Prêtres du Monde

+Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.


St-François spécialiste de l'Évangile 11/14

Pivot essentiel route unique

P. Raymond Moisdon

Chapitre unique.

Base de la vie individuelle et de la vie social du Tertiaire.

Nous venons de l’exposer, la Règle de l’Ordre de la Pénitence fournit dans des prescriptions les éléments formateurs, de la vie spirituelle du Chrétien : purgatif, illuminatifs, unitifs.

Bien réalisé, elle conduite le « consacré au Christ dans le monde », sur la route de la perfection, Elle lui assure l’organisation des étapes, des repose et du ravitaillement, spirituel nécessaires.

Elle a fait ses preuves et la sainteté éclose dans le Tiers-Ordre jusqu’à nos jours, proclame hautement qu’elle ne trompe pas et négare pas ceux qui se fient à elle.

Très nettement, elle fait profession de vie intérieure, de communauté et de conversation intime avec le Christ et implicitement, par le fait, elle crée dans l‘âme qui s’y lie, besoin de solitude au milieu de l’action, d’heures et de jours de séparation du monde, par la récollection, la retraite. Ceci indépendamment ou l’occasion de la «Visite canonique,» dont il sera question plus loin (1)

Mais «enveloppant» tout ce travail « reliant » tous les points déterminés par la Règle, une obligation implicite s’y ajoute sur laquelle on insiste peu-être trop peu à l’ordinaire.

Et pourtant, il semble bien qu’il soit difficile, pour ne pas dire impossible, à une âme franciscaine de se former en Christ, sans être en fréquentations permanente à la manière de François (c’est-à-dire en le traduisant le plus rapidement possible en faits de vie journalier ) avec le Livre de la «Vie» l’Évangile.

La vie spirituelle de François, à fait devenir lui-même un Évangile vivant, concret, en «chair et en os», un Évangile «réincarnée» (Pie XI)

C’est à contre-cœur que François a écrit ou dicté les Règles de ses trois Ordres.

Il ne voulais pas plus de lois, ni surtout d’autre Règle, que celle du Christ : L’Évangile.

Il sentait amèrement que tout ce qui se codifie meurt, au moins en partie, brise l’élan, l’initiative, l’enthousiasme, a de la peine, à laisser passer la vie à plein.

IL n’ignorait pas, bien sûr, la nécessité des limites des prescriptions, des plans de vie, mais il les voulait tellement centrés sur une foi vivante, sur une «Personne» qui se fait «exemple» pour entraîner, qu’Il ne saisissait plus très bien pourquoi les hommes ajoutaient tant et tant à ce que le Maître a vécu en programme de vie devant nous.

Tous les plans, spirituels les mieux agencés, lui semblaient insipides en face de ce « bouillonnement de vie qu’est la vie du Christ pour nous.

«Je vous ai montré l’exemple afin que vous fassiez comme j’ai fait moi-même.»

Le Christ se fait «Règle», pourquoi modifier, ajouter, retrancher, interpréter, codifier. L’Évangile n’a pas été écrit par le Christ, il a seulement été vécu.

Ceux-là même l’Esprit, il lui ont donné une toute autre forme que celle d’une Règle, d’un code, d’une loi sèche et rigide.

Ils le présentent comme «Vie», un «courant d’amour», atteignant un peu à l’aventure les êtres rencontrés : hommes, événements, peines, richesses, joies, humiliations, et les entraînant à travers le Christ, en qui tout se transforme, se transsubstantie comme à Cana, à la Cène, au Clavaire et à la messe, vers le Père, en hommage de témoignage, d’adoration, d’amour.

Comme on comprend le refus de François en face de tous les Règles religieuses existences avant lui et qu’on lui propose. Il insiste avec véhémences : «Non et non, notre seule Règle sera l’Évangile».

À la lumière de ces précisions, on comprendra que nos insistions pour expliquer la Règle du Troisième Ordre, comme nous l’aurons fait pour les deux autres sur cette volonté de n’y voir qu’un rayonnement d’Évangile en toutes ses prescriptions.

