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Sommaire.
— Bse Angèle de Foligno.
— Sainte Catherine de Sienne.
— Vols aériens
— Sainte Colette:
— Saint Pierre d'Aleantara
— Saint Joseph de Copertino
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La Bienheureuse Angèle de Foligno.
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La Bienheureuse Angèle de Foligno est encore une de ces âmes privilégiées que le Très-Haut favorisa de grandes apparitions et de visions célestes. Tout ce qui va suivre a été écrit sous la dictée même de la Sainte, par le père Armand, de l'Ordre de Saint-François.
Dans une de ses premières visions, le Tout-puissant lui montra sa puissance. Le fruit de cette vision, dit la Sainte fut une intelligence qui, depuis, comprenait mieux toutes choses. Puis elle continue ainsi : "Après avoir vu quelque chose de ma puissance, ajouta ce bon Maître, il faut que tu voies mon humilité." Je regardai, et je le vis descendre si bas par amour pour les hommes, qu'il me semblait tombé au fond d'un abîme. Comparant ensuite à sa puissance que je venais de voir un si profond anéantissement, je demeurai toute interdite. Ensuite, voyant que je n'étais rien, et que j'étais cependant orgueilleuse, je commençai à me juger indigne de recevoir un Dieu si humble, et je ne voulais plus communier. Après m'avoir ainsi montré sa puissance et son humilité, il me dit : " Ma fille, il n'est aucune créature qui puisse voir ces choses au point où tu les as vues, à moins que Dieu n'élève son intelligence par une grâce divine très spéciale."
On disait alors une messe ; lorsque le prêtre en fut à l'élévation, Jésus me dit : " Ma puissance est actuellement sur cet autel ; mais elle est aussi dans ton âme. Quand tu me reçois à la sainte table, tu reçois celui que tu possèdes déjà.
Communie donc, ma fille, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; moi qui suis digne, je te fais digne." Sa conversation finit là; mais elle me laissa une consolation que je conserverai, je crois, pendant ma vie entière...
Un jour, dans mon oraison, je me permis de faire à Dieu quelques questions, non pour éclaircir des doutes, car je n'en avais pas, mais pour m'instruire davantage. Je lui dis donc : "Seigneur, pourquoi après avoir crée les hommes, avez-vous permis qu'ils devinssent pécheurs? Pourquoi avez-vous livré votre Fils aux tourments et à la mort.
Ma puisque vous pouviez par tant d'autres moyens nous justifier et nous rendre aussi vertueux que nous le sommes? je savais que je disais vrai en parlant ainsi, et j'étais comme forcée de m'occuper de ces choses, et de faire là-dessus des questions au Seigneur. Il me fut répondu que cet ordre de choses avait été choisi comme plus propre que tout autre à manifester la bonté divine et plus conforme à nos intérêts. Cette réponse ne me suffisait pas ; car je comprenais très bien et je savais certainement que Dieu aurait pu atteindre ce double but par une autre voie, si telle eût été sa sainte volonté. J'insistai donc pendant plusieurs jours pour obtenir des lumières plus satisfaisantes, et ce ne fut pas en vain. Mon âme fut,un jour ravie hors d'elle-même, et voici ce qui lui arriva dans ce ravissement : Dieu lui fit voir d'abord que ce qu'elle désirait connaître n'a ni commencement ni fin. Puis elle se trouva plongée dans une nuit tellement obscure, qu'elle ne pouvait ni monter ni descendre. Ensuite Dieu l'éleva plus haut et la fit jouir d'une lumière qui lui découvrit sa puissance, sa volonté, sa justice et sa bonté. Tant que les ténèbres durèrent, j'étais étendue sur le plancher de ma chambre. Lorsque cette brillante clarté vint dissiper les ombres, je me levai et me dressai moi-même sur la pointe des pieds et j'éprouvai une agilité de corps qui m'était inconnue, et une sorte de renouvellement tout-à-fait extraordianire. Or, on contemplant, à la faveur de cette lumière, les attributs divins, dont je viens de parler, j'y découvris non seulement ce que je désirais savoir, mais encore tout ce qui concerne les élus, les démons et leurs tristes victimes; mais ces secrets étant entièrement au-desus de la nature, il m'est bien impossible de les expliquer.
