CHAPITRE 3 B-suite |

Sommaire
— de Saint Paul:
— de Saint André:
— de Saint Ignace d'Antioche:
— de Saint Côme et Saint Damien:
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Martyre de Saint Paul Apôtre.
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Nous venons de voir combien Saint Pierre, le Prince les Apôtres aimait le Christ Jésus, son divin Maître, et avec quelle brûlante ardeur il soupirait après le moment :leureux où il pourrait le voir, le posséder et le bénir .iternellement dans les splendeurs de la gloire.
Maintenant pour parler de Saint Paul, l'Apôtre des gentils, de son amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, faudrait redire en entier toutes ses Epîtres.
" Ce séraphin incarné, dit le Père Saint-Jure, s'est 'rendu adlnirable en l'amour du Fils de Dieu, dont toutes es paroles de ses Epîtres et toutes les actions de sa vie, depuis qu'il se fut donné à lui, rendent à tout l'univers les témoignages irrécusables. Voici quelques étincelles le ce grand feu..."
" A Dieu ne plaise, dit-il aux Galates, que je lue glorifie en autre chose qu'en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je suis crucifié pour le monde. Au reste, que personne ne nie fasse de la peine, car je porte sur mon corps les stigmates du Seigneur Jésus. Ce que je regardais autrefois comme un gain, m'a paru depuis, en regardant le Christ, une véritable perte. Je dis plus : tout me semble perte maintenant, au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour l'amour duquel j'ai renoncé à toutes choses, les regardant comme du fumier, afin que gagne Jésus-Christ. Et continuant il ajoute: Pour nous, nous vivons déjà dans le ciel et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui réformera le corps de notre humilité en le conformant à son corps glorieux. Déjà il leur avait dit précédemment (aux habitants de Philippes) : Jésus-Christ est ma vie et la mort m'est un gain. Que si je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail; et ainsi je ne sais que choisir. Je me trouve pressé des deux côtés; car (d'une part) je désire d'être dégagé des liens du corps et d'être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ; et (de l'autre) il est plus utile pour votre bien que je demeure encore en cette vie... Toujours la charité du Christ le presse et c'est dans un de ces irrésistibles transports qu'il s'était écrié, en écrivant aux Romains: (Et) quidonc nous séparera de l'amour de Jésus-Christ?
Sera-ce l'affliction, ou les déplaisirs, ou la faim, ou la nudité, ou les périls, ou la persécution, ou le fer? selon qu'il est écrit: On nous fait mourir tous les jours pour l'amour de vous, Seigneur, on nous regarde comme des brebis destinées à être égorgées. Mais parmi tous ces maux, nous demeurons victorieux par celui qui nous a aimés. Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence, ni tout ce qu'il y a de plus haut, ou de plus péofond, ni aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ Notre-Seigneur."
Tel était l'Apôtre des Nations. Toujours il avait combattu les bons combats ; il avait gardé la foi : le temps de sa mort approchait ; il avait achevé sa source, et il ne lui restait plus qu'à attendre la couronne de justice qui lui était réservée, et que le Seigneur, comme un juste juge, lui rendrait au jour des récompenses éternelles.
Saint Paul se trouvant avec Saint Pierre à Rome, s'appliqua de concert avec lui, à instruire les Juifs dans les synagogues et à convertir les païens sur les places et les chrétiens qui avaient échappé à l'horrible persécution de Néon.
Le monstrueux empereur, déjà couvert dg sang des chrétiens, ne put voir sans colère, ni les succès de cette prédication, ni la vie sainte des néophytes, liclanination vivante de ses vices abjects et de son inhumaine cruauté; il ordonna à ses satellites de jeter en prison les deux Apôtres, Saint Pierre et Saint Paul.
Le martyre de ces deux Apôtres mit le comble à la persécution de Néron. Les captifs sortirent ensemble de la prison Mamertine; ils s'acheminèrent vers l'autel de leur immolation ; ils quittèrent la Ville par la porte d'Ostie, aujourd'hui de Saint-Paul. Dans un lieu, consacre par la tradition, ils se séparèrent en s'embrassant et en s'adressant des paroles de mutuelle félicitation. Rome, la ville aux souvenirs impérissables, ne pouvait pas oublier ce dernier embrassement des deux plus grandes victimes que Néron ait sacrifiées. Tant de pèlerins sont venus depuis ce jour visiter cet endroit mémorable, que la trace de leurs pas est restée ineffaçable. Une inscription, encadrée entre deux petites colonnes ornées d'un bas-relief, indique aujourd'hui ce lieu aux voyageurs qui parcourent la voie d'Ostie. Saint Paul suivit cette voie jusqu'à un lieu nommé les Eaux Salviennes. Là il fut frappé du glaive ; en qualité de citoyen romain il devait périr ainsi et non par la croix, supplice réservé par Rome aux personnes de condition vile à ses yeux. Le martyre de Saint Paul ariva le trois dés calendes de Juillet, le 29 juin de l'an 67. Plautilla, patricienne, femme très noble, qui avait été baptisée par Saint Pierre dans les eaux du Tibre, s'était rencontrée face à face avec Saint Paul, au moment où le grand Apôtre marchait au martyre, suivi d'une foule innombrable de peuple; celui-ci la voyant pleurer, lui demanda son voile afin de se bander les yeux selon la coutume au moment d'avoir la tete tranchée. Plantilla s'empressa de le lui donner libéralement.