À la fin du Noviciat, le novice de quelque catégorie qu’il soit, devrait être beaucoup plus savant en Évangile vécu et connu, c’est-à-dire en amitié active avec le Christ évangélique qu’en science de Règle.

Cette dernière ne devrait être que la barrière qui empêche dans les moments d’affaissement et de dépression de reculer et non pas la barrière qui se met devant la vie pour l’empêcher de se lancer vers la folie de l’Évangile.

On craint peut-être les écarts d’une telle méthode. Il y en aura toujours, mais ne vaut-il pas mieux les voire en avant qu’à reculons !

Les écarts de François, ses extravagances ont-elles fait plus de mal que le lenteur, les interprétations, les hésitations, les explications, adaptations des commentateur en fauteuil.

De grâce, donnons à l’Évangile, à ses ferments, à son levain, et à sa fraternité, le droit de pénétrer à plein dans notre vie, et que la Règle ne soit vraiment qu’un moyen supplémentaire de nos ouvrir encore plus aux influences du Christ et de son Esprit.

L’Évangile pris comme ligne de conduite, ou si vous voulez comme «ligne de vie», devra se traduire en faits, en actes, en réalités vitales, dans la trame journalière de l’existence d’un Tertiaire.

Il devra éclairer, s’infiltrer dans chaque réunion de l’Ordre, dans chaque rencontre fraternelle, qu’elle soit communautaire, ou individuelle, dans chaque prescription de vie intérieure ou de vie sociale de la Règle.

Et quand je dis l’Évangile, traduisez : Le Christ en personne, communié dans sa pensée, en complément de la communion eucharistique, traduisez aussi ; la présence réelle de cette «Parole» de Dieu, «parole odoriférante» disant saint François, chez moi, sur moi, à la maison, dans la rue, à l’atelier, dans mon esprit, dans ma main travailleurs quelque soit la forme du travail en cours.

«La Règle de Vie de l’âme franciscaine, c’est d’observer (cela veut dire : regarder, essayer, introduire dans la vie) le Saint Évangile. de N.S.J.C.». (Saint François Règle des O.F.M).

Ce qui vient ensuite ne se lit et ne s’étudie qu’en fonction de cette observation.

Il faudrait s’en convaincre un peu plus.

Qu’on ne puisse plus , même à tort, nous jeter à la figure des mensonges qui ont parfois malheureusement de vague apparences de vérité :«Vous, Chrétiens, vous avez la théorie du Christianisme, nos Communistes, nous en avons la technique». Ou encore plus dure:«Le communisme c’est l’utilisation des forces inemployés de ‘Évangile. ».

Le Tertiaire se trouve là devant la pensée exacte du Fondateur : il lui faut vivre l’évangile. Et en face de ce livre, s’il est totalement vrai avec lui-même, il se trouvera au point d’intersection de la vie intérieure (dont les pages précédentes viennent de faire l’étude d’après la Règle) et de la vie extérieure, sociale, rayonnement de la flamme intérieure qu’est le Christ en lui (dont les chapitres à venir traiteront d’après la Règle aussi).

L’Évangile connu et vécu équilibrera l’intérieur et l’extérieur en lui, comme en saint François.

C’est-à-dire, on pas d’un équilibre humain fait d’installation, de succès, de situation, de fortune, de renommée, etc… mais d’un équilibre spirituel, vu de Dieu, envers qui les plus grands folies d’amour surnaturel ne sont encore rien, en face de la folie d’amour qu’Il a eu en nous donnant l’existence, son Fils, et par Lui, ce qu’IL est lui-même.

La logique spirituelle franciscaine conduira donc le Tertiaire à être un passionné d’Évangile pour connaître et vivre sa vraie Règle, celle qui à travers les trois petits chapitres, rejoint la pensée de François en son amour pour le Christ et le Père.

Dès lors, pas de Tertiaire sans référence journalière à la lettre de l’Évangile et à «l’action» d’Évangile.

