Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

St-François spécialiste de l'Évangile 12/14

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

Rayonnement-familial.P. Raymond Moisdon.html
Comme pour toute âme franciscaine, celle du Tertiaire dot puiser à plein dans l’Évangile, ou mieux se laisser remplir jusqu’à déborder de toute ce qui est découle de vie, de pensée, d’exemple, de communauté « Christifiante ».

Saint François, après avoir cherché une plénitude dans l’humaine ne réalise le vide affreux que cette recherche vaine n’a fait que creuser la davantage en lui, qu’en s’ouvrant tout grand à l’envahissement des riches insondables du Christ évangélique.

Le résultat est tel que les abîmes de cette âme exigeante et passionnée, non seulement sont comblés, mais sans cesser d’être réceptifs jusqu’à une quasi égalité, se mettent à déborder sur des âmes chercheuses comme la sienne d’abord, puis sur la société du XII e siècle, et à travers les âges, jusqu’à nous.

A travers lui, avec son aide, nous ouvrir au Christ envahissant, c’est tout ce que cette première partie de l’Étude de la Règle a essayé de faire comprendre. C’est la base de toute sainteté.

Il reste à montrer comment cet envahissement doit continuer, au fur et à mesure des découvertes inouïes de la personne du Seigneur dans le récit des évangélistes, à déborder sur les autres.

D’où l’étude de toutes nos responsabilités sociales humaines et spirituelles que la Règle, plus dans son esprit encore que, dans sa lettre, nous propose.

L’âme remplie du Christ, ouverte à son action en elle par les trois éléments de la vie intérieur : purgatifs, illuminatifs, unitifs va se répandre en influences, en actions, en exemples bienfaisants, tout d’abord sur sa propre famille : famille naturelle, puis famille d’âme.

Cela va de soi. Le rayonnement en lumière et en chaleur d’un foyer atteint d’abord les éléments les plus proches, puis seulement après et peu à peu les plus éloignés.

Chapitre I

Rayonnement familial

La famille est la «cellule initiale» de toute société. Constitué par Dieu qui n’ont qu’Amour, elle ne peut, si elle reste dans ses lois propres, que réaliser aussi un poème d’amour. Les membres qui la composent devraient obtenir une telle harmonie, entre eux que leur épanouissement s’en trouve accru dans la mesure où le spirituel les associe plus étroitement dans le Personnalité du Christ.

Cela ne veut nullement dire que les différentes personnalités d’un foyer aient à être sacrifiées nie à l’humain, ni a surnaturel. Bien au contraire. Le respect mutuel sera d’autant plus réel que l’action de l’Esprit trouvera moins d’opposition chez les uns et les autres.

Simplement, la montée à deux conçue avec les mêmes méthodes ne peut que rendre plus agréable l’ascension et peut-être plis rapide et plus soutenue.

N’oublions pas que le Tiers-Ordre a été institué surtout pour les personnes liées à la vie du monde par le sacrement de mariage. Le premier foyer, Luchesio et Bonna Dona, a tout avantage à faire, ou plutôt à refaire école.

Il n’est pas surprenant en pensant à ce départ, que la Règle envisage plus ou moins directement d’imprégner d’esprit évangélique la vie familiale.

Elle le fait discrètement mais suffisamment pour qu’a la lumière de la pensée de François, ses interventions en ce domaine éclairent la route spirituelle des foyers.

Elle s’occupe de l’autorité à y respecter par la femme et en déduction toute logique, par l’enfant. De l’influence humaine et spirituelle à exercer sur les membres du foyer. Des responsabilités morale à accepter même à l’égard employés de la maison, pris en charge en qualité de frères ou sœurs dans le Christ.

Donnons simplement les textes tout d’abord :

«Les femmes mariées ne peuvent être admise à l’insu de leur mari, ni sans leur consentement.» (Chap. Ier. par, 2).

«Personne ne doit être admis avant l’âge de 14 ans accomplis» (Chap. 1er, par.1)

«Dans leur famille, les Tertiaires s’appliqueront à donner le bon exemple, à se livrer aux exercices de piété.» «Ils ne laisseront pas entrer dans leur maison leurs livres et journaux qui peuvent porter quelque atteinte à la vertu, et ils en interdiront la lecture à leurs subordonnés.» (Chap. II, par.8)

Si on ne s’arrête qu’aux mots, on trouvera vite que c’est extrêmement simple et d’un christianisme très ordinaire.

