| Sixième
Partie- O Mes Trois
Solitude
infinie
La
Solitude infinie ! C’est une des définitions
de Dieu. Il s’est définit lui-même, disant
: Je suis celui qui suis (1),
En d’autres termes : Je suis l’Être,. Il
n’y a que lui qui soit, puisque tous les autres êtres,
sans exception, ne sont qu’une participation très
lointaine analogique de celui-là seul qui est appelé
l’Existence même.
A ce titre, comme à celui qui le fait la lumière,
la beauté, la bonté, l’amour, la puissance,
la justice, la miséricorde chacune de perfections que
nous lui attribuons et que nous adorons, l’on peut dire
que Dieu, est la Solitude infinie ; parc qu’il est seul
à posséder, en plénitude l’être
et tous les attributs qui lui reviennent, comme étant
le nécessaire, l’Éternel, l’Absolu.
Il
habite, ainsi, que solitude infinie, inaccessible. Il est
l’abîme où ne peut retenir et faire écho
aucun des êtres qui participent à son être.
C’est, pour chaque âme, comme le désir
immense, reculé aux frontières incommensurables,
situées à l’infinie de la divinité.
Qui pourrait jamais atteindre, à l’entrée
me de cette solitude, que remplit seul l’essence divine
et les personnes ineffables, riches de cette essence ?
Et pourtant, celui que le monde entier ne peut contenir, celui
qui vit reculé en l’infinité de la solitude
qui ne se mesure pas, vient de descendre dans mon cœur.
Mon cœur le contient, puisque Jésus-Hostie, c’est
Dieu ; c’est le Verbe du Père, principe de l’amour
éternel. Mon cœur, en ce moment, habite la solitude
dans limite du Dieu trois fois saint.
Ce
sentiment me saisit. Il me ferait peur, si je ne savais que
m’abîmer dans une telle solitude, c’est
goûter à sa source la paix la plus sûre
, le repos le plus bienfaisant.
O Solitude de mon Dieu, désert plein de délices,
permettez que je me réfugie quelques instant en vous,
et que j’échappe ainsi à la multitude
des choses !
Qu’il fait bon se sentir loin, très loin, infiniment
loin de toute créature , voire la plus chère,
pour n’être qu’avec Dieu, avec mon Dieu
à moi, avec ce grand Dieu qui, remplissant ciel et
terre, daigne accueillir cette poussière d’être
que je suis, pour l’immerger en cette mer de silence
qu’il m’apparaît.
Solitude
de Dieu ! Qu’il est salutaire à mon âme
de s’arracher à ses propres puissances, à
son imagination rarement tranquille, à son intelligence
toujours lasse de ses raisonnements, à sa volonté
jamais satisfaite, pour se plonger ainsi en se centre d’elle-même,
espèce d’abîme répondant à
l’abîme où elle se perd !
C’est
dans cette solitude-là que, chaque matin, Dieu me convie
pour me parler au cœur (1).
A vrai dire, mon âme, tu n’est bien que là,
où Jésus-Hostie t’entraîne, en la
solitude de Dieu, Père, Fils , Esprit-Saint.
Reste ici, en silence ; réponds ainsi au silence de
Dieu. Adore, abîme-toi devant tant de majesté
et ne souhaite plus qu’y vivre aux siècles des
siècles. Une seule minute, en ce recueillement, te
sera plus profitable que des années dans l’agitation
inutile de tes puissances.
La
sainte communion à Dieu recueille tous les privilèges,
elle unit à toutes les perfections de Dieu, à
chacun de ses attributs. C’est qu’elle divinise
l’âme à qui Dieu fait part très
intimement de ce qu’il est et de ce qu’il a .
Que lui importe l’oublie des créatures ? Pourquoi
s’affligerait-elle encore de la solitude où elles
la laissent parfois, si elle peut jouir, à ce point,
de celle de son Dieu ? Elle ne sera vraiment jamais moins
seule, que lorsqu’elle sera seul avec Dieu seul.
Seigneur Jésus, conduisez-moi toujours dans cette solitude
où il fait si bon habiter. Que je vous y rencontrer
bien seul, ô vous qui suffisez à qui vous aime
! Qu’ ai-je besoin encore des consolations toujours
transitoires de la terre ? Aussi longtemps que je ne vivra
pas avec vous, comme si vous m’étiez seul au
monde je n’aurais pas encore compris le mystère
ineffable de votre solitude infinie.
J’en
ai une image lointaine, près de moi, au saint tabernacle.
Seule, la veilleuse vous tient compagnie. Elle me rappelle
sans cesse ce que je devrais être faire pour vous dans
l’affreux désert de cette vie, en attendant que
je sois reçu éternellement en la plénitude
de votre solitude, ô mon Dieu qu’en ce moment
j’adore, en qui je me repose et jouis. |