Prêtres du Monde

+Sr Denise christiaenssens ermite de la croix o.f.s.


Série 3- À la Trinité par l'hostie 28/52

La Pensée vivante

Don-Vanadeur

Troisième Partie- O Verbe Éternel

 O verbe éternel !

Tandis que Jésus-Hostie vit en ce moment dans mon âme qu’il éblouit de sa lumière, qu’il embrase de ses ardeurs, la grâce eucharistique m’unit à la vie qu’Il est comme Verbe du Père ; elle me mêle à ce principe d’activité immanente qui s’appelle en Dieu la vie, elle me fait participer aux actes vitaux d’intelligence et d’amour qui sont la vie de Dieu, en lui.

Le Verbe est la Pensée vivante d Père; elle est toute vie. Je suis la vie, disait Jésus (1). Sa vie, c’est d’être engendré au Père par la connaissance que celui-ci a de lui-même ; et c’est, avec le Père, et de faire procéder de lui, Pensée éternelle, l’éternel Amour.

Il est la Pensée vivante du Père, parce que cette Pensée porte, depuis les siècles infinis, en elle-même, le dessein de cet immense univers crée, formé dans ses idées éternelles, monde exemplaire où tout ce qui existe vit et subsiste : Ce qui a été fait était vie en lui (2).

Par ma création, je suis sorti de la Pensée vivante que Dieu avait de moi-même. Je suis né dans cette vallée dont le péché a fait un lieu d’exil et de larmes. Je ne plus ce que Dieu avait conçu de moi. Mais, au baptême, mon âme reçut le privilège de pouvoir revenir à sa pensée, abîme de vie; retour, dans l’effort moral, et qui constitue l’activité de ma propre vie, ici-bas, en attendant de ne plus vivre que de la sienne, là-haut.

J’ai été touché comme par un aimant ; je n’ai plus de mouvement de vie qui ne me porte à rechercher sa vie. En vain, je m’agite et je m’inquiète continuellement pour retrouver cet aimant, mon bien. C’est Dieu, bien suprême, que je recherche désormais, tant je me sens fait pour lui ; fait pour vivre de sa vie, pour penser et aimer avec lui, pour le connaître, pour l’étreindre à jamais.

O Verbe éternel, j’étais impuissant à réaliser ce retour à la vie. Votre bonté s’inclina jusqu’à moi, vous vous êtes anéanti, comme dit l’apôtre, vous qui étiez Dieu (3) pour me chercher , pour me retrouver, brebis errante qui périssait (4), vous êtes venue me découvrir les sentiers qui mènent à la vraie vie.

Tous les exemples que nous laisse cette sainte humanité, exemples de religion profonde, d’adoration ,d’action de grâces, de supplication et d’expiation sont vie pour moi ; sans cesse ils accroissent ma dépendance à l’égard de mon Dieu.

Exemples de sa pauvreté, de son humilité, de sa souffrance, de sacrifice ; ils sont vie pour moi, en donnant la mort à mes sentiments naturels, travaux de sa vie cachée, labeurs de sa vie apostolique, ses fatigues, ses douleurs, ses épines, ses fouets, les outrages inouïs faits à sa sainteté, ils sont vie pour moi ; sa mort est ma vraie vie.

Sa résurrection, son ascension, sa gloire dans les cieux, tout cela est vie, sa vie éternelle, pour moi, je m’y abreuve, comme à des sources intarissables de vie, au fleuve de la vie qui est la Pensée vivante de Dieu.

Or, c’est vous, Jésus-Hostie, Eucharistie saturée de cette vie, qui me donne communion à la Pensée qui vit dans le Père et dans vote humanité sacrée, Pensée incarnée. Votre sacrement pour lequel sont institués toutes les autres a précisément comme effet propre de me la communiquer, N’est-ce pas vous, Seigneur, qui disiez : si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme, si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous (6) ?

Le Canon de la sainte Messe vous appelle le Pain saint de la vie éternelle. Combien de fois, dans le saint-sacrifice, ne fait-on pas allusion à cette vie éternelle que vous êtes? Et lorsque le prêtre de Dieu dépose sur mes lèvres votre corps sacro-saint ne demande-t-il pas à cette chair vivifiante de me garder en vue d la vie éternelle ?

Pensée vivante du Père, et qui s’est faite ma chair, afin de vous unir à moi ; qui, en vous unissant à moi, me fait communier à votre vitalité éternelle, arrachez-moi à ma propre vie si naturelle encore, si vaine en ses pensées frivoles et inutiles ; enlevez-moi à ces pensées qui doivent mourir sa cesse, pour river mon âme à votre pensée qui vit !

Ce matin, où j’ai le bonheur d’être nourri, encore une fois, de toute ce que vous êtes, ô Jésus, oriente cette âme vers vous, vie qui demeure, principe adorable d’actes vitaux qui, en moi, en connaîtra ont plus la déficience des pensées infécondes. Établissiez-moi en vous, Idée éternelle de mon être, et en qui j’ai vie, la vôtre. Ainsi soit-il !

 
Références
1- Joan., XIV, 6
2- Ibeid., 1,3
3- Philip., III,8
4- Ps. CXVIII,I à 76
5- Joan,m 54
 
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