Depuis cette vision j'éprouve un tel contentement et une telle sécurité, que si je savais ma réprobation certaine, je ne pourrais ni m'en affliger, ni moins prier, ni moins travailler que j'ai coutume de le faire, tant j'ai bien compris sa justisce et la rectitude de ses jugements. En conséquence, je jouis d'une paix délicieuse et continuelle, et je me sens plus affermie dans le bien que je ne l'ai jamais été; mais je n'ai pas achevé de raconter ce qui m'arriva dans cette extase. Après avoir vu la puissance de Dieu, sa bonté, sa volonté, sa justice, et dans ses divins attributs ce que je viens d'indiquer, je fus élevée à une région supérieure où il me fui donné de contempler un spectacle tout différent du premier. Au lieu de cette puissance, de cette bonté, de cette volonté, de cette justice que j'avais vues comme prises à part je ne voyais! plus qu'une seule chose stable, mais si indicible, que je n'en puis rien dire, sinon que c'était tout bien; et mon coeur était inondé d'une joie inexprimable; cependant je ne voyais pas l'amour divin, je voyais seulement cette unique chose dont je viens de parler. Je ne sais si sans ce ravissement supérieur je fus élevée en corps ou seulement en esprit ; mais je me trouvai dans un état qui m'était tout-à-fait inconnu et tout-à-fait inexplicable. if m'est resté de tout cela une mortification des vices, et une assurance des vertus qui font que j'aime les biens et les maux, les bons et les mauvais services, sans que tout cela me fasse éprouver aucun déplaisir. Cette vision m'a donc laissée dans un grand repos *l'esprit. J'éprouve aussi depuis pour les jugements divins une vénération si profonde, qu'en disant soir et matin dans ma prière : Par votre jugement délivrez-moi, Seigneur; j'éprouve autant de confiance et de consolation que je disais: Par votre avènement, délivrez-moi, Seigneur je ne vois pas mieux la bonté divine dans un bienheureux que clans un réprouvé, dans la multitude des saints que dans celle des damnés. Cette vérité si profonde ne m'a été manifestée qu'une seule fois, et je n'en perds pas plus le souvenir que celui de la joie qu'elle m'a causée. Je crois que si, par impossible, toutes les vérités de la foi venaient à défaillir, cette certitude que j'ai de la justice des jugements de Dieu me demeurerait encore.
J'avoue que ces jugements sont un abîme incommensurable; mais je vois sortir de cet abîme la sanctification des élus ; car je ne saurais dire quel fruit retirent de la connaissance de ces jugements les âmes qui s'en souviennent et qui les méditent... Pour dire quelque chose de ce que Dieu fait maintenant dans mon âme, d'abord il se rend présent en elle; ensuite il y fait des opérations que je ne puis exprimer; enfin il se manifeste en se découvrant à ses regards avec une plus grande certitude et une clarté indescriptible, et en la comblant de dons supérieurs aux précédents. Quant à l'action de se rendre présent à mon âme, elle se fait en deux manières.
La première est ce que j'appellerai une présence intime qui me fait comprendre comment il est présent en toute la nature, c'est-à-dire dans tout ce qui a l'être... Or, Dieu se présente fort habituellement à mon âme de cette façon; et cette présentation est une illumination accompagnée de la divine grâce et d'une grande vérité dont voici les effets. Lorsque je suis ainsi illuminée, je ne puis commettre aucune faute, et cette illumination apporte à mon âme de très grands biens: car, sentant ainsi Dieu présent en elle, elle s'humilie profondément, elle rougit de ses péchés, prend un maintien grave par sagesse, reçoit enfin une grande consolation et une vive joie.
La seconde manière dont Dieu se rend présent à mon :âme est plus spéciale et fort différente de la première. Elle communique une toute autre joie; elle recueille en Dieu l'âme tout entière, elle y fait plusieurs opérations divines, accompagnées de grâces supérieures, et lui ouvre, un abîme inénarrable de lumières et de saintes délectations. Cette manière de se présenter à l'âme sans autre don est le bien que possèdent les Saints dans la vie éternelle. Quant aux dons qu'elle leur apporte, quelques saints en reçoivent plus, d'autres moins. Que dirai-je de ces dons inénarrables? Quoiqu'il me semble que je blasphème plutôt que je ne parle, je dirai cependant que ce sont ceux qui opèrent les dilatations de l'âme par lesquelles elle devient plus ou moins capable de jouir de Dieu ; je dirai encore qu'aussitôt que Dieu se présente à l'âme de cette manière, il se manifeste en se découvrant, il la dilate, il lui communique des dons et des douceurs qu'elle ne connaissait pas, avec une profondeur bien plus grande que dans la première présence. Elle sort alors de toutes ténèbres et acquiert une connaissance de Dieu qui dépasse ce que je croyais possible.
