Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

Série-1-Saint François et le prêtre-10/11

Nihil Obstat
Paristis die 16a octobris 1941 Fr.Paulus Bonnel, C.D.

Imprimi Potest :
Parisillis die 16a octobris 1941 Fr. Leo-Paschalis Leveugle M.Pr.

Imprimatur :
Lutetiae Paristorum die 17a, octobrirs 1941 V.Dupuis.v.g.

Mot du webmaster
Attention les textes ont été changer depuis 27 juin 1979 je vous écrit des vieux livres franciscains donc il faut que vous en prenez compte.

Table de matière

Saint François et le prêtre

Première Partie

Les motifs de la dévotion du prêtre envers saint François
1- L’Attitude de saint François à l’égard du clergé
2- Réalisation par saint François d’un idéal proprement sacerdotal

Deuxième Partie

La pratique de la dévotion d'être envers saint François par la profession du Tiers-Ordre

1-La fraternité franciscaine
2- la consécration
3-la discipline

Conclusion

Peu de saints ont comme François d’Assise, suscité la dévotion du clergé.

Nous disons expressément «Dévotion». Il ne s’agit pas d’une sympathie d’ordre affectif, moins encore de l’admiration esthétique qui sévit sur la littérature : c’est un sentiment religieux, de piété, de confiance, d’imitation`une affection intime, secrète ou discrète, mais personnelle et du fond de l’âme, qui porte la race sacerdotale vers saint François. Le prêtre pieux aime d’instinct le petit Pauvre marqué des stigmates du Christ ; il s’anime envers lui d’un certain désir de l’imiter ; il le prie, non pour obtenir par son intercession tel ou tel objet spécifié, mais pour s’entretenir dans l’atmosphère chrétienne, évangélique, où il sait, où il sent, que le Saint a vécu.

Et cette dévotion apparaît comme un peu étonnante,

François serait lui-même prêtre, ou du moins du docteur, un maître de la vie sacerdotal, comme parmi plus grands qu’on peut citer, saint Antonin, saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Jean Eudes ; ou bien un confrère d’éclatant renom, comme le Curé D’Ars, et plus lion saint Vincent de Paul, plus près Don Bosco, cette dévotion semblerait plus explicable. Mais peut-être en effet la raison n’en est-elle pas très explicite même parmi ceux qui professent le plus ouvertement cette dévotion ; elle est de ces raisons du cœur que la raison logique n’analyse pas.

Soit ! Dans une étude formellement destinée à des prêtes, il est néanmoins utile de tenter cette analyse ; et pour la double fin :

1- de comprendre cette dévotion sacerdotale :
2- d’en tirer le parti opportun

Nous plaçons notre étude sous la protection du Saint, en de Celle à qui il reconnaissait tout devoir lui devant Jésus, la très sainte Vierge Marie reine du clergé

Les textes sacerdotaux du Saint

Le Corps du Christ :
Objet, fondement et critère de notre foi

1-Le respect dû aux clercs par les fidèles
2-L’Exemple personnel du Père séraphique

Un programme de vie eucharistique :
Base doctrinale et applications quotidiennes

Aux prêtres de l’Ordre :
Sur la dignité de leurs fonctions

Prière

Aux clercs séculiers :
S ur le respect dû au T.S.Sacrement
1-Avertissements données à ses frères

Prière eucharistique : vous les trouverez dans ce lien
1- Paraphrase du Pater
2- Prière préparatoire à l’office divine
3-Louange écrite pour le frère Léon

Saint François et le prêtre
Première Partie
Les motifs de la dévotion du prêtre envers saint François

En bref, il semble que l’on peut dégager deux motifs majeurs de la dévotion instinctive du prêtre envers le Pauvre d’Assise.

1- La personnel attitude du Saint à l’égard du clergé :

2- La réalisation par sa vie d’un idéal proprement sacerdotal

Or, ces deux motifs sont justifiés par le mobile foncier de la vie du Saint, qui est sa conformité à Jésus-Christ , prêtre unique et souverain. Le prêtre ne peut pas l’ignorer `ille devine au moins confusément.

1- L’Attitude de saint François à l’égard du clergé
Saint François n’a d’autre principe, d’autre exercice, d’autre mobile de sanctification que l’absolue conformité à Jésus-Christ son Seigneur, la littérale imitation de ses états et de ses mystères. Il ne nous paraît pas utile de prouver ni de développer ce point d’histoire connu et admis communément ; ni non plus de justifier François d’avoir réduit à cette seule démarche toute son ascèse personnelle, et son enseignement spirituel. Nous l’avons longuement fait ailleurs.

Il suffit ici que nous rappelions que, selon la doctrine professée par François, notamment dans sa Première admonition et dans les textes que nous allions citer, c’est après l’Eucharistie que nos exerçons et nourrissons notre foi au Christ-Jésus ; or sa dévotion envers l’Eucharistie inspire à François d’aimer et vénérer le Prêtre.

Nous lisons dans le Testament qu’il écrivit peu avant de mourir : « Le Seigneur me donna et me donne encore une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la forme de la Sainte Église Romaine, à cause de leur caractère, que s’ils me persécutaient, c’est à eux-mêmes que je voudrais recourir. Et s i j’avais autant de sagesse qu’a eut Salomon, et que je trouvasse de pauvres prêtres des mœurs séculières, je ne voudrais pas prêcher contre leur volonté dans les paroisses qu’ils régissent. Ces prêtres mondains, et tous les autres prêtres, je veux les vénérer, honorer et aimer comme nos seigneurs ; je ne veux pas considérer en eux le péché, car je discerne en eux le Fils de Dieu ; c’est pourquoi ils sont mes seigneurs.

«J’agis ainsi, parce qu’en ce monde, je ne vois rien sensiblement du très haut fils de Dieu, si ce n’est son Très Saint Corps et son Sang, qu’ils consacrent et reçoivent , et que seuls ils administrent aux autres… Et tous les théologiens et ceux qui nous dispensent les très saintes paroles divines, nous devons les honorer et vénérer comme ceux qui nous dispensent l’esprit et la vie».

On trouverait difficilement dans toute la littérature théologique, ajoute ici un commentateur, un exposé tout à la fois aussi simple et aussi profond de l’importance de l’Eucharistie et du sacerdoce et de leurs mutuels rapports. On pourrait en réalité en rapprocher les brûlantes effusions du VI livre de l’Imitation ; mais celles-ci ne nous éloigneraient pas de saint François, puisqu’elles sont attribuables à saint Bonaventure au moins par leur inspiration.

François voit ans l’hostie Jésus et Jésus dans son prêtre ; et cette lucidité de sa foi explique beaucoup de faits rapportés par ses biographes. Sans anticiper sur ce que nous relaterons plus loin, rappelons qu’aux premiers temps de son apostolat il partait avec un compagnon, un balai sous le bras, dans quelque localité voisine d’Assise, il nettoyait l’église ; puis il pressait le peuple qu’une telle action n’avait pas manqué d’attire, de purifier aussi le temps spirituel qu’est l’âme de faire pénitence. La prédication finie, ajoute Frère Léon qui participait à ces expéditions réalistes et symboliques, il groupait les prêtes de l’Église dans un lieu retiré, hors de l’écoute des séculiers. Il leur parlait de leur devoir de tenir propres les locaux, les autels, les vases sacrés et les linges destinés à la célébration des saints mystères, et aussi de leur propre salut et du zèle dont ils devaient brûler pour les âmes. Et ils les laissaient édifiés et fervents.

Son ardeur cependant ne se satisfaisait point les conquêtes individuelles. Il aurait voulu communiquer sa dévotion et la plénitude de sa foi aux prêtres du monde entier. Aussi parmi les écrits qui nous ont été conservés de lui, trouvons-nous une lettre, la Ve, adressés : « Aux Clercs, sur le respect du Corps du Seigneur et sur la propreté de l’autel ». Elle redit la grandeur du sacrement divin et du sacerdoce auquel le sacrement est confié, ainsi que l’obligation pour le prêtre d’être digne de ses fonctions dans son âme et son corps, et jusque dans le soin des objets utiles à son ministère.