Plus tard l'Apôtre lui apparut et le lui rendit. Quand le glaive de l'exécuteur eut séparé la tête de l'Apôtre de son corps, au lieu de sang, les veines laissèrent jaillir du lait. Saint Ambroise et Saint Jean Chrysostôme parlent de ce fait traditionnel avec leur éloquence ordinaire. A peine tranchée, la tête de Saint- Paul rebondit trois fois, et à chaque fois elle fit jaillir de terre une source d'eau vive. Ces sources ont donné leur nom au théâtre où le Docteur des Gentils reçut la plus belle des couronnes; on l'appelle les Trois-Fontaines.
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Martyre de l'Apôtre Saint André. |
Apôtre Saint André était à Patras, ville capitale de l'Achaïe, prêchant l'Évangile, avec grand fruit. Egée, proconsul de la province, plein de colère, fit d'inutiles forts pour arrêter le progrès de ses prédications et pour maintenir le culte des faux dieux. Après avoir fait subir au saint Apôtre de cruels tourments, il le condamna enfin au supplice de la croix : mais pour rendre son supplice plus long, il ordonna aux bourreaux de ne point l'attacher avec des clous, mais seulement avec des cordes, comme si en l'étendait sur le chevalet. Il se fit alors un concours de Peuple qui criait : "Qu'a fait ce juste et cet ami de Dieu pour être mis à mort? Il ne faut point souffrir qu'on excute sur lui un arrêt si injuste." Mais André qui ne sentait pas de joie en se voyant si près de souffrir pour divin Maître, éleva la voix de toutes ses forces, et conjura cette assemblée de chrétiens de ne point empêcher ni retarder son martyre. Dès qu'il aperçut de loin la croix sur laquelle il devait être attaché, il s'écria avec un merveilleux transport d'allégresse: " Je vous salue, Croix vénérable, qui avez été consacrée par l'attouchement du corps adorable de Jésus-Christ et ornée de ses membres précieux, comme d'autant de perles d'une valeur inestimable : avant que cet aimable Sauveur fût mort entre vos bras, on n'avait pour vous que de l'horreur ; mais maintenant vous avez tant de charmes, qu'on n'a plus que des empressements tout célestes à être étendu sur votre bois. Ceux qui ont la foi savent quelles douceurs vous renfermez dans votre sein et quelles récompenses sont *préparées à ceux qui meurent en vous embrassant. C'est donc avec confiance et avec plaisir que je viens à vous; aussi je vous prie de me recevoir agréablement comme le disciple de Celui qui a racheté le monde par vous. Je vous ai toujours aimée, et les plus ardents désirs de mon coeur ont été de vous embrasser. O charmante voix, qui avez acquis une beauté incomparable par les divins membres de mon Seigneur ! O Croix longtemps désirée! ô Croix aimée avec ardeur ! ô Croix que j'ai cherchée sans relâche, et qui êtes préparée pour satisfaire les plus tendres inclinations de mon âme, recevez-moi des mains des hommes et rendez-moi à mon Maître, afin que je passe de vos bras entre ceux de Celui qui m'a racheté étant lui- même attaché sur vous !"
Le nombre des assistants était d'environ vingt mille personnes, parmi lesquelles était Stratocle, frère d'Egée, qui disait hautement avec les autres que c'était une ljustice de traiter de la sorte un si saint homme. Il fut deux jours en cet état, pendant lesquels il ne cessa point d'exhorter les fidèles qui l'environnaient à demeurer fermes dans la foi et à mépriser un tourment passager, lorsque l'occasion s'en présenterait, pour mériter un bonheur éternel. Tout le peuple, extrêmement affligé de le voir souffrir si longtemps, alla trouver le proconsul dans son palais, et lui remontra que c'était une impiété de tourmenter de la sorte un homme saint, chaste, pieux et modeste et qui leur avait enseigné une doctrine très salutaire et qu'il fallait absolument qu'il le fit détacher de la croix. Egée, craignant une sédition, promit qu'il le ferait, et vint effectivement pour cela au lieu du supplice. Dès qu'André l'aperçut, il s'écria: " Que venez- vous faire ici, Egée? Si c'est pour croire en Jésus-Christ, à la bonne heure, je vous assure qu'il vous fera miséricorde; mais si c'est pour me faire descendre de la. croix, le vois déjà, je vous l'adore, que n'en viendrez pas à bout et que j'aurai la consolation d'y mourir pour mon adorable Maître. Je le vois déjà, je l'adore et sa présence me comble de joie. Je n'ai point d'autre regret que celui de votre damnation qui est inévitable, si vous ne vous convertissez, maintenant que vous le pouvez ; car peut-être ne le pourrez-vous pas lorsque vous le voudrez (I)." Egée, nonobstant cela, ne laissa pas de commander aux bourreaux de le détacher; mais il leur fut impossible de le faire; car, lorsqu'ils s'approchèrent de la croix, les forces leur manquaient et leurs bras devenaient comme paralysés totalement.
