Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

Ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

ermitedelacroixofs@live.ca

Livre d'or-Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens.  Ne laissez pas de message personnel s.v.p.
  Donnez moi votre url et @ pour que je puisse vous répondre
DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
Le ciel séjour des élus
Titre de la page:

Chapitre 2-C-suite

LE CIEL IL EST POSSIBLE DE L'ACQUERIR   ACQUIRI POTEST (S. Aug.)
PREMIERS HABITANTS DU CIEL " LES ANGES' fin

Nom de l'auteur:
R.P. Frédéric De hyvelde.o.s.f. Commissaire de Terre-Sainte
Sommaire

— (avec le Livre de Tobie). chapitre 8-14
— Saint Gabriel.
— Ange Gardien.
— Ange protecteur: de sainte Cécile: de sainte Françoise Romaine.
— Les Anges: voyages aériens: de sainte Ludwine: du Bienheureux Gentil :
de la vénérable Marie d'Agréda.
Chapitre huitième.

— Après qu'ils eurent soupé, ils introduisirent le jeune homme auprès d'elle; et Tobie, se souvenant des paroles de l'ange, tira de son havresac une partie du foie et la mit sur des charbons ardents. Alors l'ange Raphaël prit le démon et l'enchaîna dans le désert de la Haute-Egypte. Et Tobie exhorta la vierge et lui dit: Sara, levez-vous-; et prions Dieu, aujourd'hui et demain et après-demain, parce que durant ces trois nuits nous sommes unis à Dieu; et après la troisième nuit, nous vivrons dans notre mariage ; car nous sommes les enfants des saints, et nous ne devons pas nous marier comme les païens qui ne connaissent point Dieu. S'étant donc levés tous deux, ils priaient Dieu avec ferveur afin qu'il lui. plût de les Conserver en santé. Et Tobie dit: Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre, la mer, les fontaines et les fleuves et toutes vos créatures qu'ils. renferment, vous bénissent. Vous avez formé Adam du limon de la terre, et vous lui avez donné Eve pour être. son aide. Et maintenant, Seigneur, vous savez que ce n'est point pour satisfaire ma passion que je prends ma soeur pour être ma femme, mais dans le seul désir de laisser des enfants par lesquels votre nom soit béni dans tous les siècles. Sara dit aussi : Faites-nous miséricorde, Seigneur, faites-nous miséricorde; et que nous vieillissions ensemble dans une santé parfaite.

Et il arriva vers le chant du coq que Raguel commanda qu'on fît venir ses serviteurs ; et ils s'en allèrent avec lui, pour faire une fosse; car ïl disait : Il lui sera arrivé peut-être comme aux autres sept hommes cfiï; se sont approchés d'elle. Et après qu'ils eurent préparé la fosse, Raguel étant retourné vers sa femme, lui (lit: Envoyez une de vos servantes, pour voir s'il est mort, afin que je l'ensevelisse avant qu'il fasse jour. Sa femme envoya donc une de ses servantes qui, étant entrée dans la chambre, les trouva tous deux sains et saufs, dormant auprès l'un de l'autre. Et étant retournée, elle annonça cette bonne nouvelle. Alors Raguel et Anne sa femme bénirent le Seigneur et dirent : Nous vous bénissons, Seigneur, Dieu d'Israël, parce qu'il n'est pas arrivé comme nous pensions. Car vous nous avez fait miséricorde; vous avez repoussé de nous l'ennemi qui nous persé­cutait; et vous avez eu pitié de deux enfants uniques. Faites, Seigneur, qu'ils vous bénissent de plus en plus et qu'ils vous offrent le sacrifice de la louange qu'ils vous doivent, pour leur vie sauve, afin que toutes les nations sachent que c'est vous qui êtes le seul Dieu dans toute la terre. Raguel aussitôt commanda à ses serviteurs remplir avant le jour la fosse qu'ils avaient faite. Il ordonna aussi à sa femme de préparer un festin et tous les vivres nécessaires à ceux qui doivent faire un voyage. Il fit aussi tuer deux vaches grasses et quatre moutons, et préparer un festin pour tous ses servtieurs et tous ses amis. Raguel conjura ensuite Tobie de demeurer avec lui pendant deux semaines. Il lui donna la moitié de tout ce qu'il possédait ; et déclara par un écrit que l'autre moitié qui restait reviendrait à Tobie après sa mort et celle de sa femme.

Chapitre neuvième.

— Alors Tobie appela l'ange qu'il croyait un homme et lui dit : Mon frère Azarias, je sous prie de vouloir bien écouter ce que j'ai à vous dire. Quand je me donnerais à vous pour être votre esclave, je ne pourrais pas reconnaître dignement tous les soins que vous avez pris de moi. J'ai néanmoins encore une prière à vous faire, c'est que vous muiez des bêtes de somme et des serviteurs et que vous alliez trouver Gabélus à Ragès, ville des Mèdes, pour lui rendre son obligation, en recevoir de lui le montant et pour le prier de venir à mes noces ; car, vous savez bien que mon père compte les jours et que si je retarde seulement d'un jour, son âme sera dans la tristesse. Vous voyez aussi de quelle manière Raguel m'a conjuré de demeurer ici, et que je ne puis résister à ses instances. Raphaël prit donc quatre serviteurs de Raguel et deux chameaux, et s'en alla à Ragès, ville des Mèdes, où ayant trouvé Gabélus, il lui rendit son obligation et en reçut de lui tout le montant. Il lui raconta aussi tout ce qui était arrivé à Tobie, fils de Tobie; et il le fit venir avec lui aux noces.

Gabélus étant entré dans la maison de Raguel trouva Tobie à table: celui-ci se leva avec transport et ils s'em­brassèrent l'un l'autre ; et Gabélus fondit en larmes. Il bénit Dieu et dit : Que le Dieu d'Israël vous bénisse, parce lue vous êtes fils d'un homme très-vertueux, d'un homme juste et craignant Dieu, et qui fait beaucoup d'aumônes. Que la bénédiction se répande aussi sur votre femme, et sur votre père et votre mère.. Puissiez-vous voir tous deux vos fils et les fils de vos fils jusqu'à la troisième et la quatrième génération ! et que votre race soit bénie du Dieu d'Israël qui règne dans les siècles des siècles. Et tous ayant répondu : Amen, ils se mirent à table. Mais dans le festin même des noces, ils se conduisirent avec la crainte du Seigneur.

Chapitre dixième.

— Cependant Tobie différant, à revenir, à cause de ses noces, son père était en peine et disait : D'où pensez-vous que puisse venir ce retardement de mon fils et qu'est-ce qui peut le retenir là si longtemps? Ne serait-ce pas que Gabélus serait mort et qu'il ne se trouverait personne pour lui rendre cet argent. Il se laissa donc aller à une grande tristesse et Anne sa fenIne avec lui ; et ils se mirent ensemble à pleurer de ce que leur fils n'était point revenu au jour marqué. Mais surtout sa Mère versait des larmes sans pouvoir se consoler ; (Ale disait : Hélas ! Hélas ! mon fils ! Pourquoi vous avons-nous envoyé si loin, vous qui êtes la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, la consolation de notre vie et l'espérance de notre postérité? Nous ne devions pas vous éloigner de nous, puisque vous seul nous teniez lieu de toutes choses. Mais Tobie lui disait : Tenez-vous tranquille et ne vous troublez point : notre fils se porte n; cet homme avec qui nous l'avons envoyé est très fidèle. Rien néanmoins ne pouvait la consoler ; mais, sortant avec empressement tous les jours de sa maison, elle regardait de tous côtés et allait dans tous les chemins par lesquels elle espérait qu'il pourrait revenir, pour tâcher de le découvrir de loin quand:il reviendrait.

Cependant Raguel disait à son gendre: Demeurez ici, et j'enverrai à Tobie votre père des nouvelles de votre santé. Tobie lui répondit Je sais que maintenant mon père et ma mère comptent les jours et que leur esprit est tournicoté en eux. Raguel ayant fait encore à Tobie de grandes instances auxquelles il ne voulut jamais se rendre, il lui remit Sara entre les mains et la moitié de tout ce qu'il possédait en serviteurs, en servantes, en troupeaux, en chameaux, en vaches, avec une grande quantité d'argent ; et il le laissa aller plein de santé et de joie, en disant: Que le saint ange du Seigneur soit en votre chemin: qu'il vous conduise jusque, chez vous sans aucun péril. Puissiez-vous trouver votre père et votre mère en parfaite santé! et que mes yeux puissent voir vos enfants avant que je meure. Alors le père et la mère prenant leur fille l'embrassèrent et la laissèrent aller, l'avertissant d'honorer son beau-père et sa belle-mère, d'aimer son mari, de régler sa famille, de gouverner sa maison et de se conserver irréprochable.