Bien entendu, son zèle commençait auprès des clercs et prêtres de sa propre famille. Il nous en reste un sûr indice dans une lettre qu’il écrivit au Chapitre Général, n’ayant pu se rendre à cette assemblée ; c’était vers la fin de sa vie, et la maladie le retenait au logis. Voici le passage :

«Je vous conjure tous, mes Frères, en vous baisant les pieds et avec toute l’affection donc je suis capable, de témoigner de votre mieux toutes sortes de respects et d’honneurs au très Saint Corps et au Sang de Notre Seigneur Jésus- Christ, par qui tout ce qui est dans le ciel et sur la terre a tété pacifié et réconcilié avec le Père tout puissant.»

«Je prie également dans le Seigneur tous mes frères qui sont ou qui désirent être prêtres du Très Haut, quand ils voudront célébrer la Messe, qu’ils célèbrent dignement, saintement, respectueusement le vrai sacrifice du très saint Corps et du Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec une intention sainte et pure, non pour un motif terrestre, par crainte ou pour plaire à quelqu’un comme s’ils voulaient être agréables aux hommes.»

«Que leur intention tout entière, autant que le permet la grâce du tout Puissant, n’aille qu'au seul souverain Seigneur, ne cherche qu'à lui plaire : car il agit là, lui seul, selon son bon plaisir. Il l'a dit : Faite ceci en mémoire de moi. Si quelqu'un agit autrement, il devient un autre traître Judas ; il est responsable du corps et du Sang du Seigneur».

Dans le savant et pieux opuscule qu’il a écrit sur la préparation à la messe, saint Bonaventure s’est visiblement inspiré des pensées de son Séraphique Père ; il les expose méthodiquement , mais il n’y a ajoute aucune élément essentiel.

Saint François continue par le rappel des faits et des sentences d’abord de l’Ancien Testament, puis du Nouveau, citant les sentiments de la Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste envers le Seigneur Jésus Christ. L’Imitation nous a rendue ces considérations familières ; mais, répétons-le, il n’est pas improbable qu’elles s’y soient déposées par la franciscaines influence de saint Bonaventure.

Enfin, le Séraphin conclut par une brûlante exhortation, par les Exclamations (1) d’admiration, d’amour, d’humilité et de total abandon à la charité de Dieu.

«Considérez, ô Frère qui êtes prêtres, votre dignité, et soyez saints parce qu’Il est saint ».

A lire dans un texte refroidi ces ardents paroles, à en induite les sentiments dignes de l’Apôtre Jean qui consumaient François, on ose comprendre pourquoi François d’Assisse ne s’est pas cru capable du sacerdoce !…

On rapporte à ce sujet une vision que François aurait eue d’un vase de cristal parfaitement pur, et une parole qui lui aurait été dite sur la pureté exigible du prêtres, qui l’auraient détourné d’aspirer au sacerdoce. Le fait n’est pas invraisemblable ; mais il est plus probable que François n’a jamais désiré devenir prêtre ; les circonstances historiques au milieu desquelles il a vécu et exercé son apostolat expliquent à elles seules, et mieux qu’une vision, son abstention. Son attitude et la sympathie sacerdotale dont vivant ici-bas, et vivant au ciel il a joui. Et de plus, leur considération nous sera à nous-mêmes une très utile leçon dont pourra profiter notre activité sacerdotale.

À l’époque où parut saint François, le charisme sacerdotal n’avait pas encore été exalté comme il le sera plus tard, d’abord par les théologiens scolastiques, ensuite et surtout par les réformateurs de la vie cléricale post–Tridentins ; car cette exaltation précisément réagira contre les attaques des hérétiques, Vaudois d’abord pour protestants ; les premiers contestant la valeur des actes sacramentels accomplis par les prêtres pécheurs ; c’est en face d’eux que se trouve François ; les autres, plus radicalement, niant l’existence même du pouvoir d’ordre.

Les chrétiens de cet âge croient au sacerdoce, Saint François est lui-même un bel exemple de la foi traditionnelle ; il en vit plus explicitement et profondément que le commun du peuple ; il n’innove pas. Aussi, les discours que nous avons cités, les exemples que toute à l’heure nous apporterons, rencontrent-ils une efficace docilité parmi les fidèles.

Mais la conscience populaire n’avait pas identifié Église et clergé.

Le clergé n’avait pas échappé à la contagieuse corruption des mœurs qui partout sévissait ; néanmoins les âmes droites restaient fidèles à l’Église. Elles aimaient l’Église, elles ne voulaient pas la laisser périr. Et comme la détresse de l’Église provenait en majeure partie, de l’insuffisance doctrinale et morale du clergé, les chrétiens essayaient de remédier à cette détresse sans lui. De là, toutes les tentatives qu’aujourd’hui nous appellerions des mouvements laïques, de retour à la vie évangélique, et que l’histoire de cette période attribue aux Humiliés, aux Pauvres catholiques, aux Vaudois. On y rencontre des clercs et des prêtres au milieu des laïques ; mais ils n’y comptent, si l’on peut dire que pour leur valeur d’hommes, même parmi les groupements qui demeurent catholiques et qui continuent de recourir au prêtre pour la réception des sacrements.

François, propagateur d’un mouvement semblable, n’a donc personnellement pas plus besoin d’être revêtu du caractère sacerdotal, que n’en avait en soit Benoît pour acclimater en pays latin l’institution monastique déjà florissante en pays grec et celtique. Mais l’amour du Christ Jésus est pour lui synonyme de dévouement à l’Église. Il soumet à la hiérarchie ecclésiastique sa personne, ses désirs, son œuvre. Son humilité couvre son orthodoxie. Tandis que les autres mouvements de réforme ou s’éteignent da leur soumissions au Pape, comme ce fut le cas des Pauvres catholiques, ou comme celui des Vaudois tournent dans le schisme et l’hérésie, le mouvement franciscain adopté par l’Église réussit pleinement son entreprise de réforme des mœurs.

François devint cher au Pape, aux Évêques, aux prêtres, car jamais il ne se départir envers eux du respect, de la déférence, de l’obéissance et du dévouement que leur mérite aux yeux de sa foi, leur fonction sacramentelle.

Avant de citer les plus typiques de ses actes, qui sont aussi les plus connus, il ne sera pas inutiles de nous arrêter à considérer la différence de notre époque à celle de François au point de vue de l’influence du clergé.

Notre société n’est pas moins corrompue que celle où se développe le mouvement franciscain ; mais il serait vain sans doute d’espérer qu’un semblable mouvement de rénovations de l’Église par le peuple fidèle y réussit, et la raison en est que la conscience populaire faire identifie Église et clergé, la religion est l’affaire a des prêtres ; elle n’intéresse par les laïques, D’où procède cette désaffection ?

Nous dirons modestement ce qu’il nous semble. Sans l’organisation ecclésiastique qui résulte de la systématisation de la croyance selon la philosophie grecque, le sacerdoce est tout, le laïcat presque rien. La forme principale possédant éminemment toutes les énergies des formes subordonnées, le simple fidèle n’a plus qu’a recevoir du prêtre leçon et motion. La conséquence est que le laïque se désintéresse de l’activité sacerdotale. La société se déchristianisé. Si de nos jours on oppose à cette massive déchristianisation de la société un « Apostolat laïque », qu’on note bien que cette initiative émane de la hiérarchie : le clergé convie les fidèles à seconder son action reconnue insuffisante ; mais ce ne sont pas les fidèles qui, les premiers, comme au temps de saint François prenne conscience de la détresse de l’Église, et tente d’y remédier par les mêmes moyens.

