième famille Franciscaine,
elle restera amorphe et voué par le fait, à
une dégénérescence irréductible.
Que
chaque Tertiaire, se demande donc s’il a bien compris
ce sens de la communauté.
Il
ne s’agit pas d’ignorer les difficultés
de la vie communautaire ne «d’angéliser»
nos Fraternités, mais compte-tenu de la nature humaine,
qui doit être «pendue par la tête au ciel
tout en ayant les deux pieds sur terre» ( Chesterton)
et de ses infirmités, il faut à tout prix
vouloir trouver les «touches d’harmonie»
entre membre de l’Ordre.
Nous
avons dit plus haut que chacun en face des autres devient
:
1-Responsable
de son achèvement personnel en sainteté.
La
sainteté hélas! Combien voient en elle une
suite de vertus détachées de leur source,
des attitudes individuelles, des originalités, des
miracles , etc…
Or,
par elle-même, elle tend à la communauté,
car elle est avant tout une personne : Jésus-Christ.
Et Jésus-Christ veut «tout réunir en
lui» : «Aimez-vous les uns les autres comme
je vous ai aimés», «Père, faites
qu’ils soient un».
Le
Chrétien, dit saint Paul, à plus forte raison
le dirait-il du Tertiaire, est «complementum Christi»,
«complément du Christ», mais à
condition que le Christ ait commencé le premier par
compléter, parachever le Chrétien et le Tertiaire.
D’où
lors, un Tertiaire dont la sainteté ne s’épanouirait
pas en fraternité, n’est plus dans l’ordre
de sa vocation.
2- Responsable
de la vie interne de sa famille spirituelle.
D’où
une fusion très grande avec tous les membres de ce
foyer.
Ne
pas seulement venir en Fraternité pour y trouver
des avantage personnels, temporels, spirituels ou même
éternels, mais aussi pour apporter à plein
à tous les frères et sœurs, pour leur
donner sans compter, en aimant par le Christ et pour le
Christ, toutes leurs personnes, unies dans une seul offrande
à la sienne.
Un
Tertiaire qui ne veut que profiter de la communauté;
sans rien fournir aux autres, est un voleur. Quand on vie
en communauté, c’est pour «pilier les
autres et se laisser piller par eux».
3-
Responsable de l’influence externe du Tiers-Ordre.
L’amour
est diffusif de sa nature. Une fraternité par essence
et parce que communauté, est centre d’amour.
Les membres en sont les «diffuseurs» perpétuels
par toute leur vie, toutes leurs actions, toutes leurs réactions.
Si
un Tertiaire remplit mal a fonction sur ce point essentiel
du rayonnement de la vie intérieur de la communauté,
tout le travail d’ensemble de conquête pour
le Christ est compromis et toute la communauté est
compromis également.
On
juge les institutions par ceux qui les présentent.
Or on ne peut porter le titre de Tertiaire sans porter le
Tiers-Ordre avec soi devant les autres, de même qu’un
Chrétien porte le Christianisme avec lui devant les
païens. La responsabilité est grave.
On
peut cacher le Christ en présentant une caricature
de Chrétien et on travaille ainsi contre Lui. On
eut travailler contre le Tiers-Ordre en le présentant
en réduction d’égoïsme spirituel,
alors qu’il n’est dans la pensée de François
qu’un serviteur du Christ partout.
En
résumé : le Tiers-Ordre doit se vivre par
les Profès dans les communauté appelée
«Fraternité» qui elles doivent être
sous peine de faillir à leur mission des «témoins»
vivants de la charité du Christ au milieu du monde.
Comment
apprécier à la lumière de ces enseignement,
les isolés ?
Les
Tertiaires isolés sont ceux qui, pour une raison
grave ne peuvent entrer pour reste dans une Fraternité.
Ils sont comparable à des Religieux détachés
momentanément de leur couvent. Comme eux, ils devraient
avoir le désir le plus intense, ou de revenir dans
leur famille spirituelle pour en retrouver tous les avantages
ou de trouver, s’il ne l’ont ou jusqu’ici,
cette «famille d’ âmes» qu’est
une Fraternité.
Par
raison grave, on peut entendre : l’absence de groupements
de Tiers-Ordre dans la localité ou la région,
quelques motifs sérieux d’ordre personnel (santé,
état de déficience physique) ou familial (interdiction
du mari, difficultés de foyer indépendants
de la personne qui désire entrer au Tiers-Ordre,
etc)
Les Tertiaires
isolés ne sont pas dispensés, dans toute la
mesure du possible, de postulat et de noviciat avec Maître
ou Maîtresse des Novices de la Fraternité la
plus proche. Ces derniers sont responsables de l’acceptation
ou du refus des candidats ; ils doivent inciter autant qu’ils
le peuvent leurs sujets à entrer, dès qu’il
leurs sera possible, dans une Fraternité et être
encore plus exigeants pour les qualités requise et
la formation.
Le
Révérendissime Père Bello écrit
que : «l’état des frères auxquels
l’usage a donnée le qualificatif d’isolé
ne peut être admis qu’exceptionnellement et
non pas devenir comme la condition normale de beaucoup de
frères ».
«
Les «isolés», ajoute-t-il, ne doivent
être acceptés que dans cas particuliers et
pour une cause raisonnable et suffisante.» ( Lette
de 1939) sur le Tiers-Ordre).
Les
cas réels d’isolement ainsi prévus,
il reste que le Tiers-Ordre a comme principe vital essentiel
de «sa manière de vivre», la vie communautaire.
Dans
les Fraternités, les Tertiaire viennent mettre «
leurs âmes en famille» pour se donner mutuellement
la vie du Christ et pour Le rayonner. Le distribuer à
toues les rachetés.