Dans nos entretiens précédents, nous avons selon notre capacité étudié la personnalité de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans sa divinité, dans son humanité, dans l'union des deux natures et ses conséquences.
A peine, nous le confessons, avons-nous effleuré cet immense sujet; si quelque considération peut nous consoler dans notre impuissance, c'est de savoir que la contemplation de Jésus sera notre second grand bonheur durant l'éternité, le premier étant la posses sion de Dieu dans l'Unité de son Essence et la Tri nité des Personnes.
Nous avons jusqu'ici répondu à cette question : Oui est Jésus? mais nous ne le connaîtrions pas suffisamment si nous n'essayons maintenant de savoir : Pourquoi Jésus?
Pourquoi le Fils de Dieu est-il devenu le Fils de l'Homme? A quel rôle, à quelle fonction, pour quelle oeuvre enfin digne de Lui de sa grandeur, de sa majesté, est-il prédestiné, appelé, adapté? Tel est le sujet que nous allons aborder, plus que jamais guidés par les maîtres de la pensée franciscaine, mais sous la protection de Marie et après avoir imploré l'assistance de l'Esprit Saint. Redisons-nous que la connaissance de Jésus n'est pas une science commune à quoi suffisent l'intelligence, la diligence et l'attention et qu'un homme puisse communiquer à d'autres hommes : les coeurs purs seuls voient Dieu. Prions. Implorons. Demandons et nous recevrons.
I Un principe domine toute la matière :
En Notre Seigneur Jésus-Christ, la Personne et la Fonction ne sont pas séparables. La Personne est en relation immédiate avec la Fonction ; la Fonction n'existe que pour la Personne, par la Personne, à cause de la Personne.
Le Fils de Dieu est tout Fils et n'est que Fils, c'est-à-dire : Expression, Verbe, Splendeur de son Père 1 c'est-à-dire encore Louange de son Père. Il est le glorificateur du Père, par cela qu'il est sa Gloire éclatant en Personne égale.
Jésus est tout Jésus et n'est que Jésus, c'est-à-dire salut par Dieu 2 , c'est-à-dire communication de la vie divine. Et Jésus est le Fils, révélateur et révélation du Père. Nous ne saurions rien du Père, ni conséquemment du Fils et de l'Esprit-Saint, si le Fils n'était Jésus et ne nous l'avait révélé.
Qu'il me soit permis d'éclairer par quelques exemples cette unité de la Fonction et de la Personne ; cette parfaite coïncidence et conformité de la Personne et de la Fonction ; où nous trouverons l'explication et la cause du dessein de Dieu dans l'Incarnation : je ne prétends pas que je rendrai intelligible une chose mystérieuse; je veux essayer de l'exposer plus hublement, par des comparaisons aux choses humaines.
1-Tel.! homme : il est médecin; c'est sa fonction. Il aurait pu être ingénieur ou notaire. Cet autre, qui est forgeron, il pourrait être menuisier ou tisserand; cette mère de famille, religieuse; et leur personnalité pas été anéantie ni même bouleversée. Leur vie , qui est la manifestation de leur personnalité, j'entends leur vraie vie, leur vie totale qui en définitive est , l'établissement, la culture, le règne de la grâce en eux et son épanouissement en gloire éternelle, aurait pu n'être pas sensiblement ou même aucunement affectée par ce changement de fonction. Profession, métier, état de vie, c'est la fonction.
Que celle-là soit librement choisie; que celui-ci soit imposé par la nécessité; que l'une ou l'autre soit indiqué par des considérations de famille, d'éducation, d'attrait, de vocation providentielle, on entend suffisamment que sa fonction, son rôle social, ne fait pas corps avec l'individu.
Poussons plus avant. Un enfant vient au monde. Nous comprenons, nous admettons facilement qu'il n'y est pas nécessaire.
Supposé même qu'il soit destiné à devenir un grand conquérant, un savant illustre, un saint à l'influence caractéristique et féconde : Napoléon, Pasteur, François d'Assise... Néanmoins le sillage qu'il laissera dans l'océan mouvant des destinées humaines n'a qu'une importance relative et secondaire : combien de milliers d'hommes n'ont jamais entendu nommer Platon ou Gengis Khan!... Et quoi qu'il en soit de la marque d'un homme sur notre planète, cette marque manquant ou s'effaçant, la terre n'en continuera pas moins sa ronde autour du soleil, ni le soleil de l'entraîner avec ses autres tributaires vers ce point imprécis de la Lyre ou d'Hercule que cherchent nos astronomes, et enfin l'ensemble des mondes de suivre sa voie dans l'immensité...