C’est ici que s’actualisent l’exemple et l’œuvre de saint françois. Le Saint a éveillé ou réveillé dans les âmes le besoin de Dieu ; il a dirigé vers l’Église, par la dévotion à l’Eucharistie et l’obéissance filiale au sacerdoce, les énergies chrétiennes ainsi renouvelés, il a corrélativement rendu au prête le sens et la fierté de sa mission, sa réforme est partie d’en–bas, du peuple redevenue fidèle ; il l’a ait agréer par le Pape Innocent III, tout prêt d’ailleurs a le comprendre et là l’encourager, pour par Honorius III et surtout Grégoire IX, approbateur du Tiers-Ordre ; on se rend compte qu’il eut plus de difficultés à obtenir l’agrément des évêques et des curés, mis en défiance sans doute par l’agitation manichéenne. Mai enfin il triomphe ; et son succès nous ouvres la voie par laquelle à notre tour nous devons passer si nous voulons réussir comme lui, ce sera tout à l’heure notre résolution.

Concluons à présent cette digression par le rappel de quelques traits, significatifs de la méthode ainsi écrite.

Le Dominicain Étienne de Bourbon, mort vers 1261, rapporte un fait qui met dans une vive lumière l’amour et le respect du Saint pour le sacerdoce.

Dans un village de Lombardie qu’il traversait, les habitants sortirent pour le saluer ; clergé et laïques, catholiques et hérétiques, tous se pressaient sur ses pas. Un Cathare s’avança vers lui, et désignant le curé du lieu : « Dites-moi, lui demanda-t-il, vous qui êtes un homme de Dieu, comment ce pasteur peut-il réclamer la foi et le respect, alors qu’il entretient une concubine et mène une vie scandaleuse ? » François, sans répondre, s’approcha du prêtre, s’agenouilla devant lui dans le chemin et lui baisant les mains, dit : « J’ignore si ces mains sont réellement souillées, mais le seraient-elles , la vertu des sacrements qu’elles administrent n’en souffre aucun dommage, ces mains ont touchée le Corps de mon Seigneur, et par respect pour mon Seigneur, je veux honorer son représentant. Pour lui, il peut être mauvais ; mais, pour moi, il est bon».

Tant qu’il vécut, François exhorta ses frères à honorer les prêtres ; riche ou pauvre, bon ou mauvais, il n’importe ; qu’ils s’inclinent humblement devant lui !… Et c’est trop peu que s’incliner devant ceux qui dispensent les sacrements de vie ! Il faudrait se mettre à genoux, baiser leurs mains, baiser la trace de pleurs pas ! …

Dieu une Admonition, il disait : même si un prêtre est pécheur, une personne ne doit le mériter : Le Seigneur se réserve le droit de le juger ; car plus est grand la fonction de ceux qui sont les consécrateurs et les dispensateurs du corps et du Sang de Jésus-Christ Notre-Seigneur, plus grand est le péché commis contre eux par le mépris.

Thomas de Célano remarque expressément que le respect qu’il professa à l’égard du sacerdoce, qu’il enseigna à ses disciples et qu’il exigea d’eux, avait sa source dans la conscience que lui avait donnée le Seigneur de sa mission apostolique. Appelé par Dieu à la prédication de l’Évangile il savait qu’il ne ferait de fruit que dans la dépendance de la hiérarchie.

Dès les jours de sa conversion, l ’Évêque d’Assise était devenue son conseiller et son père, et c’est par son entreprise que François fut introduit en présence du Pape Innocent. Il voulait en agir avec tous les prélats selon les mêmes sentiments de déférence et de soumission. Il se présentait à l’Évêque du lieu où il arrivait pour lui demander l’autorisation de prêcher au peuple ; à défaut de l’évêque, il faisait cet acte d’obédience au prêtres de la paroisse, généralement, il était bien accueillit ; mais il lui arriva de subir des rebuffades. Les réponses de l’Évêque d’Imola est connue comme aussi l’humble insistance de François, à la fin victorieuse du mortifiant refus.

Il faudrait pour être complet parler aussi de sa dévotion au Pape ; mais ce que nous en avons insinué plus haut suffit, le sujet étant connu.

Nous avons proposé au début de cette étude comme première explication de l’instinctive dévotion du prêtre envers saint François, la personnelle attitude du Saint à l’égard du clergé ; il nous semble que les faits justifient cette proposition. D’autant que sur ce point la triple famille religieuse née de saint François a soigneusement gardé et cultivé la tradition paternelle. Qu’il se soit trouvé, au cours de sept siècles d'une existence très active et dans une quelque contrée, des Franciscains du Premier et du troisième Ordre, oublieux de leur vocation et des enseignements de leur Père, qui aient manqué de déférence et de soumission aux prêtres paroissiaux dont saint François le a voulus les auxiliaires, c’est humaine ; il serait miraculeux que ce ne soit par arrivé…Néanmoins il est plus certain que ce n’est point parmi, les Fils du Pauvre d’Assise que le Clergé a rencontré des compétiteurs, obstinés à se soutenir contre lui ou sans lui, ou par-dessus sa tête et son influence…

Cependant, cette raison de la dévotion du prêtre à saint François, historiquement fondée, reste extérieure : nous en avons annoncé une seconde, qui est la réalisation par saint François d’un idéal spécifiquement sacerdotal.

2- Réalisation par saint François d’un idéal proprement sacerdotal
Parlant à des prêtres d’un sujet qui leur est familier et cher, nous pouvons être brefs, d’autant que nous avons à nous hâter vers la conclusion pratique : Il s’agit en effet de tirer le parti opportun de la dévotion du prêtres envers saint François, et non simplement de la justifier par des motifs historiques et psychologiques.

Donc, en résumant l’enseignement ordinaire, nous dirons que la raison d’être du sacerdoce chrétien est la formation du Christ dans le fidèle du Christ.

C’est le Christ «qui a fait les uns apôtres, d’autres prophètes, d’autres évangélistes, d’autres pasteurs et docteurs (tous ces charismes sont plus ou moins inclus dans le charisme sacerdotal), en vue du perfectionnement des saint (les fidèles), pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du Corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ » ( Éphèse. 5, 11-13).

Saint Paul lui-même a fixé sous une saisissante image sa conception de son labeur apostolique : «Je suis dans les douleurs de l’enfantement, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous.» (gal.. 4, 19).

C’est qu’en effet tout chrétien plus exactement qu’un autre Christ est le Christ pour sa part (1 Cor., 12,27). Au terme de son effort de conformité, il pourra redire comme l’Apôtre ; «Je vis, non pas moi, mais le Christ en moi » (Gal.2,20).

De cette croissance du Christ dans le fidèle, le prêtre est l’ouvrier.

En sorte que si nous disons que le chrétien est le Christ vivant, reproduisant en son fidèle membre des corps mystique sa vie dans ses états de ses mystères, il faudra reconnaître dans le prêtre le Christ agissant, prolongeant par son prêtre son action de sacrificatrice et sanctificatrice. Ainsi le prêtre doit s’abord, comme chrétien, reproduite en soi le Christ ; et ensuite le reproduire dans les fidèles par son ministère sacramentel.

Or, c’est en ce double effort, personnel et fonctionnel, que François peut servir de modèle au prêtre. Il a réalisé un idéal proprement sacerdotal, il donne l’exemple de sa réussite. Il est le plus chrétien des saints après et avec les apôtres. Il a parfaitement revêtu le Christ, imité le Christ, reproduite le Christ par une ressemblance qu’authentiquèrent les stigmates. Il a été le Christ vivant.

Mais aussi il a formé le Christ dans des milliers et des milliers de disciples. Son action a été sacerdotale. Ce point mériterait certes un ample développement ; et qui justifierait à un nouveau titre l’instinctive dévotion du prêtre envers saint François. Mais, comme nous l'avons longuement traité ailleurs et récemment encore dans une brochure : Le Tiers-Ordre et le Christ, nous nous permettons d’y renvoyer notre lecteur.

Qu’il nous suffise de dire ici, selon notre propos, que la spiritualité que François d’Assise a léguée à sa postérité, dans laquelle il lui a transmis les principes et les méthodes qui l’ont lui-même guidé et formé dans son service de Dieu et son identification au Christ, est une spiritualité chrétienne à l’état pur, sans immixtion d’aucune mobile ou élément hétérogène ; elle est strictement, littéralement, fidèle à la doctrine évangélique commentée par saint Paul et par saint Jean, à cause du rôle unique et primordial qu’elle reconnaît à Jésus, d’abord dans l’adoration et le service de la Trinité Sainte, ensuite dans la sanctification des rachetés de son Précieux Sang, par l’efficacité de sa grâce.