Or, cela se fait avec une telle clarté, une telle douceur, une si grande certitude, un si profond abîme, qu'il n'est pas de coeur qui puisse y atteindre. Aussi lorsque Dieu me retire cette présence, si mon âme continue de regarder, elle ne voit plus rien, elle ne comprend plus rien à ce qui s'est passé, elle ne peut pas même s'en faire la moindre idée. C'est pourquoi il est impossible de parler de cette merveille: car que dire sans pensée, sans paroles, sans intelligence? Or, rien de ce qui se dit et se comprend ne peut donner idée de Dieu vu ainsi... Supposons, maintenant, que l'on m'offrit toutes les consolations, toutes les joies, toutes les délices spirituelles que Dieu a jamais accordées ici-bas à ses amis ; supposons que tous les Saints qui ont jamais paru sur la terre eussent employé leur vie à expliquer dans des livres ce qu'ils savaient de Dieu, et que l'on me proposât de mettre tous ces livres à ma disposition; supposons enfin que l'on pût changer toutes les délices du monde en délices spirituelles et m'en faire jouir jusqu'à la mort sans interruption, s'il fallait pour me procurer tout cela sacrifier un clin d'oeil de la manifestation de Dieu qu'il daigne me faire parfois selon la seconde manière, assurément je n'y consentirais pas. Pourquoi? Parce que le bien inénarrable que je possède en ces heureux moments, surpasse infiniment toutes ces jouissances. Or, cette seconde présence ne dure pas seulement un clin d'oeil. J'en jouis quelquefois pendant un temps assez long, et elle opète fort efficacement . Quant à la première présence, je la possède presque continuellement, mais elle n'opère pas d'une manière aussi efficace.
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Sainte Catherine de Sienne. |
Dans la deuxième partie de la Vie de Sainte Catherine de Sienne par le bienheureux Raymond de Capoue, de l'ordre de Saint Dominique, son confesseur, l'auteur parle ainsi de notre Sainte..... ''Parmi ces faits (merveilleux de la vie de la Sainte) je ne veux pas surtout passer sous silence les admirables visions qu'elle recevait du ciel. Un jour, le Roi de rois et la Reine, Sa mère lui apparurent avec Sainte Marie-Madeleine, pour la consoler et la fortifier. Notre-Seigneur lui dit: "Que veux-tu, que choisis-tu, de toi ou de moi?" Catherine se mit à pleurer et lui répondit humblement, comme Saint Pierre :
Seigneur, vous savez ce que je veux, vous savez que je lai pas d'autre volonté que la vôtre et que votre coeur est mon coeur." Alors il lui vint à la pensée que Marie-Miadeleine s'était tout entière donnée au Sauveur quand de arrosait ses pieds de ses larmes; et comme elle ressentait la douceur et l'amour que cette sainte éprouvait dors, ses yeux restaient fixés sur elle. Notre-Seignenr, pour répondre à ses désirs, lui dit: "Ma fille bien-aimée, voici que, pour te soutenir, je te donne Marie-Madeleine pour mère, tu pourras t'adresser à elle en toute assurance, je la charge spécialement de toi." Catherine se confondit en actions de grâces et se recommanda avec ferveur à Marie-Madeleine; elle la suppliait humblement de bien veiller à son salut, puisque le Fils de Dieu l'avait confiée à ses soins. Depuis ce moment elle eut pour cette sainte, une tendre dévotion et l'appela toujours sa mère. Il y a, il nie semble, dans ces rapports avec Sainte Marie-Madeleine, une signification que nous devons remarquer. Cette sainte passa trente-trois ans sur un rocher, sans prendre aucune nourriture et dans une contemplation continuelle; Ces trente-trois ans représentaient la vie de Notre-Seigneur sur la terre; Catherine, depuis cette apparition, jusqu'à sa trente-troisième année, où elle mourut, fut tellement absorbée dans la contemplation divine, qu'elle n'avait besoin d'aucun aliment et qu'elle vivait des graces surabondaient dans son âme. Marie-Madeleine, sept fois par jour, était portée vers le Ciel par les anges, pour vair les secrets de Dieu ; Catherine était sans cesse ravie dans une contemplation céleste, pour y louer DIeu avec les anges, et son corps était souvent soulevé de terre, en présence d'une foule de témoins. Ainsi que nous le dirons bientôt, elle voyait dans ses extases, des choses admirables, et elle exprimait alors quelquefois des vérités sublimes.