Alors le Saint fit cette prière à haute voix : " permettez pas, mon Seigneur, que votre serviteur qui est attaché à cette croix pour la confession de votre nom en soit délié; ne souffrez pas que je reçoive cette humiliation de la part d'Égée qui n'est qu'un homme corruptible; mais recevez-moi, s'il vous plaît, entre vos mains, tout plein de connaissance de vos grandeurs que ce supplice m'a donnée. Vous êtes mon cher Maître, que j'ai connu, que j'ai aimé et que je désire uniquement contempler. C'est en vous que je suis ce que je suis, et il est temps que je me réunisse à vous, comme au centre de tous mes désirs et à l'objet de toutes mes affections."
Comme il achevait ces paroles, il fut, à la vue de tout le monde, environné d'une lumière dont on ne pouvait soutenir l'éclat, et, une demi-heure après, cette lumière se dissipant peu à peu, l'âme du saint Apôtre s'envola dans le ciel pour y jouir de son divin Maître durant toute l'éternité!
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Martyre de Saint Ignace, patriarche d'Antioche. |
La huitième année de son règne, Trajan, vainqueur des Daces et de quelques autres peuples du Nord, passa en Orientè portant la guerre chez les Parthes. Il fit une pompeuse entrée dans Antioche, accompagné des dignitaires et des grands corps de l'État.
Antioche, autrefois magnifique séjour des rois Séleucides, qui l'avaient fondée, fut, sous la domination, des Romains, souvent visitée par les empereurs. "Elle était, après Rome et Alexandrie, la ville la plus populaire de l'Empire, et, à raison de sa situation et de ses relations commerciales, regardée comme la capitale de l'Orient. Dans un autre ordre d'idées, elle n'avait pas une moindre importance. Dès les premières prédications de l'Évangile, elle avait donné un éclatant exemple à toute la gentilité, en embrassant la foi avec empressement ; et, depuis, elle s'y était de plus en plus attachée. C'était dans Antioche que le Prince des Apôtres avait d'abord fixé son siège. D'Antioche, le nom chrétien s'était répandu dans tout l'univers. Son Église, la plus nombreuse de toutes, était, à l'arrivée de Trajan, gouvernée depuis quarante ans par Ignace, surnommé Théophore (Porte-Christ), l'évêque le plus vénéré de l'Asie.
Trajan, pendant son séjour à Antioche, voulut remettre en honneur le culte des faux dieux. Il leur offrit des sacrifices solennels pour les remercier de ses succès passés, et les rendre favorables à sa nouvelle expédition. Saint Ignace avait prévu le danger dont le menaçait la présence de l'empereur; mais il n'avait voulu ni fuir ni se cacher, espérant que par son sacrifice, il sauverait son troupeau. Il ne s'était pas trompé. Signalé à l'empereur, celui-ci le fit comparaître dans une audience solennelle en présence du Sénat; et, d'un ton qui s'accordait mal avec sa réputation de douceur et de bien. veillance, il lui fit subir un interrogatoire, long, ironique, insensé, inutile et qui se termina par cette sentence. " Nous ordonnons qu'Ignace, qui se glorifie de porter en lui le Crucifié, soit mis aux fers et conduit sous bonne garde à la grànde Rome pour Y être exposé aux bêtes et servir de spectacle au peuple."
Après cela, l'empereur courut aux conquêtes ; Ignace, au martyre ! Au départ du bienheureux Prélat, il n'y eut point de. fidèle qui ne versât des larmes ; lui seul avait le coeur plein d'allégresse; ses ouailles pleuraient la perte d'un si aimable pasteur ; et lui, avec un maintien grave et constant, les exhortait à mettre toute leur espérance en la protection du souverain Pasteur, qui n'abandonne jamais son troupeau. Il se mit lui-même les fers aux pieds et se livra, plein de joie, aux soldats qui le devaient emmener. C'étaient des hommes cruels et si avares que pour tirer de l'argent des chrétiens, ils le maltraitaient exprès, abusant ainsi de la libéralité des fidèles qui épuisaient tous leurs moyens afin de racheter le saint prélat de leur odieuse vexation. Il alla par terre jusqu'à Séleucie, et de là, par mer à Smyrne; cette ville avait pur évêque Polycarpe, qui avait été autrefois son ami et son condisciple à l'école de Saint Jean, leur maître ; aussi reçut-il de sa charité toutes les assistances et la consolation qu'il pouvait espérer d'un parfait ami en Jésus-Christ. Il y fut aussi visité par tout le peuple de Smyrne, qui eut une extrême satisfaction d'entendre les discours qu'il fit pour porter les chrétien à persévérer dans leur fidélité.