Le caractéristique de la spiritualité franciscaine est dans la conviction unique reconnue au Christ Jésus, à son imitation, à l’identification vitale de son fidèle en Lui par l’Esprit-Saint. Aussi pouvons-nous dire que l’action de François a été sacerdotale.

Non point, il est vrai, par charisme fonctionnel, puisque le Saint n’ayant pas reçu le sacrement de l’Ordre ; mais par charisme personnel, à cause de la plénitude de son identification au Christ.

Il peut donc nous servir de modèle : et d’autant mieux, oserons-nous affirmer, que notre sacerdoce nous donne une avance sur lui.

En effet, c’est par plénitude en lui de la Cie du Christ que François est devenu Action du Christ.
Il a participé à l’activité de la fonction par son effort ascétique, n’ayant point participé à la fonction par le sacrement, tandis que nous, prêtres, nous sommes établis par l’ordination dans la fonction sacerdotale, et nous pouvons produire par état les fruits de zèle que François a produit par effort.

Nous sommes en quelque sorte mis de plain-pied avec lui par l’action ; mais nous avons à le rejoindre par notre vie (selon la mesure de notre grâce) afin que comme notre action est l’action du Christ par nous, ainsi notre vie soit la vie du Christ en nous, à l’exemple de saint François.

Bien loin donc de nous rendre cet exemple, et le patronage du Saint, inutiles ou inefficaces, notre sacerdoce nous le rend efficaces et faciles.

Parce que François a reçu la grâce de vivre le Christ, Mihi vivere Christus est il a pu agir le Christ ; agere Christum ; et parce que nous avons la grâce d’agir le Christ, nous devons et pouvons en nous vivre le Christ. Qu’on nous permette ces latinismes si énergiques dans leur concision.

Prêtres, nous le sommes pour l’Église et pour l’Utilité du prochain ; nous ne le sommes point pour nous-mêmes. Mais de quoi nous servirait-il de pouvoir enfanter et former le Christ en autrui, si nous le laissions végéter et mourir en nous.

Voilà pourquoi, deuxième raison de notre instinctive dévotion envers lui nous recourons à saint François, à son exemple, à son patronage. Un sentiment profond de notre âme sacerdotal, le sentiment d’un besoin vital, nous pousse à rejoindre ce pauvre petite homme qui, si profondément, si véridiquement et purement, a été Christ vivant, Christ agissant ; qui a renouvelé dans le monde envieilli et glacé, la joyeuse e ardent pratique de l’Évangile, qui sans autre moyen que son union du Christ, a accompli l’œuvre du Christ par l’Esprit du Christ.

Dans un monde semblable au nôtre, dépourvu comme nous des subsides humains car il n’avait ni la science, ni l’éloquence, ni la puissante, ni l’autorité, ni l’argent, ni la faveur des hommes en place François a réalisé magnifiquement et durablement un idéal proprement sacerdotal.

Par quel chemin le rejoindre, par quelle méthode l’imiter ?

Lui-même y a pourvu en nous offrant La Règle de son Troisième Ordre.

Deuxième Partie
La pratique de la dévotion du être envers saint François par la profession du Tiers –Ordre
Nous avons justifié l’instinctive dévotion du prêtre envers saint François par le double motif :

1-de l’attitude de François envers le prêtre
2- de la réalisait par François d’une œuvre proprement sacerdotale.

D’instinctive nous supposons que cette dévotion ainsi justifiée es devenue consciente et délibérée. Nous attendons qu’elle porte ses fruits ; et nous avons d’abord déclaré qu’il s’agissait moins d’obtenir de l’intercession du Saint tel ou tel objet spécifié, qu’un accroissement de vie chrétienne, un enrichissement de fécondité apostolique.

Saint François en offre-t-il au prêtre un moyen accessible, efficace, pratique?

Nous répondons ; la Règle de son Troisième Ordre, avec son triple apport d’une Consécration, d’une discipline de vie, d’une Famille spirituelle.

Qu’on nous permette de traiter de le premier ce dernier point. Nous qu’il soit négligeable ; mais il peut-être brièvement exposé et laisser aux deux autres leur importance majeure.

1-La fraternité franciscaine
Par le Tiers-Ordre le prêtre entre dans une immense famille spirituelle, la plus nombreuse peut-être de toutes celles qu’abrite l’Église de Dieu. On compte en effet près de cinq millions de tertiaires, parmi lesquels les prêtres se chiffrent par milliers ; quelques dix mille clarisses; environ quarante mille Frères Mineurs, franciscains, capucins, conventuels. Ces chiffres sont proportionnels à l’état actuel de la chrétienté ; ils ont été en d’autres temps plus ou moins élevés, mais toujours considérables, par exemple triplés au XVIII siècle. S’il fallait néanmoins supputer le nombre de ceux qui depuis François ont ceint la corde symboliquement, on atteindrait sans doute celui ses étoiles du ciel.

Or, par la volonté expresse du Pape Pie X, signifié à l’occasion du VIIe centenaire de saint François, entre tous les membres des Trois-Ordres, une communication existe de mérites, prières, bonnes œuvres, indulgences. C’est, a-t-on dit : «comme une spéciale Communion des Saints au sein de la Communion des Saintes universelles ».

Le mot est exact. Car il s’agit bien d’une communication de richesses spirituelles, d’abord entre saints du ciel et juste de la terre, et ensuite entre membres vivants de la triple famille franciscaine.

Si l’on songe d’abord au nombre incalculable des participants de cette communication ; et ensuite que le Troisième Ordre à lui seul possède plus de saints et saintes canonisées que ses deux aînés, et avec eux plus que n’importe quelle autre famille religieuse (la bénédictine exceptée, en avant vieux de six siècles) ; enfin qu’au témoignage souvent répété des Papes et c’est le motif de leurs instants appels au Tiers-Ordre les tertiaires sont des croisés, qui vivent dans la grâce et l’amitié de Dieu ; qui doutera de l’efficacité surnaturelle de cette communion des saints!

Cette famille a sa mentalité bien spécifique ; son histoire glorieuse, de merveilleux états de service ou pour le Christ et son Église ; sa théologie spéculative et spirituelle qui ne le cède en rien à celles des autres écoles. Et surtout, fondée sur une charité rayonnante qui lui a mérité son titre d’«Ordre Séraphique», elle entretient entre tous les membres une Fraternité digne de son Patriarche, saint François.

Le prêtre tertiaire n’a plus à redouter ni à se plaindre d’être seul, il ne l’est point spirituellement ; il est entouré de la prière et des suffrages de ses Frères et Sœurs du ciel ; il ne l’est point sur terre ; dans chaque couvent de Frères Mineurs ou de Clarisses, il sera accueilli «comme un Frère» ; un nouveau lien l’unit à ses Frères dans le sacerdoce, tertiaires comme lui, surtout s’il peut s’agréer a une Fraternité sacerdotale canoniquement constituée. Dans la paroisse la plus déshéritée, son titre fera surgir d’autres de lui des Frères et des Sœurs en saint François, qui lui offriront tous les ressources d’un zèle pieux, humble mais inépuisable ; et dans les cités plus fortunées, il trouvera par ses Frères et ses Sœurs du Tiers-Ordre le levier et le point d’appui qui lui faciliteront la tâche de soulever un peuple indifférent.

Certes, cet apport est grand ; nous ne le sous-estimerons pas ; mais il nous semble de moindre prix que les deux autres, la consécration et de la discipline. Un mot d’introduction cependant est ici nécessaire.