Je la voyais un jour ravie, hors de ses sens, et je l'entendis parler tout bas; je m'approchai d'elle et je l'entendis parfaitement dire en latin: J'ai vue les secrets de Dieu: Vidi arcana Dei; elle n'ajoutait pas autres choses, mais elle répétait toujours : J'ai vu les secrets de Dieu. Longtemps après, lorsqu'elle revint à elle, elle ne disait encore que ces paroles: J'ai vue les secrets de Dieu, Je voulus savoir pourquoi : «Ma mère, lui dis-je, pourquoi, je vous en prie, répétez-vous toujours les mêmes paroles, et nous les expliquez-vous pas, en nous parlant comme à l'ordinaire ? » Il m'est impossible, répondit-elle de dire autre chose et de le dire autrement. Mais qu'elle en est la cause? Vous m'avez l'habitude de nous dire, sans que nous vous interrogions, ce que Dieu vous révélé. Pourquoi ne me répondez-vous pas même, lorsque je vous le demande ? _ Je me reprocherais, me dit-elle, de vouloir rendre ce que j'ai vue, par de vaines paroles; il me semble que je blasphèmerais Dieu et que je le déshonorais par mon langage, il ya tant de distance entre ce que mon esprit a contemplé, lorsqu'il était ravi en Dieu et tout ce que je pourrais vous dire, que je croirais mentie, en vous parlant. Ainsi, je dois renoncer à vous l'expliquer tout ce que je puis dire, c'est que j'ai vue des choses ineffables »
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Les douleurs de la Passion |
Sainte Catherine de Sienne, après les admirables visions qu'elle avait eues, ainsi que nous l'avons vu ailleurs, soupirait ardemment après le moment heureux où son âme, délivrée de la prison de son corps, irait jouir de son Dieu, dans les délices du Paradis, Notre-Seigneur modéra en elle cet ardent désir, en lui disant : » »Ma fille bien-aimée, quand j'étais parmi les hommes, ce n'était pas ma volonté, mais celle de mon père et j'accomplissais; mes disciples en ont rendu témoignage j'avais grand désir de manger avec eux la dernière Pâque, et cependant j'ai attendu avec patience le moment fixé par mon Père, ainsi donc, malgré l'ardent désir que tu as de t'unir entièrement à moi, il fau attendre mon heureux avec résignation. La sainte répondit: «Puisque vous n'y consentez pas, o mon adorable Maitre, que vous volonté soit faite, mais cependant, daignez exaucer, je vous en conjure, une simple prière quelque soit la durée que vous fixerez è mon existence, accordez-moi de participer à toutes les souffrances que vous avez endurées jusqu'à votre mort. Si je ne puis être à vous maintenant dans le Ciel, que je sois unie au moins à votre Passion sur la terre » Dieu agréa sa prière, et ce qu'elle avait demandé lui fut largement accordé, car elle commença, ainsi qu'elle me l'a avoué, à souffrir de plus en plus dans son âme et dans son corps.
La sainte donnait surtout des explications admirables et sublimes sur la Passion de Notre- Seigneur, et elle disait qu'elle avait ressenti dans son corps une partie de ses douleurs, mais qu'il était impossible les supporter complètement. La douleur la plus grande que Jésus-Christ avait soufferte sur la Croix avait été, pensait-elle, la dislocation des os de sa poitrine. Elle le croyait, parce que les autres tourments qu'elle souffrait, à l'imitation du Sauveur, étaient, passagers, celui-là seul était permanent; les douleurs de côté et de tète qu'elle endurait tous les jours étaient considérables, mais celles de la poitrine les surpassaient beaucoup, et, je le crois facilement, pour elle comme pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, à cause du voisinage du cœur. Les os qui sont disposés dans cette partie du corps, pour protéger le cœur et les poumons, ne peuvent être déplacés sans blesser gravement les organes précieux qu'ils renferment, et sans un miracle, ce déplacement doit nécessairement en traîner la mort. Catherine endura ce supplice pendant plusieurs jours; les forces de son corps s'affaiblirent, mais l'ardeur de son amour ne fit que s'accroitre. Elle éprouva d'une manière sensible combien le Sauveur l'avait aimée et avait aimé les hommes, en supportant une douloureuse Passion, et cette connaissance fit naître en elle une charité si violente qu'il fut impossible à son cœur d'y résister: il se brisa comme un vase plein d'une liqueur qui fermente; la liqueur, par sa puissance, par tout rompre et par s'échapper, dès que sa force sa' passe celle du vase qui la contenait. Oui, la violence de l'amour fut si grande, que le cœur de Catherine se fendit et que les liens qui l'attachaient à la vie furent surnaturellement brisés.
Celui qui lira ces pages doutera peut-être, mais qu'il sache que cette mort eut lieu, en présence de plusieurs témoins qui me l'ont affirmé. Je doutais aussi; je suis allé trouver Catherine pour l'examiner sur ce qu'elle avait éprouvé, et je l'ai suppliée de nie faire connaître complètement la vérité. Elle éclata alors en sanglots, et après 'n'avoir fait attendre quelque temps sa réponse, elle finit par me dire: "Mon Père, ne plaindrez-vous pas mon âme qui a été délivrée d'une obscure prison et qui est de nouveau plongée dans les ténèbres, après avoir joui d'une admirable lumière? Ce malheur m'est arrivé; la divine Providence l'a voulu, à cause de mes fautes." Ces paroles augmentèrent le désir que j'avais d'apprendre d'elle, les détails d'un fait si surprenant, et j'ajoutai: "Ma mère, Votre âme a donc été véritablement séparée de votre corps ? Oui me dit-elle, l'ardeur du divin amour était si grande, le désir que j'avais de m'unir à mon Bien-Aimé était si violent, que nul cœur, eût-il été de pierre ou de fer, n'aurait pu résister, aucune chose créé n'étant assez forte pour le défendre contre une pareille puissance. Oui, soyez-en certain, le cœur qui est dans ce faible corps a été brisé par la charité : il s'est partagé en deux, et il me semble ressentir encore en moi la place de sa séparation.