Chapitre onzième.
— Comme ils s'en retournaient, ils arrivèrent, le onzième jour, à Charan qui est à moitié chemin, en allant vers Ninive. Et l'ange dit : Tobie, mon frère, vous savez l'état où vous avez laissé votre père. Si vous le jugez donc à propos, allons devant et que vos domestique suivent lentement avec votre femme et vos troupeaux. S'étant donc résolus d'aller de la sorte, Raphaël dit à Tobie : Prenez avec vous du fiel du poisson,

car vous en aurez besoin. Tobie prit de ce fiel, et continuèrent leur chemin. Anne cependant allait t les jours s'asseoir proche le chemin sur le haut d montagne, d'où elle pouvait découvrir de loin. Et co elle regardait de là si son fils ne venait point, elle l'apei de loin, elle le reconnut aussitôt, et courut en porte nouvelle à son mari et lui dit : Voilà votre fils qui arriv Et Raphaël dit à Tobie : Dès que vous serez entré clans votre maison, adorez le Seigneur votre Dieu ; et, en lui rendant grâces, approchez-vous de votre père et donn lui le baiser. Et aussitôt mettez-lui sur les yeux de ce de poisson que vous portez avec vous, car assurez:v qu'à l'instant les yeux de votre père s'ouvriront et il ve la lumière du ciel et sera comblé de joie en vous voya Alors le chien qui les avait suivi durant le chemin, cour devant eux ; et, comme s'il eût porté la nouvelle de leur arrivée, il en témoignait sa joie par le mouvement de sa queue et par ses caresses.

Le père de Tobie, quoique aveugle, se leva et se mit à courir, heurtant des pieds, et donnant la main à lm serviteur il arriva au-devant de son fils ; et en l'accueillant, il l'embrassa ; et sa mère en fit de même : et ils commencèrent tous deux à pleurer de joie. Puis, ayant adoré Dieu et lui ayant rendu grâces, ils s'assirent. Alors Tobie prenant du fiel du poisson, en mit sur les yeux de son père. Et après qu'il eut attendu environ une demi- heure, une petite peau blanche, semblable à celle d'un oeuf, commença à sortir de ses yeux. Tobie, son fils, la saisissant, la tira des yeux de son père, et aussitôt il recouvra la vue ; et ils glorifiaient Dieu, c'est-à-dire lui- vous m'avez châtié et que vous m'avez guéri ; et voilà. que &ne et sa femme et tous ceux qui le connaissaient. Tobie disait: Je vous bénis, Seigneur Dieu d'Israël, de ce que vous m'avez châtié et que vous m'avez guéri; et voilà que je vois Tobie, mon fils!

Sara arriva aussi, sept jours après, avec toute la famille, en parfaite santé, ayant avec elle ses troupeaux et ses chameaux, une grande somme d'argent de son mariage et l'argent même que Gabélus avait rendu. Tobie raconta à son père et à sa mère tous les bienfaits dont Dieu l'avait comblé par cet homnie qui l'avait conduit. Achior et Nabath, cousins de Tobie, vinrent ensuite pleins de joie, se réjouir avec lui de tous les biens dont Dieu l'avait comblé. Et tous firent festin, durant sept jours, avec une grande joie.

Chapitre douzième.

— Alors Tobie appela à lui son fils et lui dit: Que pouvons-nous donner à cet homme saint qui a été avec vous? Tobie répondit à son père: Mon père, quelle récompense lui donnerons-nous? ou qu'est-ce qui pourra être cligne de ses bienfaits? Il m'a mené et ramené en santé ; il a été lui-même recevoir l'argent de Gabélus ; il m'a fait avoir ma femme; il a éloigné d'elle le démon ; il a rempli de joie son père et sa mère; il m'a délivré du pôisson qui allait me dévorer ; il vous a fait voir à vous-même la lumière du ciel ; et c'est par lui que nous avons été comblés de biens. Que pouvons-nous donc lui donner qui égale tout ce qu'il a fait pou. nous ? Mais je vous prie, mon père, de le supplier eie vouloir bien accepter la moitié de tout le bien que nou avons apporté. Tobie le père et son fils le firent v'eei ensuite; et, l'ayant pris à part, ils le conjurèrent de voit bien recevoir la moitié de tout ce qu'ils avaient appc4té.

L'ange alors leur parla ainsi en secret : Bénisse Dieu du ciel, et rendez-lui gloire devant tous les horn parce qu'il a fait éclater sur vous sa miséricorde. s'il est bon de tenir caché le secret d'un roi, c'est une cho honorable de révéler et de confesser les oeuvres de Dieu. La prière accompagnée du jeûne et de l'aumône, va mieux que l'acquisition de trésors précieux ; car l'aura délivre de la mort ; et c'est elle qui ef face les péchés et q fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. Mais ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont ennemis de leur âme. Je vous manifeste donc la vérité; et je ne vous cacherai point une chose qui est secrète. Quand vous priiez avec larmes e que vous ensevelissiez les morts; que vous quittiez pour cela votre repas, et que vous cachiez les morts dans votre maison durant le jour, pour les ensevelir durant la nuit, j'ai présenté vos prières au Seigneur. Et parce que vous étiez agréable à Dieu, il a été nécessaire que la tentation vous éprouvât. - Maintenant donc le Seigneur m'a envoyé pour vous guérir et pour délivrer du démon Sara, la femme de votre fils. Car je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui sommes présents, devant le Seigneur. A ces paroles, ils furent troublés et saisi de frayeur, ils tombèrent la face contre terre. Et "ange leur dit : La paix soit avec vous ; ne craignez point car lorsque j'étais avec vous, j'y étais par la volonté point , de Dieu : bénissez-le et chantez ses louanges. Il paraissait à la vérité que je mangeais et que je buvais avec vous ; mais je me nourris d'une nourriture invisible et d'un breuvage qui ne peut être vu des hommes. Il est donc temps que je retourne vers celui qui m'a envoyé; et pour vous, bénissez Dieu et publiez toutes ses merveilles. Après ces paroles, il disparut de devant eux, et ils ne purent plus le voir. Alors s'étant prosternés le visage contre terre pendant trois heures, ils bénirent Dieu ; et s'étant levés, ils racontèrent toutes ces merveilles.

Chapitre treizième

— Alors, Tobie, le vieux, ouvrant la bouche, bénit le Seigneur et dit : Vous êtes grand, Seigneur, dans l'éternité; et votre règne s'étend dans tous lis siècles. Parce que vous frappez et vous guérissez ; vous conduisez jusqu'au tombeau et vous en ramenez, et nul ne peut se soustraire à votre puissance. Rendez grâces au Seigneur, enfants d'Israël, et louez-le devant les nations. Car il vous a ainsi dispersés parmi les nations qui ne le connaissent point, afin que vous publiez ses merveilles, et que vous leur appreniez qu'il n'y en a point d'autre que lui qui soit le Dieu tout puissant. Il nous a châtiés, à cause de nos iniquités ; et il nous sauvera, à cause de sa miséricorde. Considérez donc ce qu'il a fait en notre faveur, et louez-le avec crainte et tremblement ; et glorifiez par vos oeuvres le roi de tous les siècles. Pour moi, je le louerai dans cette terre où je suis captif, parce qu'il a fait éclater sa majesté sur une natio pécheresse. Mais vous, pécheurs, convertissez-vous ;,. faites des oeuvres de justice devant Dieu, et croyez qu'il-, vous fera miséricorde. Pour moi, mon âme se réjouira, en lui. Bénissez le Seigneur, vous tous qui êtes ses élus célébrez des jours de joie, en lui rendant des actions d grâces. Jérusalem, Cité de Dieu, le Seigneur t'a châtiée cause des oeuvres de tes mains. Rends grâces au Seigneu pour les biens qu'il t'a faits ; et bénis le Dieu des siècle afin qu'il rétablisse en toi son tabernacle, qu'il rappell en toi tous tes captifs, et que tu sois comblée de joie dan tous les siècles des siècles. Tu brilleras ;l'une lumière éclatante, et tous les peuples de la terre t'adoreront. Les nations viendront de loin vers toi; et apportant des présents, elles adoreront en toi le Seigneur, et considéreront ta terre comme une terre sainte ; car elles invoqueront en toi le grand nom du Seigneur. Ceux qui te mépriseront seront maudits; ceux qui te blasphémeront seront condamnés; et ceux qui l'édifieront, seront bénis. Pour toi, tu te réjouiras dans tes enfants, parce qu'ils seront tous bénis et qu'ils seront réunis au Seigneur. Heureux tous ceux qui t'aiment et qui se réjouissent de ta paix! O mon âme, bénis le Seigneur, parce qu'il a délivré Jérusalem, sa cité, de toutes ses tribulations, lui, le Seigneur notre Dieu. Je serai heureux, s'il reste encore quelqu'un de ma race pour voir la splendeur de Jérusalem; les portes de Jérusalem seront bâties de saphirs et d'émeraudes ; tonte l'enceinte de ses murailles, de pierres précieuses; toutes ses places publiques seront pavées de pierres d'une blancheur et d'une beauté admirable ; et l'on chantera le long de ses rues: Alléluia i Béni le Seigneur qui l'a exaltée! et que son règne soit dans les siècles des siècles. Amen.

