Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

Ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

ermitedelacroixofs@live.ca

Livre d'or-Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens.  Ne laissez pas de message personnel s.v.p.
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DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration
Titre de la page:
Le pain de vie
Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault

I

Adoration

Le don que la royale munificence du Seigneur Jésus a voulu faire aux hommes est en lui-même d'une valeur infinie : il renferme tous les trésors du ciel et de la terre, et les plus somptueuses richesses de ce monde ne sont rien en face de lui, car il n'est autre que le propre Fils de Dieu, Dieu lui-même.

J'admire, ô Jésus, votre bonté qui a conçu le dessein de nous faire ce présent, en qui se trouvent tous les trésors du ciel et de Dieu lui-même.

Mais la forme sous laquelle vous avez voulu, ô divin Maître, nous faire parvenir ce don n'est pas moins digne de fixer notre attention : c'est sous les espèces ou apparences du pain et du vin que vous avez choisi de nous livrer ce que le ciel a de plus beau et de plus parfait.

C'est pour nous faire comprendre que vous vouliez, ô Jésus, vous constituer dans ce don comme notre aliment, comme le pain de nos âmes. Vous l'aviez d'ailleurs annoncé et déclaré dans le discours prononcé à la suite de la multiplication des pains : « Comme mon Père m'a envoyé et que je vis par mon Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi... Celui qui mange de ce pain vivra éternellement : Sicut misit me vivens Pater, et ego vivo propter Patrem : et qui manducat me, et ipse vivet propter me... Qui manducat hune panem, vivet in aeternam » (Joan., lu, 58-59).

Le présent que vous nous faites, ô Jé­sus, de tout vous-même n'a donc d'autre fin que de nous communiquer, sous les apparences d'un aliment matériel, la vie divine, de nous faire vivre de la vie de Dieu, en nous transformant en quelque sorte en vous-même. « Par la vertu de ce Sacrement, dit le Docteur Angélique , il s'opère comme une transformation de l'homme à Jésus-Christ » (In IV Sent. D. xn, q. 2, a . 2).

La légende parle de la baguette des fées qui transformait les objets et faisait surgir des merveilles; l'histoire nous raconte les efforts des savants qui, depuis des siècles, cherchent à faire de l'or avec des métaux sans valeur... Votre don, ô Jésus, est mille fois plus bienfaisant que la baguette des fées; il est infiniment plus puissant que les creusets et les fournaises des alchimistes. Il transforme notre vie, non point par un vain mirage ou une éphémère illusion, en une vie divine.

De toute éternité le Père communique au Verbe sa vie; le Verbe, en se faisant homme, communique à son tour cette vie à l'humanité qu'il s'unit : Dieu et Homme, Jésus-Christ se met sous les apparences d'un morceau de pain pour nous donner cette vie, et ainsi nous déifier.

Comme elle est belle, notre âme ainsi nourrie de la Divinité , associée d'une certaine manière à la vie de Dieu : telle est l'efficacité du don que Jésus notre Roi a bien voulu nous faire dans son immense bonté.

Je puis, je dois même admirer la grandeur, l'excellence de cette oeuvre, non certes pour me complaire en moi-même, ce qui serait le péché de Lucifer, mais pour exalter le Seigneur de qui descend sur nous tout don parfait, et pour célébrer le Christ-Roi a qui je suis rede­vable de cet immense bienfait.

Mais la vertu, l'efficacité de ce don ne se limite pas à ennoblir notre âme en lui conférant une dignité divine; il lui communique en outre une énergie, une puissance pour le bien et une force contre le mal, très supérieures à celles dont elle serait humainement douée. Sous l'influence de cette énergie et de cette force divine, nous pouvons pratiquer les vertus et vaincre nos ennemis spirituels : semblables à des lions rugissants, dit un Père de l'Église, nous devenons terribles au démon lui-même, et nous pouvons avancer sans faiblir dans la voie du ciel. L'efficacité du don de Jésus s'étend ainsi à l'éternité elle-même.

Avec lui, nous possédons le gage assuré des biens célestes; il met en nos mains la clef de toutes les grâces. Ainsi ce don, qui est en lui-même d'une valeur inestimable, possède encore en notre faveur une efficacité sans pareille. Je crois, ô Jésus, à cette grande vertu de votre Eucharistie. Je sais qu'en venant à moi par la sainte Communion, vous voulez me communiquer tous ces trésors : une communion bien faite pourrait ainsi me sanctifier. Je veux, ô Christ-Roi, marcher sur vos traces; je veux devenir un saint, un bon et fidèle sujet de votre royaume.

