Première
Partie-Trinité que j'adore
Pacifiez
mon âme
N’est-ce
pas la Grâce suprême que cette paix, paix de Dieu
que je cherche, quand possédant Jésus, je possède
le Père, le Fils et le Saint Esprit ?
Qu’est-ce
que la paix, sinon ce que saint Augustin appelle «la
tranquillité de l’ordre» ? Quel ordre tranquille
que l’unité principale dans la bienheureuse Trinité des personnes !
C’est
l’ordre éternel, nécessaire, imperturbable,
splendide et harmonieux ; c’est la beauté même
que le père soit le Père, que le Fils soit le
Fils et que le Saint Esprit soit le Saint –Esprit.
C’est
l’ordre, adorable comme nul autre : c’est l’ordre
digne de louages infinies que le Père engendre le Fils
; que le Fils procède du Père comme en sa Pensée,
sur Verbe, sa Parole; que le Saint Esprit procède de
l’un et de l’autre, comme l’étreinte
vivante de leur amour mutuel.
Et toute cela, dans l’ordre, c’est la tranquillité
sans ombre possible de trouble ou de confusion, précisément
parce que ces opérations de Dieu aude-dans de lui-même
sont l’ordre essentiel de sa nature, de son être.
C’est
la paix au sens le plus vrai, le plus entier du moi : c’est
la paix, parce que c’est l’ordre stable, divinement
réglé n’ayant pour mesurer cette stabilité
que l’éternité du Dieu, Un et Trine.
Quand J’implore Jésus-Hostie,
le Dieu qui règne, en ce moment, dans mon cœur,
dans ce cœur si souvent troublé, parce que c’est
si souvent, là , le désordre, l’attache
à ce qui passe se brise et fatigue infailliblement
; quand je lui dis, à lui aussi : Pacifiez-mon âme,
je lui demande cet ordre, cette tranquillité, qui crée,
assure, et parfait ma paix.
C’est
à Jésus de me l’obtenir, à lui
de me l’accorder, à lui de me la garder. Lui-même,
l’Apôtre m’en assure, est la Paix, notre
Paix, celle qui fait l’unité (1) entre Dieu et moi, entre nous tous. L’eucharistie
m’introduit par la saint humanité en la divinité
du Verbe, et par ce Verbe me donne la communion avec le Père
et le Saint-Esprit.
C’est à cette hauteur de la Trinité, en
cette atmosphère où l’on ne respire plus
que le Dieu paisible et pacifique, que je suis élevé
encore milieu sacro-saint, il faut nécessairement que
je trouve ou retrouve ma paix, la paix de mon âme, de
ses puissances et de ses énergies ; la paix de mon
corps lui-même, qui subit infailliblement l’influence
pacifiante de cette rencontre de Dieu.
Père
pacifiez mon âme, à cette heure, où je
communie à celui par qui vous avez voulu et continuez
à vouloir par la vertu du sang de sa croix dont il
m’abreuve, pacifier toutes choses avec lui-même
et celles qui son sur la terre et celles qui sont dans les
cieux (2).
Donnez-moi
cette paix de vos enfants, qui ne redoute plus rien de vous,
parce qu’ils possèdent votre Esprit, qui est
celui de votre Fils ; ils savent bien qu’il leur est
permis de crier vers vous : Père, Père
(3)…!
Or,
cette attitude de l’âme chrétienne. C’est
vraiment l’ordre, l’ordre tranquille, parce que
c’est a réalisation du plan éternel établi
pour vous, dans la réconciliation du monde avec vous–même.
C’est donc la paix, la paix substantielle des chrétiens.
Ils savent que l’amour, n’est plus dans la crainte,
mais dans la confiance mutuelle, dans l’abandon plénier
à celui qui les aime, parce qu’ils aime Jésus-Christ,
votre Fils (4) cher entre tous, à qui nous communions pour communier à votre
amour de Père.
Seigneur
Jésus, pacifiez mon âme, aujourd’hui ;
rassurez-la ; versez en elle l’Esprit–Saint, Esprit
de votre dilection filiale, envers le Père, le vôtre
et le nôtre (5) ;soumettez-moi,
encore une fois, à l’ordre si tranquille de sa
bonne Volonté, de celle qui donne la paix aux hommes
(6).
Que
le toucher de votre hostie, que j’adore, atteigne par
sa vertu, toujours victorieuse, le fond de mon être,
corps et âme. Que je soi pénétré
et comme envahi de cette vertu au point, que la paix règle,
enfin, dans ce domaine que je soumets à votre emprise
! Que mes ennemis intérieurs, et qui sont les vôtres,
fuient désormais, vaincus, humilié, détruits.
Burinez
en mon être, indestructiblement, ce mot de paix, mot
vivant de votre propre vie, et qui, à jamais, abrite
mes pensées, mes vouloirs sous l’égide
tranquille de l’ordre qui est en Dieu même.
|