Chapitre quatorzième.

— Ainsi finirent les paroles de Tobie. Et, après qu'il eut recouvré la vue, Tobie vécut quarante-deux ans et il vit les fils de ses petits-fils. Après avoir vécu cent deux ans, il fut enseveli honorablement dans Ninive. Il avait cinquante-six ans lorsqu'il perdit la vue, et il recouvra à soixante. Tout le reste de sa vie se passa dans le bonheur ; et il avança paisiblement faisant de grands progrès dans la crainte du Seigneur. A l'heure de sa mort, il appela Tobie son fils, et les sept jeunes enfants, qui étaient ses petits-fils et il leur dit: La ruine de Ninive est proche ; car la parole (le Dieu n'est point vaine ; et nos frères qui ont été dispersés hors de la terre d'Israël, y retourneront: Et toute sa terre, qui a été déserte, sera peuplée ; et la Maison de Dieu qui y a été brûlée sera rebâtie de nouveau et tous ceux qui craignent Dieu y reviendront. Les nations abandonneront leurs idoles; elles viendront à Jérusalem et elles y demeureront ; et tous les rois de la terre se réjouiront en elle, en adorant le Roi d'Israël. Mes enfants, écoutez donc votre père. Servez le Seigneur dans la vérité, et appliquez-vous à faire ce qui lui est agréable: recommandez à vos enfants de faire des oeuvres de justice et des aumônes, de se souvenir de Dieu, et de le bénir en tout temps dans la vérité et de toutes leurs forces. Écoutez-moi dont— maintenant, mes enfants et ne demeurez point ici; mai aussitôt que vous aurez enseveli votre mère auprès de moi , dans un même tombeau, ne pensez plus qu'à vous hâter de sortir d'ici; car je vois que l'iniquité de cette ville ta fera périr. Ainsi il arriva qu'après la mort de sa mère, Tobie sortit de Ninive avec sa femme, ses enfants et les enfants de ses enfants, et il retourna chez son beau-père et sa belle-mère. Il les trouva encore en santé dans une heureuse vieillesse; il eut soin d'eux et leur ferma le yeux; il recueillit toute la succession de la maison dt Raguel ; et il vit les enfants de ses enfants jusqu'à la, cinquième génération. Et après qu'il eut vécu quatre- vingt-dix-neuf ans dans la crainte du Seigneur, se enfants l'ensevelirent avec joie. Toute sa parenté toute sa génération persévèrent dans la bonne voie et dans une conduite sainte, de telle manière qu'ils furent aimés de Dieu et des hommes et de tous ceux qui habitaient dans le pays.

Saint Gabriel Archange.

—" .... Gabriel appartient aux plus hautes hiérarchies des Esprits angéliques; il assiste devant la face de Dieu, comme il le dit lui-même à Zacharie. Les missions qui concernent le salut des hommes par l'Incarnation du Verbe lui sont réservées, parce que c'est dans ce mystère, si humble en apparence, qu'éclate principalement la force de Dieu; or le nom de Gabriel signifie force de Dieu.

Dès l'Ancien Testament, l'ange a préludé à ce sublime emploi. Nous le voyons d'abord se manifester à Daniel. après la vision qu'a eu ce Prophète sur les deux empires des Perses et des Grecs; et tel est l'éclat dont il brille que Daniel tombe anéanti à ses pieds. Peu après, Gabriel reparaît encore, et c'est pour annoncer au même Prophète le temps précis de la venue du Messie: dans soixante-dix semaines d'années, la terre aura vu le Christ Roi. (I)"

" La troisième année du règne du roi Baltassar, j'eus une vision, moi, Daniel, après ce que j'avais vu au commencement...." Le Prophète raconte cette vision et continue ainsi : " Moi, Daniel, lorsque j'avais cette vision, et que j'en cherchais l'intelligence, il se présenta devênt moi comme une figure d'homme. Et j'entendis la voix d'un homme à la porte d'Ulaï qui cria et qui dit: Gabriel, faites-lui entendre cette vision. Alors Gabriel vint et se tint au lieu où j'étais; et lorsqu'il fut venu à moi, je tombai le visage contre terre tout tremblant de crainte, et il me dit: Comprenez bien, fils de l'homme, parce que cette vision s'accomplira à la fin en son temps."
Et l'ange lui expliqua le sens de la vision. Peu après, Daniel eut une autre vision. " La troisième année de Cyrus, roi des Perses, une parole fut révélée à Daniel surnommé Baltassar, une parole véritable et d'une grande Il comprit ce qui lui fut dit ; car on a besoind'intelligence dans les visions. En ces jours-là, moi, Daniel, je fus dans les pleurs tous les jours pendant trot semaines je. ne mangeai d'aucun pain agréable au goin; ni chair ni vin n'entra dans ma bouche, et je ne me servie d'aucune huile, jusquà ce que ces trois semaines fussene accomplies. Or, le vingt-quatrième jour du premier mois, j'étais près du grand fleuve du Tigre; et ayant les yeux, j.e vis tout d'un coup un homme qui était vêtu de lin, dont les reins étaient ceints d'une ceinture d'or très pur. Son corps était comme la pierre de chrysolithe, son visage brillait comme l'éclair et ses yeux paraissaient une lampe ardente; ses bras et tout le reste du corps jusqu'aux pieds, étaient comme d'un airain étincelant ; et le son de sa voix était comme le bruit d'une multitude. Moi, Daniel, je vis seul cette vision, et ceux qui étaient avec moi ne la virent point ; mais ils furent, saisis d'épouvante et s'enfuirent dans des lieux obscurs. Etant donc demeura tout seul, j'eus cette grande vision; la vigueur de mou corps m'abandonna, mon visage fut tout changé; je tombai en faiblesse, et il me demeura aucune force. Le bruit d'une voix retentissait à mon oreille et l'entendant,,, j'étais couché sur le visage dans une extrême frayeur, et mon visage était collé à terre. Alors une main me toucha , et me fit lever sur mes genoux et sur le plat des mains; et la même voix me dit : Daniel, homme de désirs, entendez les paroles que je vous adresse et tenez-vous debout ; car je suis maintenant envoyé vers vous. Après qu'il m'eut dit cela, je me tins debout, et j'étais tout tremblant. Et il me dit : Daniel, ne craignez point; car, dès le premier jour qu'en vous affligeant en la présence de votre Dieu, vous avez appliqué votre coeur à l'intelligence, vos paroles et été exaucées, et vos prières m'ont fait venir ici. Le prince du royaume des Perses m'a résisté vingt et un jours; (2) mais Michel, le premier d'entre les premiers princes est venu à mon secours..." Et le messager céleste continue à instruire le Prophète et termine en lui indiquant le temps précis de la venue du Messie, le Désiré des nations.

" Lorsque les temps sont accomplis et que le Ciel a résolu de faire naître le dernier des prophètes, celui qui, après avoir averti les hommes de la prochaine mani­festation du divin envoyé doit le montrer au peuple comme l'Agneau de Dieu gui ôte les péchés du monde, Gabriel descend du ciel dans le Temple de Jérusalem et prophétise au prêtre Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, prélude de celle de Jésus lui-même.