II
Action de grâce

Lorsqu'un souverain de la terre a l'intention de récompenser l'un de ses ministres pour ses bons et loyaux services, il lui accorde une distinction, il lui confère même parfois un titre de noblesse. Ces récompenses, il faut que le bénéficiaire les ait méritées par des oeuvres extraordinaires ; et quelle que soit leur valeur, elles laisseront toujours subsister la distance qui existe entre le prince et le sujet.

Tous les bienfaits que répand sur nous le Seigneur, dans son immense bonté, possèdent sans doute ce caractère de gratuité absolue; saint Paul nous en avertit : « Qu'avez-vous que vous ne l'ayez reçu : Quid habes quod non accepisti » (I Cor.,7).

Mais il brille avec un éclat tout spécial en ce don de l'Eucharistie : qu'avions-nous fait pour Dieu, qui pût nous mériter un tel présent ? Je reconnais, ô Jésus, que c'est là, de votre part, un acte de grande et sublime générosité.

Mais ce qui me touche encore davantage peut-être en ce don, c'est la manière que vous avez choisie pour le faire parvenir jusqu'à moi : sous les apparences d'un aliment. Le pain entretient la vie de celui qui le prend, en lui communiquant les éléments, les principes substantiels, la force qu'il possède en lui-même. Par le moyen du pain eucharistique, si attrayant, si facile à prendre, vous nous communiquez, ô Jésus, la vie de Dieu : « Comme je vis par mon Père, avez-vous dit, ainsi celui qui me mange vivra par moi. » Il n'y a pas identité, cela va sans dire, mais seulement similitude; cette similitude toutefois est déjà un bien grand privilège. Je vous remercie, ô Jésus, de m'avoir ainsi élevé jusqu'à votre vie divine.

Pour l'homme, image de Dieu , il n'y a pas de plus grand bonheur, pas de chose qu'il désire plus ardemment, que de s'unir avec Dieu : les païens se sentant incapables d'atteindre ainsi la divinité voulurent la rabaisser jusqu'à eux, afin de pouvoir établir cette communication. Mais rabaisser Dieu à la mesure de l'homme, ne confère à celui-ci aucune nouvelle dignité. Aussi notre roi Jésus, brisant ces conceptions matérielles, avoulu, en se donnant à nous, nous faire monter en vérité jusqu'à Dieu.

Élevant notre âme jusqu'à l'union avec Dieu, votre présent, ô Jésus, a par là même, conféré à nos actions une valeur divine. C'est toujours nous qui agissons, nous qui sommes responsables de ce que nous faisons, mais un influx vital d'ordre divin a comme envahi nos puissances, notre faculté d'agir et a transformé nos actions. Elles ne se meuvent plus dans les limites du temps, elles atteignent l'éternité; elles ne sont plus des actions naturelles, elles sont des actions surnaturelles et en quelque sorte divines.

Qu'elle est donc grande et belle la vertu, l'efficacité de votre don, ô Jésus !

Je sais d'ailleurs qu'elle ne se limite point à cette vie terrestre : elle va jusqu'à l'éternité. Le présent que vous me faites est un gage de la félicité éternelle que vous nous avez préparée : pignus futurae gloriae nabis dater. Dans les contrats humains, celui qui a donné des arrhes se trouve lié : il ne peut plus reculer sans perdre ce qu'il a déjà donné.

Nous tenons donc en mains, grâce à votre royale bonté, ô Jésus, les arrhes du bonheur céleste. Comment pourrais-je vous manifester assez ma reconnaissance ? Vous posséder éternellement, Dieu tout-puissant, c'est mon unique désir, ce sera mon suprême bonheur...

III
Réparation

Le don que nous a fait de son Corps et de son Sang le Christ-Roi est digne de sa majesté souveraine : d'un prix infini en lui-même, il est encore d'une efficacité sans pareille. Avec lui nous sommes assurés d'obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin; par lui nous possédons un avant-goût du bonheur céleste.

Mais en fait, les fruits que les hommes retirent de la possession de ce don correspondent-ils à la vertu sans limites qu'il contient ? C'est d'expérience : mê­me les âmes qui participent avec plus d'abondance à votre présent, ô Jésus, sont parfois bien loin de vivre de votre vie, d'opérer divinement. Pourquoi cela?

