Sixième
Partie- O Mes Trois
O
mes Trois, on Tout.
Et
maintenant que je suis passé dans le Christ : maintenant
que, j’en ai la confiance absolue, le Père des
cieux me regarde et ne voit plus en moi que le Bien-Aimé
de ses complaisances : maintenant que Jésus-Hostie
introduit au sein de la Trinité, le Dieu que j’adore,
je puis leur redire dans tout l’élan d‘un
cœur qui sait à qui il se livres : O Mes Trois
et on Tout!
François
d’Assise passait des nuis à crier vers Dieu :
«Mon Dieu et mon Tout !» y a-t-il un moment où
l’âme puisse, avec plus de sincérité,
plus de sainte audace, clamer vers Dieu : Mes Troie et Mon
Tout ? C’est que l’eucharistie mêle l’activité
intime de cette âme, divinisée autant qu’elle
peut l’être, à celle des personnes de l’auguste
Trinité.
Oui,
mon Dieu, une essence et trine en personnes, vous êtes
mon tout. Je ne désire plus rien. Vous êtes richesse
des richesses, richesse infinie, la seul qui puisse rassasier
mon intelligence avide de savoir, la seul qui puisse enivrer
mon cœur, assoiffé d’amour. Que me sont,
en réalité, tous les biens réunis du
ciel et de la terre, si je leur compare une seule minute,
consacrée à vivre si pleinement en Vous, dans
ma saint Communion ?
Je
renter dans le centre de mon âme, en son essence profonde,
là où vous daigner faire votre séjour
; je rassemble mes puissances, ou plutôt c’est
vous qui les invitez à descendre là., en cette
profondeur réservée à mes Trois, pour
célébrer le festin où l’on n’est
pas admis sans la robe nuptiale (1).
Mar robe nuptiale c’est Jésus-Hostie, je suis
revêtu de sa sainte humanité ; elle m’inspire
l’attitude et les sentiments qui lui sont propres, face
au Verbe, sa Personne, qu’elle adore, lui faisant remise
totale de ce qu’il l’a fait, de ce qu’elle
est.
En
elle, je m’approche de vous, Père Saint, Père
de la gloire (2), gloires où
plonge Jésus, mon Hostie. Je m’unis à
l’offrande qu’il vous faite de lui-même,
dans les intentions sublimes pour lesquelles il se livre à
vous, il est votre complaisance éternelle, ineffable.
Je vous le rends avec toutes les perfections de sa divinité,
avec tous les charmes de son humanité, avec tout ce
qu’il est, tout ce qu’il a ; oui, avec tout ce
qu’il est à jamais pour vous.
Jouissez,
o mon Dieu , de votre Fils bien-aimé! Si j’ai
la présomption de vous souhaiter cette jouissance,
ce n’est pas que vous avez besoin de ma dévotion
; mais, en Jésus, ne suis-pas votre enfant de grâce
? Si je désirer pour vous toujours plus de jouissance
de l’Unique de votre complaisance, ce n’est pas
qu’elle puisse encore s’accroître , puisqu’elle
est pleine, infinie ; mais l’amour désire toujours
plus, pour celui qu’il aime…
Verbe
de Dieu, fils du Père, je vous offre, en votre sainte
humanité que je viens de recevoir, mes adorations.
En elle, qui subsiste en votre personne, elles ont quelque
chose d’infini d’adéquat à vote
sublimité’. Je voudrais rester, tout le jour,
dans cette attitude adoratrice de votre gloire, dans l’esprit,
de cette filiation unique, à laquelle l’eucharistie
me fait participer, comme par nul autre de vos dons. Gardez-moi,
ainsi, près de vous ; que dis-je, conservez-moi en
vous, dans cet état de sujétions d’amour,
d’entière soumission dans laquelle se tient votre
humanité e qu’ainsi il soit dit mieux que jamais,
que j’ai tout perdu de ce qui reste de moi-même,
pour me retrouver, par elle, en vous, mon Dieu et mon Tout.
Esprit-Saint,
amour du Père et du Fils, Baiser substantiel de l’un
et de l’autre, je me livre à vous, en Jésus-Hostie.
Je me livre à votre affection, aujourd’hui, comme
s’y livrait et s’y livre à jamais son humanité
sainte. Je vous en supplie, en toute l’humilité
dont je peut-être capable par votre grâce versez
en moi votre don, le don de votre charité, de cette
participation réelle, à l’amour que vous
êtes dans le sein béni des Trois. Et qu’ainsi,
tout ce jour, je puisse aimer Dieu par vous, aimer le prochain
comme moi-même, par l’amour de vous !
O
mes Trois, vous êtes véritablement mon tout.
Je ne désire plus rien sinon quelque chose de votre
plénitude ; c’est–à-dire l’envahissement
de Dieu en l’essence de mon âme misérable,
qui a tant de besoins, besoins qui se résument en le
besoin de vous seul.
Arrachez-moi à toutes délectation de ce qui n’est pas
vous Que meurent en moi tout désir qui ne soit pas
vous, toute consolation qui ne soit pas vous, tout dessein
qui ne soit conforme au plan éternel d’amour
que vous avez tracé, réglé pour moi,
et où je ne puis lire que votre volonté que
j’adore.
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