Les habitants de la ville de Smyrne ne furent pas les seuls qui rendirent ce devoir au saint Martyr ; toutes les Églises d'Asie envoyèrent leurs évêques et leur clergé pour le voir, comme leur père spirituel et le directeur général de leurs consciences. On ne pouvait voir un si saint homme persécuté sans verser des larmes ; mais lui, bien loin d'en être touché, lorsqu'il prit congé des fidèles qui fondaient en pleurs, les pria d'obtenir de Dieu la grâce de n'être point épargné des lions, mais d'en être déchiré avec toute la cruauté possible.
Mais ce que ce grand homme, tout transformé en. Jésus-Christ, appréhendait surtout, c'étaient les prières et le trop grand amour des Romains pour lui. Ayant donc trouvé à Smyrne des chrétiens qui allaient directement à Rome , il leur donna pour ceux de la capitale une lettre qui n'a pour ainsi dire d'autre but que de les conjurer ne pas retarder par leurs prières l'exécution de son martyre. Voici cette admirable lettre :
" Dieu s'est rendu à mes prières ; j'ai enfin obtenu de sa bonté de pouvoir jouir de votre présence. Chargé de chaînes pour l'amour de Jésus-Christ, j'espère, dans peu, être auprès de vous si, après avoir si heureusement commencé, je suis jugé digne de persévérer jusqu'à la, fin, je ne doute pas que je n'entre bientôt en possession de l'héritage qui m'est échu par la mort de Jésus-Christ. Mars je crains votre charité; je crains que vous n'ayez pour moi une affection trop humaine. Vous pourriez peut-être m'empêcher de mourir; mais, en vous opposant à ma mort, vous vous opposeriez à mon bonheur. Si vous avez pour moi une charité sincère, vous me laisserez aller jouir de mon Dieu. Je ne puis, pour vous être agréable, consentir à éviter le supplice qui m'est préparé. C'est à Dieu seul que je veux plaire. Vous-mêmes vous m'en donnez l'exemple. Je n'aurai jamais une occasion plus heureuse de me réunir à lui, et vous ne sauriez en avoir une plus belle d'exercer une bonne oeuvre. Vous n'avez qu'à demeurer en repos. Si vous ne m'arrachez pas des mains des boùrreaux, j'irai rejoindre mon Dieu. Mais si vous écoutez une fausse compassion, vous me renvoyez au travail et vous me faites rentrer dans la carrière. Souffrez que je sois immolé tandis que l'autel est dressé. Rendez grâces à Dieu de ce qu'il a permis qu'un évêque de Syrie fût transporté. des lieux où le soleil se lève pour perdre la vie en une terre où cet astre perd sa lumière. Que dis-je? je vais renaître à mon Dieu. Obtenez-moi par vos prières le courage qui m'est nécessaire pour résister aux attaques du dedans, et pour repousser celles du dehors. C'est peu de paraître chrétien si on ne l'est en effet. Ce qui fait le chrétien, ce ne sont pas de belles paroles ni de spécieuses apparences; c'est la grandeur d'âme, c'est la solidité de la vertu.
"J'écris aux Eglises que je vais à la mort avec joie.
" Laissez-moi servir de pâture aux lions. Je suis le froment de Dieu. Il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Depuis que j'ai quitté la Syrie n'ai-je pas à-combattre contre les bêtes farouches. La terre et la mer sont témoins de leur fureur et de nia patience. Ce sont dix léopards sous la figure de dix soldats, auprès desquels je suis enchaîné et qui sont d'autant plus cruels que ma douceur fait plus pour les apprivoiser. Leurs mauvais traitements m'instruisent, niais ne suffisent pas pour me justifier.
