| La
famille est la «cellule initiale» de toute société.
Constitué par Dieu qui n’ont qu’Amour, elle ne
peut, si elle reste dans ses lois propres, que réaliser aussi
un poème d’amour. Les membres qui la composent devraient
obtenir une telle harmonie, entre eux que leur épanouissement
s’en trouve accru dans la mesure où le spirituel les
associe plus étroitement dans le Personnalité du Christ.
Cela ne veut nullement dire
que les différentes personnalités d’un foyer
aient à être sacrifiées nie à l’humain,
ni a surnaturel. Bien au contraire. Le respect mutuel sera d’autant
plus réel que l’action de l’Esprit trouvera moins
d’opposition chez les uns et les autres.
Simplement,
la montée à deux conçue avec les mêmes
méthodes ne peut que rendre plus agréable l’ascension
et peut-être plis rapide et plus soutenue.
N’oublions
pas que le Tiers-Ordre a été institué surtout
pour les personnes liées à la
vie du monde par le sacrement de mariage. Le premier foyer,
Luchesio et Bonna Dona, a tout avantage à faire, ou plutôt
à refaire école.
Il
n’est pas surprenant en pensant à ce départ,
que la Règle envisage plus ou moins directement d’imprégner
d’esprit évangélique la vie familiale.
Elle
le fait discrètement mais suffisamment pour qu’a la
lumière de la pensée de François, ses interventions
en ce domaine éclairent la route spirituelle des foyers.
Elle
s’occupe de l’autorité à y respecter par
la femme et en déduction toute logique, par l’enfant.
De l’influence humaine et spirituelle à exercer sur
les membres du foyer. Des responsabilités morale à
accepter même à l’égard employés
de la maison, pris en charge en qualité de frères
ou sœurs dans le Christ.
Donnons simplement les textes tout d’abord
:
«Les
femmes mariées ne peuvent être admise à l’insu
de leur mari, ni sans leur consentement.» (Chap. Ier. par,
2).
«Personne
ne doit être admis avant l’âge de 14 ans accomplis»
(Chap. 1er, par.1)
«Dans
leur famille, les Tertiaires s’appliqueront à donner
le bon exemple, à se livrer aux exercices de piété.»
«Ils ne laisseront pas entrer dans leur maison leurs livres
et journaux qui peuvent porter quelque atteinte à la vertu,
et ils en interdiront la lecture à leurs subordonnés.»
(Chap. II, par.8)
Si
on ne s’arrête qu’aux mots, on trouvera vite que
c’est extrêmement simple et d’un christianisme
très ordinaire.
Précisons
une fois de plus qu’il y a la lettre et l’esprit ; que
si la Règle est une barrière c’est à
l’arrière de la vie pour ne pas reculer, mais qu’à
l’avant le champ est libre et l’horizon plein d’appels
vers les hauteurs.
L’autorité
maritale au foyer est marquée d'une limite : «excepté
le cas où le confesseur jugerait à propos d’agir
autrement».
C’est
sage. Le consentement demandé par la Règle l’est
pour marquer le respect du principe d’autorité, car
celle-ci émane de Dieu. «Toute autorité par
de Dieu» affirme saint Paul.
C’est
aussi pour que la femme ne soit pas gênée dans l’observance
de sa Règle et puisse éviter des inconvénients
qui ne pourraient qu’altérer la paix de la famille.
Mais
ceci admis, il reste que l’autorité pour être
vraie ne peut s’exercer que da le sens de l’épanouissement
de l’être soumis. Elle n’existe plus dès
qu’elle devient arbitraire, et une autorité supérieur
peut alors s’y substituer pour le temps et dans la mesure
où la première en dépassant se droits, se supprime
elle-même.
Faut-il donner brièvement la notion exacte de l’autorité
au foyer ? Il suffit de relire l’Épître de la
messe au mariage. La comparaison de l’apôtre entre l’autorité
du Christ et l’autorité du mari sur sa femme est nette.
Il
me souvient, prêchant une récollection de foyers sur
ce sujet, avoir affirmé sans ambages que le mari était
le chef de la communauté. Ceux-ci malicieusement regardèrent
leurs femmes avec une satisfaction provoquante, qui valut au prédicateur
cette remarque nos moins malicieuse de plusieurs d’entre elles
: «N’insistez pas, Père, ils le savent déjà
trop».
Après
avoir mis en valeur l’épître dont je parlais
à l’instant, la réaction fut toute inverse.
Les épouses affirmaient hautement leur soumission comprise
à la saint Paul, les maris se sentaient un peu écrasés
devant tant de responsabilités. Ils devaient être le
Christ, les «Sauveurs» de leurs femmes, les vouloir
sans ride, sans fatigue, «sacrifier» pour elles à
l’égal du Christ pour l’humanité épousée
dans l’Incarnation.
Voici
d’ailleurs le texte :
«Vous
autres femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur,
car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef
de l’Église, son corps, dont il est également
le Sauveur. De même donc, que l’Église est soumise
au Christ, les femmes doivent l’être en toutes choses
à leurs maris.
Vous,
hommes, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église,
donnant sa vie pour elle afin de la purifier et de la sanctifier
par le baptême d’eau et les formules. Il devait ainsi
se préparer une Église resplendissante, sans tache
ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée.
Ainsi les hommes doivent-ils aimer leur femme, comme d’ailleurs
le Christ son Église.»
C’est
clair. Le tout fut précisé par une définition
acceptée à l’unanimité et qui devrait
en fait être réfléchie par tous ceux qui détiennent
une parcelle d’autorité si minime soit-elle.