" Après six mois le saint Archange reparaît sur la terre, et cette fois c'est à Nazareth qu'il se montre. apporte du ciel la grande nouvelle. Sa céleste nature s'incline devant une fille (les hommes: il vient proposer à Marie, de la part de Jéhovah, l'honneur de devenir la Mère du Verbe éternel. C'est lui qui reçoit le consente­ment de la Vierge et quand il quitte la terre, il la laisse en possession de Celui qu'elle attendait pour le mondt, comme la Rosée des Cieux.- (3)

Les SS. Anges Gardiens.

"Il a donné ordre à "anees d'avoir soin de vous de vous garder dans toute,_vos voies" (Ps. 90, 11.)

" Oh ! que ces paroles, (lit Saint Bernard, contiennent une grande instruction, de puissantes remontrances et ci merveilleux sujet de consolation. Elles consolent le personnes faibles et craintives, pressent les négligents : instruisent les ignorants. Dieu a commandé à ses Ange de vous garder clans toutes vos voies ; non pas dans le voies de la chair, qui sont l'avarice et la luxure, non dans les voies (lu démon, qui sont la présomption et l'opi­niâtreté ; mais dans vos voies, clans ces voies conduisent à Dieu, dans ces voies qui conduisent au véritable bonheur, qui sont la miséricorde et la vérité

Si vous voulez marcher clans ces voies, les anges vous y garderont ; mais si vous voulez marcher par d'autres, voies, par ces chemins détournés qui mènent aux supplice éternels, les anges, bien loin de vous y garder, vous en détourneront. Dieu a donc commandé à son ange de vous garder dans toutes vos voies. Qui est-ce quis a fait ce en andement? A qui l'a-t-il fait? Pour qui l'a-t-il fait? Et enfin, en quoi consiste ce commandement? Considérez attentivement toutes ces choses, et vous y trouverez un mystère plein de condescendance et de miséricorde. Qui est-ce qui a fait ce commandement? C'est le Créateur du monde et le Maître souverain de tout l'univers. A qui l'a-t-il fait? Il l'a fait à ces esprits sublimes et bienheureux qui règnent avec lui dans le ciel. En faveur de qui l'a-t-il fait? Il l'a fait pour vous-mêmes, qui n'êtes que cendre et que poussière, qui vous évanouissez comme la fumée, qui disparaissez comme l'ombre, qui êtes aujourd'hui et ne serez pas demain. Mais enfin, en quoi consiste ce commandement ou plutôt cette recommandation? Il a recommandé à ses anges de veiller sur vous de vous servir de gardiens, de tuteurs, de pères, de maîtres et de gouverneurs. Combien ces paroles vous doivent-elles donner du respect, d'affection et de confiance! De respect pour la présence de ces princes du royaume deDieu, qui sont assidûment autour de vous ; pour leur bienveillance et pour les faveurs sans nombre que vous recevez de leur charité; de confiance pour la grandeur de leur soin, jointe à leur forme et à l'étendue de leur pouvoir.

" Ce sont let les trois manières dont vous pouvez en telque sorte reconnaître les peines qu'ils prennent pour vous. Marchez toujours avec retenue et modestie, comme persuadés que vous êtes en présence de votre Ange; en quelque lieu, en quelque coin que vous soyez, portez-lui un profond respect. Quoi ! pour ne le point voir, doutez- vous qu'il vous accompagne et qu'il soit auprès de vous? Que serait-ce si vous l'entendiez, si vous le touchiez? Ne voyez-vous pas que la présence des choses ne se con­naît pas seulement par la vue ? L'Ange est invisible ; mais si vous consultez la foi, elle vous apprendra qu'il y a toujours quelqu'un avec vous pour vous garder. Votre Ange vous voit sans cesse, il vous considère à tous moments, il a l'oeil ouvert sur toutes vos actions, et vous ne sauriez faire un pas dont il ne soit le témoin oculaire et irrécusable. Sa présence doit vous donner du respect, sa bienveillance doit vous donner de l'amour; car qu'y a-t-il de plus juste que d'aimer celui qui a tant d'inclina­tion pour vous et qui vous aime non pas d'un amour fragile et inconstant, mais d'un amour ferme et invariable; non pas d'un amour intéressé, mais d'un amour gratuit et de pure charité; non pas enfin d'un amour stérile et qui ne produise rien, mais d'un amour magnifique et accom­pagné d'une multitude de faveurs et de secours ? Enfin, toutes choses vous portent à la confiance envers cet Ange: car il est éclairé pour connaître tous vos besoins, il est bon pour vouloir y remédier, et il est puissant pour exécuter les bonnes volontés qu'il a pour vous. Oue! sujet pourriez-vous donc avoir de vous défier de son assistance ? Vous ne sauriez lui donner plus de joie qu'en aimant souverainement Notre-Seigneur ; il n'a pas de plus grand contentement que d'être l'entremetteur des chastes grands amours de Dieu avec l'âme, de porter les désirs de l'âme à Dieu et de rapporter les dons de Dieu à l'âme..."

"Il est de foi qu'en cet exil, Dieu confie aux Anges la garde des hommes appelés à le contempler ainsi qu'eux- mêmes dans la commune patrie. C'est le témoignage des Écritures, l'affirmation unanime de la Tradition. Les conclusions les plus assurées de la Théologie Catholique étendent le bénéfice de cette protection précieuse à tous les membres de la race humaine, sans distinction de justes ou de pécheurs, d'infidèles ou de baptisés. Ecarter les dangers, soutenir l'homme dans sa lutte contre le démon, faire naître en lui de saintes pensées, le détourner du mal et parfois le châtier, prier pour lui et présenter a Dieu ses propres prières, tel est le rôle de l'Ange gardien. Mission- à ce point spéciale que le même Ange ne cumule pas la garde simultanée de plusieurs ; à ce point assidue, qu'il suit son protégé du premier jour au dernier de sa mortelle existence, recueillant l'âme au sortir de cette vie pour la Conduire des pieds du Juge suprême, à la place méritée par elle dans les cieux ou- au séjour temporaire de Purification et d'expiation (Dom Guéranger).

INVOCATION A L'ANGE GARDIEN
Angele Dei, qui custos es mei, me tibi commissum piectare supernà illumina, custodi, rege et guberna.Amen
Ange de Dieu qui êtes mon gardien par un bienfait de la divine charité, éclairez-moi, protégez-moi, dirigez-moi gouvernez-moi. Ainsi soit-il,

LES ANGES ET LES SAINTS

L'Ange protecteur de Sainte Cécile

— "Cécile, d'une famille illustre de Rome avait, dès sa plus tendre jeunesse, voué sa virginité à Jésus-Christ. Elle méditait nuit et jour le saint Evangile qu'elle portait toujours sur elle. Elle avait mis sa vertu à l'abri de la séduction les sens et du siècle par la pratique continuelle de la ..lortification: car sous ses habits de soie elle portait n cilice, et par la prière pure que Dieu exauce toujours, a chambre devenait un sanctuaire. Là, son céleste sardien, unique témoin de sa vie angélique et protect 'e sa chasteté, se manifesta à elle, et avec elle il chantait des cantiques inspirés. Fiancée malgré elle par ses parents à un jeune seigneur romain, elle vit arriver avec un indcible tristesse le jour des noces. Ce jour-là, tandis que toute la famille se livrait à la joie, la vierge de Jésus-Christ chantait dans son coeur les paroles du Psalmiste: " Faites, ô mon Dieu, que mon coeur et mon corps demeurent immaculés et que mon front n'ait point à rougir."

Depuis deux jours elle n'avait point pris de nourriture et ne cessait d'invoquer les anges. du Seigneur et saints patrons. Se trouvant enfin seule avec son époux: " Trèsdoux ami, lui. dit-elle avec modestie, mais aussi avec une noble fierté, j'ai un secret à vous communiquer. Jurez-moi que vous ne le communiquerez à personne." Valérien en fit le serment. La vierge reprit. "Je dois vous apprendre que j'ai pour protecteur un Ange de Dieu, qui s'est constitué le gardien de ma virginité à la moindre tentative de votre part, sa fureur s'allumera. contre votre témérité, et vous succomberez sous ses coups, t'en serais désolée et je vous en préviens."