" En arrivant à Rome , j'espère trouver les bêtes prêtes à nie dévorer. Puissent-elles ne point me faire languir ! J'emploierai d'abord les caresses pour les engager à ne me point épargner; si ce moyen ne réussit pas, je les irriterai contre moi et je les forcerai à m'ôter la vie. Pardonnez-moi ces sentiments; je sais ce qui m'est avantageux. Je commence à être un vrai disciple de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Due le feu me réduise en cendres, que j'expire sur une croix d'une mort lente; que, sous la dent des tigres furieux et des lions affamés, mes os soient brisés, mes membres meurtris, tout mon corps broyé; tous les dénions se réuniraient-ils pour épuiser sur moi leur rage, je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ. La possession de tous les royaumes saurait-elle me rendre heureux? .Te m'est-il pas infiniment plus glorieux de mourir pour mon Dieu que de régner sur toute la terre? Mon coeur soupire après Celui qui est mort pour moi; mon coeur soupire après Celui qui est ressuscité pour moi. Laissez- moi imiter les souffrances de mon Dieu-. Ne serait-ce pas ›e'empêcher de vivre que de m'empêcher de mourir?
" Si, arrivé près de vous, j'avais la faiblesse de vous faire paraître d'autres sentiments, ne me croyez pas. N'ajoutez foi qu'à ce que je vous écris maintenant; car c'est dans une entière liberté d'esprit que parle aujourd'hui mon coeur. Et quel langage pourrais-je tenir à la vue de mon amour crucifié? J'entends au fond de mon coeur une voix qui me crie sans cesse: Ignace, que fais-tu ici-bas? Va, cours, vole dans le sein de ton Dieu. Les viandes les plus exquises, ni les vins les plus délicieux n'ont plus de saveur pour moi. Le pain que je veux est le Corps sacré de Jésus-Christ et le vin que je désire est son Sang précieux, ce vin céleste qui :excite dans l'âme le feu vif et immortel d'une charité incorruptible. Je ne tiens plus à la terre et je ne me regarde plus comme vivant parmi les hommes. Priez, demandez, obtenez pour moi la paix, qui ne se donne qu'au bout de la carrière. Si je souffre pour Jésus-Christ, ma mémoire vous sera chètie; mais si je me rends Àndigne de souffrir, quoi de plus odieux pour vous que mon nom?
"Souvenez-vous dans vos prières de l'Église de Syrie qui, dépourvue de pasteur, tourne ses yeux et ses espérances vers Celui qui est le souverain Pasteur de toutes les Eglises. Que Jésus-Christ daigne en prendre la conduite pendant mon absence ; je la confie à sa Providence et à votre charité.
Je vous salue en esprit ; toutes les Eglises qui m'ont reçu au nom de Jésus-Christ vous saluent aussi. Je n'ai pas été pour elles un étranger. J'en ai pour prfeuve la, charité toute chrétienne avec laquelle elles m'ont fait accompagner dans les villes, qui ma route.
Des Éphésiens de considération et de mérite vous remettront cette lettre. A l'égard de ceux qui sont partis de Syrie pour Rome , vous m'obligerez de leur faire savoir que je suis proche. Ce sont des personnes dignes de la protection de Dieu et de vos soins. Vous leur rendrez tous les bons offices que mérite leur vertu."
Le Saint avait compté débarquer à Pouzzoles, et arriver ainsi au terme de son voyage sur les traces mêmes du Docteur des Nations; mais un vent contraire poussa le vaisseau jusqu'au port d'Ortie. Les fidèles de Rome accoururent en foule à sa rencontre. Ils l'accueillirent avec des transports de joie, auxquels succéda bientôt la triste pensée qu'ils rie le possédaient que pour le perdre. Déjà ils formaient le projet de gagner le peuple, afin, qu'il demandât comme c'était déjà arrivé quelquefois, grâce pour la vieillesse de la victime. Mais le Saint, connaissant leurs pensées, les conjura avec tant d'instances de ne pas différer l'heure de sa délivrance, qu'ils s'associèrent à ses sentiments; et, tous étant tombés à genoux, il pria au milieu d'eux pour la fin de la persécution, la paix de l'Église et l'union entre tous ses enfants.
Les soldats qui le conduisaient le livrèrent au préfet de la ville, avec la copie de son arrêt. Celui-ci attendit un jour de fête solennelle pour le produire en public, suivant la volonté de l'empereur. Le Martyrologe romain dit, qu'avait d'être exposé dans l'amphithéâtre, il ,fut tourmenté très-inhumainement et de diverses manières, en présence du Sénat tout entier. Il fut donc mené au lieu du supplice, ayant le visage rayonnant de joie et le coeur plein de consolations de ce qu'il allait endurer pour Jésus- Christ, et voyant que tous les assistants avaient les yeux sur lui, il leur tint ce discours : " Ne pensez pas, ô Romains qui assistez à ce spectacle, que je sois condamné pour avoir commis quelque crime; non, c'est parce que je veux aller à Dieu dont l'amour m'embrase." Disant cela, il entendit rugir les lions qui venaient déjà vers lui; et alors, avec un transport causé par le zèle de sa foi, il dit hautement : " Je suis le froment de Jésus-Christ, je serai moulu par les dents des bêtes et réduit en farine pour être un pain agréable à mon Seigneur Jésus-Christ." A peine achevait-il ces dernières paroles, qu'il fut jeté à terre par les lions qui le broyèrent sous leurs dents, Comme il en avait prié son souverain Maître !