L'une des causes de cet état de choses, que je déplore, c'est que trop souvent les bénéficiaires de votre don royal ne consentent pas à s'adapter à ce don, à s'harmoniser avec la condition nouvelle où les a placés, en vertu de ce don, la bonté duSauveur.

Un prince qui ennoblit un de ses sujets, ne peut lui changer, par décret royal, son caractère, ses habitudes, ses penchants, sa manière d'agir : il faut que le sujet lui-même refasse en quelque sorte son éducation pour se mettre, dans sa conduite habituelle, à la hauteur de sa nouvelle situation.

Il n'en va pas différemment dans l'ordre surnaturel : le présent que Jésus nous fait, quelque efficacité qu'il ait en lui- même, ne peut agir en notre âme que si nous le voulons. Il nous faut donc faire des efforts généreux et constants pour mettre à profit l'influence du don divin : cela suppose et exige la lutte contre la nature.

Et c'est là malheureusement ce que nous ne voulons point : nous avons peur de nous laisser prendre entièrement par le Seigneur, nous lui fermons les portes de notre âme, et ainsi nous paralysons l'efficacité du don de Jésus.

Notre divin Roi dès lors ne peut agir en notre cœur comme il le voudrait; nous lions sa puissance, nous méprisons sa sagesse, nous nous opposons à sa bonté...

Je vous demande pardon, ô Jésus mon Roi, d'avoir tant de fois rendu inutile, par ma négligence, le don de votre divin Sacrement.

Il est certain qu'une seule communion bien faite pourrait faire de moi un saint. J'ai fait bien des communions durant mon existence; suis-je seulement arrivé à assurer en moi, d'une manière un peu stable, la vie divine ?... Quels sont les obstacles qui contrarient ainsi votre action ? Que je les connaisse, afin de les supprimer...

IV
Prière

Le don que nous fait Jésus de son Corps et de son Sang est admirable non seulement en lui-même, mais encore dans ses effets : il est vivant et vivifiant.

Qu'il soit véritablement pour moi, ô Jésus, une source de vie, le germe fécond d'une merveilleuse activité surnaturelle.

Les besoins de mon âme sont grands et nombreux. Cette âme, que vous m'avez donnée pour vous connaître, ô mon Dieu, et vous aimer, est trop souvent attirée par les choses de la terre, et les inclinations corporelles l'entraînent vers les plaisirs temporels avec une force qui me semble parfois irrésistible... Soutenez-moi, ô Jésus, encouragez-moi, afin que je ne faiblisse point... Que le don de votre Corps et de votre Sang soit pour moi, dans ces circonstances, une armure invincible, une armure royale...

Que votre don me soit un puissant soutien dans les efforts que j'ai à faire pour tendre sincèrement à la perfection... Saforce est telle, qu'il peut m'aider, bien mieux que la nourriture mystérieuse d'Élie, à gravir jusqu'à son sommet la montagne de la perfection et de la sainteté...

Votre don, ô Jésus, est un talisman dont la vertu est sans limites. Suivant les besoins de ceux à qui vous le remettez il leur procure joie et consolation, paix et sécurité, ou il les remplit d'une terreur salutaire : le tout est d'ailleurs ordonné à agrandir, à intensifier dans l'âme la vie surnaturelle et divine. Mon indigence est grande : faites, ô Jésus, que ce don soit pour moi une augmentation continuelle de cette vie...

Dans le discours prononcé par vous, ô Christ-Roi, à la suite de la multiplication des pains, vous vous êtes présenté comme « le pain de Dieu... qui descend du ciel et donne la vie au monde » (Joan., vi, 33). Communiquez, ô Jésus, cette vie au monde qui se meurt en dehors de vous ; les hommes ont ainsi, à côté d'eux, un don d'une efficacité merveilleuse : puissent-ils en user avec plus de profit

V
Pratique

Dans nos communions, nous servir de la force de cet aliment de vie pour combattre nos défauts.

VI
Aspiration

Que je demeure en vous, ô Jésus, pour porter beaucoup de fruits : Qui manet in, me, et ego in eo,- hic fert fructum muttum (Joan., xv, 5).