Par conséquent, mon âme a bien quitté mon corps, et j'ai vu les secrets de Dieu qu'il est impossible de dire sur terre, parce que la mémoire est trop faible et le langage trop pauvre pour rendre de si grandes choses. Ce serait toujours donner de la boue pour de l'or. Seulement, quand j'entends parler de cet état, je ressens aussitôt une peine profonde, en voyant, que j'ai pu descendre de ces hauteurs pour retomber dans les misères de ce monde, et je n'ai que des larmes et des sanglots pour exprimer ma douleur." Comme je désirais de plus en plus savoir parfaitement tout ce qui s'était passé, je dis encore: Ma mère, puisque vous voulez bien me confier vos autres secrets, je vous conjure de ne pas me cacher celui-ci et de me raconter complètement cet évènement extraordinaire. Je venais d'avoir, me dit-elle, beaucoup de visions spirituelles et corporelles; j'avais reçu de Notre-Seigneur d'ineffables consolations et la violence du pur amour m'avait tellement affaiblie que j'étais obligée de garder le lit. J'y priais sans cesse et je demandais à Dieu de me délivrer de ce corps de mort, pour pouvoir m'unir plus intimement à lui. Je n'obtins pas cette grâce, mais il me fut au moins accordé de m'unir, autant que je le pouvais aux douleurs de sa Passion." Et elle me dit sur les souffrances de Notre-Seigneur, ce que j'ai rapporté plus haut, puis elle ajouta: "Cette part qu'il voulut bien me donner à sa Passion, me fit connaître plus clairement et plus parfaitement l'amour de mon Créateur Pour moi; et le mien augmenta tellement, que je tombai en langueur et que mon âme n'eut plus d'autre désir que de quitte son corps? Que vous dirai-je ? Mon Sauveur activait tous les jours davantage le feu qu'il avait allumé; mon cœur de chair succomba et l'amour fut fort commune la mort. Oui, mon cœur se brisa, mon âme s'affranchit de ses liens; mais, hélas! Ce fut pour bien peu de temps. —Ma mère, lui dis-je, combien de temps votre âme est-elle restée séparée de votre corps ?" Elle me répondit: "Les personnes qui ont été témoins de ma mort, disent que je restai quatre heures avant de revenir à l'a vie. Un grand nombre de voisins vinrent apporter des consolations à ma mère et à ma famille, mais mon âme était entrée dans l'éternité et je ne pensais plus au temps." Je lui dis: "Qu'avez-vous vu, ma mère, pendant ce temps et pourquoi votre âme est-elle revenue dans son corps? Je vous prie de ne me rien cacher." Elle répondit: "Sachez, mon père, que mon âme s'est trouvée dans un monde qui nous est inconnu, et qu'elle a vu et compris la gloire des justes et le châtiment des pécheurs. Mais, encore une fois, la mémoire manque et les paroles sont insuffisantes pour l'exprimer. Je vous dirai cependant ce que je pourrai; soyez donc assuré que j'ai vu La divine Essence; et C'est pour cela que je souffre tant de rester enchaînée à mon corps. Si je n'étais pas retenue par l'amour de Dieu et Par l'amour du prochain pour lequel j'ai été rappelé à la vie, je mourrais de douleur. Ma grande consolation est de souffrir, parce que je vois, qu'en souffrant, j'obtiendrai une vue de Dieu plus parfaite. Aussi, les tribulations, loin d'être une peine pour mon âme, lui sont au contraire une jouissance. J'ai vu les tourments de l'enfer et les souffrances du purgatoire; aucune parole n'est capable de les rendre. Si les pauvres humains en avaient la moindre idée, ils aimeraient mieux souffrir mille fois la mort que d'en supporter la peine la plus légère pendant un seul jour. J'ai vu surtout punir ceux qui pèchent dans l'état du mariage, en n'observant pas les lois qu'il impose et en n'y recherchant que la satisfaction de leurs sens." Et comme, je lui demandais pourquoi ce péché, qui n'est pas plus grave que les autres, reçoit cependant un plun rude châtiment, elle me répondit: "Parce qu'on y fait moins d'attention, on en a par conséquent moins de contrition, et on y retombe plus souvent." Elle ajoutait: "Rien n'est plus dangereux qu'une faute quelque petite qu'elle soit, lorsque celui qui la commet n'a pas soin de s'en purifier par la pénitence."