2-Il n'en est pas ainsi de celui que nous appelons par son nom d'homme, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Sans Lui, il n'existerait rien, ni terre, ni soleil, ni univers...
Cet enfant, qui a dû naître à Bethléem de la Vierge Marie , il est de toute éternité la splendeur, la louan ge de son Père; et à ce titre, il est la cause, et comme on dit, le Médiateur de la création. Qu'est-ce en effet que la création? Une manifestation de l'amour qu'est Dieu. C'est en vue de cet Amour 3 qu'il donne et qu'il veut recevoir, que le Père autorise son Fils à sortir par l'Incarnation de son sein paternel; et c'est en vue de cette Incarnation que par son Fils, et pour lui et en Lui, il crée l'univers, les anges, les hommes... Ainsi la création est voulue pour l'Incarnation, comme l'Incarnation est voulue pour la religion.
Nous nommons religion le culte rendu à Dieu, l'amour, la louange, l'adoration selon sa dignité infinie. Et nous disons que c'est parce qu'il doit être Médiateur de religion que le Christ ,est Médiateur de la création; et qu'il sera au temps marqué, Médiateur de rédemption pour les hommes.
Si donc tout dépend ainsi de Lui, puisque, comme chante saint Jean : Toul par lui a élé fait et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe 4, ui ne peut dépendre d'aucune autre chose. Rien n'est donc fortuit, accidentel, occasionnel en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Sa Fonction et sa Personne, c'est tout un. Il est tout ce qu'il est essentiellement, par dessein prémédité, et dans un certain sens compatible la plénitude de la liberté divine nécessairement. Il ne peut être que ce qu'il est : In hoc enim valus sum 5 , répond-il à Pilate qui l'interroge sur sa roy auté: c'est pour cela, uniquement, expressément, que je suis né. Ce qu'il dit de sa royauté, il peut l'affirmer de toute sa fonction; et de sa naissance temporelle, le reporter à sa naissance divine : Je suis né de mon Père, éternellement, pour être la Louange de s a Gloire : In hoc enim nalus sum,
Il réalise pleinement, intégralement, la volonté de son Père sur lui. Sa nourriture, ce qui le soutient dans l'être, ce qui lui donne d'agir, est de faire la volonté de Père 6 cette parole est vraie d'une véritéabsolue, transcendante, en ce qui regarde la subsistanse du Fils au sein de son Père; elle est vraie pareillement en ce qui regarde l'accomplissement temporel, point par point, de cette éternelle volonté.
Il est le Verbe 7, la Parole qui manifeste Dieu.
Il est Verbe au sein de l'Adorable Trinité, Verbe éternel.
Il est Verbe proféré et à son tour proférant, Verbe incarné, médiateur de toute religion et médiateur de création.
Il est Verbe glorifiant et glorifié, d'abord louange de la gloire de son Père et expression de sa splendeur; ensuite récapitulant et parachevant toutes choses en soi, à la louange de cette même gloire paternelle.
3-Nous ne nous faisons pas une idée ni exacte, ni complète de Jésus si nous ne le plaçons dans cette lumière, dans la plénitude de sa Fonction.
Il n'est pas dans l'ceuvre de Dieu un être d'occasion qui aurait pu y manquer sans que cette ceuvre en souffrit. Il n'y est pas un embellissement, ni une surcha rge ni une rature; il n'y est pas un racommodage accompli après coup, une reprise faite sur un accroc de l'étoffe. Il en est la raison même et la fin, la pierre d'angle et la clé de voûte : Christus
De même qu'il n'est pas un homme devenu Dieu, par vacance et assomption d'emploi (comme l'imagina Nestorius); mais qu'il est un homme né Dieu; et qu'il n'est homme que pour être Dieu; de même Jésus n'est pas Christ et Messie par accident, par surcroît. Il n'a d'autre raison d'être, d'autre but, d'autre fonction que d'être ce qu'il est : In hoc enim naiu s sum el ad hoc veni in mundum.
Que mes lecteurs me permettent d'insister mais je ne m'excuse pas de le faire sur cette thèse qui est le fondement même de la théologie franciscaine, et nous, nous disons de la théologie scripturaire, oubliée ou méconnue.
4-Combien de chrétiens ne portent-ils pas cette idée plus ou moins confuse qu'un beau jour Dieu s'est décidé à créer un monde, un ciel, une terre, des anges, des hommes... puis un autre beau jour à envoyer son Fils dans cet univers : soit pour réparer la faute d'Adam; soit pour honorer l'humanité par l'union hypostatique; soit pour compléter la création par l'Incarnation, ou complémenter l'ordre naturel par l'ordre surnaturel; soit pour remplir une place vide dans la hiérarchie des êtres...