Pas de réunion de Tiers-Ordre : postulants, novices, profès , sans traduction d’Évangile en famille, pour s’enrichir d’espérances d’Évangile, pour les emporter et les vire à notre tour, sans apporter aux autres, nos expériences personnelles, qu’ils puissent eux aussi copier après nous, les points d’Évangile où nous les avons dépassés.

Cela n’empêche ni conférence, ni cercle d’étude mais cela empêche toute idée spirituelle, si éloquemment exprimée soit-elle, de toute discussion de cercle, d’être en dehors du rayonnement et de l’imprégnation de la vie d’exemples du Christ évangélique.

Le Tiers-Ordre fabrique des «copistes d’Évangile» en actes d’Évangiles, où il n’est rien.

Des faits : Une jeune Tertiaire vit tellement le livre du Christ qu’elle en imprègne jusqu’à les «Christifier» vingt filles perdues, un communiste acharné, une prostitué, un foyer communiste.

Des Tertiaires de tous milieux vibrent tellement à la souffrance d’un jeune foyer- frère, venant de subir un deuil de bébé, que des larmes d’affection sont versés après des mamans comme s’il s’agissait de leur propre enfant. Des réactions immédiates de secours, de visites fraternelles aux parents a affligés, par des gens très occupés mais pour qui l’Évangile est la Règle, provoquent chez le porteur de faire-parts le désir de découvrir la source d’une telle fraternité. Il entre immédiatement au Tiers-Ordre pour se remplir de cette eau vive dès qu’il en découvre le point de départ.

Une Tertiaire célibataire malade est soutenue non pas seulement par les sœurs de sa Fraternité qui la veillent jour et nuit pendant deux mois, mais par les frères de la fraternité voisine qui pendant tout ce temps aient tous les frais de docteurs et médicaments, par les jeunes (garçons) qui font le ravitaillement et les courses (l’un d’eux vient même sur un quart d’heure de loisir jouer du violon à la malade friande de musique), par les jeunes encore (filles), qui font le ménage matin , midi, et soir.

Une Fraternité fait une collecte pour une sinistrée dans toute une commune et redonne à la Chrétienne, sœur en Christ, (mais non Tertiaire) a qui on a volé tout son argent, la somme exacte qu’on lui avait subtilisées, seule ressource pour elle et ses trois enfants.

Une autre Fraternité redonne, par un dévouement fraternel propagé sur plusieurs communes, à un jeune frère dont un incendie a détruit la ferme où il soutient sa mère et ses petits frères et sœurs, tout le blé, la paille, le foin, les instrument de labour nécessaires pour repartir.

Des Fraternités, sans se connaître de vue, mais unies dans le Christ, s’entraident par des expéditions matérielles de denrées et produits différents qu’elles peuvent échanger. Envoient à des malades non connues d’elles, liées par l’esprit franciscain seulement, des aliments fortifiants, depuis plus d’un an, sans vouloir se faire connaître.

C’est là la formule, celle de l’Évangile, celle de François.

Dans certains courants de vie actuels n’y-a-il pas un souffle d’évangile ? Ne serait-ce que dans ces essais de «vie communautaire» claqués sur les premiers élans des disciples de l’Évangile, signalés dans les «Actes de Apôtres». Essais où la fraternité réelle se fait plus proche de la pensée et de la volonté du Christ. Essais qui font tant penser parfois à l’organisation d’une Fraternité de Tiers-Ordre.

L’Ordre de la Pénitence va-t-il fermer portes et fenêtres pour rester dans un air confiné et malodorant à tout ce qui s’ouvre à la Lumière, ou va-t-il comme il le doit, exciter, enfler ce souffler pour aérer le monde et chasser ses miasmes ?

Il n’y a pas à hésiter. Nous sommes d’Évangile autant et plu que d’autres.

Et aujourd’hui, sous peine de mourir, Tiers-Ordre doit le penser et l’aimer, pour le «Vivre».

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.



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