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Martyre de Saint Côme et Saint Damien. |
Nous donnons tout au long le récit qui va suivre et Gjui est emprunté aux Actes des, Saints, dans les Grands Bollandistes, parce que c'est un de ceux qui caractérisent le mieux toutes les persécutions sanglantes des trois premiers siècles de l'Église. C'est toujours, d'un côté,. l'aveuglement obstiné des tyrans contre les chrétiens ; et,. de l'autre, la douceur et la constance invincible de leurs victimes
. "Saint Côme et Saint Damien naquirent dans ie vers la fin du troisième siècle, de parents nobles et vertueux. Leur mère, demeurée veuve, se vit chargée de cinq enfants, savoir : Anthime, Léonce, Euprèpe et nos deux Saints ; elle prit un grand soin à les élever dans la crainte de Dieu et dans l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et, comme ils suivirent les bons exemples et les pieuses instructions d'une si sainte mère, ils firent de merveilleux progrès dans la vertu. Ils s'appliquèrent en même temps à l'étude des lettres. Saint Côme et Saint Damien, en particulier, se rendirent très-habiles dans la connaissance de la nature et de la médecine, qu'ils étudièrent en Syrie; de sorte que, leur science étant accompagnée du don des miracles, ils faisaient des cures admirables. Ils rendaient la vue aux aveugles le marcher aux boiteux, l'ouïe aux sourds, l'usage des membres aux Paralytiques, la liberté de l'âme et du corps aux possédés en chassant les démons, et généralement la joie, la force et la santé aux affligés, aux languissants et aux malades; et comme ils .exerçaient leur art purement par charité et pour l'amour de Dieu, sans recevoir aucun salaire, les Grecs leur donnèrent le surnom d'anargyres, c'est-à-dire sans argent.
Sous l'empire de Dioclétien et de Maximilien, Lysias étant assis sur son tribunal dans la ville d'Eges (Cilicie), quelques-uns de ses officiers lui dirent : " Il y a ici certains chrétiens fort habiles dans l'art médical. Ils parcourent les villes et les bourgades, guérissant divers malades et délivrant ceux qui sont possédés des esprits immondes, au nom de celui qu'on appelle Christ ; ils font ainsi beaucoup de choses merveilleuses; mais ils ne permettent pas que les hommes aillent au temple honorer les dieux ,par des sacrifices." Le président, à cette nouvelle, envoya des satellites pour se saisir de leurs personnes et les 'amener à son tribunal. Lorsqu'ils furent devant lui, il leur dit : " Vous parcourez les villes et les bourgs, pour persuader aux habitants de ne point sacrifier aux dieux? Dites-moi donc d'où vous êtes, et quelle est votre fortune et votre 'nom." Le bienheureux Côme répondit : " Si tu veux savoir cela, président, nous te le dirons hardiment: Nous sommes Arabes ; nous n'avons point de fortune, car les chrétiens ne la connaissent pas ; ils ne la nomment Même pas. Voici maintenant nos noms : moi je me nomme Côme ; mon frère s'appelle Damien. Il y en a encore trois autres : si tu le désires, nous te dirons aussi leurs noms." Le président : " Eh bien ! dis-moi leurs noms." Le bienheureux Côme : " Anthime, Léonce, Euprèpe." Le président dit à ses. officiers : " Qu'on les amène devant le tribunal." Les soldats allèrent aussitôt les chercher et les amenèrent au président. Celui-ci les regardant, leur dit : " Ecoutez mes ordres : vous avez a choisir ce qui vous est avantageux, n'allez pas désobéir.