Qui pourtant ne voit que dans cette manière de comprendre l'oeuvre divine, le Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, n'a qu'une place d'occasion, en somme secondaire et nullement proportionnée avec ce que la Révélation nous apprend de Lui, ni l'accord avec les termes magnifiques où l'exaltent les prophètes et les Apôtres!...
Tout, dans cette vue incomplète, se règle entre pieu et l'homme. Jésus y trouve sa place, honorable, très utile, mais non plus nécessaire. Le monde existait sans lui; il aurait pu, à la rigueur passer de lui .
C'est que le Dieu dont on parle alors n'est plus le Dieu-Trinité, notre Dieu « chrétien révélé par le Christ », le Père amoureux de ses enfants, dont l'Esprit-Saint nous entretient dans l'Écriture et nous donne la connaissance par sa grâce intérieure.
C'est l'Acte Pur d'Aristote, l'Etre suprême de la raison laïcisee, le Dieu de Descartes et des philosophes, abstrait par la méditation de l'homme de la considération de soi-même et des choses, du moi et du non-moi, de la nécessité d'une Cause première et d'une Fin dernière, haute justicière et rétributrice des mérites de l'Homme Car c'est l'Homme qui a le beau rôle et ce Dieu est presque une créature de son esprit.
La Révélation , au lieu d'être la vraie science communiquée par le Père à ses enfants, voyageant pour leur éducation sur la terre d'épreuve 8 , n'est plus qu'un authentique conirmalu r accordé aux déductions de la raison raisonnante.
Nous ne disons point que cette spéculation est fausse, sinon car dans la mesure où elle est incomplète : car historiquement dans la réalité concrète ou nous vivons les choses ne se sont point passées ainsi : Tout est pour le Christ et par e le Chst. Il nous suffit de dire qu'elle st incomplète, et qu'elle n'est pas conforme à l'enseignement de l'Écriture.
II Lisons, non pas au hasard; mais en laissant d'autres textes aussi forts, aussi clairs du moins pour les Pères aussi probants; notamment ceux de l'Ancien Testament 9 ...
Lisons le début de l'Épître aux Hébreux, celui d e l'Épître aux Colossiens, dans la traduction Crampon, scientifique et approuvée ? :
Hébreux : Dieu nous a parlé (en ces derniers temps ) par le Fils qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce (Fils) qui est le rayonnement de sa gloire, l'empreinte (ou l'expression) de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux...
Colossiens : ... (ce) Fils bien-aimé, par le sang duquel nous avons la rédemption, la rémission des péchés, il est l'image du Dieu invisible, né avant toute créature; car c'est en lui que toutes choses ont été créées, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles (les ordres des anges). Tout a été crée par Lui et pour Lu i Il est Lui, avant toutes choses, et toutes choses lui. Il est la tête du corps de l'Église, :Lui qui est en est principe, le premier-né d'entre les morts, enfin qu'en toutes choses il tienne, Lui, la première place : car Dieu a voulu que toute sa plénitude habitàt en Lui "
Io-Ces textes magnifiques parlent d'eux-mêmes : e t c'est bien à Jésus, Homme-Dieu, et non seulement au Dieu-Fils (si l'on peut ainsi parler sans offusquer l'unité de la Personne par la distinction de ses deux natures), qu'ils accordent ces titres et ces louanges. C'est bien au Christ qu'ils attribuent et qu'ils imputent, puisqu'ils les citent sur le même plan 10 et la création avec la conservation du monde, et la rédemption de l'homme par le sang, et la résurrection d'entre les morts, et la session à la droite du Père après l'oeuvre accomplie, et la fonction capitale à l'égard de l'Église.
Ainsi d'ailleurs s'exprime le Symbole de Nicée-Constantinople qui se chante durant la messe : il nomme Jésus-Christ, ce Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, par qui tout a eté fait; qui pour nous, hommes, et pour notre salut, s'est incarné. Il ne dit pas : Je crois au Fils unique de Dieu par qui tout a été fait; et qui s'incarnant pour le salut des hommes a pris le nom de Jésus-Christ. Peut-on croire que l'Église conduite par le Saint-Esprit eût insinué une telle confusion dans l'esprit des hommes? Non. Mais elle a connu que son divin Chef était médiateur de la création sous son nom propre de Jésus-Christ, comme il est médiateur de la grâce et de la rédemption.
