Prêtres du Monde

+Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

Série 3- À la Trinité par l'hostie 39/52

L'union au Verbe

Don-Vanadeur

 Quatrième Partie-O Feu consumant

Afin qu’il se fasse, en mon âme, comme une incarnation du Verbe.

Le Verbe du Père, engendré éternellement de la connaissance amoureuse que ce Père a de lui-même, est en moi, en moi si indigne, véritable, si pauvre, si misérable. Il est donc dans mon être tout entier, dans mon âme qu’il inonde de sa lumière, dans mon corps qu’il purifie et ressuscite comme par avance, selon sa promesse.

Je vous adore, mon Dieu, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, qui vous êtes fais chair et avez habité parmi nous, afin que la chair que je suie devînt comme le Verbe et habitât en lui.

Si vous n’avez pas seulement pris ma chair, mais encore mon âme, mon intelligence, ma volonté, tout ce qui est propre à nature n’est-ce pas afin de pouvoir vous unir à tout mon être ? N’avez-vous pas voulue, par là, m’arracher à tout le reste, me fondre en vous, s’il se peut dire, en vous adaptant tout entier à tout ce que je suis ?

Je le sans bien : il n’y a eu, il n’y aura jamais qu’une seul et parfaite incarnation du Verbe. Mais, cependant, si l’eucharistie existe, n’est-ce pas, avant tout, pour rapprocher Dieu de moi, autant qu’il est possible à une créature de se rapprocher de Dieu ?

Ne puise-je pas appeler comme une incarnation du Verbe cette communion que je réalise, chaque matin, au corps, au sang, à l’âme et à la divinité ; de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? L’effet principal de l’eucharistie, n’est-il pas de réunir l’home au Christ ? Cette union n’a-t-elle pas pour terme direct l’humanité sacrée, et indirectement sa divinité, c’est-à-dire la personne du verbe ? N’y-a-t-il pas là comme une espèce d’incarnation ?

Sans doute, faut-il appeler cette union, une union plus morale encore que physique avec le Christ. Et pourtant, qui osera nier que cette union on dit si bien communion soit physique aussi, encore que spirituelle, et proprement dire mystique, c’est-à-dire cachée, mystérieuse, ineffable, en un mot, une union morale crée en quelque façon par ce bien corporel ?

Il vent de descendre sur terre pour m’élever jusqu’au ciel ; il se fait homme, diront-on, en moi, pour me faire comme un Dieu. Il s’unit si bien à ma nature, il se donne lui-même si parfaitement à moi que je reçois Dieu même dams mon âme en communiant à son corps et à son sang.

N’est-il pas vrai que s’il n’avait été que Dieu, il n’aurait pas pu s’unir ainsi à moi, se faisant ma nourriture ? Et s’il n’avait été qu’un homme, comment aurait–il pour m’unir à Dieu ?

Ce faisant, il manifeste sa force, une fois de plus ; le feu semble consumer le fer qu’il dévore, mais que faut-il dire de celui qui est la forme qu’on adore, quand il daigne s’emparer de la faiblesse et l’unir à cette force ?

Je n’apparais vraiment plus qu’un goutte d’eau dans cet océan divin, immense, infini. Mon être est tout saturé de lui, S’il vient à moi, c’est afin que ma vie ne soit plus que la bonne odeur de ce parfum qu’il est, ainsi que l’Apôtre écrit : Nous sommes en tout lieu la bonne odeur du Christ (1)

Quel mystère ! Ce sacrement est véritablement, grand (2). C’est celui des noces mystiques de âme avec le Verbe
d'être. Et c’est à propos de celles-ci qu’on peut dire encore : Ils ne feront plus qu’une seul chair (3).

Cette espèce de mariage sacre-saint associe deux êtres devenus semblables et les fond en une vie commune. Je suis le pain de vie (4), a-t-il dit, déclarant que quiconque le mange vit par lui (5)… N’est-ce pas tout dire ?

La chair vivante de mon Dieu répare, à tous instant, dans cette communion, ce vase d’argile que je suis. Devenu à ce point le membre du Christ, je me soumets à lui, m’obéis, je m’abandonne à l’impulsion de mon Chef sacré. Le pain de vie me change me transforme. M’assimile à celui que je mange.

Esprit-Saint, Feu consumant, Esprit d’amour, survenez-donc en moi, afin que s’accomplie plus pleinement ce mystère de foi. Il ne tend à rien de moins qu’à me disposer, toujours mieux chaque jour, à cette communication de Dieu en moi, à ma fusion merveilleuse en Dieu. On dirait quelque chose de ce commerce admirable qui s’établir entre vous et la Vierge des vierges lorsque l’ombrageant de votre vertu très haute, vous produisiez en elle le Fils du Père.

C’est votre ouvrage à vous, Esprit –Créateur. Recréez moi en Jésus-Christ ; faite de moi la créature nouvelle (6) qui prolonge, pour ainsi dire, l’Incarnation de celui qui daigne renouveler en moi tout son mystère !

 
Références
1- Décret pour les Arménies Denz 698
2-II Cor., II,15
3- Ephes,V,32
3-Ibeid., 31
4-JonanVI,51
5-Ibid., 54-58
6- II Cor., 17
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