| Deuxième
Partie- Mon Christ Aimé Venez
en moi comme Sauveur.
«
Que le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton
âme en vue de la vie éternelle(1) ! »
Telle
est la parole que le prêtre de Dieu m’adresse,
au moment où il dépose sur la langue le sacrement
adorable de Jésus-Hostie.
Parole
profonde, riche de sens, Ni plus ni moins, ce souhait, fait
à chacun de nous, est une prière qui implore
note salut. Le ministre de Dieu, qui vient de communier, est
saturé de grâce. Ses lèvres sort humides
encore du sang très précieux de l’Agneau
qui efface les péchés du monde. Et c’est
alors qu’il exprime cette parole, cœur ardent,
qui résume toutes les fins du sacrifie offert : la
gloire de Dieu dans le salut de l Homme.
Est-ce
que la personne entière de Jésus ne nous sauve
pas ? Assurément, son corps , son sang, son âme,
sa divinité opèrent infailliblement notre salut.
Pourquoi insister sur ce mot, le corps, sinon parce que Jésus,
l’a dit.
L’Église,
en priant ainsi n’a pas l’intention précisément
d’isoler l’élément salutaire des
autres partie constitutives de la personne de Jésus,
l’Homme- Dieu. L’âme du Christ est unie
à son corps`et les deux sont unis, en unité
de personne, à sa divinité .C’est à
lui tout entier qu’elle s’adresse toujours.
Mais,
en disant le corps, elle nomme une chose que nos connaissons
mieux, que nos sens saisissent mieux, semble-t-il, au travers
des espèces sacrées qui de dérobent à
nos yeux. On dirait que, dans l’eucharistie , le corps,,est
ce que nous trouvons, d’abord. Et l’Église
nous fait chanter : Avec verum corpus natum : Salut, ô
corps, né de la Vierge Marie et qui a vraiment souffert
pour l’homme, qui fut immolé pour lui (1) !…
Et
puis, et surtout, en nous répétant : Que le
corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton âme
pour la vie éternelle, le prêtre veut nous rappeler
que c’est ce corps qui connut notre mortalité
et toues les épreuves souffrances, tourments de la
vie; ce corps qui a répandu le sang précieux,
ce grand prix de notre rédemption et de notre salut
(2) ; ce corps qui resta suspendu à la sainte croix
ce qui fut mis au tombeau ; ce corps qui, ensuite, ressuscita
glorieux et monta au ciel… où il siège
à la droite du Père ; ce corps, ne fut-il pas
et ne reste-il pas l’instrument et adorable de notre
salut éternel?
À
la dernière Cène, Jésus nous le donnait,
disant : Ceci est mon corps, livré pour vous (3) ,
pour votre rachat , pour votre salut.
Pour
désigner, d’un mot l’œuvre grandiose
de l’incarnation qui nous sauve, l’apôtre
sait Jean ne fut jamais mieux inspiré qu’en écrivant
: Le Verbe s’est fait chair (4). Ce qu’il y a
, de plus sublime, la splendeur de gloire du Père ;
par ailleurs, ce qui semble le plus méprisable, le
plus lourd, le plus matériel, la chair : le Verbe de
Dieu et notre chair.
Il nous faillait ce remède pour le corps comme pour
l’âme, ainsi que l’enseignent tant de postcommunions
de la sainte Messe : il nous le faillait pour guérir,
pour relever et pour sauver notre corps de péché,
cause de nos déchéances les lus lamentables
; il fallait cette chair d’un Dieu, chair si virginale,
chair maintenant glorieuse car, elle vient à nous,
ainsi, à la communion pour inoculer à la nôtre
ce ferment de résurrection dont, désormais elle
détient le gage assuré.
Et
c’est pourquoi, Seigneur, je vous crie : Venez en moi,
comme Sauveur, en moi et en tous ceux et celles que vous avez
unis à moi et qui vous aiment ; venez aussi en cœur
qui ne vous aiment pas, mais que vous appelez tous à
cet amour,
«
Corps du Christ, sauvez-moi (4)!…» ainsi prie
l’auteur de l’Anima Christi, cette belle prière,
si profonde, si pleine de doctrine dans sa brièveté
!
Corps
de Jésus, né de la Vierge Marie ; corps immolé
pour mon corps ressuscité pour moi ; corps de Jésus
remonté au ciel et qui m’attirez ineffablement,
sauvez-moi !
Sauvez-moi,
en me garant pour la vie éternelle, en vue de cette
vie-là . La vie éternelle ! N’est-ce pas
la seul raison d’être de ma vie ici-bas? Si je
manquerai ce but, je perdrais tout, parce que je perdrais
Dieu, mon Dieu, la Trinité qu’aujourd’hui
j’adore en mon cœur, en le ciel de mon Âme.
La
vie éternelle, c’est la vision du face à
face ; c’est voir Dieu, c’est le connaître,
l’aimer, comme il se connaît et comme il s’aime.
« Nous le verrons, nous l’aimerons, nous le louerons
» s’écrie saint Augustin. Nous seront plongés
au sein de la joie infinie ; nos seront étreints, éternel
et dans l’embrassement du Père, du Fils et de
l’Esprit d’amour. Quelle étreinte !…
Sa seule pensée détache de toutes choses et
ravit en Dieu.
Seigneur
Jésus, ne permettez donc jamais que je sois séparé
de vous (5), ni dans le temps, ni dans l’Éternité
! Je vous le demande, chaque matin, au moment où je
vais vous dire : Que le corps de Notre Seigneur Jésus
garde mon âme pour la vie éternelle ! Vous êtes
cette vie, parce que vrai Dieu (6) ; et c’est vous qui
nous la révélez, ô Venez donc à
oit, à tous, comme Sauveur ; et que se réalise
la parole que vous disiez en instituant votre sacrement, source
d’immortalité : Père, j’ai gardé
ceux qui vous m’avez donnés, et aucun d’entre
eux n’a péri (7).
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