Personne s’ignore que l’apostolat de François avait suscité un tel enthousiasme, un tel renouveau de vie chrétienne, un tel élan d’amour envers le Sauveur crucifié, qu’en foule les hommes voulaient devenir Frères Mineurs, le femmes s’enfermer dans le cloîtres de sainte Claire, il était également impossible de désorganiser par cette fuite hors du monde de se meilleurs éléments de la société civil, et injuste de refuser l’accès de la vie parfaite à tous ceux qui la désiraient sous motion de l’Esprit–Saint. Intuition générale ou céleste inspiration, François comprit qu’il était possible de dissocier deux éléments qui jusqu’alors étaient demeurés conjoins dans la conception de l’ascèse chrétienne, la recherche de la perfection et la stabilité monastique qui n’en est qu’un moyen, excellent mais non pas unique. Antérieurement, par une démarche inverse et semblable, il avait conjugué la vie religieuse à la vie apostolique que l’on avait toujours conçue séparée et presque incompatibles.

Comment introduire et entretenir dans la vie spirituelle de tous ceux que la providentielle autorité de Dieu retient dans le siècle, l’efficacité sanctificatrice de la discipline claustrale, sans néanmoins les soustraires aux nécessaires fonctions de la cité, aux labeurs, aux métiers , aux offices qui soutiennent la société temporelle ? C’est la question que résolut François par l’institution de son Troisième Ordre ; son ami et conseiller le cardinal Hugolin, le futur pape Grégoire IX, saisit d’emblée l’inépuisable fécondité de la solution offerte à l’Église et aux âmes par le génie inspiré de François. Il la dota d’une organisation canonique destinée à en assurer le fonctionnement et l’efficacité dans le cadre de la société chrétienne.

Essentiellement, l’institution franciscaine implique une acceptation par l’Église au nom de Dieu, de la vie et de toute l’activité du profès, soit une consécration, analogue à la consécration des moines et des religieux ; puis pour persévérer, contre les attaques du péché, cette consécration et lui faire rendre ses fruits de sainteté, une discipline méthodique et progressive des mœurs et des actions du profès. Ce double élément de consécration et de discipline suffit à faire participer la vie séculière à l’efficacité sanctificatrice de la vie régulière.

Il est offert par la Règle au prêtre séculier lui-même.

En a-t-il besoin ? … Endroit-il titre profit ?… Double question qui se pose et que nous allons élucider.

1- Le prêtre a- t-il besoin de la consécration par le Tiers-Ordre ?
Le prêtre doit-il profiter de la discipline du Tiers-Ordre?

2- la consécration
Il semble, à première vue, que consacré à Dieu par son sacerdoce le prêtre n’ait que faire d’une autre consécration, surtout de moindre valeur.

En effet, la consécration qui résulte de l’ordination sacerdotale l’emporte sans contredit possible en valeur et en efficacité sur celle qui résultent des professions religieuses.

D’abord, l’Ordre est un sacrement, et dans d’institution divine ; or les professions sont d’institution ecclésiastique ; elle appartiennent à la catégorie des sacramentaux. La plus opérante, telle qu’elle est la professions des vœux solennels, des grands Ordre, restes une bénédiction constitutive ; la plus forte raison la profession des tertiaires, canoniquement la plus humble, n’ayant derrière soi que les vœux privés.

En second lieu, le sacerdoce oblige celui qui en est revêtu à exercer la perfection dans tout ce qui relève de son ministère, tandis que la profession d’une règle n’oblige qu’à tendre à l’acquisition de la perfection promise. Dans son excellent ouvrage sur la Vie Intérieure, adressé à ses prêtres, le Cardinal Mercier à longuement insisté sur cette diversité d’obligation, mais elle ne fait doute pour personne.

C’est pourtant cette différence d’obligation à la perfecto qui laisse comprendre l’utilité pour le prêtre séculier de doubler sa consécration sacerdotale de la consécration par une profession religieuse, dans le cas celle du Tiers-Ordre ; de moindre valeur sans aucun doute au point de vue canonique, mais non au point de vue ascétique, car son efficacité s’étant à la toute l’activité du prêtre que ne couvre pas, n’informe pas, le caractère sacerdotal..

La démonstration établie par le Cardinal Mercier pour élever la sainteté du prêtre au-dessus de la sainteté du religieux est péremptoire, quand on compare le prêtre au religieux laïc, au frère soit convers, soit hospitalier, soit enseignant ; mais elle perd sa rigueur s’il s’agit de comparer prêtre à prêtre, prêtre séculier à prêtre régulier ; car en celui-ci la sainteté fonctionnelle du sacerdoce se trouve protégée, encadrée, soutenue par la sainteté personnelle de la profession. Or tel est le point à considérer ici. Il ne peut être douteux qu’à défaut d’une professon monastique incompatible avec sa condition, le prêtre séculier trouvera par la profession du Tiers-Ordre un élément nouveau de sanctification dans une consécration de sa vie et de son activité personnelle.

Nous distinguons, en effet, dans le prêtre la possibilité d’une double sainteté, la sainteté fonctionnelle que lui apporte son sacerdoce et la sainteté personnelle qu’il acquiert par ses efforts vertueux.

L’ordre est un charisme, une grâce «gratis data», conféré premièrement pour l’Église, dirigé vers la sanctification des âmes et à ce titre indépendant de la sainteté du ministre.

Pécheur, infidèle, apostat, le prêtre reste prêtre ; même interdit et excommunié, il peut toujours exercer efficacement sa fonction, consacrer, absoudre, un consentement même l’Église, dès que le salut des âmes, d’une seul âme, est en jeu.

Le pouvoir d’ordre rend efficace et sanctifiante l’activité ministérielle de celui qui en est muni, mais non son activité personnelle. Le prêtre n’est pas prêtre pour soi, s’il peut profiter de sa grâce sacerdotale pour se sanctifier, ce n’est qu’indirectement, occasionnellement, en s’efforçant de maintenir sa vie à la hauteur de sa fonction. Or, précisément la grâce de cette conformité lui est donnée par la profession.

Telle est en effet l’efficacité qu’on peut en attendre. La profession, avons-nous dit, est un sacramental ; c’est-à-dire une œuvre opérée par l’Église, comme le sacrement est œuvre du Christ ; le sacrement agit ex opere operato, c’est une chose faire ; le sacramental agi ex opere operantis Ecclesiae, de l’Église sûrement exaucée par Dieu, assurée de lui plaire et d’obtenir de lui le résultat imploré par son action. Ainsi une vie vouée à Dieu par l’Église selon le rite de la profession religieuse revêt un caractère liturgique, non pas indépendant de l’activité du profès, mais supérieur en valeur et en mérite à cette activité ; elle entre dans le domaine de la vertu de religion ; et de plus elle transforme en oeuvre d’obéissance toute activité conforme à la règle. Or l’obéissance est le canal authentique de la grâce actuelle, et l’exercice de la foi. A tous ces titres, quelle valeur de sanctification n’acquiert pas la vie d’un profès ! Quel appui pour le sacerdoce.

3-la discipline
L’activé sacerdotale est dans le prêtre indépendante de sa dignité de vie. Même pécheur et privé de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire personnellement mort au Christ, le prêtre reste fonctionnellement capable d’agir au nom du Christ. Il est cependant odieux de disjoindre les deux aspects de la vie sacerdotale, de diviser le Christ. Tous les formateurs et réformateurs du clergé et toujours, ont représenté comme idéal au prêtre de se ternir par sa vertu à la hauteur sacrée de sa fonction ; c’est à promouvoir cette sainteté de vie qu’ils se sont appliqués, statuant des règles de vie, des programmes de sainteté sacerdotale.

Or, parmi ces règles, celle du Tiers-Ordre a toujours été en faveur dans l’Église, qu’elle fût proposée par les papes, ou acceptés par la conscience sacerdotale et accréditée par les exemples des prêtres en renom de science et de vertu.

Les papes ont souvent manifesté leur estime de la Règle franciscaine ; ils l’ont eux-mêmes embrassées ; ils montrent leur désir de voir les prêtres s’y agrégrer par un détail peu visible, mais significatif, lorsque cette règle décrète que les ecclésiastiques astreints au bréviaire n’ont pas d’autre obligation comme profès. Le nombre de prêtres tertiaires est immense; c’est un témoignage de la conscience sacerdotale rendu à la Règle ; les saints récemment sortis du clergé appartenaient aussi au Tiers-Ordre ; ne citons que les Saint Curé d’Ars, son émule le P. Chevrier, saint Jean Bosco et son confesseur le bienheureux Joseph Cafasso.

