Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

Série 3- À la Trinité par l'hostie 47/52

Seul avec lui

Don-Vanadeur

 Sixième Partie- O Mes Trois

Solitude infinie

La Solitude infinie ! C’est une des définitions de Dieu. Il s’est définit lui-même, disant : Je suis celui qui suis (1), En d’autres termes : Je suis l’Être,. Il n’y a que lui qui soit, puisque tous les autres êtres, sans exception, ne sont qu’une participation très lointaine analogique de celui-là seul qui est appelé l’Existence même.

A ce titre, comme à celui qui le fait la lumière, la beauté, la bonté, l’amour, la puissance, la justice, la miséricorde chacune de perfections que nous lui attribuons et que nous adorons, l’on peut dire que Dieu, est la Solitude infinie ; parc qu’il est seul à posséder, en plénitude l’être et tous les attributs qui lui reviennent, comme étant le nécessaire, l’Éternel, l’Absolu.

Il habite, ainsi, que solitude infinie, inaccessible. Il est l’abîme où ne peut retenir et faire écho aucun des êtres qui participent à son être. C’est, pour chaque âme, comme le désir immense, reculé aux frontières incommensurables, situées à l’infinie de la divinité.

Qui pourrait jamais atteindre, à l’entrée me de cette solitude, que remplit seul l’essence divine et les personnes ineffables, riches de cette essence ?

Et pourtant, celui que le monde entier ne peut contenir, celui qui vit reculé en l’infinité de la solitude qui ne se mesure pas, vient de descendre dans mon cœur. Mon cœur le contient, puisque Jésus-Hostie, c’est Dieu ; c’est le Verbe du Père, principe de l’amour éternel. Mon cœur, en ce moment, habite la solitude dans limite du Dieu trois fois saint.

Ce sentiment me saisit. Il me ferait peur, si je ne savais que m’abîmer dans une telle solitude, c’est goûter à sa source la paix la plus sûre , le repos le plus bienfaisant.

O Solitude de mon Dieu, désert plein de délices, permettez que je me réfugie quelques instant en vous, et que j’échappe ainsi à la multitude des choses !

Qu’il fait bon se sentir loin, très loin, infiniment loin de toute créature , voire la plus chère, pour n’être qu’avec Dieu, avec mon Dieu à moi, avec ce grand Dieu qui, remplissant ciel et terre, daigne accueillir cette poussière d’être que je suis, pour l’immerger en cette mer de silence qu’il m’apparaît.

Solitude de Dieu ! Qu’il est salutaire à mon âme de s’arracher à ses propres puissances, à son imagination rarement tranquille, à son intelligence toujours lasse de ses raisonnements, à sa volonté jamais satisfaite, pour se plonger ainsi en se centre d’elle-même, espèce d’abîme répondant à l’abîme où elle se perd !

C’est dans cette solitude-là que, chaque matin, Dieu me convie pour me parler au cœur (1). A vrai dire, mon âme, tu n’est bien que là, où Jésus-Hostie t’entraîne, en la solitude de Dieu, Père, Fils , Esprit-Saint.

Reste ici, en silence ; réponds ainsi au silence de Dieu. Adore, abîme-toi devant tant de majesté et ne souhaite plus qu’y vivre aux siècles des siècles. Une seule minute, en ce recueillement, te sera plus profitable que des années dans l’agitation inutile de tes puissances.

La sainte communion à Dieu recueille tous les privilèges, elle unit à toutes les perfections de Dieu, à chacun de ses attributs. C’est qu’elle divinise l’âme à qui Dieu fait part très intimement de ce qu’il est et de ce qu’il a . Que lui importe l’oublie des créatures ? Pourquoi s’affligerait-elle encore de la solitude où elles la laissent parfois, si elle peut jouir, à ce point, de celle de son Dieu ? Elle ne sera vraiment jamais moins seule, que lorsqu’elle sera seul avec Dieu seul.

Seigneur Jésus, conduisez-moi toujours dans cette solitude où il fait si bon habiter. Que je vous y rencontrer bien seul, ô vous qui suffisez à qui vous aime ! Qu’ ai-je besoin encore des consolations toujours transitoires de la terre ? Aussi longtemps que je ne vivra pas avec vous, comme si vous m’étiez seul au monde je n’aurais pas encore compris le mystère ineffable de votre solitude infinie.

J’en ai une image lointaine, près de moi, au saint tabernacle. Seule, la veilleuse vous tient compagnie. Elle me rappelle sans cesse ce que je devrais être faire pour vous dans l’affreux désert de cette vie, en attendant que je sois reçu éternellement en la plénitude de votre solitude, ô mon Dieu qu’en ce moment j’adore, en qui je me repose et jouis.

 
Références
1- Exod., III.24
2-Qs.,II,14
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