| Les
simples pages que voici sont une réduction populaire de
notre itinerarim animae franciscanum (1)
.
Nous
y avons donné le suc de toute la doctrine de l’Itinéraire
mais sans aucune spéculation rationnelle : comme telles
ces pages se présentent donc, non à la raison
raisonnante, incapable, en son activité naturelle, de
saisir les vérités toutes surnaturelles de notre
élévation à Dieu ; mais au cœur et
à l’intuition surnaturelle, obscure mais profonde,
intellectives et affective, de la vivante foi intérieur
qui goûte et s'expérimentalement plus qu’elle
ne comprend.
Les
mystères de la vie surnaturelle ne peuvent être
compris, mais ils sont saisis par la foi et l’expérience
des âmes toutes simples guidées par inspiration
intérieure et l’intuition vivante en contact ave
Dieu : «Je vous bénis, Père, Seigneur du
Ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses
aux sages et aux prudents, et les avez révélés
aux petits» (2).
Malgré
sa profondeur réelle, nous sommes assuré que cet
Itinéraire parlera aux «petits» ; mieux encore
qu’aux «sages» et aux «sages»
et aux «prudents» de l’orgueilleuse raison
humaine qui voudrait réduite le surnaturel et l’infini
à sa miséricorde mesure naturelle et finie.
Pour
eux cependant qui désireront au exposition plus détaillé
et plus intellectuellement doctrinale, nous nous réservons
de publier, en son temps, un «grand» Itinéraire.
(3)
Ce
«petit» Itinéraire es dit de l’«âme
franciscaine», cela n’implique cependant q’aucune
exclusivisme, ni esprit d’Ordre ou de Congrégation,
mais bien plutôt un état d’âme qui,
nous le pensons, est simplement celui que l’esprit évangélique,
dont saint François d’Assise a voulu être
la plus pure expression. (4)
C’est
donc la simple doctrine évangélique de la perfection
que nous entendons présenter à toutes les âmes,
qui seront d’autant plus franciscaines qu’elles
seront plus évangéliques, mais aussi, nous le
pensons, d’autant plus évangéliques qu’elles
seront plus franciscaines.
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1-
L’homme est un voyageur sur la terre. Ce monde où
il s’éveille à la raison, ce corps lui-même
qui sert d’instrument à son âme ne sont pas
pour lui une demeure permanente : il ne fait qu’y passer
pour un temps très cours, en route vers l’éternité
qui ne finira jamais.
Quel
drame immense en quelque des paroles ! l’homme ! le temps!
L’éternité ! Qu’est-ce que l’homme
? Que sera cette éternité où le temps le
pousse inexorablement, sans que sa volonté puisse en
arrêter ou même en retarder la marche ? Quel est
le ceci qui y conduit ? Quel est itinéraire à
suivre pour ne pas faire fausse route ? car il s’agit
de l’éternité, d’un bonheur ou d’un
malheur qui ne finira jamais…
Question
angoissante pour tout homme.
Le
chrétien a le bonheur de connaître la réponse
qui sauve, la voie qui conduit au bonheur : «Je suis la
voie, la vérité et la vie»
(1), a dit Jésus.
2-
La voie est Jésus, l’itinéraire à
suivre a été montré par le Christ à
tous es disciples, mais l’âme franciscaine a sa
façon à elle de suivre Jésus selon l’esprit
et l’exemple du Père Séraphique.
L’âme
franciscaine n’a qu’un modèle, un idéal
: Jésus. Elle ne va pas à la recherche de vertus
abstraites à pratiquer, mais elle imite Jésus,
perfection concrète de toutes les vertus.
Elle
ne se contente pas d’Imiter Jésus comme on imite
un grand homme, par l’extérieur : elle sait que
Jésus vite en elle, et elle vit de lui, se nourrit de
Sa vie, grandit en Lui, comme les sarments vivent de la sève
du cep, croissent le Lui et par Lui ; comme le Père Séraphique
a imité et vécu Jésus dans la conformité
parfaite intérieur et extérieure, jusqu’à
la conformité des stigmates et la conformité au
Ce n’est pas moi qui vis, mais Jésus qui vit en
moi, de saint Paul. (2)
3- L’âme franciscaine est toute petite, humble et
enfantine ; elle ne prétend point arriver à la
perfection par ses propres efforts ou par de grandes actions,
par des méditations compliquées ou par de hautes
spéculations ; elle sait que par soi elle en peur tien,
et elle s’abandonne à Jésus qui opérera
en elle la perfection et, divin ascenseur, l’élèvera
jusqu’au Ciel. Son effort, c’est d’aimer ;
sa méditation, c’est l’amour ; sa contemplation,
l’amour encore.
Mais, avec le Père Séraphique, elle connaît
le chemin de l’amour : la Croix. Elle connaît le
nom de l’Amour : le Crucifié.
Et voilà l’ascétique franciscaine : s’attacher,
par amour, à Jésus-Crucifié, dans le dépouillement
spirituel de la sainte Pauvreté, source de la joie parfaite
de l’Âme qui, dans l’amour et le dépouillement
de soi et de tout, trouve toute en Dieu, source de la toute
joie.
Dieu,
c’est, pour l’âme franciscaine, l’amour,
le Père, que l’on aime par le Fils, dans le Saint
–Esprit, en la fraternité universelle de toutes
les créatures. C’est le terme final de l’itinéraire
vers l’éternité, que nos approfondirons
dans une série de méditations successives.
Que
la Vierge Immaculée, Mère de la Vie nouvelle,
veuille nous la communiquer avec toujours plus d’abondance. |