D’où vient cette faveur à la Règle? De ce qu’elle est confirmée par ses fruits de zèle et de sainteté, de ce qu’elle est enrichie d’indulgences et de communications de mérites avec les deux autres ordres ?.. Sans doute. Mais bien plutôt de ce qu’elle communique et insuffle un esprit.

Sa lettre n’est qu’en apparence simple et incomplète car, en réalité, ses prescriptions dirigent toute l’activé de son profès, règlent ses mœurs, ses tendances, ses occupations et jusqu’à se divertissements ; ne négligeant ni la façon de se loger, de se vêtir, de secourir ; ni les dispositions intérieures de foi, de piété, de soumission à l’Église, d’édification du prochain.

Nous ne méconnaissons pas que beaucoup de prêtres lui préfèrent à ce point de vue un règlement minutieux, fixant jusqu’à l’horaire des pratiques, et sanctionnée par un bulletin de régularité. Nous ne parlons qu’avec le respect convenable de ces pratiques autorisées et encouragées par l’autorité compétente et qui soutiennent la ferveur de leurs adeptes. Nous sommes ici dans l’ordre de moyens, par rapport à la fin qui est la sainteté sacerdotale. Or, dans cet ordre, le meilleur moyen est celui qui réussit. Dès qu’il est bon, il n’a pas besoin de l’être plus qu’un autre. Et même, si d’après ce que nous allons dire, nous pensons que la Règle du Tiers-Ordre se place à un rang privilégié, nous ne prétendons pas que cette supériorité relative annule la réelle valeur des autres règlements. C’est ainsi que nous nous permettons de présenter deux remarques, l’une sur la valeur littérale, pratique de ces règlements ; l’autre sur leur valeur spirituelle ; encore ajoutons-nous qu’il ne s’agit pas pour nous d’une vue théorique par l’esprit de parti ; mais d’une constatation expérimentale.

Du point de vue pratique, nous avouons hautement l’excellence d’un règlement détaillé à l’instar d’un règlement de séminaire et d’un horaire conventuel pour le prêtre dont la vie continue de se dérouler dans le cadre immuable d’un collège, d’une communauté ; ou du moins dont l’existence est assez uniforme pour qu’il puisse chaque jour remplir son programme de prières, de travail, d’exercices.

Mais pour le prêtre du ministère dans le temps est fragmenté par l’accumulation des services imprévues, cette observance d’un horaire et d’un programme invariables, reste-t-elle possible sans un surcroît d’occupations ? Ne sera-t-il pas tenté soit de sauvegarder à tout prix sa régularité et de se dérober à des nécessités certaines, plus obligatoires d’un règlement ; soit plutôt, car la pensé ne lui viendra même pas de se dérober à des devoirs urgent ! soit d’abandonner le règlement impraticable, sans le remplacer par un autre moyen plus adapté à sa condition ? or, cet autre moyen existe, qui sans négliger la lettre, fait prédominer l’esprit de la sainteté sacerdotale : le Règle du Tiers-Ordre.

Mais ajoutons une seconde considération sur la valeur spirituelle du règlement.

Et ici nous sollicitons une bienveillante compréhension, car des intérêts plus graves qu’une régularité extérieur sont en jeu. Un horaire minutieux et rigide ne tient pas compte des nécessités extérieures de celui qui s’y astreint ; mais non plus de ses nécessités intérieurs. L’âme comme le corps évolue ; elle passe de l’enfance à la maturité par l’adolescence, et la virilités. Or, de même que l’adulte, l’homme mûr, l’homme vieilli non seulement ne sont pas aptes aux mêmes exercices corporels, mais n’ont pas les mêmes besoins, ni la même capacité ; semblablement les âmes d’âges différents ne peuvent être astreintes aux mêmes exercices spirituels.

Qu’une âme s’y obstine par fidélité, l’impuissance ou la fatigue qui avertit l’homme mûri de sa désadaptation physique, ne jouera pas ; elle s’accusera de tiédeur, de paresse; elle ne songera pas à se voir dans une voie de progrès, ni invitée à la suivre avec plus de largeur et de simplicité ; elle se desséchera dans un littéralisme routinier. Plus gravement encore, de cette obstination elle se fera un titre de justice devant Dieu. Aux sollicitations de l’Esprit–Saint qui la portent à un renoncement plus profond à soi-même, à un abandon à Dieu plus filial, l’âme posera sa fidélité littérale à son règlement approuvé.

La lettre tue, l’Esprit vivifie.

C’est pourquoi la Règle du Tiers-Ordres, surtout telle qu’elle s’offre au prêtre, se contente d’indications, d’insinuations qui d’abord pourront se réaliser en pratiques concrètes, et même par la fidélité à un règlement qu n’a rien d’incompatible avec elle ; mais par la suite, d’accord avec les nécessités extérieures et intérieurs, elle pourra sera à une observance plus libre, mais plus généreuse, à une docilité plus éveillée et plus prompte aux suggestions de la grâce ; elle stimulera les progrès de l’âme qui s’opèrent selon la loi de simplification de d’unité de la vie.

Or, cet esprit de la Règle, c’est l’esprit de l’Évangile, c’est l’esprit même de Jésus-Christ ; la spiritualité franciscaine étant, comme on l’a démontré ailleurs, éminemment et uniquement chrétiennes sans immixtion d’hétérogénéités. Littéralement, la Règle s’accomplit par la pauvreté ; spirituellement par la dés appropriation de soi.

Or, c’est la pauvreté qui couronne de sainteté du prêtre aux yeux des fidèles ; mais c’est la dés appropriation qui rend le prêtre disponible, docile, doux et humble, organe vivant du Christ agissant par lui, comme il agissait par François pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Si le simple fait d’être tertiaire attirera au prêtre les sympathies et le dévouement de ses frères et de ses sœurs du Tiers-Ordre. Personne ne supposera c’est pourquoi nous en avons traité en second lieu que la simple profession de la Règle apportera au prêtre la plénitude de ce double Trésor ; consécration et de discipline. Mais elle en insinuera en lui en lui la réalité en attenant la réalisation, elle lui fera de plus comprendre par sa propre expérience quel appoint pour l’apostolat laïc lui donneront ses paroissiens tertiaires comme lui.

Conclusion

Notre conclusion sera brève ;

La règle du Tiers-Ordre, apportant à la sanctification du prêtre son double élément de consécration et de discipline sera pour lui le moyen facile efficace de transformer sa dévotion instinctive en saint François, en imitation, qui fera de lui, comme de don modèle : un autre Christ vivant et agissant.

Les textes sacerdotaux du Saint

Pour ne pas alourdir par de trop longues citations le rapide exposé d’idées et de faits qui forme cette brochure, sans cependant priver nos lecteurs de textes d’une grande valeur d’édification, nous avons jugé opportun de reporter et grouper en appendice les passages omis des écrits où le Séraphiques Patriarche a lui-même présenté sa doctrine eucharistique, assuré que leur lecture et méditation accroître en même temps la confiance admiration des âmes envers saint François et leur dévotion envers le sacerdoce et le sacrement.

Les références renvoient aux pages de l’excellente édition des Écrits du Poverello, fait par l’Abbé Bayart, sous le titre Saint François vous écrit ( aux Éditions Franciscaines).

Le Corps du Christ :
Objet, fondement et critère de notre foi
Le Seigneur Jésus a dit à se disciples ; Je suis la voie, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtrez aussi mon Père ; et vous le connaîtrez bientôt, et vous l’avez déjà vue, Philippe lui dit : Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous et vous ne m’avez pas encore connu! Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père . ( Jean,14,6-9.)

Le Père habite une lumière inaccessible, (1 Tim.6,16.) Dieu est esprit. (Jean, 4, 24.) Personne n’a jamais vu Dieu. (Jean,1,18.) Puisque Dieu est esprit, il ne peut se voir que par l’esprit. En effet, c’est l’esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien.( Jean,6,64.)

