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Parisiis, die 5 Martii 1908.
A. CLERVAL |
CENSOR DESIGNATUS (1748-1783)
par J. MANTENAY |
" LES SAINTS"
St Benoît Labre |
NIL OBSTAT : IMPRIMATUR : |
Sa vermine prêchait contre une autre
vermine qui rongeait le Monde.. |
LIBRAIRIE VICTOR LECOFFRE
J. GABALDA & C'e |
Parisiis, die 6 Martii 1908.
G. LEFEBVRE Vie. GEN. |
LOUIS VEUILLOT.
(Mélanges.-3e Série. 2a Volume). |
RUE BONAPARTE, 90 PARIS 1908 |
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St Benoît Labre (1748-1783)
par
J. MANTENAY
Victor Lecoffre
A MONSIEUR
L'ABBÉ FÉLIX SÉDILOT
CURÉ DE SAINTE-ÉLISABETH
HOMMAGE DE
SON RESPECTUEUX ET
RECONNAISSANT SERVITEUR
J. MANTENAY
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AVANT-PROPOS |
Ceci est la simple histoire d'un homme instruit et de goûts délicats, né de parents honnêtes, aisés, qui vécut dans la pauvreté ou plutôt dans l'abjection....
Il eût ardemment souhaité la solitude du cloître, ses désirs ne furent pas exaucés. Il mena par les chemins l'horrible existence d'un mendiant, presque d'un pestiféré. La malpropreté lui inspirait une répugnance profonde ; il vécut sous des haillons, dans la vermine. Et si pauvre qu'il fût, il réussit encore à soulager les misérables, car il partageait avec eux les aumônes qu'on lui jetait.
Or, si Benoît-Joseph Labre a poussé aussi loin l'abnégation, c'est parce que de toutes les pénitences, il a vaillamment et chrétiennement choisi celle qui lui paraissait la plus cruelle.
Voilà ce que nombre de gens, parmi lesquels certains catholiques, n'ont pas encore compris. Que ceux-là méditent les paroles de l'abbé Marconi qui fut le dernier confesseur de Benoit-Joseph Labre :
« Dieu le fit naître pour confondre l'incrédulité de ce siècle, pour en briser l'orgueil et pour en confondre la mollesse. Thaumaturge, il a déconcerté ceux qui niaient le miracle ; pauvre, il a flétri le luxe ; miroir de pénitence, il a étonné la foule des voluptueux du xvine siècle. Comme une lumière éblouissante, il a parcouru le monde, afin d'éclairer les esprits et de réchauffer les coeurs, et la trace de ses pas est devenue une traînée de feu qui marque pour toujours l'hérofcité de ses actes. »
Tel était ce grand Saint qui appartenait à la vieille France .
J. M.
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TABLE DES MATIÈRES |
AVANT-PROPOS.
CHAPITRE I. A quoi cela est-il bon?
CHAPITRE II. Naissance de Benoît. Son enfance. Les premières années de sa jeunesse. Ses vertus. Il veut se faire moine. Longtemps ses parents s'y opposent; ils y consentent enfin. Les desseins de saint Benoît sont entravés, tantôt par les refus des supérieurs, tantôt par les troubles, les angoisses qu'il ressent dans sa cellule. Manifestement, Dieu veut qu'il mène la vie du pèlerin, du pauvre, du mendiant
CHAPITRE III. - Benoît Labre parcourt l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la France, l'Espagne. Ses séjours à Lorette et dans diverses villes. Il est accusé de vol et d'assassinat. Prophéties, Guérisons merveilleuses
CHAPITRE IV. Second séjour à Rome . Les amis de Benoît Labre. Le peuple le vénère. Rigueurs de sa pénitence. Ressemblance divine. Tentations violentes
CHAPITRE V. Les onze pèlerinages de saint Benoît Labre à Lorette. Un document irréfutable. Les annotations du Père Temple inscrites sur le registre des pèlerins
CHAPITRE VI. Encore des guérisons merveilleuses Le couvent de sainte Claire. Le persan Zitli Les Zori
CHAPITRE VII. Dernier séjour à Rome . Phénomènes invraisemblables et démontrés. La bilocation. L'irradiation. La santé du saint s'altère de plus en plus. Il attend la mort avec joie et redouble d'austérités. Sa présence seule produit des conversions
CHAPITRE VIII. - La mort du saint
CHAPITRE IX. - L'ensevelissement. Concours immense. Toutes les classes confondues. L'exaltation du peuple romain. Guérisons extraordinaires
CHAPITRE X. - L'inhumation. Nouveaux miracles Touchantes manifestations du peuple, du clergé,de l'aristocratie romaine
CHAPITRE XI. - Les miracles au tribunal de la science
CHAPITRE XII. - La canonisation
CHAPITRE XIII. - Les quatre sanctuaires de saint Benoît-Joseph Labre à Rome . Le pélerinage en France
Imprimerie LAHURE, rue de Fleurus, 9, à Paris .
