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Première
Partie-Trinité que j'adore
Tout
éveillé en ma foi.
La
raison intime pour laquelle, parfois, je laisse Dieu à
sa solitude en moi, après mes communions; la raison
pour laquelle, je ne suis pas à lui tout entier, dans
mes actions de grâces : C’est à n’en
pas douter mon manque de foi.
L’eucharistie
est essentiellement un mystère, un mystère apparemment
plus insondable que celui de la Trinité Sainte. De
celui-ci, quoique de très loin, je puis, la révélation
aidant ma raison, saisir quelque chose : je puis convenir
qu’il doit en être ainsi, par analogie avec ce
qui se fait dans mon âme, image de Dieu, par ses opérations.
Mais,
dans l’eucharistie, quoique ma raison n’y voie
pas de contradiction, c’est le mystère en plénitude,
un mystère immense, il faut bien l’avouer. On
l’appelle, en pleine consécration à la
messe, le mystère de foi ; autant dire, le mystère
des mystères. Je ne vois, je ne touche, je ne goûte
que du pain ; et je dois affirmer, confesser, et cela au pris
de ma vie, qu’après cette consécration,
ce n’est plus du pain, ce n’est est que l’apparence.
Toute la substance du pain a été changée,
radicalement, en la substance du corps du Seigneur Jésus.
Je l’ai reçu, tel un jour béni, à
jamais mémorable de ma Première Communion. Depuis,
je l’ai reçu cent fois, milles fois, des milliers
de fois ; et peut-être n’ai-je jamais rien éprouvé.
Mes sens divers n’ont peut-être jamais fait d’autre
expérience que celle du pain.
Que de fois, au
contraire, je me suis senti sec, froid, accablé démuni
dans la réception de ce mystère auguste ! Il
m’est arrivé même de constater plus de
ferveur dans ma préparation que dans mon action de
grâces. C’est incompréhensible; on dirait
d’un effort qui a coûté, et puis, après,
comme une lassitude et le besoin d’en finir…
Pauvre
nature humaine ! Ne lui en veuillons pas trop ; tant de causes
coopèrent, et si souvent, à nos longueurs, même
au service du bon Dieu. Mais sans vouloir trop accabler ce
limon dont nous sommes faits, que de fois aussi ne devons-nous
pas nous accuser avec justice et reconnaître nos volontaires
déficiences ! »
Reconnaissons-le ; c’est presque toujours un manque
de foi. Croyons-nous, vraiment ? Croyons-nous à la
présence de Dieu en nous ? Croyons-nous, de cette foi
totale, pleine de soumission et de soumission aveugle, en
Jésus-Hostie, lorsque nous visitant, il remplit tout
notre être ?
Croyons-nous sincèrement que Dieu vit dans nos poitrines,
celui que la foi nous oblige à confesser, dans cette
hostie, vrai dieu et vrai homme ?
I
me semble ,qu’aussitôt reçue en moi la
sainte Eucharistie, je devais, en esprit, me ternir prosterné
au tréfonds de moi-même; et là, comme
tout ravi devant une telle vérité, répéter
à Jésus à satiété et de
toute la puissance de ma foi :
Mon
Dieu ! … Mon Dieu ! …Mon Seigneur et mon Dieu
(1) ! Mon Dieu et Mon Tout (2)
! …
Je n’emploierais
le temps de mon action de grâces qu’à lui
dire et redire ces mots, ne serait-ce pas suffisant ? Et quel
profit pour mon âme ! Ne serait-ce pas toujours mieux,
à chaque minute, m’abîmer plus profondément
dans ce mystère, le mystère de foi ?
Peu
à peu, je prendrais conscience de ce que je dis, de
ce que je suis, de ce que je fais. Je m’épancheras
en elle Dieu qui est là, non seulement tout proche
de moi, mais en moi. Et Dieu s’épancherait en
mon être ; je le sentirais, pour ainsi dire ; il y a
des saints que le sentent. À supposer même que
mes sens n’en perçoivent pas la réalité,
je me rendrais compte, tout de même, que la grâce
de Dieu opère en moi, puis qu’elle arrive à
transformer tant d’âmes de grande foi.
C’est
la foi qui est la mesure de notre dévotion au Très
Saint Sacrement. Dix degrés de foi, dix degrés
de dévotion cent degrés de foi, cent degré
de dévotion, mille degré de foi, mille degré
de dévotion ; si, toutefois, ces choses pouvaient se
mesurer.
Croire en Dieu, c’est si grand déjà, puisque
c’est mette à ses pieds ce qui reste notre plus
grande et noble richesse, notre intelligence, mais croire
en un Dieu qui est là, en moi ; qui en possède,
au point que je demeure en lui, en le possédant ; n’est–ce
pas réaliser une des fins principales de cette foi,
qui tend, en définitive, à munir directement
à Dieu, fortifié de mon espérance en
lui, de mon amour pour Lui ?
Une
telle foi est une adoration, celle qui ne se conçoit
bien que dans la prostration de l’être éperdument
tendue vers Dieu.
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