| Cinquième
Partie- Et vous, o Père
Penchez-vous
vers votre pauvre petite créature.
Père,
mon Père à moi, notre Père à tous,
qui êtes aux cieux, je vous parle et je vous supplie,
par Jésus-Hostie qui est en moi… Je me sers de
ses lèvres sacro-saintes et de son Cœur Sacré
pour présenter mes requêtes ; en ce moment où
il est en moi et moi en lui ; en ce moment, où l’on
peut tout obtenir ; car, il l’a dit : Si vous demeurez
en moi, et si mes paroles demeurent en vous, vous demanderez
tout ce que vous voudrez, et il sera fait pour vous (1).
Je demeure en Jésus ,votre fils ; ce sont se paroles
mêmes qui sortent de sa bouche ; quand je vous prie…
Père, mon Père, écoutez-moi, ou plutôt,
écoutez-le !
C’est
votre pauvre petite créature, frêle et sa force
qui élève vers vous le regard de sa foi, de
sa confiance et de son amour. Père des miséricordes
et Dieu de toute consolation (2),
daignez donc vous pencher vers moi, comme se penche sur son
enfant un être qui aime.
Vous êtes l’amour miséricordieux, c’est-à-dire
celui «qui donne son cœur au misérable
(3)». Permettez cette hardiesse d’un tout-petite
qui s’empare de votre cœur, qui le fait sien, qui
ose lui ravir tout ce qu’il a de meilleur, les richesses
insondables de la munificence d’un Dieu.
Je
vous demande, Père des cieux, Père de ce petit
enfant que vous voulez bien écouter, parce qu’il
prie en Celui qui est toujours exaucé (4)
et qui vit au plus profond de moi ; je vous demande le pain
quotidien qu dit me nourrir aujourd’hui, que vos ne
refusez pas aux oiseux du ciel. Je ne vous demande pas celui
de demain. Semaine aura soin de lui-même (5).
Je m’abandonne, totalement, corps et âme, à
votre paternelle. Providence, avec ce pain, je vous demande
le vêtement que vous ne refusez pas aux lys des champs.
Je vous demande toute ce qui m’est nécessaire
pour accomplir mon devoir, tout mon devoir d’aujourd’hui.
J’y compte sans plus l’ombre d’un souci.
Je sais que vous êtes Père ; il me suffit.
Je
vous demande surtout le pardon de mes péchés,
de tous ces péchés passés et présents,
qui ont pour vous contrister, qui on pour vous faire douter
de mon amour et de ma fidélité. Vous lisez dans
mon cœur, en ce moment, vous voyez bien que, moi aussi,
je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé
et qui m’offensent toujours, Jésus m’apprend
à espérer de vous tout pardon, si je pardonne
; si j’oublie le mal qu’on me fait ; car, peut-on
vraiment dire qu’on pardonne, lorsqu’on ne veut
pas oublier ?
Je
suis donc pardonné ; mon cœur est pur, sans tache,
sans l’ombre du mal… Quel bonheur! Quelle paix
cela donne à l’âme ! Je n’ai plus
de comptes à rendre à Dieu, si j’ai tout
pardonné, tout oublié. Je ne penserai plus à
l’offense ; si bien qu’en ce moment je rie même,
avec Jésus, pour ceux qui me dominent, qui me maudissent.
Je les bénis comme il me l’enseigne, afin qu’ils
ne pèchent plus.
Seigneur,
délirez-moi de la tentation, ou plutôt ne permettez
pas que j’y tombe !. J’appelle tentation toute
épreuve quelconque, qui m’expose à vous
offenser, à vous abandonner, à désespérer
de mon salut. Qui donc n’a pas la sienne ? Qu’elle
soit d’ordre matériel ou spirituel, l’épreuve,
nécessaire à quiconque plaît à
Dieu (6), peut, au contraire,
l’aider à grandir en grâce, en vertu, en
mérite. Je ne vous demande, Seigneur, que la force
qui m’aide à vaincre le mal par le bien.
Arrachez
de mon cœur toute attache à la créature,
toute attache que vous ne voulez pas, que vous n’approuvez
pas. Arrachez-moi à la fascination de l’argent,
de ce Mammon odieux q’on ne peut servir a vous trahir,
rendez-moi chaste, «bien châtié»,
dans ma chair corruptible, à qui vous réservez
la gloire au jour de ma résurrection, par ce que vous
la nourrissez du corps et du sang de mon Sauveur.
Inclinez
mon esprit, si orgueilleux, à se soumettre à
vos lois saintes, à toute autorité qui a le
droit de me commander, et pour l’unique amour de vous,
rendez-moi humble, enseignable, souple à l’appel
de vote volonté adorable ; que je la bénisse
toujours, sachant bien que vous ferez la mienne si j’accompli
la vôtre da la crainte filiale la mienne si j’accomplis
la vôtre dan la crainte filiale des enfants du bon Dieu.
Seigneur,
Père de Jésus et mon Père, délivrez-moi
de toute mal, du mal suprême qui est le péché
; il n’y en a pas d’autre, en réalité,
puisque tous les autres maux, vous ne les permettez que pour
en tirer, à votre gloire et à mon avantage,
un plus grand bien.
Votre
pauvre petite créature est certaine aujourd’hui
d’être exaucée, puisqu’elle vous
invoque par Jésus-Hostie qui vous glorifie en moi.
Il en sera ainsi encore demain et après-demain, je
ne puis plus douter de celui qui est Père et que je
sens penché sur moi, me prenant danses bras, dans l’amour
du Saint-Esprit.
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