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l'Académie française (Prix Juteau-Duvigneaux). 1 vol. i n-12
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CHAPITRE PREMIER |
« A quoi cela est-il bon? »
Dans une réunion d'intimes, qu'il y a de cela bien des années, recevaient un prélat missionnaire, Mgr Gaudin, évêque de Saint-Albert au Canada, on parlait de saint Benoît-Joseph Labre et de sa pénitence.
A quoi cela est-il bon? demanda quelqu'un.
J'avoue, répondit Mgr Gaudin, que je vis habituellement dans la condition matérielle où voulut rester le bienheureux Labre, et même dans une condition pire. Je le fais de bonne volonté, je vois à quoi cela est bon Mon diocèse, plus grand que la France , est situé dans les extrêmes régions du pôle Nord. Nous avons sept ou huit mois de neiges et de glaces, un mois de boue et de marécages, deux mois de poussières. J'ai passé de nombreuses nuits dehors, par 45 degrés de froid, j'aime mieux 45 degrés sans vent que 25 avec du vent. J'ai voyagé des mois entiers dans les neiges sur les lacs gelés, perdant ma route quand ce terrible vent vous fouettait de ses âpres tourbillons. « Je couche sur la terre nue, je ne mange pas de pain, je ne bois pas de vin, je me nourris de poisson séché ou gelé, ordinairement arrosé de neige fondue peu limpide. En voyage, nous vivons d'une poudre de viande sèche, roulée dans le suif. Je n'y suis pas habitué après quinze ans !... Tout cela n'est rien encore!
« Il faut coucher en compagnie !... Lorsqu'il s'agit de passer la nuit sur un lit de glace, sous un édredon de neige, les rudes vêtements de cuir, les peaux de bêtes n'entretiennent pas la chaleur nécessaire pour dormir. On se met en tas sous les couvertures. J'ai un sauvage à ma droite, un sauvage à ma gauche, et parfois, il faut introduire aussi dans ce lit les chiens qui traînent les bagages.
« Or, rien n'égale la malpropreté des sauvages, elle n'est pas seulement hideuse et infecte, elle est souvent infâme. Les Européens leur ont communiqué les vermines qu'ignorait leur barbarie.
« Dans ce cas-là, je me contente de mes chiens. Mais si les sauvages n'ont que des poux, je les prends et je prends aussi leurs poux. Oui, toujours à la fin d'une course apostolique, j'ai des poux. En vérité, messieurs, je ne crois pas que personne s'astreigne à nourrir des poux, uniquement par plaisir.... Quant à moi, je m'en débarrasse sitôt que je peux. J'ose ajouter que mes sauvages eux- mêmes, quoique moins importunés, s'en séparent volontiers!... Je rapporte donc des poux et en quantité, et sans aucune satisfaction d'en avoir, veuillez le croire !...
« Néanmoins, dès qu'il faut repartir, je repars. Je me trouverais fou de ne pas repartir et je me trouverais coupable de rester dans ma station. » |
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