Nous pourrions apporter encore dans le même sens le sublime début de l'Épître aux Éphésiens. Que nos lecteurs daignent le lire. Nous n'en donnerons ici qu'un résumé qui d'ailleurs vaut un commentaire. ILest du R. P. Prat, jésuite, dont tout le monde connaît, la particulière, compétence; ce savant auteur yvoit l'expression magnifique et définitive de l a doctrine exposée par saint Paul dans l'Épître aux colossiens et qu'il ne présente pas d'une autre manière que nous venons de le faire à l'instant 11.
« Béni soit Dieu qui nous a comblés de bénédictions spirituelles, au ciel, dans le Christ (c'est le R. P. Prat qui souligne)...
En Lui, il nous a choisis avant la formation du monde 12 ...
En Lui, il nous a prédestinés à être ses fils adoptifs..
En Lui, nous avons la rédemption opérée par son sang...
En Lui, Dieu ramène à l'unité toutes choses 13...
En Lui, les Juifs ont été les premiers appelés à la foi...
En Lui, les Gentils sont à leur tour marqués du sceau de l'Esprit-Saint qui est l'arrhe de notre héri tage ... »
2- Il est bien clair, d'après cet exposé des oeuvres de Dieu, que le Christ n'y a pas été introduit après coup; mais qu'au contraire c'est en Lui, pour Lui, par Lui, que tout a été conçu, voulu, operé : la manifestation de Dieu, la communication de sa vie aux êtres de son c hoix, l'élection des anges et des hommes; la rédemption sanglante de ceux-ci, entraînés par leur premier père dans sa rébellion; la consommation de toutes choses et leur achèvement. Tout dépend de la médiation du Christ, tout repose sur elle. L'idée que nous donne la Révélation de la fonction du Christ dépasse de toute la hauteur du ciel à la terre les chétives inventions de la raison humaine, selon lesquelles dans un monde déjà constitué de toutes pièces et qui s'était fort bien soutenu sans Lui, Dieu tout a coup envoie son Fils pour compléter ou embellir son oeuvre, ou réparer l'avenir des hommes compromis par la faute d'Adam. Non! L'Incarnation du Verbe n'est point une laborieuse reprise en sous-oeuvre d'un dessein mal combiné et avorté. Elle est au contraire l'oeuvre unique, capitale, de Dieu, digne de sa Sagesse, de sa Puissance, de son Amour, et dans sa Sagesse, et dans sa réalisation. Jésus en est le centre, le Principe et la Fin.
Ainsi instruits par la Révélation , il ne nous est pas fonction a été pieusement comprendre pourquoi cette fonction a été assumee par le Fils éternel de Dieu; et c'est la conclusion de notre entretien.
3-Dieu est Amour 14 ; or l'acte de l'amour est de se communiquer. La première communication de la charité qu' est Dieu s'opère au dedans de la nature divine, éternellement, infiniment; et c'est dans la Trinité des Personnes que s'épanouit l'Amour incréé.
Cette communication est absolument suffisante,
Dieu n'a plus aucun besoin de se communiquer ; m ais il en a encore le pouvoir. Il veut donc communiquer sa vie et sa béatitude, non plus en soi, mais hors d e soi. (Hors de soi, notons-le, n'a qu'un sens humain :hors de Dieu il n'existe rien : tout ce qui est a en Dieu l'êtres le mouvement, la vie 15 ; mais nous sommes obligés de parler ainsi pour signifier, par opposition à la vie intime de Dieu, son oeuvre extérieure et créatrice) .
Cependant, cette communication ne doit pas tourner au détriment de la gloire de Dieu! Et n'est-ce pas , ce qui fatalement arriverait, si la création de Dieu ne lui rendait pas une gloire égale à la charité qui la lui a fait entreprendre?... Or qui, parmi les créatures. pourrait connaître, aimer, glorifier Dieu à égalité?... Seul Dieu peut connaître, aimer et louer dignement Dieu...
Il est vrai. Mais si l'une des Trois divines Personnes, assumait, résumait toute la création dans un être qui serait sien? Alors la double volonté de Dieu, celle de se donner aussi pleinement qu'il lui est possible, à égalité; et celle de recevoir de son Don toute la gloire possible, à égalité, pourrait être réalisée.
De cette manifestation de l'amour de Dieu, qui sera plus convenablement l'artisan que Celui qui dans la Trinité est déjà l'image vivante et égale du Père, la splendeur de sa substance, la louange de sa gloire, le Fils?
