| Troisième
Partie- O Verbe Éternel Je
veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout
de vous.
C’est
à propos de la sainte eucharistie, du Pain descendu
du ciel que vous nous disiez, Seigneur : il est écrit
dans les Prophètes : ils seront tous les enseignés
de Dieu. Quiconque a entendue le Père a reçu
son enseignement, vient à moi. Ce n’est pas que
personne ai vu le Père. En vérité, en
vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi
à la vie éternelle. Je suis le Pain de (1).
Quiconque
reçoit et mange le Pain descendu du ciel (2),
le Pain de vie, celui-là entend le Père, parce
qu’il écoute celui qui voit éternellement
le Père dont il procède. Et ce qu’il entend
ainsi par celui qui se fait Pain ( 3),
c’est le secret de la vie éternelle. Cette
parole qui retentit au fond ce lui-même, lui devient
comme une vision, déjà, un e vision anticipée
de la vie éternelle, qui est le Père, le Fils
et le Saint-Esprit. Il entre en la connaissance qui engendre
le Verbe, fils du Père : il est envahi par l’Amour
qui naît du Père et du Fils. C’est un enseigné
de Dieu.
La
Parole que vous êtes, Verbe éternel, s’est
incarné une fois, dans notre chair, pour habiter parmi
nous ; elle a dressé sa tente au milieu de nous (4),
afin que, répondant à son appel, quand
elle dit : venez et vous verrez (5),
nous puissions aller et voir où vous demeurez.
C’est
qu’en effet, vous avez une demeure où, Parole,
vous prenez comme une seconde chair, et c’est votre
sainte Évangile. Je vous adore, là, comme je
vous adore dans votre humanité sacré, dont elle
est la personne ; comme je vous adore dans l’hostie,
ce prolongement de votre incarnation.
Il y a quelques instants, cette parole retentissait à
mes oreilles, lorsque, par la voix de votre prêtre,
vous daigniez me confier le mot de Dieu, le mot dont j’ai
besoin aujourd’hui. J’ai tellement foi en cette
parole que vous me réservez à la messe de chaque
jour (6), à l’heure
où votre ministre
la lit, à l‘épître et à l’évangile,
et l’expose ! Mes oreilles la perçoivent ; elles
l’accueillent avec tant de bonne volonté. Mais
elle n’est encore que déposée dans mon
cœur, si avide de l’entende.
Cette
parole, dans la pensée de votre Église qui me
la dit en votre nom, n’est encore, à l’Épître
et là l’Évangile, de la messe, que comme
l’hostie sur la patène, à l’offertoire.
Elle n’a pas encore été consacrée,
si sainte soit-elle. Je veux dire, qu’elle doit être
mêlée, pour ainsi parler, au mystère de
foi, au mystère de l’hostie, à l’instant
où votre prêtre dira sur le pain, sur le vin
: Ceci est mon corps, ceci est mon sang.
Alors, me semble-t-il, cette parole acquiert toute sa puissance
d’évocation ; elle frappe à la porte de
mon âme, elle l’impressionne, elle la re-crée,
elle la fait se lever à son appel, pour la vivifier
et faire de cette âme, elle aussi, une parole de vie,
de vie éternelle, en l’adaptant, toujours mieux,
au mystère de la connaissance et de l’amour de
Dieu.
Mais,
ce n’est que dans la sainte Communion qu’elle
obtient toute son efficacité, cette parole d’évangile
s’incarne, alors, en moi ; alors, elle pénètre
les moelles de mon être ; alors, elle se fait bien mieux
entendre ; elle invite, elle exige ; elle force ma volonté
rebelle, afin que je lui obéisse, en lui obéissant,
elle me donne d’entrer en communion de vie éternelle
et comme de vision anticipée avec le Père, le
Fils et le Saint-Esprit.
Je ne puis exprimer comme je le voudrais ce qu’offre
cet expérience de la parole de vie. On le sent mieux
qu’on sait le dire. L’évangile, alors,
m’apparaît quelque chose de si adorable, que je
le confond, en réalité, avec celui qui a dit
; je suis la Vérité (7).
J’en suis tellement pénétré que
je m’incline et j’adore l’Évangile…
Le
moment est venu de reprendre en mains mon Missel quotidien,
à la page de la messe d’aujourd’hui, à
l’endroit de l’évangile du jour. Dans un
sentiment d’adoration pétrie d’amour et
de soumissions, je relis cette page, sur laquelle en ce jour
et à cette heure,. L’Esprit de Dieu souffle sa
grâce d’intelligence et de compréhension
; pour l’acceptation de laquelle, il meut ma volonté
afin qu’elle accueille, comme il le désire, ce
message du Père ces cieux ; pour qu’elle acquiesce
à la doctrine, pour qu’elle s’y abandonne,
comme un petit enfant s’abandonne à ce que lui
affirme sa mère ; afin qu’elle ne résiste
pas et ne se rende pas indigne du don de Dieu, qui passe…
Dire
qu’il y a ici-bas un livre, sacro-saint entre tous ;
un livre qui est dans les mains de tous et qui contient la
parole de vie qu’un Dieu, venu sur terre, a réellement
prononcée ! Cette parole est consignée là,
dans un tout mince volume, pour qu’en l’y lisant
e la conservant dans mon cœur, comme Maire (8)
, elle y allume le feu qui la possède. C’est
votre prophète, Seigneur, qui m’en assure : Votre
parole est un feu véhément (9).
En
cependant, combien d’âmes ont peu cure de ce trésor
qui est infini, puisque c’est toute la révélation
du Père a Fils et du Fils à quiconque veut être
compté parmi les enseignée de Dieu.
Viens
et vois, ô mon âme, et apprends le secret de la
vie éternelle ! |