Il en est ainsi du Fils : en tant qu’il est égal au Père, personne ne peut le voir autrement qu’on ne voit le Père, autrement qu’on ne voit le Saint-Esprit. Aussi tous ceux qui on vu Notre-Seigneur Jésus-Christ comme voient les hommes s’ils n’ont pas cru selon l’esprit et selon Dieu qu’il était le vrai Fils de Dieu, ont été condamnés. Maintenant encore tous ceux qui voient le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l’autel par la main du prêtre en vertu des paroles du Seigneur sous la forme du pain et du vin, s’ils ne voient, s’ils ne croient selon l’esprit se selon Dieu, que c’est là vraiment le Corps et le Sang très saints de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ils sont condamnés, car vous avons le témoignage du Très-Haut, qui lui-même nous a dit : Ceci est mon Corps, ceci est le sang du nouveau Testament. Et encore : Celui qui mange ma chair et boit mon sang à la vie éternelle. ( Jean, 6,55.)

C’est donc l’Esprit du Seigneur, habitant en ses fidèles, qui revoit le corps et le Sang très saint du Seigneur. Tous les autres, qui n’ont pas, cet esprit, s’ils osent recevoir le sacrement, mangent et boivent leur condamnation. ( 1 Cor.11,29.)

Aurez-vous donc toujours le cœur insensibles ? ( Ps.4,3.) Pourquoi ne pas reconnaître la vérité, ne pas croire au Fils de Dieu ? Voici que chaque jour il s’abaisse, comme lorsque de son trône royal il descendit dans le sein de la Vierge. Chaque jour il vient à nous et nous apparaît dans l’humilité.

Chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Comme il apparut aux saints Apôtres avec sa chair véritable, ainsi se montre-t-il à nous maintenant dans le pain consacré. Les Apôtres, quand ils le regardaient avec leur regard de chair, ne voyaient que sa chair ; mais ils croyaient qu’il était Dieu, lorsqu’ils le contemplent avec les yeux de l’esprit. Nous aussi, quand de nos yeux de chair nous voyons le pain et le vin, sachons voir et croire fermement que nous avons là le Corps et le Sang très saints, vivants et vrais.

C’est ainsi que le Seigneur est toujours avec ses disciples, comme lui-même l’a dit : voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. ( Math. 28,20.) ( Admonitions.1.p.89.).

1-Le respect dû aux clercs par les fidèles

Bienheureux le serviteur de Dieu qui porte foi en les clercs qui vivent droitement selon la règle de la sainte Église romaine.

Malheur à ceux qui les méprisent ; car quand ils seraient pécheurs, nul cependant ne doit les jurer, parce que ce que Seigneur se réserve de les juger lui-même.

Car autant leur ministère sur passe tous les autres, puisqu’ils sont les ministres du très saint Corps et du très Saint Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu’ils reçoivent et que seuls ils donnent aux autres ; autant la faute que l’on commet en péchant contre eux surpasse celles qu l’on commettrait en péchant contre tous les autres hommes de ce monde. ( Admonitions XXVI,pp.22 et 51.)

2-L’Exemple personnel du Père séraphique

… Le Seigneur me donna une telle foi en les église que, simplement , je priais en ces termes : «Nous vous adorons, Seigneur Jésus-Christ, ici et vers tous vos église qui sont dans le mode entier`et nous vous bénissons, par ce que par votre sainte croix vous avez racheté le monde.»

Ensuite le Seigneur m’a donné et me donne encore une si grande foi en les prêtres qui vivent selon la forme de sa sainte Église romaine, à cause de leur ordre, que même s’ils me faisaient persécution, je vue savoir recours à eux. Si j’avais autant de sagesse qu’en eut Salomon, et que je trouvais des pauvres petits prêtes de ce monde, dans les paroisses où ils demeurent, je ne veux pas prêcher sans leur consentement. Eux et tous les autres, je veux les craindre, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Je ne veux as considérer en eux le péché ; car c’est le Fils de Dieu que se distingue en eux et ils sont mes seigneurs. J’agis de cette sorte, par que je ne vois rien corporellement, en ce monde, du très haut Fils de Dieu, si ce n’est son seuls ils administrent aux autres. Or ces très saints mystères, je veux que par-dessus tout ils soient honorés, vénérés et placés en des endroits précieux. Les très saints noms et ses paroles écrites, partout lui je les trouverais en des endroits illicites, je veux le recueillir et je prie qu’on les recueille, pour les placer en un endroit décent. Tous les théologiens, et ceux qui administrent les très saints paroles divines, nous devons les honorer et les vénérer, comme étant ceux qui nous administrent l’esprit et la vie
( De Testament, p.139.)

Un programme de vie eucharistique :
base doctrinale et applications quotidiennes

A tous les chrétiens, religieux, clerc et laïques, hommes et femmes ; à tous ceux qui habitent dans le monde entier ; le frère François, leur serviteur et leur sujet ; hommage et respect, vraie paix du ciel et sincère charité dans le Seigneur.

Puisque je suis le serviteur de tous, je suis tenu de mettre au service de tous, et de distribuer à tous les paroles odoriférantes de mon Seigneur. C’est pourquoi, considérant en moi-même que je ne puis, à cause de l’infirmité et de la faiblesse de mon corps, vous visiter tous en particulier, je me suis proposée de vous adresse la présente lettre, pour vous rapporter les parles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est la Parole du Père, et les parles du Saint-Esprit, qui sont esprit et vie.

Ce Verbe du Père, si digne, si saint et glorieux, le Père très haut en annonça la venue, par son saint archange Gabriel, à la sainte et glorieuse Vierge Marie, du sein la quelle le Verbe reçut la chair de notre humanité et de notre fragilité. Lui qui était riche plus que tout ( 2 cor.8,0), il voulut cependant, ainsi que sa très bienheureuse Mère, élire la pauvreté.

Proche de sa passion, il célébra la pâque avec ses disciples. Alors, prenant le pain, il rendit grâces, le bénit et le rompit, disant ; «Prenez et manges. Ceci est mon corps.» Et prenant le calice, il dit : « Ceci est mon sang, celui du nouveau Testament, qui pour vous et pour beaucoup sera répandu en rémission des péchés.» Ensuite, il pria son Père, en disant : «Père, si faire se peut, que ce calice s’éloigne de moi.» (Matth. 26,39.)

Et lui vint une sueur comme de gouttes de sang coulant jusqu’à terre. (Luc, 22, 44.) Cependant il mit sa volonté dans celle de son Père, en disant : «Père, que se fasse votre volonté, non comme je veux, mais comme vous voulez.» (Matth. 26,42 et 39) Or de ce Père la volonté fut que son Fils béni et glorieux, qu’il nous a donnée et qui né pour nous, s’offrit lui-même, par son propre sang, en sacrifice t en victime sur l’autel de la Croix ; non pour lui-même, par qui tous choses ont été faites ( Jean, 1,3 ) ; mais pour nos péchés ; nous laissant un exemple pour que nous suivions ses traces ( 1 Pierre 2,21,) Il veut que tous nos soyons sauvés par lui, et que nous le recevions d’un cœur pur et dans un corps chaste. Mai sil en est peu qui veuillent le recevoir et être sauvés par lui, bien que son joug soit suave, et son fardeau léger. (Matth. 21,30.)

