| Deuxième
Partie- Mon Christ Aimé
Venez
en moi comme adorateur.
Jésus
est en moi, en mon corps, en mon âme… Il est si
bien en moi, qu’il me submerge en Dieu, s’il m’est
permis de dire ainsi ; tant il vient de m’envahir afin
que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de la sienne,
Jésus, l’Homme -Dieu, m’emporte et m’enlève
en Dieu son Père, en le Fils, en l’Esprit de
l’un et de l’autre.
Et
c’est ainsi, qu’uni à lui, je puis présenter,
en lui, je m’unis à se adorations ineffables
; je m’y perds, ne pouvant plus dire à Dieu que
ce mot : Adoro te.. Mon Dieu, je vous adore…
Les
adorations de Jésus !… qui pourra jamais exprimer
ce qu’elles peuvent être, la religion qu’elles
constituent, la gloire qui en revient à mon Dieu ?
Qui mieux que lui, Homme-Dieu, peut sonder l’abîme
sans fond du néant de la créature devant le
tout de Dieu ? Qui, plus parfaitement que lui, peut scruter
le rein de tout ce qui est, devant la réalité,
digne de toutes les adorations, de Celui qui est. (1)
Adorations
profondes du Sacré-Cœur de Jésus, je m’unis
à vous ! Prostrations de l’Homme qui est Dieu
lui-même, je communie à vos louanges. Avec vous,
ô Jésus, je ne redirai que cette belle prière
que répétait jadis, à saiété,
un saint évêque (2);
«Mon
Dieu, je vous adore… Tout en moi vous adore… Je
vous adore en toutes choses… Et je n’ai plus de
joie, de paix et de repos que dans cette adoration.»
Père,
notre Père des cieux, Père de Jésus,
mon Père et mon Dieu, je vous adore par votre Fils,
dans l’amour du Saint-Esprit… Je ne sais plus
dire, ne faire que cela… Il n’y a de vrai adorateur
que lui, votre bien-aimé. Lui seul sait qui vous êtes,
Père ; lui seul peut vous révéler, et
à qui il lui plaît. Mais si je sais vous dire,
en lui : «je vous adore,» je crois que je vous
rends un culte, le vrai culte en esprit et en vérité,
le seul qui vous agrée , parce qu’il est, seul,
le culte plénier qui vous revient.
Tout
en moi, par Jésus, vous adore. Oui, toute mon être.
Mon corps tel que vous l’aviez fait, et cela jusqu’à
la dernière fibre, jusqu’aux moelles les plus
secrètes. Je vous adore avec mon âme et ses puissances,
les naturelles et les surnaturelles ; avec ma mémoire
qui ne veut plus se souvenir que de vous ; avec mon intelligence
assoiffée de vous connaître ; avec mon cœur
et toute l’amour dont il peut- être capable ;
avec ma volonté, rivée à vote saint service,
je vous adore, avec tout être de grâce que votre
don daigna créer en moi.
Par
Jésus, je vous adore en toutes choses… Je reconnais,
par cette adoration, tout ce que vous êtes, vous , mon
Dieu, mon premier principe, ma fin dernière ; vous,
la puissance, la sagesse ; vous, la bonté ; vous, la
justice; vous, la miséricorde ; vous, mon imperturbable
espérance, dans votre vérité et dans
votre amour.
Je
vous adore, par Jésus , dans vos volontés, celles
que je comprends et , plus encore, celles que je ne comprends
pas, mais que je sais justes, équitables et conformes,
toutes, aux dessins de votre gloire infinie.
Je
vous adore même en toutes vos permissions, aussi adorable
que vos volontés, ô vous, qui ne permettez le
mal, sous quelque forme qu’il se présente à
moi, que pour être la cause d’un plus grand bien.
Ma
joie est pleine, désormais. Cette adoration me rassasie
et m’établit en toute paix ; elle me stabilise
en tout repos. Je voudrais ne plus me départir en cette
attitude de corps et d’âme. Je voudrais, par Jésus-Hostie,
ne plus relever le front de cette dalle où je me prosterne,
pour vous dire mon néant et votre tout…
Je
suis là, à ma vraie place. Je ne puis être
mieux… Il me semble que toue expression de ma piété
se confond bien en celle-ci.
Seigneur
Jésus, venez donc en moi, comme adorateur, adorateur
du Père, du Fils que vous êtes, dans l’Amour
qui me remplit de Dieu. Cette vie me semble si débordante,
si féconde, si glorieuse !.
O
mon Dieu, Trinité, que j’adore !…
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