Le Fils sera donc envoyé par le Père pour être ad extra, hors de l'Etre divin, son image, toujours vivante bien que d'une vie créée, la louange de sa gloire bien que d'une gloire accessoire, extérieure, accidentelle. Mais le Verbe incarné demeure l'égal de son Père et peut ainsi lui rendre, au sein de la création, au nom de toutes les créatures résumées en soi, un amour et un honneur dignes de Lui.
Le Verbe incarné est donc conçu et voulu avant toute autre créature; et avec Lui, par le même décret 16 sa Mère. Puis pour Lui comme son héritage et son domaine; par Lui comme médiateur de grâce et de création ; en Lui comme chef de toutes créatures visibles et invisibles, sont conçus, voulus, et selon leur ordre, aux temps définis, créés, adoptés, rachetés, glorifiés, consommés, les anges, les hommes, les êtres .
4- Ah! .Qu'il est grand, notre Christ! Plus nous le connaîtrons, plus nous serons pénétrés pour lui d'admiration, d'amour, de confiance, d'adoration; plus aussi nous comprendrons pourquoi Dieu l'a placé au centre de son oeuvre et que sa connaissance est vie et salut; plus enfin nous serons désireux de correspondre au dessein de Dieu, qu'il veut réaliser en nous par le Christ et dans le Christ, savoir : que nous soyons à notre tour et dans notre mesure d'autres Christs, des louanges de sa gloire à la louange de sa grâce! Car Dieu a tout fait pour cela, mais enfin cela dépend de nous! Quelle pensée! Quelle grandeur! Et que cette responsabilité nous élève!...
III Comment le Christ accomplit-il sa Fonction; et comment nous, avec Lui, par Lui, en Lui, librement, méritoirement, correspondons-nous à son oeuvre, c'est ce que nous méditerons par la suite. Pour conclure cette méditation et pour ôter de l'esprit de mes lec teurs le doute que cette sublime doctrine, qui n'est pas assez connue et enseignée, n'est pas la véritable t commune doctrine de l'Église, je transcrirai ici une hymne du Bréviaire Romain, celle des matines du Temps Pascal, où l'histoire de Jésus est racontée, e t sa fonction présentée, dans l'ordre établi par notre entretien :
Rex sempilerne cœlitum,
Rerum creator omnium,
Aequalis ante secula
Semper Parenli Filius ;
(0) Roi perpétuel des célestes (hiérarchies)
(0) Créateur de toutes choses,
Fils toujours égal (dès) avant les siècles à Celui qui t'engendre;
Nascenle qui mundo, faber
Imaginem vullus lui
Tradens Adamo, nobilem
Limo jugasli spirilum ;
Ouvrier (qui le façonnais) lorsque naissait le monde, livrant à Adam l'image (la ressemblance) de ton visage, tu joignis au limon un noble esprit;
Cum livor el fraus daemonis
Fcedasset humanum genus,
Tu, carne amiclus, perdilam
Formam reformas arlifex ;
Lorsque l'envie et la fraude du démon, eurent souillé le genre humain,
Toi, vêtu de chair, tu reformes la forme perdue (dont tu es) l'artisan;
Qui natta olim e Virgine,
Nunc e sepulcro nasceris,
Tecumque nos a morluis
Jubes sepullus sur gere ;
(Toi), qui jadis né de la Vierge maintenant nais du sépulcre,
Avec toi, d'entre les morts(où nous sommes) ensevelis, tu nous ordonnes de (nous) lever.
Qui pastor elernus, gregem
Aqua lavas baplismalis :
Hœc est lavacrum menlium ;
Hœc est sepularum criminum ;
Et Pasteur éternel, tu laves ton troupeau dans l'eau du baptème :
C'est là le bain des âmes!
C'est là le tombeau des péchés!
No bis diu qui debilœ
Redemplor affixus cruci,
Nostre dedisti prodigus
Pretium salulis sanguinem ;
0 Rédempteur, attaché à la croix (qui) longtemps nous (fut) due,
Prodigue, tu as donné (ton) sang (pour) prix de notre salut;
Ut sis perenne menlibus
Paschale, Jesu,,gaudium,
A morte dira criminum,
Vile renalos libera.
0 Jésus! pour être la durable joie pascale de nos esprits, de la cruelle mort du péché délivre ceux que tu as fait renaître à la vie.
Deo Palri sil gloria,
El Filio qui a morluis
Surrexil, ac Paraclilo,
In sempilerna sœcula.
Amen.
A Dieu le Père soit la gloire,
Ainsi qu'au Fils d'entre les morts ressuscité, ainsi qu'au (Saint-Esprit)
Consolateur dans les siècles éternels.
Ainsi soit-il.
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