Ceux qui ne veulent pas goûter combien le Seigneur est suave (Ps. 33.8) et qui aiment les ténèbres plus que la lumière (Jean, 3v9) refusant d’accomplir les commandements de Dieu, sont maudits : c’est d’eux qu’il est dit par le Prophète : Maudits ceux qui s’écartent de tes commandements (Ps. 118,21). Mais oh ! qu’ils sont bienheureux et bénis ceux qui aiment le Seigneur et font ce qu’il dit lui-même ans l’Évangile : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi-même, (Matth, 22, 37 et 38.) Aimons donc Dieu et adorons-le d’un cœur pur et d’une âme pure : car c’est là ce que lui-même cherche par-dessus tout, quand il dit : les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car tous ceux qui l’adorent, doivent l‘adorer en esprit de vérité (Jean, 4,23 et 24) Disons-lui des louanges et des prières, jour et nuit, en disant ; Notre Père qui êtes aux cieux. Car il nous fait toujours prier et ne cesser jamais. (Luc, 18,1)

Nous devons en conséquence confesser au prêtre tous nos péchés et recevoir de lui le corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Celui qui ne mange pas sa Chair et ne boit pas son Sang ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ma s’il faut manger et boire dignement, parce que celui qui le reçoit indignement, manger et boit sa condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur ( 1 Cor, 11,20). C’est -à-dire ne le distinguant pas des autres nourritures.

Faisons en outre de dignes fruits de pénitence ( Luc, 3,8.) Puis, aimons notre prochain comme nous-même. Et si quelqu’un en veut pas ou ne peut pas aimer les autres comme soi-même, qu’au mois i n’aille pas leur faire de mal, mais qu’il leur fasse du bien.

Quant à ceux qui ont reçu le pouvoir de juger autrui, qu’ils exercent leur charge avec miséricorde, selon qu’ils veulent eux-mêmes obtenir miséricorde du Seigneur, car jugement sans miséricorde sera prononcé contre celui qui n’a pas fait miséricorde. (Jac. 2,13) ayons donc charité et humilité ; faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. (Top,4,11) car les hommes perdent tous les biens qu’ils doivent laisser à la sortie de ce monde ; cependant ils emportent avec eux le fruit de leur charité et les aumônes qu’ils ont faits : ils en recevront de Dieu la récompense et la digne rémunération.

Nous devons aussi jeûner, nous abstenir des vices et péchés et de l’excès du manger et du boire, et être catholiques. Nous devons aussi visiter fréquemment les églises et révérer les clercs ; non seulement à cause d’eux, car ils peuvent être pécheurs, mais parce qu’ils ont l’office et l’administration du Corps et du Sang très saints de Notre Seigneur Jésus-Christ, qu’ils sacrifièrent sur l’autel, qu’ils reçoivent et qu’ils administrent au autres. Sachons tous fermement que nul ne peut être sauvé par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et par les saintes paroles du Sauveur, que les clercs disent, annoncent et administrent ; eux seuls doivent les administrent ; eux seuls doivent les administrer, et non d’autres.

Spécialement, les religieux, qui ont renoncé au monde, sont tenus de faire plus et mieux ; mais sans omettre le reste . (Luc, 11,42.)

Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et péchés, parce que le Seigneur dit dans l’Évangile : tous les vices et péchés sortent du cœur. (Matth.15, 18 et 19.) Nous devons aimer nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous haïssent. (Lus, 6, 27.) Nous devons observer les préceptes et les conseils de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous devons nous renoncer à nous-mêmes et placer nos coups sous le joug de la servitude et de la sainte obéissance, selon ce que chacun a promis au Seigneur. Et nul homme n’es tenue par obéissance d’obéir à n’importe qui, la où se commet quelque péché ou délit.

Celui à qui l’obéissance est confiée et qui est regardé comme grand, qu’il soit comme petit (Luc, 22, 26), et serviteur des autres frères; à chacun de ses frères en particulier il doit faire et garder la miséricorde qu’il voudrait qu’on lui fît, s’il était en un cas semblable. Devant la faute d’un autre, il ne s’irritera pas contre en frère ; mais en toute patience et humilité, il l’avertira et le supportera avec bonté.

Nous ne devons pas être sages selon la chair (1 Cor. 1, 26), ni prudents ; mais nous devons plutôt être simples humbles et purs. Ayons nos corps en opprobre et mépris, parce que tous, par notre faute, nous sommes malheureux et putride, fétides et vers, comme le dit le Seigneur par le Prophète ; Je suis un ver et non un homme ; l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. (Ps, 21, 6.) Jamais nous ne devons désirer d’être au-dessus des autres ; mais nous devons plutôt être serviteurs et soumis à toute créature à cause de Dieu. (1 Pierre,2, 13.) Tous ceux qui agiront ainsi et persévéreront jusqu’à la fin. l’Esprit du Seigneur reposera sur eux (Is, 11,21), et fera en eux habitation et demeure (Jean, 14,23), et ils seront fils du Père Céleste, dont ils font les œuvres ; et ils sont époux, frères et mères de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous sommes époux, quand par l’esprit Saint l’âme fidèle est conjointe à Jésus-Christ. Nous sommes ses frères, quand nous faisons la volonté de son Père qui est dans le ciel (Matth, 12,50.) Nous sommes se mères, quand nous le portons dans notre cœur et dans notre corps par l’amour et par une conscience pure et sincère, et que nous l’enfantons par la pratique du bien, qui doit luire aux autres comme un exemple.

Oh! Qu’il est glorieux et saint et grand d’avoir dans les cieux un Père ! Oh ! qu’il est saint, beau et aimable d’avoir dans les cieux un Époux ! Oh! Que c’est chose sainte et chère, reposante et humble, pacifique et doux et aimable et désirable plus que tout, d’avoir un tel Frère ; un frère qui a donné son âme pour ses brebis ( Jean , 10,15 ) ; un frère qui a prié son Père pour nous, : Père saint, garde en ton nom eux que tu m’as donnés, Père, tous ceux que tu m’as donnés en ce monde, étaient à toi, et tu me les as données. Les paroles que tu m’as données, je les leur ai données. Ils les ont reçues et ils ont connue vraiment que je suis sortie de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Je prie pour eux, non pour le monde : bénis-les et sanctifie-les. Pour eux je me sacrifie, pur qu’ils soient consacrés en une seule chose, comme nous, Et je veux, Père, qu’ils soient avec moi où je suis, pour qu’ils voient ma splendeur dans ton royaume, (Jean, 17, 6-24.)

Parce qu’il a tant souffert pour nous, et qu’il nous a conféré et nous conférera dans l’Avenir tant de biens, que toue créature qui est dans le ciel et sur la terre, dans la mer et dans les abîmes, rende à Dieu louange, gloire, honneur et bénédictin (Apoc. 5, 13) ; car celui-là est notre vertu et notre force, qui en le seul bon, le seul glorieux et saint, louable et béni dans le siècles infinis des siècles. Amen.

Or, tous ceux qui ne sont pas en pénitence et ne reçoivent pas le Corps et Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais s’adonnent aux vices et aux péchés ; marchent après la concupiscence mauvaise et les désirs, mauvais ; n’observent pas ce qu’ils sont promis ; sont esclaves, corporellement, du monde, des désirs charnels, des soucis et des sollicitudes de ce siècle ; sont esclaves, spirituellement, du diable qui les trompes, dont ils sont les fils, dont ils font les œuvres ; tous ceux-là sont des aveugles, car ils ne voient pas la vraie lumière Notre-Seigneur Jésus-Christ, Ils n’ont pas la sagesse spirituelle, car ils n’ont pas en eux, le Fils de Dieu, qui est la vraie Sagesse du Père. C’est d’eux qu’il est dit : leur sagesse a été dévorée du Père. C’est d’eux qu’il est dit : leur sagesse a été dévorée, (Ps. 106, 27.) Ils voient, ils connaissent, ils savent, ils font le mal, sciemment ils perdent leurs âmes. Voyez, ô aveugles déçus par vos ennemis qui sont la chair, le monde et le diable, qu’il est doux pour le corps de faire le péché, qu’il est amer de servir Dieu, car tous vives et péchés sortent et procèdent du cœur de l’homme, comme il est dit dans l’Évangile, (Matt, 15, 19) Au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. Amen

Tous ceux à qui cette lettre parviendra, moi frère François le mineur, votre serviteur, je vous prie, et vous supplie dans l’amour qu’est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds ; de recevoir avec humilité et charité, d’accomplir volontiers et d’observer parfaitement ces paroles odoriférantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ceux qui ne savent pas lire, qu’ils se les fassent lire souvent et les gardent avec eux en