Prêtres du Monde

+Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

Série 3- À la Trinité par l'hostie 21 /52

Le rayonnement de Jésus

Don-Vanadeur

 Deuxième Partie- Mon Christ Aimé

Je vous demande de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement en votre vie.

Où va me conduire l’oraison de Dieu ? Ni plus ni moins qu’à cet admirable commerce entre Jésus et moi, entre Jésus, qui me communique toute ce qu’il est, tout ce qu’il a ; et moi, qui le revête de plus en plus au pointe de devenir comme une même chose avec lui.

C’est là, la grâce profonde qu’infuser en mon âme Jésus-Hostie Elle ne réalise pas cette merveille en un jour, au moins d’ordinaire; mais, peu `a peu, lentement, sûrement. Pour me servir de l’expression familière à l’Apôtre, je dirai qu’elle me situe et me stabilise dans le Christ : in Christo Jesu. Le baptême, déjà, est une initiation à cette substitution sublime l’eucharistie est chargée de l’accentuer sans cesse et de la parfaire.

Nous entendons encore tant elle nous, impressionne cette parole que nous adressait une âme pleine de Dieu : «Dites-vous souvent : je vous, comme toute âme chrétienne, répétez-vous : je suis Jésus…Pénétrez-vous de cette ineffable vérité, à tout instant, où que vous soyez, sur la place publique ou dans vote chambre, dans le métro de la ville immense ou dans le salon où vous recevez. Pensez cela, pénétrez-vous de cela, à la prière ou au travail, dans vos joies ou dans vos peines, quand vous parlez ou quand vous faites silence : Je suis Jésus»

Un baptisé, un chrétien oui, c’est un autre Christ ; mais un communiant ? qui dira jusqu’où va cette substitution de Jésus à lui ? Si nous avions nous prêter à cette opération de Dieu en nous ! Si nous avions foi en la sainte eucharistie ! Si nous croyons à sa vertu de transformation, de transfiguration en Jésus-Christ !

Sur le Thabor, Pierre, Jacques et Jean enveloppés dans la nuée, symbole de l’Esprit- Saint et qui recouvrait Jésus, Moise et Élie entendaient la voix du Père disant de son Christ : Celui-ci est mon Fils, le très cher, en qui je me complais (1)

Puis, ils ne virent plus que Jésus (2).

Ils ne virent plus que Jésus. Tout le reste avait disparaître eux-mêmes semblaient disparaître en lui. La révélation du Seigneur, la fulgurance de sa face et la neige de ses vêtements les avaient transfigurées en lui. Toute communion, c’est cela : une transfiguration, mais une transfiguration bien autrement opérante que celle accomplie sur la sainte montagne.

Si saint Pierre, devant ce grand miracle, avertit ceux auxquels il le rappelle, d’y prêter attention, désormais, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, en attentant que vienne à poindre le jour de la parousie finale ; et qu’il se lève, lui Jésus, comme l’étoile du matin dans leurs cœurs ; que devons-nous penser, nous autres, de cette transfiguration quotidienne que procure la communion ? Elle ne nous laisse pas seulement son souvenir, ainsi que Jésus le demandait à la dernière Cène, mais elle le fait passer, tout entier, en notre être.

Il est en nous, il demeure en nous.(3) Et quand les saintes espèces auront disparu, l’essentiel qui demeurera, ce sera la vertu ou puissance de l’eucharistie. Elle continuera à pénétrer nos moëlles intimes, celles du corps, celles de l’âme surtout. Nous serons devenus le rayonnement actif de Jésus-Christ Notr–Seigneur.

Et nous nous lèverons, et nous irons à notre tâche, à notre labeur, à nos affaires. Porteurs du Christ, Christophores, comme disaient les Pères, nous le porterons partout où nous serons, où nous nous présenterons, où nous agirons. Alors, mais alors seulement, commencera notre véritable apostolat, celui qui dépasse toutes les autres, celui sans lequel tous les autres sont voués d’avance à un misérable échec ; alors commencera ce qu’on a appelé si profondément, si justement «l’apostolat de l’être».

Avant d’agir, il faut être» ; il vieil axiome qui, peut-être, ne réalise nulle part mieux qu’ici sa vérité. Avant de pouvoir prêcher Jésus, avant de pouvoir donner Jésus, il faut avoir commencé par l’être, être Jésus.

La puissance des saints est là, n’est que là : qu’on ne l’oublie jamais. C’est quand une âme est imprégnée du Christ, qu’elle déborde de sa sève divine, c’est alors que nécessairement, sans même le savoir, elle agit. Il est impossible qu’une âme replie de Dieu, et comme changée en lui, ne livre a dehors sa vertu de rayonnement.

Elle devient lumière dans le Seigneur (4), celle qui éclaire les ténèbres ; elle devient le charbon ardent qui enflamme et brûle de son propre feu quiconque l’approche.

Peut-on, timidement, avancer ceci : il y a trop d’œuvres, il n’a pas assez d’âmes intérieures pour les diriger ? Et c’est pourquoi, trop souvent, le succès répond si peu a l’effort.

C’est Dieu qui fait nous oeuvres. Nous ne sommes que des instruments. Encore faut-il que ceux-ci soient adapté à l’usage qu’on doit en faire. Ils ne le sont que lorsque ceux qui travaillent, dussent-ils se fatiguer beaucoup, ne recherchent que la pure gloire de Dieu. Ce n’est qu’en lui et pour lui, en son fils Jésus que travaille bien, pour le salut, celui que s’applique à ses œuvres : c’est qu’alors elles sont faites en Dieu (5).

 
Références
1- Mc., I,II
2- Mt., XVII,8
3- II .PETER., i,19
4- Epes., V,8
5- Joan, III,21
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