Précisons une fois de plus qu’il y a la lettre et l’esprit ; que si la Règle est une barrière c’est à l’arrière de la vie pour ne pas reculer, mais qu’à l’avant le champ est libre et l’horizon plein d’appels vers les hauteurs.

L’autorité maritale au foyer est marquée d'une limite : «excepté le cas où le confesseur jugerait à propos d’agir autrement».

C’est sage. Le consentement demandé par la Règle l’est pour marquer le respect du principe d’autorité, car celle-ci émane de Dieu. «Toute autorité par de Dieu» affirme saint Paul.

C’est aussi pour que la femme ne soit pas gênée dans l’observance de sa Règle et puisse éviter des inconvénients qui ne pourraient qu’altérer la paix de la famille.

Mais ceci admis, il reste que l’autorité pour être vraie ne peut s’exercer que da le sens de l’épanouissement de l’être soumis. Elle n’existe plus dès qu’elle devient arbitraire, et une autorité supérieur peut alors s’y substituer pour le temps et dans la mesure où la première en dépassant se droits, se supprime elle-même.

Faut-il donner brièvement la notion exacte de l’autorité au foyer ? Il suffit de relire l’Épître de la messe au mariage. La comparaison de l’apôtre entre l’autorité du Christ et l’autorité du mari sur sa femme est nette.

Il me souvient, prêchant une récollection de foyers sur ce sujet, avoir affirmé sans ambages que le mari était le chef de la communauté. Ceux-ci malicieusement regardèrent leurs femmes avec une satisfaction provoquante, qui valut au prédicateur cette remarque nos moins malicieuse de plusieurs d’entre elles : «N’insistez pas, Père, ils le savent déjà trop».

Après avoir mis en valeur l’épître dont je parlais à l’instant, la réaction fut toute inverse. Les épouses affirmaient hautement leur soumission comprise à la saint Paul, les maris se sentaient un peu écrasés devant tant de responsabilités. Ils devaient être le Christ, les «Sauveurs» de leurs femmes, les vouloir sans ride, sans fatigue, «sacrifier» pour elles à l’égal du Christ pour l’humanité épousée dans l’Incarnation.

Voici d’ailleurs le texte :

«Vous autres femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Église, son corps, dont il est également le Sauveur. De même donc, que l’Église est soumise au Christ, les femmes doivent l’être en toutes choses à leurs maris. Vous, hommes, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église, donnant sa vie pour elle afin de la purifier et de la sanctifier par le baptême d’eau et les formules. Il devait ainsi se préparer une Église resplendissante, sans tache ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée. Ainsi les hommes doivent-ils aimer leur femme, comme d’ailleurs le Christ son Église.»

C’est clair. Le tout fut précisé par une définition acceptée à l’unanimité et qui devrait en fait être réfléchie par tous ceux qui détiennent une parcelle d’autorité si minime soit-elle.

Pour celui qui l’exerce c’est : «le droit à le devoir de fournir à ceux qui dépendent de lui tout ce qui est nécessaire à leur épanouissement total, dans l’ordre des fins a poursuivre par la société, le groupement, etc dont il a la responsabilité.»

Pour celui qui en dépend : «le droit et le devoir d’accepter ce qui lui est offert pour s’épanouir dans le sens demandé par la société, le groupement, etc. .. auquel il appartient…»

C’est pourquoi, la Règle accorde une certaine latitude à l’autorité spirituelle, en l’espèce aux confesseurs et directeurs de conscience, en raison des oppositions exagérées les de maris, pour qui l’épanouissement de la vie chrétienne de leurs femmes ne compterait pas ou pas suffisamment. Cela peut venir de leur ignorance des choses de la religion, ou de sentiments sectaires et haineux à l’égard du Christ.

Il va de soi qu’une femme sans l'autorité ainsi à entrer Tiers-Ordre à l’insu de son mari, doit donner l’exemple d’une fidélité à ses devoirs d’état, d’une patience et d’une douceur inaltérables et exercer sur lui la plus heureuse influence.