"A cette révélation, le jeune homme que la grâce voulait convertir, se sentit effrayé : " Epouse bien-aimée,. répondit-il, si vous voulez que j'ajoute foi à vos paroles, faites-moi voir cet ange. Quand je l'aurai reconnu pour la véritable envoyé de Dieu, je ferai ce que vous voudrez."

Si vous suivez mes conseils, reprit la vierge, si vous embrassez la foi du Dieu unique et véritable, vous verrez. de vos yeux l'ange qui veille à ma garde.

— Et quel est celui qui me mettra en état de voir cet ange? demanda. Valérien.

— Il y a, répondit Cécile, dans une retraite voisine, un vieillard qui a le pouvoir de purifier les âmes et par son ministère elles deviennent dignes de contemple: les esprits célestes.

— Ce vieillard, où le trouverai-je, reprit Valérien. La bienheureuse vierge lui indiqua la. retraite où se cachait Saint Urbain. Valérien y court, se. fait instruire, et profondément touché de la grâce, revient à Cécile, revêtu des habits blancs des néophytes. En ce moment, Cécile priait dans sa chambre; elle n'était plus seule : à sa droite se tenait debout un ange, au visage resplendissant, aux ailes de flammes. Il portait dans ses mains deux couronnes. entrelacées de lys et de roses. Valérien, transporté de bonheur, entra, et prosterné aux pieds de l'ange, reçut sur sa tête l'une de ces couronnes, Cécile l'autre. " C'est du jardin du ciel que je les apporte, dit l'ange, méritez de les conserver: elles ne se flétriront jamais. Maintenant, Valérien, puisque tu as été fidèle, le Christ, Fils de Dieu, m'a envoyé vers toi pour recevoir toute demande que tu auras à lui adresser.

— Je n'ai qu'une affection en ce monde, répondit Valérien, qu'un désir à exprimer, celui de voir mon frère bien-aimé partager mon bonheur." A ces mots, la figure de l'ange prit une nouvelle expression de joie céleste: " La grâce que tu demandes au Sauveur, dit-il, est celle qu'il désire le plus t'accorder." La vision angélique remonta aux cieux, aux moment où Tiburce, frère de Valérien, entrait. En embrassant son frère et sa belle-soeur : " Quel est donc, s'écria-t-il, ce parfum qui s'exhale de vos cheveux? D'où vient, dans la saison où nous sommes, cette odeur de roses et de lis qui remplit l'appartement?

— C'est moi, frère chéri, dit Valérien, qui t'ai obtenu le privilège de sentir ce parfum céleste. Cécile et moi nous portons une couronne que tu ne saurais voir encore. — Est-ce un songe? s'écria Tiburce. — Un songe! répondit Valérien notre vie en était un, car les idoles que nous adorions ne sont que d'impurs démons. — Comment as-tu pu t'en onvaincre, demanda Tiburce? — L'ange de Dieu me l'a enseigné, répondit Valérien, et il se manifestera à toi, si tu veux embrasser notre foi. — S'il m'était possible de voir un ange, reprit Tiburce, je ne demande pas mieux." Cécile initia immédiatement le jeune patricien à l'étude de nos saints mystères, lui découvrit l'inanité de la croyance aux idoles, et mit sous ses yeux un pathétique tableau des espérances et des joies du ciel. Attendri et illuminé par ses paroles que l'Esprit Saint mettait sur les lèvres de Cécile, Tiburce éclata en sanglots: " Frère; s'écria-t-il, aie pitié de moi, conduis-moi sans délai à l'homme de Dieu." Valérien ne se fit pas prier. Saint Urbain les accueillit avec une indicible allégresse. Tiburce fut régénéré par le baptême, et la grâce divine, qui descendit dans son âme, fut si abondante, qu'il voyait les anges de Dieu race à face. Les deux nobles patriciens, conquêtes de Cécile, furent bientôt dénoncés comme chrétiens et amenés tribunal d'Almachius. Promesses, menaces, sophismes, rien ne fut négligé pour les séduire, rien ne put les ébranler. Au pied du tribunal même, en face de leurs juges et de la mort, le zèle et l'amour divin qui les d évoraient en faisaient des apôtres. Comme leurs paroles produisaient quelque sensation dans l'esprit des auditeurs, on signa à la hâte leur sentence et ils furent conduits sur le lieu du supplice.

"Touché de leur sort, l'officier qui commandait l'escorte leur disait d'un air de compassion : " Pourquoi vous obstinez-yous dans ce fatal aveuglement? Pourquoi, dire sitôt un triste adieu à la vie? — Penses-tu, repritTiburce, que si nous n'étions assurés des félicités de l'autre, nous montrerions tant d'allégresse au moment de perdre celle-ci?

— Ah! dit Maxime, si j'avais la certitude que vous dites vrai, moi aussi je serais prêt à répudier, les frivolités du monde..." On voit déjà que la mission du bon Ange de Cécile n'était pas encore finie.

" Tiburce promit à Maxime de lui donner un signe, de son sort à venir, à condition que celui-ci demanderai pardon de ses péchés et se ferait instruire, s'il tenait même sa parole. La promesse fut faite sincèrement. Au moment où les deux illustres victimes eurent la tête tranchée, les yeux de Maxime furent témoins d'un pro­dige. " Quand le glaive frappait les martyrs, dit-il, j'ai vu distinctement les anges de Dieu, resplendissants comme, des soleils. Cette vision ne s'effacera jamais de mémoire. J'en atteste la vérité. L'âme de Valérien et celle de Tiburce se sont élevées vers le ciel, semblable à deux astres radieux (formes virginales!) Les anges les ont reçues dans leurs mains et les ont transportées au pied du trône de Dieu." En disant ces paroles, Maxime versait des larmes d'attendrissement. Il fut baptisé avec toute sa famille et une infinité de païens à sa suite .(4).

L'Ange protecteur de Sainte Françoise Romaine.
— Nous empruntons tout ce qui suit à. l'intéressante de la Sainte, écrite tout récemment par la Comtesse Rambuteau (5). " En 1410, le pape Alexandre V mourait à Bologne et seize cardinaux réunis dans cette ville, lui donnaient pour successeur Jean XXIII. Au moment où l'on procédait à l'élection, Ladislas, roi de Naples , comptant sur les troubles de l'interrègne, s'avançait jusqu'à Velletri et menaçait Rome d'une inva­sion. Le nouveau pontife se hâta de renouer l'alliance de son prédécesseur avec Louis d'Anjou. Tout d'abord leurs forces combinées triomphèrent des Napolitains, mais après sa victoire, Louis fut abandonné de ses soldats que le perfide roi de Naples avait gagnés à prix d'argent. Seul et sans ressources, il dut se retirer. Quelques mois plus tard, Ladislas tombait à l'improviste sur la ville de Rome et la livrait au pillage. Les horreurs et les cruautés de cette invasion dépassèrent tout ce que la capitale du monde chrétien avait souffert jusqu'alors... A la suite des troupes napolitaines, la famine et la peste envahissent Rome . Le jeune fils de la Sainte, le petit Evan­gélista, qui avait à peine neuf ans, fut l'un des premiers atteints par la terrible épidémie. Aussitôt il se confessa avec la naïveté de son âge et les sentiments d'un saint. Il pria ensuite sa mère d'approcher; ses regards, d'une tendresse ineffable, se fixèrent sur elle, et pour la préparer au sacrifice, son coeur enfantin se fondit d'amour et de pitié. — " Trèsdouce mère, dit-il, consolez-vous. Pourquoi pleurer? Ne vous l'ai-je pas souvent répété que le monde n'était pas fait pour moi et que je voulais aller vivre avec le doux Jésus dans le pays des anges? Là, il n'y a ni péché, ni souffrance, ni chagrin... Non, non, mère chérie, il ne faut pas pleurer en ce jour de ma fête. Il faut sé réjouir et remercier Dieu... Les voici, mes saints protecteurs. Ils viennent me chercher et m'emmener dans le Paradis... Je prierai pour vous, douce mère. Evangélista ne vous oubliera jamais. Au ciel, il sera toujours votre fils et vous viendrez le rejoindre."