L'université du don

I

Adoration

Contemplons Jésus au moment où il institue le Sacrement de l'Eucharistie. Il tient entre ses mains le pain qu'il change en son corps, il le présente à ses apôtres, et il leur dit : « Prenez et mangez-en tous. »

C'est son désir, bien plus, c'est son commandement : tous doivent venir le prendre, le manger. Oui, ô Jésus, je crois à cette parole, sortie de votre coeur autant que de votre bouche : « Mangez-en tous!

Un roi juste, sage et bon, se doit à tous ses sujets; il fait parvenir ses bienfaits à tous ceux qui se trouvent dans le besoin. Il a sans doute en vue le bien général de la société; mais il n'a garde de dédaigner le bien des particuliers.

C'est, ô divin Roi Jésus, ce que vous faites. Vous ne vous donnez pas seulement à la société chrétienne en général; c'est à chacun de nous en particulier, c'est à moi que vous destinez le bienfait ineffable de votre Corps et de votre Sang.

L'invitation que vous avez adressée à vos Apôtres : « Prenez et mangez-en tous », n'était pas restreinte au cercle de ceux qui étaient alors à vos côtés : en leur personne vous parliez à tous les chrétiens.

J'adore, ô Jésus, je loue et bénis la force de votre puissance, l'ardeur de votre amour dans cette première consécration, qui va se répéter tant de fois durant le cours des siècles.

Mais pour réaliser ce don universel de lui-même, il ne suffit pas que Jésus se rende présent dans tous les tabernacles du monde; il faut qu'il multiplie autant de fois les hosties consacrées qu'il y a de communiants. De son regard divin, il embrasse tous les temps jusqu'à la consommation des siècles; il voit toutes les générations qui se succéderont; il connaît chaque individu en particulier, et pour chacun il prépare le don de son Sacrement : « Prenez et mangez-en tous. »

En se donnant ainsi à tous, Jésus se donne à chacun, aussi pleinement que s'il était seul à profiter du don.

La part faite aux autres ne diminue en rien la part qui m'est faite à moi, en particulier : tous nous recevons le Christ tout entier, son corps, son sang, son âme et sa divinité...

Seule la puissance infinie pouvait ainsi étendre la présence réelle à chaque homme... Seule une bonté sans limites pouvait penser à un tel miracle...

Adorons, exaltons et bénissons le Seigneur qui a voulu donner à chacun de ses enfants une nourriture si précieuse et si suave... Vous êtes, ô Jésus, un Roi plein de bonté pour vos sujets, et magnifique dans les inventions de votre amour : je vous adore dans cette Hostie que je puis, sans erreur aucune, appeler mienne, car c'est pour moi que vous y êtes...

L'Eucharistie, qui est, ô Jésus, le triomphe de votre amour pour les hommes, est en même temps le moyen d'établir parmi eux votre royauté. Les grandes manifestations eucharistiques, encouragées par les Souverains Pontifes, sont pour vous l'occasion de manifester votre royauté sociale : quand vous passez par les rues de nos cités, sous des arcs de triomphe, escorté des autorités, vous êtes adoré comme le Roi éternel des sociétés elles- mêmes.

Mais quand vous descendez dans un triomphe d'ordinaire bien modeste en nos coeurs par la sainte communion, c'est pour prendre possession, comme Roi, de ces coeurs. Le don que vous nous faites de vous-même est en même temps une prise de possession de votre royaume. J'entrerai, ô Jésus, dans vos intentions, et les paroles que vous avez prononcées à la Cène : « Prenez et mangez-en tous », je les entendrai dans leur sens plénier : Prenez ce don que je vous offre, et qui est le Don même de Dieu; mangez-le, et que la force de cet aliment, à l'inverse de ce qui se produit pour la nourriture corporelle, vous assimile à lui : ainsi je régnerai et commanderai en vous, et sachez que c'est là le but final de cette institution de mon amour.

Qu'il en soit ainsi, ô Jésus : que recevant ce Don de Dieu, qui n'est autre que vous-même, ce Don de Dieu préparé par votre bonté pour moi, je vous permette d'être le Maître en moi.

II
Action de grâce

C'est à tous les hommes, à ceux de tous les temps et de tous les pays, que Jésus veut se donner. Quelle générosité, quelle abondance, quelle prodigalité dans le don ! A tous, sans exception aucune : « Prenez et mangez-en tous. » Quels ne devraient pas être, ô Jésus, les sentiments de reconnaissance des hommes en face d'un don si merveilleux ! Parce que le fils de Jacob avait indiqué au pharaon égyptien le moyen de subvenir aux besoins de son peuple en un temps de diselle, le prince l'appela « Sauveur du monde : Salvatorem mundi » et lui donna l'administration de tout son royaume (Gen., xm, 45).