La sainte poursuivit ensuite ce qu'elle avait commencé: "Pendant que mon âme contemplait ces choses, son céleste Epoux, qu'elle croyait posséder pour jamais, lui dit: Tu vois quelle gloire perdent et quels supplices souffrent ceux qui m'offensent. 'Retourne donc à la vie et montre-leur l'égarement où ils sont et le danger qul les menace. Et comme mon âme avait horreur de revenir à la vie, le Seigneur ajouta: Le salut de beaucoup d'âmes le demande; tu me vivras plus comme tu vivais autrefois; désormais il te faudra quitter ta cellule et parcourir Cori' tinuellement la ville, pour y sauver des âmes. Je serai toujours avec toi, je te conduirai et je te ramènerai, je te confierai l'honneur de mon nom, et tu enseigneras ma doctrine aux petits comme aux grands, aux laïcs comme aux prêtres et aux religieux. Je te donnerai une parole, et une sagesse auxquelles personne ne pourra résister, je te mettrai en présence des Pontifes et de ceux qui gouvernent l'Église et les peuples, afin de confondre, comme je le fais toujours, par ce moyen, l'orgueil des forts. Pendant que Dieu parlait ainsi à mon âme, je me trouvai tout-à-coup, sans pouvoir m'expliquer de quelle manière, réunie à mon corps. Alors j'en éprouvai une si vive douleur, que, pendant trois jours et trois nuits, je répandis des torrents de larmes; et quand j'y pense encore, je ne puis m'empêcher de pleurer; et ce n'est pas étonnant, mon père; ce qui l'est bien davantage, c'est que mon coeur ne se brise pas de nouveau, en me rappelant la beauté de cette gloire que je possédais alors et dont je suis, hélas! maintenant privée. C'est le saut du prochain qui en est cause; si j'aime avec tant d'ardeur les âmes que Dieu m'a confiées pour les convertir, c'est qu'elles m'ont coûté bien cher; elles m'ont séparée du Seigenur et privée de sa gloire, pour un temps dont j'ignore la durée. Mais aussi, cunime le dit Saint Paul , elles seront ma gloire, ma courrone et ma joie. Je vous dis ces choses, mon père, pour vous consoler du chagrin que vous causent ceux qui murmurent de ma confiance envers vous."
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RAVISSEMENTS EN CORPS ET EN AME
Sainte Colette de Corbie |
Lorsque notre Sainte s'appliquait à la prière intérieure, elle était bientôt tout absorbée clans l'amour de Dieu, et il lui arrivait de rester jusqu'à six, dix et douze heures, et même tout un jour et une nuit, dans un état de ravissement ; c'est pour cela qu'elle dorniait très-peu, quelquefois à peine une heure en huit jours. Dieu fit vair par plusieurs prodiges combien ses prières étaient ardentes : son visage paraissait tout rayonnant de célestes clartés. Plus d'une fois son corps fut élevé avec son âme dans ces divins ravissements.
Dans le couvent de Besançon, elle resta quinze jours en extase, et comme les frères et les soeurs craignaient qu'ele ne fut morte, ils prièrent le Père Henri de lui ordonner, au nom de la sainte obéissance, de revenir à elle. Il y consentit, et à l'instant Colette, docile à la voix de son confesseur, sortit de son ravissement, avec l'usage de ses sens et de ses forces, aussi libre que si rien de surnaturel ne se fût passé en elle. Ces extases lui arrivaient souvent dans ses voyages. Un jour qu'elle allait avec plusieurs religieuses au monastère d'Auxonne, son visage s'illumina tout à coup ; le Père Henri qui l'accompagnait aussi, se trouva dans le même état. On accourut en foule sur leur passage pour être témoin de ce spectacle ; mais eux-mêmes ne se doutaient point dq prodige qui s'opérait en leur Présence. A Dôle, leur ravissement cessa ; les frères vinrent en procession chercher la sainte abbesse et la conduisirent.à l'église où elle fut ravie de nouveau. Un jour, assiseà terre, au milieu de ses filles, elle les entretenait de l'extrême pauvreté que Notre-Seigneur avec sa sainte Mère et les Apôtres a bien voulu souffrir pour nous. Elle les exhortait à l'imiter. Pendant qu'elle parlait, les douze Apôtres, comme douze vieillards vénérables, vêtus de robes blanches, l'environnèrent et demeurèrent auprès d'elle jusqu'à ce qu'elle cessât de parler. Alors ils s'élevèrent dans les airs et la servante de Dieu avec eux jusqu'à ce qu'ils disparussent aux yeux des soeurs ravies. Souvent dans sa prière elle tombait en extase et était soulevée de terre, et quelquefois si haut, qu'elle disparaissait aux regards de ceux qui en étaient témoins.