L'enfant garda le silence un instant. Bientôt son visage s'éclaira d'une lumière surnaturelle; ses regarde s'élancèrent vers les cieux et il s'écria comme en extase. Et voilà aussi les anges qui viennent pour m'emmener auprès de Jésus... Bénissez-moi, douce mère, et det, meurez en paix... Que Dieu vous garde dans sa grâce vous,mon père bien-aimé, et tous ceux qui habitent cette demeure." Il croisa ses petits bras sur sa poitrine; un dernier sourire fleurit sur ses lèvres, et, avec une joie tranquille, il rendit son âme innocente à son Créateur.

Au moment où il expirait, un touchant prodige vint glorifier sa mémoire et consoler sa mère. Dans la maison voisine, une enfant se mourait du même mal qu'Evangelista. Déjà elle avait perdu l'usage de la parole, lorsqu'on la vit se dresser sur sa couche avec les signes du ravissement. D'une voix forte et distincte, elle s'écria à plusieurs reprises: "Voyez, voyez, comme c'est beau! Voilà Evangelista Ponziani qui monte au ciel entre deux anges."

" Une année s'était écoulée depuis que la Sainte pleurait son Evangelista, tout en l'invoquant comme un ange. Elle priait une nuit dans son oratoire, à l'heure où le ciel blanchit sous les premières lueurs du jour. Tout à coup, elle se voit enveloppée de rayons éclatants et surnaturels, en même temps qu'une joie mystérieuse inonde son âme. Elle lève les yeux; Evangelista est debout devant elle. Sa taille, son doux sourire n'ont pas changé, mais ses traits sont d'une beauté inconnue à la terre. A ses côtés est un autre enfant dont la splendeur surpasse encore la sienne.

Françoise veut appeler son fils : les forces lui. manquent... Evangelista s'approche d'elle et la salue el inclinant sa belle tête... Alors la mère étend les bras,. mais le corps immatériel de l'enfant échappe à ses étreintes. — Est-ce vous, ô fils de mon coeur ? s'écrie-t-elle enfin. De quelle région descendez-vous? Quels sont vos compagnons et vos joies? Ange de Dieu, n'avez-vous pas oublié votre pauvre mère? Au milieu des béatitudes célestes, songez-vous encore aux souffrances d'ici-bas?"'

" Le regard d'Evangelista s'éleva vers les cieux avec une indicible expression de bonheur avant de se reposer sur sa mère. — " Ma demeure est au ciel, répondit l'enfant.:. Mes compagnons sont les anges, nous n'avons Pas d'autre occupation que de contempler les perfections divines, source inépuisable de tout bonheur. Eternelle­ment unis à Dieu, nous ne connaissons d'autre volonté que la sienne, et notre paix est aussi complète que son Etre est infini. Lui-même est notre joie, joie sans limite et sans fin."....

La bienheureuse écoutait comme ravie en extase, et toute son âme s'élançait au-devant des secrets divins.

" Dans le ciel, poursuivit l'enfant, les anges supe rieurs nous révèlent par leur lumière les mystères de la divinité. Si vous souhaitez, ô ma mère, connaître le rang 4qui m'est assigné au milieu des choeurs célestes, sachge que l'adorable bonté de Dieu m'a placé parmi les archanges. L'esprit bienheureux que vous voyez à mes côtés est mon compagnon ; il occupe un rang plus éle que le mien, aussi sa beauté est-elle plus radieuse que 1 mienne. Dieu vous l'envoie pour vous consoler et vous guider dans votre pèlerinage de la terre au ciel. Il sera toujours auprès de vous, visible à vos yeux, mais invisible à tous... Jamais je n'ai perdu le souvenir de ceux qui ;m'ont aimé sur la terre. Je savais combien vous seriez 'heureuse de me revoir, et Dieu m'a permis de venir vous consoler. Réjouissez-vous, car je suis en réalité votre fit Evangelista. Mais j'ai pour vous un autre message, ô mère. Le Seigneur réclame ma petite soeur Agnès (6) sa place est prête dans la Jérusalem d'en haut, et bienton, elle me rejoindra. Ne vous affligez pas. Soyez heureu plutôt d'apprendre que vos enfants seront parmi les anges du ciel."

Comme il parlait encore, le jour se levait. Le soleil lançait à pleines gerbes ses flèches d'or dans l'oratoire. Ah ! combien cette brillante lumière du matin semblait pôle et froide, devant la splendeur qui rayonnait des Bienheureux.

Après s'être . entretenu une heure avec sa mère, Evangelista lui demanda la permission de la quitter, car il gardait au ciel le respect filial ; puis il disparut laissant près d'elle son frère du paradis.

Françoise se jette aussitôt aux pieds de l'archange; elle implore son aide pour la guider vers Dieu, la défendre contre Satan, la rendre conforme à la volonté divine. D'un sourire l'ange approuva sa prière et dès lors il la suivit, enveloppé d'une auréole lumineuse. Si vifs étaient ses rayons, que, durant la nuit, la bienheureuse pouvait facilement lire ou écrire à leur clarté. Ses regards éblouis ne distinguaient parfois aucune forme dans les flots de. lumière. Mais lorsqu'elle luttait contre les démons ou! qu'elle décrivait son guide céleste à Dom Antonio (7) la. splendeur se voilait doucement et les traits de l'ange ressortaient dans leur merveilleuse beauté. Cette splendeur, reflet de la lumière divine, éclarait les âmes aux: yeux de Françoise. La sainte voyait à découvert leurs intentions, leurs fautes les plus secrètes ; de là l'immense: action qu'elle exerçait autour d'elle. Elle suivait ainsi toutes les pensées qui se formaient dans l'esprit de confesseur. Le saint orêtre avait-il le coeur alangui tristesse ou d'angoisse, il parlait de l'ange avec la bi heureuse, et aussitôt jaillissait en lui une source , lumière et de joie. Il se plaisait à questionner Franço " L'archange est-il toujours -à vos côtés? Sous qui forme le voyez-vous ? Quelle est sa taille? — Sa tai répondait la sainte, est celle d'un enfant de neuf a c'est la taille de mon Evangelista. Sa beauté surpa celle du soleil. Je le vois souvent les bras en croix .s poitrine, ses beaux yeux levés vers le ciel, dans l'at d'une profonde adoration. Aucune parole ne peut 'are la pureté de son regard. II me suffit de le contempler, pour sentir mon coeur brûler d'un souverain amour, et pour comprendre la noblesse de la nature angélique. Son long vêtement, d'une éclatante blancheur, tombe ju u'à ses pieds. Sur ses épaules, je vois une dalmatiqu, tunicella, dont la couleur varie. Elle me paraît p d'un blanc pur comme le lis, parfois rouge com flamme ou bleu d'azur comme le ciel. Jamais il niee quitte. Si je marche , il marche à mes côtés. S'il m'arive de traverser des chemins poussiéreux ou des seniers fangeux, il les traverse avec moi ; mais poussière ni fane ne l'atteignent jamais. Il ne leur est pas permis de souiller ces pieds angéliques et si purs."

Françoise ajoutait que l'admirable chevelur l'archange, semblable à l'or le plus fin, tombait en soyeuses sur ses épaules. Cette parure céleste de lumière devenait à certaines heures, pour la sainte, " une armure invincible." Se voyait-elle aux prises avec Satan, l'archange intervenait. " D'un mouvement très-doux et très-gracieux, il secouait sa belle tête. Aussitôt sa chevelure flamboyait à grande splendeur. Elle projetait autour de lui les rayons d'or de sa beauté, pareils à des flèches de feu, et Satan disparaissait comme une ombre."

Voyages spirituels.

— "Dans le commerce si mystérieux des Saints avec leur Ange gardien, ce qu'il y a de particulièrement merveilleux, ce sont les voyages intellectuels d'abord, puis les voyages réels en corps et en âme, exécutés en sa société et avec son assistance.

Entre mille exemples de ce genre, nous nous contenterons de n'en citer que deux ou trois, que nous empruntons à la grande Vie des Saints.

Sainte Lidwine
— Cette Sainte extraordinaire, emportée et dirigée par son ange gardien, fut, durant vingt­quatre ans, chaque nuit, pendant une heure au moins, conduite extatiquernent en différents lieux, à Rome, dans la Terre-Sainte, dans plusieurs communautés religieuses, sur l'état spirituel desquelles elle reçut les informations " Dans ces circonstances, la Sainte était accompagnée de son céleste guide; il ne lui apparaissait jamais que revêtu d'une clartié merveilleuse, portant une croix lumineuse gravée sur son front, afin qu'elle ne pût être induite en erreur par l'ange des ténèbres qui a horreur de ce signe du salut.