Ce que nous venons de noter sur l’autorité au foyer entre mari et femme, s’applique, compte-tenu, des modalités différentes, entre parents, et enfants.

Ces derniers comme le Christ à Nazareth doivent grandir «en grâce et en sagesse» et même, lorsque leur personnalités commence, à s’éveiller, leur Règle absolue doit être ce que l’Évangile affirme du Christ enfants en face de Joseph et Marie ; «Il leur était soumis».

Cependant, tous les parents n’ont pas la vertu des responsables de la sainte Famille.

Il est des droits inaliénables à toute personne humaine, même dans l’âge le plus tendre et cette parole du Christ à douze ans, peut-être utilisée par les enfants dont l’Épanouissement spirituel serait oublié ou entravé par des parents inconscients ou coupable : «ne saviez-vous pas que je dois d’abord être aux affaires de mon Père.. ».

Fils de Dieu de par son baptême, frère du Christ, l’enfant le reste en grandissant et c’est beaucoup plus qu’être fils d’homme.

Il ne s’agit pas de faire pression sur l’âme des jeunes. Simplement, il faut aider les développements possibles manifestés par la nature et la grâce, vers une communauté plus intense avec le Christ.

La Règle aborde ensuite plus directement la vie intime du foyer. On y veut «le bon exemple» de la part de ceux, qui, parmi ses membres, sont enrôlés au Tiers-Ordre.

Négativement, cela peut se réduire à ne pas en donner de mauvais. C’est énorme. Par d’originalités, pas de rigidités, d’intransigeances qu’on pousse à tord ou à raison attribuer à l’appartement au Tiers-Ordre.

Que de fois la réflexion a été entendue : «non, je ne veux pas entrer au Tiers-Ordre, ou parce que je ne suis pas digne, c’est trop pour moi ; ou parce que je ne veux pas devenir comme ceux-ci et ceux-là…»

Le bon exemple, c’est d’abord un équilibre aussi parfait que possible dans tous les domaines, rendant agréable les rapports du Tertiaires avec ceux de son entourage.

C’est ensuite toute gamme des dévouements au foyer et à l’extérieur, compatibles avec cet équilibre. L’habitude de vivre une fois solide, agissante et calme en dehors des cas où elle doit s’affirmer avec véhémence pour ne pas, se renier, est contagieuse et bienfaisante.

C’est partir au Christ en soi, pour penser, juger agir, aimer et apprendre discrètement et aimablement aux autres à en faire autant.

C’est aimer plus qu’agir ; c’est agir plus que parler ; c’est être logique plus qu’enthousiaste ; c’est mettre le Christ avant saint François ; l’évangile avant la Règle, l’Esprit avant l’habit ; la justice avant l’aumône ; la charité avant la tranquillités, etc..

La piété familiale aura toutes sa valeur dans cet équilibre «Quand plusieurs seront assemblés en mon nom, je serais au milieu d’eux».. Prière du matin si possible, du soir tous, en commun et à tour de rôle.

Messe en famille, ou d’un membre de la famille pour tout le foyer. Responsabilité d’un membre pour apporter l’un après l’autre la «Présence» du Christ communié, à la maison.

Tous moyens qui permettront au Christ une place plus vraie dans la famille.

Qu’on lise l’admirable étude sur le mariage de Christian : «Ce sacrement est grand». Un foyer Tertiaire y trouvera les étapes d’une organisation de piété familiale idéale, a adopter l’ailleurs par paliers, progressivement et seulement jusqu’où la communauté peut prétendre avec le éléments que la composent.

Enfin, sans insister sur ce point, notons le souci de la Règle d’éviter tout scandale possible au foyer par la presse, les lectures, qu’elles viennent du Tertiaire lui-même contaminant les siens, ou des personnes qui dépendant de lui depuis sa femme et ses enfants, jusqu’aux employés de maison.

Quant à ces derniers, relisons l’Épître aux Colossiens III, V, 22 à 25 et IV,V,I, et l’Épître de saint Paul à Philémon. Qu’on veuille bien s’y reporter.

Notre époque est compliquée sur ce point. Les Maîtres se plaignent des employés les serviteurs de leurs Maîtres, Il y a du vrai et du faux chez les deux. Que des deux côtés on se regarde en fils de Dieu et frères du Christ avec l’esprit de François.

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