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Saint Pierre d'Alcantara. |
— "Les oraisons de Saint Pierre d'Alcantara étaient accompagnées le plus souvent d'extases et de ravissements prodigieux. Son corps, miraculeusement affranchi des lois du monde terrestre, suivait l'âme dans son essor vers le ciel. On vit fréquemment le ;Serviteur de Dieu s'élever d'un vol rapide à la hauteur des voûtes de l'église, d'autres fois planer dans l'espace au-dessus de la cime des plus grands arbres. La nuit, lorsqu'il priait à la clarté des étoiles, les pâtres du voisinage l'apercevaient dans les airs, à genoux, à des hauteurs considérables. Dans ces transports aériens, son corps parut quelquefois transfiguré, lumineux, lucide comme un pur cristal, et participant en quelque sorte de la splendeur les Corps glorifiés.
"Se trouvant une fois dans le jardin du couvent de Pédroso, notre Saint contemplait de loin une grande croix qu'il avait fait planter sur le sommet de l'une des montagnes voisines ; au souvenir de la Passion dit Sauveur, il est ravi en extase, s'élève de terre, traverse l'esepace, arrive au sommet de la montagne, et s'arrête devant la croix, soutenu en l'air et les bras étendus. De ses yeux jaillissent des rayons qui illuminent le signe de la rédemption; de la croix partent aussi des rayons qui vont frapper le visage du Saint. En même temps on voyait apparaitre au-dessus de sa tête une nuée lumineuse qui se balançait dans l'espace et formait comme un pavillon. De cette nuée se détachaient des jets de lumière plus resplendissants que le soleil, qui illuminaient toute la montagne et une partie de la plaine. Jamais le beau ciel de l'Estramadure ne s'était illuminé de pareilles splendeurs. Les religieux accourus étaient présents à cette scène imposante, unique peut-être dans les fastes de l'Église; saisis d'admiration, de crainte et de respect, ils s'étaient prosternés: on eût dit les Apôtres sur le Thabor. Le Saint, une fois revenu à lui, parut éprouver une vive confusion; aussi il eut hâte de se dérober aux regards et de regagner à l'instant sa pauvre cellule !"
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Saint Joseph de Copertino |
— "La vie de ce Saint ne fut qu'une succession d'extases et de ravissements. Le Père Joseph vécut moins sur la terre que dans le ciel; il fut constamment uni à Dieu par la prière et la contempla Père, allant faire la visite de sa Province, avait pris letion. Le Père Jérôme Rodriguez, de la Compagnie de jésus. qui avait conféré aVecluià Assise, en parle ainsi clans sa déposition faite clans le procès de canonisation: '"Le Père Joseph, dit-il, vivait en étroite union avec Dieu. Son coeur était disposé à cette union comme la poudre est disposée à s'embraser au contact de l'étincelle."
"Le Père Antonio de San-Mauro, Provincial. des Conventuels de la Province de Saint-Nicolas de Bari à laquelle appartenait notre Saint, raconte le fait suivant : Ce Père joseph, comme compagnon, et cela, moins pour sa commodité personnelle que pour l'édification du prochain. "Sur la route, dit ce Père, le Serviteur de Dieu cheminait en état d'extase. Lorsque nous rencontrions une femme, voulant savoir s'il faisait oraison, je lui disais: Père Joseph quelle est cette femme? Il me réponait: C'est la Bienheureuse Vierge Marie, c'est Saint Catherine de Sienne, c'est, Sainte Claire, me désignant telle ou telle autre sainte, selon sa disposition intérieure dit moment. Si nous rencontrions un jeune homme ou un vieillard, je lui demandais quel était cet homme. Il me répondait : c'est Saint Jean . Si nous rencontrions un religieux, je lui posais la même question, et il me répondait: c'est saint Antoine, c'est Saint Didotee. Ainsi, tout dans la nature lui était une échelle pour s'élever aux choses surnaturelles. En réalité, durant ce voyage je ne prêchai que de parole; le Père joseph prêcha d'action."
"Notre saint ne cessait de recommander à ses frères la pratique de la sainte oraison: "Faites oraison, leur repétait-il sans cesse, faites oraison ; si les aridités d'esprit, si les distractions vous font obstacle, récitez attentivement le Pater; vous ferez ainsi tout ensemble et la prière vocale et l'oraison mentale."
"L'oraison rie Saint Joseph de Copertino fut continuelle et, dès sa plus tendre enfance elle fut accompagnée d'extases. Ces extases ne furent que le prélude de phénomènes d'un ordre supérieur, de ravissements prodigieux qui se manifestèrent après sa promotion au sacerdoce, et se reproduisirent très fréquemment jusqu'à sa mort.
"Le premier ravissement du Saint eut lieu le jour de la fête de Saint François, peu après qu'il eut été ordonné prêtre. On l'avait désigné pour porter la chape à la procession ; au milieu de la cérémonie, il entre en extase, pousse un cri, s'élève en Fair, traverse l'espace et va se poser à genoux sur la chaire. Le peuple fut profondément troublé d'un tel spectacle, mais au trouble succédèrent des sentiments de respect et d'admiration.