Mais vous, ô Jésus, vous avez fait bien plus pour nous, que le Joseph de l'Ancienne Alliance : vous avez préparé pour chacun de vos enfants, pour tous les hommes, un froment céleste qui ne s'épuisera jamais, vous-même. Vous méritez bien, certes, d'être appelé Sauveur du monde et de recevoir le gouvernement de ceux que vous sauvez ainsi de la famine et de la misère. C'est ainsi, ô doux Sauveur, que je veux vous manifester ma recon­naissance pour votre don de l'Eucharistie.

Vous avez appelé tous les hommes, ô Jésus, à participer à votre don : personne n'est exclu; mais parmi tous ceux à qui vous vous adressez, il en est de privilégiés, qui, en raison de circonstances spéciales, préparées par vous, je le sais , peuvent avoir une part plus large à votre don.

Et ne suis-je pas du nombre de ces favorisés ? Quelle est en effet la part personnelle que j'ai eue dans la distribution de ce don ? Dans l'universalité des hommes, ne suis-je pas spécialement distingué par une part plus abondante de l'Eucharistie?

Combien de fois depuis le jour de ma première Communion Jésus s'est-il donné à moi? Tous les jours peut-être... Or quel amour ne suppose pas chacune de ces communions! Chacune est un accomplissement nouveau de la parole de l'Évangéliste racontant la première institution du Sacrement : « Il a aimé jusqu'à la fin. »

Et chacune de ces visites se fait de la part de Jésus avec autant de promptitude, de bonté, de désintéressement que la première fois... Je le reçois dans un coeur tiède et lâche parfois : lui ne se décourage pas, ne se rebute pas.

Je vous remercie, ô Jésus, de te don personnel que vous me faites de vous-même.

Oui, don personnel, non seulement parce qu'il est fait à chacun de nous, mais personnel encore en ce sens qu'il s'adapte merveilleusement aux besoins, aux désirs de chaque âme en particulier. Lorsqu'un souverain fait des largesses à son peuple, c'est à chacun à employer, comme il le croit bon, la somme reçue : celle-ci étant limitée, le bénéficiaire doit limiter aussi ses aspirations.

Il n'en est pas de même, ô Jésus, pour le don que vous nous avez fait. Bien que s'adressant à tous, il n'a pas de bornes; il est vraiment universel pour chacun de ceux qui le reçoivent : la part faite à l'un ne diminue en rien celle de l'autre. Comme la manne du désert pour les Israélites figure si expressive de ce don il est capable de satisfaire tous les goûts, toutes les exigences : force et courage, douceur et consolation, pureté et humilité, patience et résignation, tout y est, car votre don, ô Christ-Roi, est pour tous. Vous avez ouvert votre main, cette main qui tient le sceptre de la domination universelle, et vous avez rempli toute créature de l'abondance de vos bénédictions (Ps. cxLiv, 16).

Que sommes-nous, Seigneur, pour que vous ayez ainsi pensé à nous ? « Que ma bouche publie la louange de Jéhovah et que toute chair bénisse son saint nom, toujours, à jamais :Laudationem Domini loquetur os meum, et benedicat omnis taro nomini sancto ejus, in saeculum, et in saeculum saeculi » (Ibid., 21);

III
Réparation

En instituant l'Eucharistie, vous la présentez, ô Jésus, à tous les hommes : vous désirez, vous commandez que tous viennent prendre et manger le don que vous leur offrez, et qui n'est autre que vous- même.

Mais ce désir, ce précepte, comme ils sont loin d'être réalisés! Il y en a beaucoup qui ne viennent pas vous recevoir et participer à votre don, ô divin Roi. Ils font mentir votre parole : « Prenez et mangez-en tous. »

Les uns ne se mettent point en souci d'obéir à votre commandement pourtant si formel. Ils sont plongés dans les plaisirs des sens, absorbés par les intérêts de la terre, et n'ont ni le temps ni la pensée d'aller à la table eucharistique... Non, pas même une fois par an, comme le demande l'Église, interprétant d'une manière authentique votre volonté; tout au plus au dernier moment de la vie, lorsque la mort est là : et encore, plusieurs, par négligence ou par mauvaise volonté, refuseront, même à ce moment, l'invitation du Seigneur : quoi, mépriser un présent du prince au moment même où l'on va être admis en sa présence, appelé à son tribunal... Pardon, ô Jésus, pour ces malheureux...

