| Deuxième
Partie- Mon Christ Aimé
Je
voudrais vous couvrir de gloire.
Seigneur
Jésus, vous vous définissez ainsi, à
Jean, le disciple bien-aimé : Je suis l’alpha
et l’oméga, le commencement et la fin, celui
qui est, qui était et qui vient, le Tout-puissant (1).
C’est par vous que toutes choses on tété
créées, et rien n’a été
fait sans vous de ce qui a été fait (2).
Vous êtes la cause suprême de toutes choses, et
vous êtes, à la fois, leur fin ultime ; en particulier,
c’est vous qui devez combler en consommer les désirs
des justes, afin que, réellement , vous soyez reconnu
Dieu, le Tout en toutes choses (3).
C’est
en vous que toutes choses ont été créées,
celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre,
les choses visible et les choses invisibles, Trône,
Dominations, Principautés Puissances; tout a été
crée par vous en vos pour vous (4).
«Je
suis votre créature, Ô Jésus ; crée
par vous, j’ai dévié de la Voie que vous
êtes ; mais, vous m’avez recréée
en vous, dans le saint baptême ; vous m’avez fait
nouvelle créature en vous (5)
. je vous appartiens à tous les titres; je ne
suis que votre esclave, mais un esclave d’amour, suprême
dignité.
Dès
lors, je vous dois la gloire, n’étant fait, refait,
que pour vous la procurer. Et cette gloire, vous le savez
bien, je la veux ; je voudrais vous en couvrir, au moins de
toute celle qu’une créature peut vous rendre.
Il
y a une gloire, propre a Dieu seul, à vous : c’est
avant tout, mon Dieu, celle que vous recevez éternellement
de votre Père, depuis bien avant que le monde fut (6)
; c’est l’éclat qui s’attache
à votre nom de Fils du Père, c’est la
louange qui, dans la Trinité, vous est rendue, et par
lui et par vous-même, et par l ’Amour, que chante
le Gloria Patri et Filio et Spiritui Sanacto, Gloire intrinsèque
à vous-même, que je ne puis vous procurer, moi,
néant que je suis. Je m’associe, cependant, en
la reconnaissant en la voulant, c’est-à-dire
en voulant que vous soyez ce que vos êtes, Dieu qui
êtes celui qui est (7).
Y a-t-il une plus grande gloire à vous rendre que celle-là
?
A
ce titre, et parce que Dieu, vous êtes la gloire suprême,
par ce que vous possédez la connaissance de vous-même
et de vos perfections infinies. Vous êtes la gloire
essentielle, parce que seul voues êtes, avec le Père,
le Verbe et le Saint Esprit, le bien absolu, le bien dont
seul vous pouvez avoir une connaissance parfaite, celle qui
entraîne une louange et un honneur adéquats pour
votre majesté, et gloire, oui, je la désire
pour vous ; je la veux, comme vous devez la voir, vous-même,
nécessairement.
Il
y a une autre gloire, extrinsèque à Vous, Seigneur,
et qui, d’une certaine manière, dépend
de moi, si je puis dire- car, sans votre grâce, ne suis-je
pas l’impuissance même ? C’est la gloire
qui vous revient, lorsqu’en moi-même, par ma vie,
je manifeste en vous imitant, ô Jésus, quelque
chose de vos perfections d’Homme- Dieu.
La
gloire que vous attendez de moi, c’est la référence
totale de mon être au vôtre
(8). Un saint, qu’est-ce donc, si ce n’est
un autre Christ, un autre Jésus ; C’est une copie,
une image de vous-même, dans la mesure de votre grâce,
et de sa prédestination. Les saints ne sont que Jésus
fragmenté, s’il est permis de s’exprimer
ainsi. La plus grande gloire qu’ils puissent rendre
à Dieu, c’est de vous reproduire; c’est
de vous manifester au monde comme la prédication vivante,
et pratique de votre évangile . C‘est la plus
puissante des prédications ; sans elle, l’autre,
si éclatante soit-elle, n’est trop souvent hélas!
Qu’un vain flot de paroles. Sans elle, le dévouement
le plus complet dans le oeuvres n’est trop souvent que
perte de temps dans la stérilité.
La
gloire que les saints vous rendre, c’est de conformer
leur volonté ; à la vôtre, comme vous
conformiez votre volonté à celle de votre Père
des cieux. Il n’y a pas d’autre sainteté
que celle-là. Ainsi passent-ils en vous, ainsi se transfigurent-ils
en vous,. C’est leur grande force. Dès qu’ils
paraissent, quoiqu’ils fassent, il vous rayonnent en
lumière, en amour ; ne vertu secrète sort d’eux,
comme elle sortait de vous pour accomplir des merveilles.
Qu’
y a-t-il de plus sanctifiant que votre présence eucharistique
en moi, Seigneur ? N’est-ce pas le propre même
de votre sacrement que d’accroître votre grâce
et spécialement la charité habituelle et divine,
à tous les degrés qui font les saints ? N’est-ce
pas elle, qui, en ce moment, dans mon âme, y combat
le péché et y neutralise ses influences ; elle
qui permet mes péchés véniels ; elle
qui répands en moi cette délectation spirituelle
inhérente à la sainte communion, et qui me communique
cette promptitude de la volonté à se soumette
à la vôtre pour l ’accomplir ?
Poursuivez
moi, Seigneur, votre oeuvre, l’œuvre de votre glorification
par ma sainteté. C’est à vous, à
vous seul, de répandre en mon cœur que vous remplissez,
la charité qui puisse le transformer dans la vôtre.
Que
ce cœur, ainsi passé en vous et brûlant
des flammes qui vous dévorent, gagne la soif de votre
gloire. Qu’il la veuille à outrance, comme on
veut la seule chose qui conduite à la fin pour laquelle
on est créée et qu’on poursuit de toutes
les énergies de la volonté.
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