Si .vous vous rendez à mes conseils, vous recevrez de la part des empereurs de grands et magnifiques honneurs ; si au contraire, vous n'acquiescez pas à mon invitation, je vous tourmenterai par diverses sortes de supplices ; et après que vous aurez beaucoup souffert, vous renierez votre Christ." Les saints martyrs lui dirent tout d'une voix: " Fais ce que tu voudras ; car nous avons le Christ qui nous aidera. Nous ne sacrifions plus aux idoles ; elles sont sans yeux et sans aucun sentiment." Le président ordonna de les étendre par terre et de les frapper avec des nerfs de boeuf. Les saints martyrs, au milieu de ce supplice, disaient : " Seigneur, vous êtes notre refuge de génération en génération. Avant la formation des montagnes, avant la création de la terre et de l'univers, vous existiez de siècle en siècle. Ne vous détournez pas de nous, dans notre bassesse; car vous avez dit: Convertissez-vous, enfants des hommes. Tournez- vous vers nous, Seigneur, et écoutez la prière de vos serviteurs." Priant de la sorte, les coups ne leur firent aucun mal ; et ils dirent au président : " Fais-nous subir des tourments encore plus cruels, afin que tu connaisses la force de la vertu de Dieu qui est en nous : car les supplices que tu nous a infligés ne nous ont pas atteints : tu vois que nos corps sans aussi sains qu'au paravant." Le président leur dit : " J'espérais que vous vous rendriez: est pourquoi je n'ai pas voulu vous faire endurer des tourrnents trop rigoureux. Maintenant je vois que vous persistez dans votre impiété, et que vous ne voulez pas sacrifier aux dieux ; je vais donc vous faire lier avec des chaînes et jeter dans la mer." Les saints martyrs répondirent: "Pais ce que tu voudras, Président; en cela meule tu connaîtras la puissance de notre Dieu." Les soldats les enchaînèrent tous et les conduisirent vers le rivage, Les martyrs s'y rendirent en chantant joyeusement des psaumes, et ils disaient : " Nous nous délectons, Seigneur> dans la voie de vos commandements, comme au milieu d'immenses richesses ; et lors même que nous marcherions, dans les ombres de la mort, nous ne craindrions point les maux, parce que vous êtes avec nous, Seigneur. Vous avez préparé devant nous une table contre ceux qui nous affligent. Vous avez répandu l'huile sur notre tête, et votre calice enivrant, qu'il est délicieux ! Votre miséricorde nous accompagna tous les jours de notre vie. 0 Dieu, vous nous avez conduits au port de notre volonté." En priant ainsi, les martyrs arrivèrent au rivage, et les soldats les jetèrent aussitôt à la mer. Mais, au même moment, l'ange du Seigneur s'approcha d'eux, rompit leurs liens et les tira des ondes sains et saufs.
Les tortionnaires, témoins du fait, allèrent en toute hâte annoncer au président ce qui était arrivé. Lysias ordonna d'amener les martyrs devant lui et leur dit: " Vos maléfices surpassent tous ceux des magiciens: enseignez-moi donc aussi cet art." Le bienheureux Cet lui dit : " Nous ne sommes point magiciens, mais chrétiens, et c'est au nom de notre Dieu que nous détruisons la puissance de vos divinités. Et toi-même, si tu deviens chrétien, tu verras que toutes ces choses s'opèrent par lui, et tu connaîtras la vertu du Christ." président ajouta: Au nom de mon Dieu Adrien, je vous suis où vous serez." Il parlait encore, que deux malins esprits se précipitèrent sur lui, et pendant une heure ne cessèrent de le frapper à la mâchoire. Alors il s'écria: " Je vous en conjure, serviteurs de Dieu, priez pour moi, afin que je sois délivré de ce châtiment." Les Saints s'étant mis en prière, les démons se retirèrent incontinent. Le président dit alors aux martyrs : "Vous voyez comment les dieux m'ont puni pour avoir voulu les abandonner, et à quel supplice ils m'ont livré." Les Saints repartirent : " Insensé ! comment ne reconnais-tu pas que c'est une miséricorde que Dieu t'a faite? mais tu aimes mieux croire que tu dois ta guérison à d'aveugles et sourdes idoles, que tu appelles des dieux. Reconnais donc plutôt le Seigneur Jésus-Christ, lui qui t'a rendu la santé, et ne mets point ta confiance en ces dieux que tu adores." Le président, irrité de la fermeté des confesseurs, leur à vos Jejureparles dieux que je ne me rendrais point persuasions mais, au contraire, je vous ferai souffrir divers supplices, et je vous livrerai aux bêtes, afin de vous apprendre à obéir aux ordres des empereurs." Et il ordonna de les garder en prison, jusqu'à ce qu'il eût décidé de leur sort. Comme on les y conduisait, ils chantaient ainsi : " Chantons au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des choses merveilleuses. Vous nous avez délivrés, Seigneur, de ceux qui nous affligent, et vous avez confondu ceux qui vous haïssent. Vous vous souvenez de votre miséricorde envers ;Jacob et de la vérité de vos promesses à la maison d'Israël. Tous les confins de la terre ont vu le salut:de notre Dieu." passèrent ainsi toute la nuit dans les hymnes et la prière.
Le jour suivant, Lysias étant monté à son tribunal, se fit amener les saints martyrs. Comme on les conduisait, ils disaient : " Donnez-nous, Seigneur, votre secours dans la tribulation;; car vain est le salut qui vient de l'homme. Pour nous, c'est en Dieu que nous ferons preuve de valeur, et lui-même réduira au néant ceux qui nous tourmentent." Lorsqu'ils furent arrivés devant le président, il leur dit : " Etes-vous décidés à sacrifier, ou persistez-vous dans votre folie ? " Les martyrs répondirent : " Nous sommes chrétiens, et nous ne renions pas notre Dieu. Fais maintenant ce que tu voudras ; nous ne sacrifions pas aux idoles." Le président voyant leur admirable contenance donna l'ordre d'apporter du bois: sec, d'en allumer un grand feu et de les y jeter. Les. serviteurs s'empressèrent d'exécuter les ordres de leur maître. Les saints martyrs se tenaient debout au milieu des flammes et disaient : " Nous levons les yeux vers vous, Seigneur, qui habitez dans les cieux. De mêine que les yeux des serviteurs sont attachés sur les mains de leurs maîtres, ceux de la servante sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur notre Dieu,jusqu'à ce qu'il ait pitié de nous. Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pité de nous, parce que nous somes accablés de mépris.
