| Troisième
Partie- O Verbe Éternel
Parole
de mon Dieu !
Je
possède en moi l’unique Parole du Père,
en possédant Jésus-Hostie, Verbe Incarné,
fait eucharistie. Et cette Parole unique, en laquelle il peut
dire lui-même et toutes choses, c’est la Parole
toute-puissante, par qui toutes choses ont été
faites, et sans laquelle rien n’a été
fait (1).
Et,
elle, pour Dieu, dire et faire, c’est une seule et même
chose. Vous dites, Seigneur : Que la lumière soit,
et elle fut… Que le firmament soit, et il fut (2).
Bien plus, la puissance infinie de votre Parole ô Verbe
que j’adore en moi, fait de rien tout ce qui est ; et
elle peut, si elle le voulait, le réduire à
rien.
Or,
cette puissance ne s’arrête pas là. S’il
lui plaisait, votre seule Parole peut produire cent milles
ondes plus splendides, plus riches, plus grands que celui
que j’admire. Chacun de ces cents milles mondes pourrait
se dépasser en splendeur, en richesse, en grandeur,
dans la mesure qui séparer le grain de semble comparé
au monde qui est. L’imagination, se perd à se
figurer ces disproportions indéfinies. Et cependant,
il suffirait à votre Verbe de dire, et il serait fait
; une seule Parole peut créer et peut détruire
et faire encore et toujours plus beau, plus digne de vous
! et tout cela serait fait de rien… Mon esprit se perd,
et se confond devant tant d’abîmes ; il doit confesser
qu’il est impuissant à concevoir la plus petite
partie de la puissance infini de la Parole.
Et
s’il vous plaisait, par votre Parole, ô mon Dieu,
de créer et de réunir ces cent milles mondes,
plus eaux les uns que les autres, dans un seul grain de sable,
qu’est-ce donc qui pourrait vous en empêcher ?
Il
n’y a qu’un être libre qui puisse résister
à la puissance de la Parole qui appelle; c’est
du cœur opiniâtre, un cœur rebelle à
ne pas couloir se rendre à Dieu qui le sollicite.
Mais je ne veux pas être ce cœur-là, orgueil
incarné d’une créature qui refuse d’obéir
à l’appel de la Parole du Père. C’est
pourquoi je livre, en ce moment, mon être tout entier
à la puissance du Verbe éternel, à la
parole de mon Dieu.
Parole
du Père, par laquelle j’ai été
fait, et sans lequel je ne serais pas, je vous adore, je vous
bénis, je vous rends grâces. Vous ne deviez pas,
absolument, me créer. Je n’étais pas nécessaire,
pas même utile. Vous gloire n’en pouvait être
augmentée.
Vous l’avez voulu, cependant, et je fus créée.
Vous m’avez tiré du néant pur être
quelque de chose et même quelqu’un ; car, vous
m’avez donnée une âme pour connaître
et aimer mon Dieu, Trinité que j’adore, pour
aspirer, après l’exil de cette vie, à
le rejoindre, à le contempler, à jouir de lui,
à m’abîmer en l’océan divin
de son repos.
Et
pour assurer cette jouissance dans l’ivresse de l’amour
éternel, vous vous êtes faite , ô Parole
le pain qui me nourrit, le sang qui me désaltère.
Vous me re-créez, chaque matin, s’il se peut
dire, en renouvelant la jeunesse de mon âme, en la sanctifiant
davantage, en l’adaptant toujours mieux aux opérations
mystérieuses, par les lesquelles, Parole créatrice,
vous refaites mes déficiences et les transformez en
grâces nouvelles, qui me transfigurent en votre image.
O Parole, puissiez-vous être dite, inlassablement, sur
moi ! Dites-la sur moi, aujourd’hui, à tout instant
du jour et de la nuit. Si vous êtes la Parole incarnée,
Seigneur Jésus. N’est-ce pas pour que vous puissiez
m’arracher a néant de mes sottes imaginations,
de mes vaines pensées, de mes inutiles soucis, de mes
vaines pensées, de mes inutiles soucis, de mes vouloirs
si souvent pervers ?
Dites,
et je deviendrai moi-même parole de la Parole. L’idée
adorable que vous avez conçue de moi avant la constitution
de ce monde, vous l’incarnerez toujours mieux de mon
être si fragile et si fiable. Et je pourrai devenir
parole agissante, parole féconde autour de moi. Je
dirai, moi aussi, et il se fera de belles choses ; les âmes
en m’écoutant, deviendront meilleures. Votre
puissance vivifiera tous les mots qui jailliront de mes lèvres,
comme des étincelles qui les éclaireront, qui
le embraseront et les rapprocheront de vous, vous, la Parole,
pour recevoir l’influx, auquel elles ne pourront résister,
de cette ineffable puissance.
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