Pour celui
qui l’exerce c’est : «le droit à le devoir
de fournir à ceux qui dépendent de lui tout ce qui
est nécessaire à leur épanouissement total,
dans l’ordre des fins a poursuivre par la société,
le groupement, etc dont il a la responsabilité.»
Pour
celui qui en dépend : «le droit et le devoir d’accepter
ce qui lui est offert pour s’épanouir dans le sens
demandé par la société, le groupement, etc.
.. auquel il appartient…»
C’est
pourquoi, la Règle accorde une certaine latitude à
l’autorité spirituelle, en l’espèce aux
confesseurs et directeurs de conscience, en raison des oppositions
exagérées les de maris, pour qui l’épanouissement
de la vie chrétienne de leurs femmes ne compterait pas ou
pas suffisamment. Cela peut venir de leur ignorance des choses de
la religion, ou de sentiments sectaires et haineux à l’égard
du Christ.
Il
va de soi qu’une femme sans l'autorité ainsi à
entrer Tiers-Ordre à l’insu de son mari, doit donner
l’exemple d’une fidélité à ses
devoirs d’état, d’une patience et d’une
douceur inaltérables et exercer sur lui la plus heureuse
influence.
Ce
que nous venons de noter sur l’autorité au foyer entre
mari et femme, s’applique, compte-tenu, des modalités
différentes, entre parents, et enfants.
Ces
derniers comme le Christ à Nazareth doivent grandir «en
grâce et en sagesse» et même, lorsque leur personnalités
commence, à s’éveiller, leur Règle absolue
doit être ce que l’Évangile affirme du Christ
enfants en face de Joseph et Marie ; «Il leur était
soumis».
Cependant, tous les parents n’ont pas la vertu des responsables
de la sainte Famille.
Il
est des droits inaliénables à toute personne humaine,
même dans l’âge le plus tendre et cette parole
du Christ à douze ans, peut-être utilisée par
les enfants dont l’Épanouissement spirituel serait
oublié ou entravé par des parents inconscients ou
coupable : «ne saviez-vous pas que je dois d’abord être
aux affaires de mon Père.. ».
Fils
de Dieu de par son baptême, frère du Christ, l’enfant
le reste en grandissant et c’est beaucoup plus qu’être
fils d’homme.
Il ne s’agit pas de faire pression sur l’âme des
jeunes. Simplement, il faut aider les développements possibles
manifestés par la nature et la grâce, vers une communauté
plus intense avec le Christ.
La
Règle aborde ensuite plus directement la vie intime du foyer.
On y veut «le bon exemple» de la part de ceux, qui,
parmi ses membres, sont enrôlés au Tiers-Ordre.
Négativement,
cela peut se réduire à ne pas en donner de mauvais.
C’est énorme. Par d’originalités, pas
de rigidités, d’intransigeances qu’on pousse
à tord ou à raison attribuer à l’appartement
au Tiers-Ordre.
Que
de fois la réflexion a été entendue : «non,
je ne veux pas entrer au Tiers-Ordre, ou parce que je ne suis pas
digne, c’est trop pour moi ; ou parce que je ne veux pas devenir
comme ceux-ci et ceux-là…»
Le
bon exemple, c’est d’abord un équilibre aussi
parfait que possible dans tous les domaines, rendant agréable
les rapports du Tertiaires avec ceux de son entourage.
C’est
ensuite toute gamme des dévouements au foyer et à
l’extérieur, compatibles avec cet équilibre.
L’habitude de vivre une fois solide, agissante et calme en
dehors des cas où elle doit s’affirmer avec véhémence
pour ne pas, se renier, est contagieuse et bienfaisante.
C’est
partir au Christ en soi, pour
penser, juger agir, aimer et apprendre discrètement et aimablement
aux autres à en faire autant.
C’est
aimer plus qu’agir ; c’est agir plus que parler ; c’est
être logique plus qu’enthousiaste ; c’est mettre
le Christ avant saint François ; l’évangile
avant la Règle, l’Esprit avant l’habit ; la justice
avant l’aumône ; la charité avant la tranquillités,
etc..
La
piété familiale aura toutes sa valeur dans cet équilibre
«Quand plusieurs seront assemblés en mon nom, je serais
au milieu d’eux».. Prière du matin si possible,
du soir tous, en commun et à tour de rôle.
Messe
en famille, ou d’un membre de la famille pour tout le foyer.
Responsabilité d’un membre pour apporter l’un
après l’autre la «Présence»
du Christ communié, à la maison.
Tous
moyens qui permettront au Christ une place plus vraie dans la famille.
Qu’on
lise l’admirable étude sur le mariage de Christian
: «Ce sacrement est grand». Un foyer Tertiaire y trouvera
les étapes d’une organisation de piété
familiale idéale, a adopter l’ailleurs par paliers,
progressivement et seulement jusqu’où la communauté
peut prétendre avec le éléments que la composent.
Enfin,
sans insister sur ce point, notons le souci de la Règle d’éviter
tout scandale possible au foyer par la presse, les lectures, qu’elles
viennent du Tertiaire lui-même contaminant les siens, ou des
personnes qui dépendant de lui depuis sa femme et ses enfants,
jusqu’aux employés de maison.
Quant à ces derniers, relisons l’Épître
aux Colossiens III, V, 22 à 25 et IV,V,I, et l’Épître
de saint Paul à Philémon. Qu’on veuille bien
s’y reporter.
Notre époque est compliquée sur ce point. Les Maîtres
se plaignent des employés les serviteurs de leurs Maîtres,
Il y a du vrai et du faux chez les deux. Que des deux côtés
on se regarde en fils de Dieu et frères
du Christ avec l’esprit
de François. |