" Lorsque pour la première fois elle fut ravie, sen vénérable biographe, cette inexprimable séparati lui retirait son esprit de la sphère de la vie corporelle,' causa une telle impression qu'elle se sentit défaillir, qu'elle se' crut sur le point de mourir. Mais ens s'étant accoutumée aux ravissements de ce genr n'éprouvait qu'une inexprimable paix dans son Tout le temps qu'elle était transportée dans les lieux ;qu son bon ange lui faisait parcourir, son corps restait : dans son lit, comme séparé de son âme et préentiment.

" Le plus souvent, au début, l'ange prenant l'extatique par la main, la conduisait dans l'église de Schiedai qui était sa paroisse, devant l'autel de la Sainte Vierge, puis, quand Lidwine y avait fait une prière, il s'élançait avec elle vers l'Orient. Tantôt le chemin passait à travers des prairies verdoyantes, émaillées de fleurs odoriférantes, tellement que la Sainte hésitait à suivre les pas de son guide spirituel qui allait devant elle, de peur de mettre les pieds sur la tige de ces fleurs. Ce n'était qu'après, reçu l'assurance qu'elle ne les briserait pas, qu'elle se décidait à aller plus avant. Tantôt elle se trouvait devant un fourré si haut et si épais, qu'elle n'osait entreprendre d'y pénétrer; mais tout à coup elle se voyait transporte au-delà de l'obstacle par son ange, et le voyage se continuait sans embarras.

Quant à ces voyages eux-mêmes, l'historien de Sainte Lidwine rapporte en termes exprès, que ses voyages n'avaient pas lieu seulement en esprit, mais que souvent si, ils se réalisaient dans un ravissement corporel. Voici comment il s'exprime: "Quoique la pieuse vierge,dans son état devenu normal depuis bien des années, fût dans l'impossibilité de se tenir sur ses pieds, elle acquérait, (de bien des façons, la certitude qu'elle avait été ravie corporellement en divers lieux. Après avoir ainsi voyagé, à travers la Palestine, visité les Lieux-Saints, le Calvaire, Bethléem, Nazareth et d'autres encore qu'elle couvrait de ses baisers, qu'elle baignait de ses larmes, revenue de là, on lui voyait les lève es couvertes de durillons, et son ange conducteur lui disait : " Vous portez ces marques omme une preuve certaine que vous avez été ravie, non­seulement en esprit, mais aussi dans votre corps.

" Dans un voyage du même genre, passant sur un terrain glissant, elle fit un faux pas, et dans sa chute elle se blessa à la jambe droite qui resta ensuite enflée plusieurs jours et lui causa une vive douleur. — Comme une fois, elle visitait les principales églises de Rome et en allant de l'une à l'autre, elle se frayait un chemin à travers les buissons avec les bras, il lui entra une épine dans le doigt et elle l'y retrouva au sortir de son extase la vue et au sentiment des lésions corporelles qu'elle recevait, elle avait coutume de dire, en répétant les paroles son guide, qu'elle croyait avoir été ravie corporellement dans les lieux d'où elle venait..."

Le Bienheureux Gentil de Matelica.

— Le bien. heureux Gentil naquit à Matelica, petite ville de la Marelle'd'Ancône: à peine parvenu à l'adolescence, il entra dans l'Ordre de Saint François : plus tard, étant déjà revêtu du sacerdoce il obtint de ses Supérieurs la permission d'aller travailler à la conversion des infidèles, et il s'eut. barqua pour le Levant.

" Avant de partir pour ces lointaines régions, il alla dire adieu à son père. Celui-ci, déjà infirme et avancé en âge, se plaignit amèrement de ce que son cher fils délaissait ainsi au déclin de sa vie. " Mon père, lui répondit le B. Gentil, je vous promets devant Dieu de revenir vous assister à vos derniers moments et vous rendre les derniers devoirs." Consolé par cette promesse, le vieillard bénit son fils et le laissa partir.

" Arrivé en Orient, le bienheureux Gentil rencontra un obstacle qui lui parut insurmontable: Malgré tous ses efforts et toute sa bonne volonté, il ne put apprendre la langue de ces contrées. Découragé par cet insuccès l'humble religieux se disposait à reprendre le chemin de l'Europe, lorsque le Seigneur Jésus lui apparut et lui conféra le don des langues pour évangéliser ces nations infidèles.

" Le bienheureux Gentil se mit alors à évangéliser 1'Egypte, l'Arabie et la Perse avec un zèle qu'aucun obstacle ne put arrêter ; le Seigneur confirmait sa mission par des prodiges, et des multitudes d'infidèles saient la foi chrétienne...

" Le don de prophétie ne manqua pas non plus à notre bienheureux. Marc Cornaro, envoyé extraordinaire la République de Venise auprès du roi de Perse, ayant rencontré le saint .missionnaire, le pria de l'accompagner travers l'Arabie. Chemin faisant, Cornaro tomba malade et fut, en peu de jours, réduit à l'extrémité. Le ienheureux lui prédit une prompte guérison, les vicissitudes et les épreuves qui l'attendaient et lui annonça qu'il serait un jour doge de Venise; tout arriva comme le serviteur de Dieu l'avait prédit.

" En passant près du Mont-Sinaï, le bienheureux, Gentil voulut visiter sur cette montagne le tombeau de Sainte Catherine, et s'y arrêta quelques jours avec l'ambassade vénitienne. Or, un jour, il disparut soudain du milieu de ses compagnons de voyage; son absence dura huit jours, après lesquels il reparut parmi les pèlerins étonnés. Marc Cornaro le pressa de lui découvrir où il était allé, et ce qu'il avait fait pendant cette absence. LeBienheureux ne put s'empêcher de lui avouer que, selon promesse qu'il en avait faite, il était allé en Italie assister son père à ses derniers moments, qu'il avait présidé les funérailles et pris part au conseil de famille pour le règlement des affaires. Marc Cornaro, de retour en Italie, passa à Matélica et put constater que la presence Bienheureux dans sa patrie coïncidait parfaitement avec l'époque et la durée de sa disparition du Mont-Sinaï; il témoigna plus tard de ce fait et des autres prodiges que le serviteur de Dieu avait opérés chez les infidels…”

La Vénérable Marie d'Agréda.

— " La relation suivante offre des exemples non moins surprenants que. ceux qui précèdent. Nous les laissons dans l'ordre où ils sont rapportés dans la vie de la servante de Dieu pour ne rien ôter de son intérêt à l'histoire, en la scindant.

Elle était bien jeune lorsqu'elle reçut les premières lumières infuses, les ravissements, colloques, apparitions, extases dont toute sa vie fut semée. Dès lors, Dieu lui recommanda de n'avoir plus d'entretiens et de rapports intimes qu'avec lui, avec sa sainte Mère, les saints Anges et les Bienheureux.

Etant religieuse, le Seigneur lui donna une mis aussi délicate que sublime, celle d'écrire la Vie de la de Jésus. Elle avait, pour atteindre ce but, besoin plus hautes régions de l'oraison et servaient de moyen Comptons parmi les plus insignes, la société de cinq ans qui aidaient l'ange gardien à l'illuminer, à l'élever au plus hautes régions de l'oraison et servaient de moyen ordinaire à la servante de Jésus-Christ, pour communiquer avec le ciel... A mesure que la Vénérable, à l'aide des saints protecteurs, gravissait les hauteurs de la perfection et acquérait de nouvelles clartés, sa charité s'étend s'enflammait, montait avec les extases. Elle avait parculièrement pour objet la conversion des païens. Elle voulu obtenir de Dieu, pour tous les hommes, la connaissance de la vraie foi. Son désir devint fort comme la mort. Et le Seigneur, qui l'exauça enfin, l'associa au ministère de ses apôtres.

