| Deuxième
Partie- Mon Christ Aimé
Je
voudrais être une épouse pour votre cœur.
Quelle
grande chose que l’amour ! … «C’est
un bien au-dessus de tout bien. Rien n’est plus doux,
rien n’est plus fort, plus élevé, plus
étendue, plus délicieux ; il n’est rien
de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce
que l’amour est né de Dieu, et qu’il en
peut sera reposer que Dieu, au-dessus de toutes les créatures
(1).»
Et
toi, mon âme, tu oses même aspirer à l’union
la plus parfaite qui puisse être entre ton Dieu et toi
! Qui pourrait ici-bas te le défendre, puisque l’Esprit-Saint
a daigné inspirer Salomon, dans son Cantique, pour
te répéter, à satiété,
que tu peux être l’Épouse du Fils de Dieu
?
Cette
présence de Jésus en toi, n’exprime-t-elle
pas, a suprême degré, qu’il en est bien
ainsi ? Celui qui expliquera ce qu’est l’amour
de l’époux et de l’épouse, celui-là
fera comprendre jusqu’où pour aller l’union
d’un âme avec son Dieu.
N’est–ce
pas l’épouse qui se tient sur le plus haut degré
de l’union ? Tout amour, si légitime soit-il,
qu’encourage l’espoir intéressé
d’un avantage quelconque, garde toujours quelque chose
de suspects. Il est impossible qu’un amour pur, c’est-à-dire
dégagée de tout intérêt, soit mercenaire.
L’épouse n’est riche que de son amour,
et l’époux ne se contente que de cela.
L’amour
paternel peut bien crier à des fils : Où est
mon honneur (2) ? Mais non pas
: Où est mon amour ? C’est la prérogative
d’une épouse. Ceux-là sont plus enclins
à honorer qu’à aimer. L’amour d’un
époux, surtout s’il est l’Amour même
ne demande rien en retour que l’amour.
On
dira : mais quelle disproportion, ici, entre l’amour
de l’Époux Jésus pour l’Épouse,
une âme, et celui de l’Épouse pour L’Époux
! Sans doute. La créature aimera moins que Dieu, parce
qu’elle est moindre que lui ; mais, du moment qu’elle
aime de tout ce qu’elle est, de toute ce qu’elle
a, son amour peut-il manquer de plénitude, puisqu’elle
y met tout ?
Il y a là donc un mariage spirituel, sublimement concevable
et réalités entre l’âme et le Verbe
incarné. Car, aimer ainsi, chez l’épouse,
outre que c’est être aimé e autant qu’elle
peut l’être, c’est conclure l’accord
de deux êtres.
Oui, l’âme- épouse sera prévenue
par son Dieu, vaincue par lui. Heureuse celle qui mérite
d’être devancée par la bénédiction
d’une si grande douceur ! Heureuse ce à qui il
es donnée d’éprouver une étreinte
d’une telle suavité !
C’est cela , en effet, un amour saint et chaste ; c’est
cela , un amour suave et doux ; c’est cela , l’amour
sincère autant que pur, l’amour mutuel intime
et fort, unissant d’eux être, non dans une seule
chair, mais dans un seul esprit, selon la parole de l’Apôtre
: Celui qui adhère à Dieu ne fait qu’un
seul esprit avec Lui (3).
La
sainte Eucharistie n’a pas de but plus élevé
que celui-là : fondre, sans les confondre, deux être
en un seul, Dieu et l’âme, afin de leur faire
contracter l’union inouïe qu’on vient d’exposer,
le mariage spirituel, de l’âme avec le Verbe du
Père, dans l’Amour qu’est l’Esprit-
Saint.
Homme-Dieu,
Jésus- Hostie est le grand sacrement de cette union
d’épouse à Époux. Homme, il s’unit
et adhère à l’homme comme à quelqu’un
qui est son congénère ; Dieu, il le soumet à
son empire ; il relève, il attire à lui sa nature.
Il est une force supérieur à laquelle ne résiste
pas la force inférieure, que peut rester dans son état
d’infériorité. Est-ce que le fer, dans
le feu, ne devint pas comme le feu ?
Il y a là une transformation, une assimilation très
réelle, très intime. C’est vraiment une
fusion de notre cœur dans le Cœur de Jésus-Christ.
Seigneur
Jésus, mon âme aspire à être, pour
votre Cœur, une épouse fidèle ne sachant
qu’aimer, se donner, se dévouer ; une épouse
qui embrasse tous vos intérêts et ne vit plus
que pour y veiller.
Que votre Eucharistie réalise en moi ce but ; et qu’ainsi,
adhérant à votre Esprit d’amour, je ne
fasse plus qu’un avec vous, à votre plus grande
gloire ! |