| Sixième
Partie- O Mes Trois
Ensevelissez-vous
en moi, afin que je m’ensevelisse en vous.
C’est
là le dernier mot de ma prière, comme un dernier
désir, si toutefois, quand il s’ait du Dieu infini,
Trinité qu’on adore, il pousse être mis
une borne, un terme aux aspirations de l’âme chrétienne.
On dirait qu’elle n’est jamais satisfaite et qu’elle
peut, et qu’elle doit s’élever toujours
plus haut à la recherche de celui qu’elle étreindra
toujours mieux.
Seigneur
Jésus, Jésus-Hostie qui vivez et régnez
en moi, avec le Père tout-puisant, dans l’unité
d’amour de l’Esprit-Saint, à cette heure
où je communie à votre mystère de foi,
c’est à vous que j’adresse ma dernière
prière. Oui , ensevelissez- vous en moI! Que veux-je
dire ? Quelle est la grâce ultime que je sollicite de
votre ineffable condescendance ?
Je
voudrais être, aujourd’hui, votre ciboire vivant,
le tabernacle du Dieu Très-Haut, le temple du Dieu
saint, la maison de Dieu, la fournaise ardente de charité,
tous ces titres vous appartiens. Puisque vous avez daigné
descendre jusqu’a aux profondeurs les plus intimes de
mon être, n’est-ce pas pour un établir
un séjour définitif ; n’est-ce pas pour
y sceller une union que rien, ni personne ne pourra rompre
ou détruite ?
Vous
ensevelir et moi, n’est-ce pas y cacher, dans l’essence
secrète de mon âme, tout ce que vous voulez-êtes
et rester pour celle-ci? En un mot n’est-ce pas pour
réaliser notre unité de vie, non seulement en
ces moments si riches de grâces de la communion, mais
en tous ceux qui s’écoulent jusqu'à notre
prochaine et nouvelle rencontre, celle de demain?
Vous
désirez tant cet ensevelissement en moi ! Vous voulez
tellement que mon cœur à moi devienne comme le
tombeau de votre amour l’inlassablement agissant ! Je
dis tombeau, non qu’il doive y garer, comme ailleurs,
ce quia cessé de vire au contraire. Vous êtes
le Glorieux, vous en mourrez plus ; en moi, vous vous faites
l’Esprit vivifiant qui régit ma vie (1).
Vous
ensevelir en moi, c‘est y faire mourir tout ce qui n’est
pas vous ; c’est en arracher les fibres les plus minimes
qui me rattachent encore à la créature, ce que
je vous demande plutôt , ce que je puisse m’ensevelir
en vous afin que je devienne mûr pour une transformante
qui déifie mon être en le votre, ô Verbe
du Père, ô véritable époux d’une
âme qui se perd elle-même, pour se retrouver en
vous seul.
Seigneur
Jésus, réalisez en moi ce « mariage spirituel
», vers le quel les saints ont tendu, et tendent toujours
de tous les désirs de leur âme. Vous êtes
au centre de la vôtre. Votre centre, Seigneur, c’est
le sein de Dieu ; c’est la fournaise ardente de la charité
éternelle, où se consument le Père, le
Fils et le Saint-Esprit.
Centre
de ma propre vie, ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse
en vous. Enfin , je recueillerai le fruit véritable
de cette communion ineffable qui explique à merveille
la parole que vous nous disiez , ô Vigne du Père
: celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure et moi,
et moi en lui (2).
Je ne suis qu’un tout petit rameau de cette vigne. Plus
qu’aucun autre, j’ai besoin pour vire rester attaché
au cep qui le nourrit, d’aspirer du trône divin
la sève qui le conserve et le fait croître. Si
je ne restais là, en vous, je sècherais et finirais
par mourir, Seigneur Jésus, ne permettez jamais que
je me sépare de vous; ne permettez pas que ma communion
d’aujourd’hui, de demain, de chacun des jours
de ma vie, ne serve qu’à mon jugement, qu’à
ma condamnation (3), J’aspire à vivre; non mille
fois non, je ne veux pas mourir éternellement.
Je
veux bien brûler, me consumer ; mais que ce soit jeté
et enseveli dans votre fournaise ardente de charité.
Que l’amour me jette, moi aussi, dans cette fournaise,
dans cette fournaise d’Amour ! Que ma flamme se fonde
dans la vôtre, o Braisier de l’éternelle
Trinité, et qu’en une unité indestructible,
dans le temps et dans les siècles des siècles,
je sois, avec vous, en vous et par vous, une hostie de louange
à la gloire du Dieu rois fois saint ! Cet ensevelissement,
qu’il soit enfin et à jamais, une vie cachée
avec le Christ, en Dieu (4) !
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