"Le Serviteur de Dieu votant faire planter trois croix, en l'honneur de la Passion du Sauveur, sur une petite colline située entre Copertino et son couvent de la Grottella. La principale croix était en bois de noyer et extrêmement pesante; lorsqu'on voulut la planter les ouvriers ne purent y réussir. Notre Saint jette alors son manteau, s'élève dans l'air comme un oiseau, saisit la croix des deux mains, et la transportant comme une paille légère il la place dans l'excavation préparée. Dans trois autres circonstances, comme il passait auprès de son calvaire, il entra en extase, poussa un cri, et d'un vol rapide il alla se poser sur la croix du milieu, où il resta immobile jusqu'à la fin de l'extase. Un jour qu'il se promenait dans le jardin du couvent avec un de ses amis, celui-ci lui dit : " Père Joseph, que Dieu a fait un beau ciel !" A ces mots, le Saint pousse un grand cri, s'élève en l'air, et d'un vol rapide va se poser à genoux sur la cime d'un olivier, dont la branche se balançait doucement comme sous le simple poids d'un oiseau ; il y resta en extase pendant environ
une demi-heure. Lors de son séjour chez les Capucins de Fossombrone, se promenant un soir dans le jardin, il y aperçut un petit agneau : c'était le dimanche du Bon Pasteur : le Saint témoigna le désir de le posséder : un jeune frère le lui mit entre les. mains.
Le Serviteur de Dieu l'examina attentivement, puis se souvenant de l'Evangile du jour, il prit par les pattes l'innocent petit animal, le mit transversalement sur ses épaules et se mit à courir ainsi à travers le jardin. Les religieux qui se trouvaient également clans le jardin à cette heure regardaient avec étonnement cette étrange conduite, lorsque tout à coup, ils voient le Père Joseph, enlevant de ses épaules le petit agneau, le lancer en l'air de toutes ses forces.. Ils poussent un cri ; mais, ô prodige! le petit agneau, au lieu de tomber lourdement à terre, comme on devait s'y attendre, monta au contraire tranquillement dans les airs, et le Saint, ravi en extase, suivit le petit agneau, et bientôt on les vit tous deux planant dans les airs, à la hauteur de la cime des plus grands arbres : ce phénomène extraordinaire dura plus de deux heures. Les actes du procès de canonisation nous parlent d'un Père Conventuel et d'un Père de l'Observance, qui furent comme associés à son extase, souleves, en l'air, et entrailles dans l'espace par le saint thaurnaturge ; ce qui est peut-être sans exemple dans la vie des autres saints.
"L'homme de Dieu éprouvait ces ravissements en quelque lieu qu'il se trouvât, plus fréquemment toutefois dans le lieu saint. Aux approches de la Nativité de Notre-Seigneur, le Père Joseph avait invité tous les bergers du voisinage à venir, la nuit de ia fête, dans l'église du couvent de la Grottella, pour y chanter des noëls en l'honneur du divin Enfant. Les bergers vinrent en grand nombre avec leurs fifres et leurs musettes, se placèrent dans la nef et se mirent à faire entendre leur musique champêtre. A peine notre Saint les a-t-il entendus qu'il pousse un grand cri, s'élève dans l'espace, et, du milieu de l'église, vole vers le maitre autel, où il embrasse le tabernacle, et reste là, à genoux, tin quart d'heure environ ; il faut remarquer que l'autel était alors environné de flambeaux allumés; or, notre Saint se posa parmi ces flambeaux, sans se brûler et sans renverser un seul chandelier.
"Au seul nom de Jésus et de Marie, le serviteur de Dieu tombait en extase et son corps s'élevait vers les cieux ; chaque fois qu'on récitait en sa présence les Litanies de la Très Sainte Vierge , il s'élevait en l'air, et allait embrasser l'image de la Mère de Dieu. Pour notre Saint, les lois de la gravitation semblaient suspendues, ou plutôt 'e centre qui l'attirait ce n'était point la terre, mais le ciel!
"Ces transports aériens, ces vols dans l'espace furent si habituels au Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix, survenus dans le seul territoire de Copertino. Il faudrait un volume pour raconter tous ceux qui eurent lieu durant tout le cours de sa vie. Ces phénomènes surnaturels devinrent si fréquents, est-il dit dans ces mêmes actes, que pendant plus de trente-cinq ans, les supérieurs durent exclure le Père Joseph des offices et cérémonies du choeur, des processions, du réfectoire, parce que ses extases et ses ravissements troublaient les exercices de la communauté. L'on peut affirmer que durant la moitié peut-être de sa vie, ses pieds n'ont point touché la terre?" |
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