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mon Astre aimé, fascinez-moi!
Si
je savais ce que je deviens, ce que je fais, où je
suis, en ce moment sacré où le Verbe me pénètre
de sa lumière, je ne pourrais plus vivre. Et quelle
heureuse mort serait la mienne, alors que l’astre aimé
de mon âme, le Verbe éternel du Père,
darde sur elle les rayons divins et consumants de son indéfectible
lumière !.
A
cette heure, je n’ai pas besoin qu’un séraphin
voler vers moi, comme vers Isaïe, tenant à la
main le charbon de feu, pris sur l’autel du Très-Haut,
et dont il touchait les lèvres du prophète pour
les purifier (1).L’autel
de Dieu, l’autel sublime est en moi; c’est lui-même.
Le Verbe du Père, qui m’illumine et m’embrase
des flammes. Et si Dieu, comme, je verrais que je suis ce
charbon même, tout de feu, parce que pénétré
de la clarté de l’Astre que j’adore.
Étoile
splendide de matinale (2), qui
vient de se lever en la nuit de mon âme, je vous adore,
et je vous bénis ! Dardez vos feux, sans vous lasser,
sur celui que vous visitez pour dissiper ses ténèbres,
combler ses vides et renouveler ses forces.
Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu
de vrai Dieu, je m’abandonne à cette splendeur
qui ne commença, qui ne finira jamais de luire. Je
crois en vous, Étoile du ciel : je crois à la
puissance de votre rayonnement ; je sais que vous êtes
née du Père, comme la Lumière qui éclaire
tout homme, et que vous êtes venue à nous, que
vous venez à moi, ce matin, afin que vous recevant
tout entière en mon cœur, je sais et reste comme
absorbé par vous, tout le jour.
J’espère
en vous, ô Étoile, à jamais permanente
au ciel de mon âme, Je confesse que votre clarté
possède tous les remèdes qui guérissent
toues les cécités,. M’éclairer
de vote éclat, c’est me revêtir de vous,
c’est me parfaire pour devenir, enfin, moi-même,
lumière dans le Seigneur. (3)
Mon
Astre aimé, je vous aime par vous, sans qui je ne pourrais
atteindre à vous et, par vous, au Père des cieux,
dans l’Esprit–Saint, étreinte du Père
et du Fils.
Verbe
de Dieu, Lumière ans déclin, fascinez-moi en
ce moment où l’Hostie, que vous êtes, descend
à mon âme ; fascinez-moi des rayons de votre
beauté de peur que la fascination de la bagatelle (4)
ne m’attarde à la créature, et, une fois
encore je ne prenne ses ténèbres à elle
pour cette beauté de votre visage.
C’est
devant votre face, la face incarnée d Verbe, que je
me prosterne ici. En vous contemplant, en moi, il semble qu’il
me soit plus aisé de m‘élever jusqu’`a
cet Astre que j’aime, le Verbe de Dieu que vous êtes.
Face de Jésus, qu’en sa célèbre
vision Jean, le disciple bien-aimé, adora, comme le
soleil lorsqu’il brille en toute sa force (5)
, fascinez-moi, moi aussi ; e t que plus rien ne puisse
me ravir aux délices de votre présence !
C’est
ainsi que votre face dardait ses feux, sur le Tabor, aux yeux
des trois apôtres bienheureux, Pierre, Jacques et Jean,
vos préférés ; au point que s’oubliant
eux-mêmes et ne sachant même plus ce qu’ils
disaient, ils eussent voulu rester là, anéantis,
pour ainsi dire, par la puissance de ce Soleil.
Combien
je les comprends !… Qu’est-ce donc qui pourrait
encore retenir une âme, ici-bas, et s‘attacher
à tout ce qui passe, si elle a pu, une seule fois,
s’arrêter à votre contemplation et se laisser
séduire par le Verbe, dont vous traduisez si bien l’ineffable
splendeur ?
Fascinez-moi, Jésus-Hostie !… J’aime à
vous regarder longtemps, dans l’impressionnant silence
du sanctuaire, là, en l’ostensoir d’or,
où vous vous faites si proche de nous. Et je me rappelle
le mot du psalmiste : Quand je le regarde, je resplendis (6)…
Celui
qui fait son trône de cet ostensoir est là, au-dedans
de moi. Dans la sainte communion, quand je vis du mystère
de foi, c’est bien autrement recueillant ! Face adorable,
vous êtes en moi; vous rayonnez sur tout mon être
; vous atteignez ses dernières fibres ; je resplendis
de toutes vous-même.
Seigneur
Jésus, vous reposez dans mon cœur. En le fascinant
de votre lumière, détachez-le de tout ce qui
n’est pas vous !.. Que je ne soi plus qu’un rayons
de cette gloire où vous abîmes mon être
!