Envoyez-vous du secours, Seigneur, et délivrez-nous de ceux qui s'insurgent contre nous, de peur que ceux qui ne vous connaissent pas ne dissent : Où est leur Dieu? Comme ils priaient ainsi, il survint un grand tremblement de terre, et la flamme, s'élançant du bûcher, brûla une foule de païens qui étaient présents. Les martyrs en sortirent, intacts, au point que pas un de leurs cheveux ne fut atteint par le feu; et ils se. présentèrent ainsi devant les spectateurs.
Le président, stupéfait des merveilles qu'il voyait, se contint pendant une heure ; puis, faisant appeler les martyrs, il leur dit : " J'en jure par les dieux, je suis fort inquiet pour vous ; car évidemment c'est votre art magique qui a éteint des flammes si ardentes." Les saints martyrs lui dirent : Jusques à quand, impie, refuseras-tu de reconnaître la miséricorde dont Dieu use à notre égard ? Tu veux nous obliger de sacrifier à tes pierres privées de sentiment ! Sache donc que nous n'abandonnons point notre Dieu et que nous ne sacrifions pas à d'immondes idoles." Le président courroucé donna ordre de les élever sur le chevalet et, de les frapper sans relâche. Mais l'ange du Seigneur, qui se tenait près d'eux, faisait disparaitre la douleur. Le président, voyant que les tortionnaires, allaient succômber de lassitude, commanda de détacher: les martyrs et de les lui amener. Ils vinrent aussitôt et: se présentèrent à lui pleins de la grâce de Dieu et le visage rayonnant de joie. Le président leur dit : " J'en atteste les dieux, je ne me laisserai point vaincre par vos maléfices, mais je vous infligerai encore divers genres de supplices, et je finirai par livrer vos corps aux oiseaux de proie." Les martyrs répondirent : "Comme nous avons au ciel un roi éternel, Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous ne redoutons point tes tourments. Fais tout ce que tu voudras, ainsi que nous te l'avons déjà dit."
Alors le président Lysias rendit une sentence par laquelle il- condamnait Côme et Damien à être crucifiés, puis lapidés par le peuple. Quant aux bienheureux Anthime, Léonce et Euprèpe, après les avoir fait flageller, il les fit reconduire en prison. Les tortionnaires ayant donc crucifié Côme et Damien, le peuple se mit à les lapider; mais les pierres retombaient sur ceux qui les jetaient. Le président, voyant ses satellites tout couverts de contusions, en fut outré de fureur, et ordonna à quatre soldats de percer de flèches ls saints martyrs. Il fit en même temps tirer de prison les saints Anthime, Léonce et Euprèpe, et leur ordonna de se tenir debout près de la croix. Mais les flèches, comme les pierres , revenaient sur ceux qui les lançaient. Le président, s'apercevant enfin que tous ses efforts contre les martyrs n'obtenaient aucun résultat, commanda qu'on leur tranchât la tête. Les bourreaux se saisirent aussitôt des saints martyrs et les conduisirent au lieu du supplice. En s'y rendant, ces bienheureux louaint Dieu, en disant : "Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre nom, ô Très-Haut, vérité pendant la nuit; car vous avez signalé magniquement votre miséricorde sur nous. L'homme insensé connaît point ces choses, et le fou ne les comprend pas.
Lorsque les pécheurs seront brûlés comme l'herbe, tous opèrent l'iniquité seront aussi dispersés. Ils ont humilié votre peuple, ils ont affligé votre héritage: ils périront dans les siècles des siècles. Pour vous, Seigneur, vous êtes éternellement le Très-Haut." Après ce cantique, les bienheureux martyrs levèrent leurs mains vers le ciel, et ayant prié intérieurement, ils dirent : Amen. Les bourreaux s'approchèrent alors et leur tranchèrent la tête. Et c'est ainsi que, dans la tranquillité et la paix, ils rendirent leurs âmes à Dieu, pour recevoir du Sauveur la couronne de victoire pour toute la durée des siècles.— Amen !
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Références |
| (1) Il ne le put pas en effet. Presque aussitôt après le martyre du saint Apôtre, le malheureux Egée fut saisi par un furieux démon, qui l'entraîna au milieu de la place publique et l'y étrangla. |
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