" Dans une extase, après la communion, comme de coutume, elle vit d'un regard de l'âme l'univers entier avec les races et les familles des divers peuples, passer et se dérouler devant elle avec une grande précision. Reconnaissant combien on faisait peu d'usage de la surabondance du salut que Jésus-Christ nous a procuré par son Sang, elle se sentit défaillir de douleur. Il lui fut dit qu'elle devait prier et travailler continuellement pour ces âmes infortunées. La même vision se'reproduisit souvent, mais la plus surnaturelle et la plus merveilleuse dont elle fut favorisée est sans contredit celle-ci:

" Dans son extase, elle se sentit transportée sur les lieux mêmes qu'elle n'avait qu'entrevoir fait jusque-là. Après avoir visité des pays très éloignés et fort différents de l'Espagne, elle reconnut se trouver dans une des contrées du Nouveau Monde. Quelque rapide que fût ce trajet effectué par la pensée, il lui sembla subir tous les effets d'un long voyage, ressentant le changement de Climat, rencontrant ici la nuit, plus loin le jour, voyant tour à tour luire le soleil ou tomber la pluie; traversant de longs espaces occupés par la mer; parcourant des régions inconnues, diversement accidentées, certaine, en an mot, qu'elle passait d'une partie du monde dans l'autre.

Au terme de ce singulier voyage, elle se, trouva au milieu d'une peuplade d'Indiens. D'un coup d'oeil, elle embrassa ce pays dont elle dit le nom: elle en vit les habitations qu'elle trouva fort différentes de celles de sa patrie; elle remarqua les habitants, leurs manières, leur commerce, leurs combats, leurs armes ; elle entendit leur langage; elle s'imagina leur parler et se faire comprendre d'eux. Puis., il lui, sembla que le Seigneur lui ordonnait de prêcher la foi à ce peuple, et de lui enseigner son Eyangile; elle sentit ainsi qu'elle catéchisait tous ces hommes qui se pressaient curieusement autour d'elle, qu'elle les suivait, qu'elle s'apercevait des progrès de leur conversion et les voyait à genoux réclamer les secours spirituels."

"-Cette vision merveilleuse lui fut accordée non fois, mais cent fois, et toujours la joie la plus vive l'oeuvre de conversion qu'elle était appelée à produire récompensait l'ardeur de son zèle. Préoccupée de la pensée de faire conférer le baptême à ses prosélytesil lui sembla, dans un de ses voyages mystérieux, être transportée à travers le nouveau. Mexique et y découvrir un établissement de religieux de Saint François, occupa évangéliser ces peuplades du Nouveau-Monde. Il y avait fort loin de cet établissement au pays des Indiens ; néanmoins, en arrivant près de ceux-ci, elle leur fit part de cette bonne nouvelle, leur conseilla d'envoyer chercher les religieux et leur indiqua le chemin à suivre.

" Cette étrange vision qui se renouvela, nous répétons, un grand nombre de fois, avec les mêmes circonstances, jeta la sainte religieuse dans une vive inquietude. Son premier mouvement fut l'incrédulité: elle chercha à se persuader qu'elle ne devait regarder tout que comme une hallucination, et qu'elle était le jouet de ruses diaboliques; un fait matériel vint donner une arme réelle à ses doutes et la jeter en même temps dans une perplexité extrême. Elle se rappela que, dans une de ses visites aux Indiens, elle leur avait distribué des chapelets. Or, ces chapelets, elle les avait réellement possédés dans sa chambre; et cependant, quelque recherche qu'elle y fit ensuite, elle ne parvint pas à les retrouver. Force lui fut de croire à la possibilité de ses voyages, à l'existence de ce peuple inconnu, à sa conversion à la foi du Christ; et convaincue que rien ne saurait limiter les miracles du Tout-Puissant, elle en vint à se persuader qu'elle avait dû être transportée corporellement en Amérique. Un fait si extraordinaire ne pouvait pas rester dans l'ombre. Elle consulta ses savants directeurs et tous furent du même sentiment. Leur opinion et celle des théologiens qui ont examiné le prodige est que la Vénérable Marie d'Agréda, ou son bon Ange, empruntant ses traits, avait opéré toutes ces choses. Elle avaient été avait donc été représentée ou transportée par son bon ange jusqu'en Amérique.

A cette époque, des religieux de Saint-François y avaient envoyés en effet en mission dans le Mexique et y avaient fondé une Custodie de leur Ordre. Le vénérable père Alonzo de Benavidès les dirigeait. — jour, ils virent arriver à eux une petite troupe d'Indiens inconnus, qui paraissaient venir de fort loin, presque l'aventure, et qui leur demandèrent le baptême. questions que l'étonnement dicta aux missionnaires, les Indiens répondirent que, depuis quelque temps, ils étaient instruits dans la loi du Christ par une femme qui paraissait au milieu d'eux sans qu'ils sussent d'où elle venait, et qui s'en allait sans qu'ils vissent où elle se retirait; que cette femme, après de nombreuses visites et de longues prédications, leur avait ordonné de se rendre à la mission afin de se faire baptiser. Les religieux demandèrent quelle était cette femme, comment elle était habillée. Les Indiens repondirent que c'était la première personne étrangère qui fût venue en leur pays, et à quelques indications, les pères reconnurent que cela devait être une religieuse. L'un d'eux avait un portrait de la sainte mère Louise de Carrion; les Indiens dirent que ce portrait portait bien le même costume, mais que la femme qui les visitait était jeune et belle. Deux pères de la mission furent envoyés avec les Indiens, ils eurent à suivre des chemins longs et difficiles, et arrivés au milieu du peuple, ils le trouvèrent si bien disposé, si instruit de tous les mystères de notre foi, qu'ils purent aussitôt leur confier le baptême.

" Le père Custode Alonzo de Benavidès frappé de ce prodige, voulut en reconnaître l'origine. Appelé Europe pour les affaires de sa mission, il se rendit à Madrid et consulta le Révérendissime Père Bernardin de Sienne, alors Ministre Général de l'Ordre. Le Général, qui connaissait la soeur Marie, ne douta point que ce ne fût elle dont le Seigneur se servait pour opérer ces choses lerveilleuses, et envoya le père Benavidès à Agréda avec ces lettres pour la Soeur, pour son Confesseur et pour le Provincial. Obtenir de la Soeur le récit de ses visions n'était point chose facile; il fallut que le père Custode fit appel à la volonté du premier supérieur des Religieux et qu'il commandât en son nom. La Soeur parla. Dans un rapport qu'il écrivit de cette entrevue, le père Benavidès consigne l'étonnement qu'il éprouva en entendant soeur Marie lui d'écrire un pays que seul il connaissait en Espagne, lui dépeindre les costumes, la manière de vivre des Indiens, préciser certaines circonmtances qu'il n'était possible de connaître qu'après un séjour de plusieurs années, et ajouter même les détails les plus exacts sur les habitudes de la mission. Elle affirma qu'elle connaissait le père Benavidès pour l'avoir vu avec ses Religieux, elle fit le portrait de chacun d'eux et indiqua le jour et le lieu où elle les avait rencontrés.

Le récit du père Benavidès a obtenu du temps une authenticité incontestable. Ecrit pour la Custodie du nouveau Mexique, il y fut copié par le père Mathieu de Plérédias, et envoyé en 1668 au Conseil royal des Indes. C'est dans les archives de cette illustre assemblée qu'il a été recueilli, non par un historien obscur, mais par le père Samaniego, qui, d'abord provincial, devint ensuite le Ministre Général de tout l'Ordre Séraphique.

Références
(1) Dom Guéranger—L'Année Liturgique.
(2) Le prince... c'est-à-dire selon S. Jérôme, Théodoret, S. Chrysostome, S. Grégoire-le-Grand, plusieurs autres Pères et la plupart des interprètes, l'ange protecteur du royaume des Perses. Il est appelé Prince, comme l'archange Saint Michel lui- même. Ce prince des Perses désirait que les Juifs demeurassent dans la Perse, le plus longtemps possible, afin d'y propager la connaissance et le culte du vrai Dieu, tandis que Gabriel et Michel souhaitaient de les voir retourner dans leur patrie pour y rétablir la Ville et le Temple. Le concours de l'archange Saint Michel a pour objet, d'une part, de faire connaître à l'ange Protecteur des Perses, la volonté précise de Dieu ; et de l'autre, de persuader au roi des Perses de laisser partir les ce en quoi, néanmoins, il ne réussit qu'après que Saint Gabriel eut achevé sa mission (L'abbé Glaire).
(3) Dom Guéranger : ibid.
(4) Darras—Histoire Générale de I'Eglise
(5) Sainte Françoise Romaine. Victor Leeoffre, Paris 4709•-1 Vol. in-12.

6) Gracieuse enfant de huit ans, et qui, une année plus abard, alla réellement, elle aussi s'unir au choeur des .Anges!
(7) Dom Antonio di Monte Savello, religieux clivétaini, son directeur.

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