D'autres vont bien recevoir le corps de Jésus, mais pas avec cette fréquence que désire le Sauveur, et qui leur serait possible. Arrêtés par les préjugés, par la paresse, par le respect humain, ils n'écoutent pas la parole, l'invitation que Jésus répète tous les jours par la bouche de chacun de ses prêtres au moment de la consécration à la messe : « Prenez et man­gez-en tous ! »

Quelle est notre attitude vis-à-vis de cette invitation de Jésus ? Sommes-nous fidèles à communier aussi souvent qu'il nous est possible ? «'Prenez et mangez-en tous! » Ces paroles s'adressent à chacun de nous. Elles s'adressent aux petits enfants comme aux grandes personnes. Quiconque est en âge de comprendre l'invitation de Jésus doit y correspondre... Réparons pour ceux qui voudraient empêcher les petits, ces privilégiés de Notre- Seigneur, de prendre et de manger le pain qui leur est offert par Jésus. En se donnant à tous avec une telle prodigalité, Notre-Seigneur s'expose à bien des mépris, des humiliations, des mauvais traitements.

Les hommes sont ainsi faits qu'ils estiment davantage ce qui est rare; les choses trop répandues, données à tous sans distinction, ont pour eux moins de valeur. N'en est-il pas ainsi du don de l'Eucharistie? A force d'être prodigué, il est négligé, compté pour rien, même par ceux qui l'aiment et le reçoivent... Quelle est notre estime de la communion ?...

Un autredanger provenant pour Jésus de la prodigalité de l'Eucharistie, c'est de tomber dans des mains sacrilèges. Il se donne à tous; certes, il voudrait que seuls les bons vinssent le recevoir; mais, pour ne pas nous effrayer par la crainte d'être repoussés, il se laisse donner à quiconque se présente : aux pécheurs, aux sacrilèges, aux traîtres...

Ah! son Coeur frémit d'indignation, il est abreuvé d'amertume lorsqu'on l'oblige à descendre dans une âme coupable... Il nous demande à nous, ses amis, de le consoler, de réparer...

IV
Prière
En nous invitant tous à prendre et à manger le pain qu'il nous offre, Jésus nous témoigne de la manière la plus évidente le grand désir qu'il a de venir en nos âmes. C'est dans son Coeur un besoin impérieux de se donner à ses enfants.

Quel est donc notre devoir, sinon de répondre avec générosité à son invitation, à son commandement, et d'être par conséquent zélé pour la communion et la communion fréquente.

Si nous n'allons pas encore chaque jour à la Table sainte, prenons-en aujourd'hui la résolution. Laissons-nous toucher par la parole du Sauveur : « Prenez et mangez-en tous I » Nourrissons-nous chaque jour de ce pain, comme chaque jour nous prenons l'aliment corporel.

Puis, si nous aimons Jésus, faisons en sorte que tous les hommes connaissent le don de l'Eucharistie et y participent. Voyons ce que nous pouvons faire à ce sujet auprès de ceux qui nous entourent, et tout particulièrement auprès des petits enfants. En tout cas, prions pour que la parole de Jésus se réalise : « Prenez et mangez- en tous I »

Jésus, don de Dieu, manifestez-vous à ces infidèles et à ces hérétiques qui ne vous connaissent pas; convertissez aussi ce grand nombre d'incrédules et d'indifférents qui veulent vivre sans vous; puissiez-vous avoir la satisfaction de vous donner chaque jour à tous vos enfants!...

Mais, je vous en prie, ô Jésus, faites que ce don de Dieu, nous le recevions avec profit pour nos âmes. Vous nous dites de manger le pain eucharistique : qu'il nourrisse notre âme comme le pain matériel nourrit notre corps !

Préservez-nous du malheur de communions sans résultat, sans fruits pour notre vie spirituelle, parce que faites sans dévotion.

Mais que, au contraire, ce pain de vie nous soit toute force et tout secours...

V
Pratique

Comprenant combien Jésus désire se donner aux âmes, faisons-nous les propagateurs de la communion précoce des enfants et de la communion fréquente pour tous, et donnons-en d'abord l'exemple,
VI
Aspiration

Prenez et mangez-en tous.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

Le Resto de mon fils

François Christiaenssens

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Marcel Christiaenssens

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