Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.


St François spécialiste de l'Évangile 05/14

L'entrée dans la maison
P. Raymond Moisdon

Chapitre trois

Le Révérendissime Père Bello, dans lettre sur le Tiers-ordre (1939), fait allusion à une cérémonie usitée autrefois pour la réception des postulants au Tiers-Ordre. Il ne semble pas que cet usage se soit conservé.
Actuellement la réception officielle dans la famille spirituelle se fait après une préparation ou un postulat plus ou moins long, par la prise d’habit.

Celle-ci, quelques soit sa formule, si on ne le regarde, qu’en surface paraît un peu singer l’impressionnante et belle cérémonie des prises d’habit des religieux et religieuses dans leur communauté.

On peut souhait que le Tiers-Ordre reprenne une telle valeur dans les esprits, après avoir repris toute sa valeur dans ceux qui le vivent, qu’on puisse publiquement présenter comme un témoignage marquant de christianisme intégral, une cérémonie où le vêtement du grand habit de l-Ordre affirmerait devant tous un désir réelle de mise en route vers la perfection.

Les témoins de la cérémonie continueraient de l’être sur le pan de la vie courante, en rencontrant le novice en veston ou en robe, à l’essai depuis quelques semaines, ou quelques mois. Ils le verraient réalisant dans le concret, l’esprit dont il a prétendue se vêtir plus qu’eux.

Nous n’en sommes pas là.

Le plus souvent, si la prise d’habit se fait avec la bure Franciscaine, il faut la réaliser en chapelle fermée. Les étrangers ne comprendraient pas. Les candidats reçu ne sont pas pour l’instant encore suffisamment capable de témoigner plus que d’autres; et les préjugées défavorables dont l’opinion habile les Tertiaires en général, par suite d’un passé lourd de léthargie, ou d’originalités malencontreuses de devanciers mal formés, sont loin d’être éliminés.

Si elle se fait avec le scapulaire et la corde, le goût et l’art en souffrent suffisamment aussi, pour qu’elle n’ait lieu vraiment que devant les initiés.

Au reste, la question n’est pas là. L’avenir en revalorisant le Tiers-Ordre revalorisera la cérémonie d’introduction.

Il s’agit de savoir le sens, l’esprit de ce vêtement nouveau.

Cet homme qui vient de le prendre veut être un chrétien distinct des autres chrétiens. Sans doute, comme par le passé, il se promène au milieu de ses frères en Jésus-Christ, il vit avec eux, il leur parle, mais pourtant il a l’ambition d’être plus qu’eux. Il se le dit, il le dit quelquefois à d’autres.

Pourquoi ?

En réalité, il a raison. Mais il ne saurait pas toujours se l’expliquer à lui-même, ni faire valoir son bon droit.
Simplement, parce qu’il a reçu un appel particulier, parce qu’il répond à cet appel, parce qu’il prépare un don plus entier de sa vie.

a) Il a reçu un appel particulier…

Nous l’avons vu précédemment, il faut une certaine vocation pour entrer dans l’Ordre. Qui dit vocation dit appel de Dieu, du Christ, pour recevoir d’eux une mission, un travail particulier. C’est donc une marque de confiance.

Quand un chef convoque un de ses subordonnées, de préférence aux autres, pour lui donner une responsabilité, il lui marque en même temps une confiance plus intense, il le fait entrer dans son intimité, il lui fait partager ses intérêts, ses soucis et ses joies.

Pour le chrétien, être choisi par le Maître parmi des frères pour une fonction de choix et participer dans une sorte de communion à ses projets, à ses entreprise, provoque toujours une certaine fierté.
Il est choisi, «Ce n’est pas vous, qui m’avez choisi, c’est moi.»

a) A ce choix il répond avec empressement.

Non pas sans crainte sans doute, ni sans une certaine appréhension. Il répond pourtant en acceptant, en se rendant disponible, en recevant avec joie les explications, les enseignements, qui vont développer ses aptitudes, préparer son être tout entier à bien réaliser ce qui lui sera demandé.

Et cette préparation particulière, ce temps de vie plus intense, plus orienté vers une fin précise, plus centré sur la responsabilité qui lui sera confié, en ce temps qu’on appelle ici noviciat, devient une réponse effective, pratique, qui dépasse la réponse verbale de l’appel et prépare la réponse signée de l’engagement de la Profession.

La petite employée de bureau perdue au milieu de ses compagnes qui, un beau jour, reçoit une convocation du directeur, se présente avec joie et crainte à la fois. En apprenant qu’on la distinguée choisie pour une fonction à laquelle elle doit se préparer pour prendre dans une année d’ici, des responsabilités particulières n’est-ce pas également la crainte et la joie qui dominent dans son cœur !

Mais elle a répondue «oui», touché par la marque d’estime particulière qu’on vient de lui manifester. Immédiatement elle se prépare et tout son travail est en vue de ses responsabilités futures.

Elle veut être prête pour se donner plus à ceux qui veulent également lui donner plus.

b) Et c’est dans cette volonté d’un don plus fort, plus réussi de soi, que le Tertiaire choisi et tout tendu par son acceptation, vit cette année d’apprentissage de vie spirituelle.

Il veut être apte à être consacré, voué au service de qui l’a choisi. Il veut que la signature de son engagement définitif, fasse foi de sa volonté toute ouverte à la réalisation de la volonté du maître qui veut croire en lui.
Le noviciat est donc un temps précieux, lourd de plus en plus d’une réponse qui va éclater dans un «Fiat» joyeux, semblable à celui de la Vierge si bien préparée et qui se trouve instantanément envahie par la «Vie» elle-même.

Semblable à celui des Saints des tous âges et de toutes nuances, répondant à la formule de vie particulière qui leur était proposée.

Semblable a celui de François qui, de Saint-Damien à la Grotte de sa première grande méditation ; de sa pauvreté mendiante, au Latran, aux églises de pierre rebâties des ses mains, parvient à sa fonction particulière ; refaire la grande Église, revivre, l’Évangile en le copiant et en le faisant copier par ceux qui le suivent.

Au novice, d’une façon théorique, on enseignera que cette période préparatoire, comme dans les Ordres religieux, est nécessaire pour connaître et aimer l’Ordre et son fondateur, son efficacité de sanctification, à sa règle, en pénétrer l’esprit et se familiariser avec les usages de la Fraternité Que l’année est rigoureusement exigée pour la validité de la Profession. Qu’un minimum de douze réunions spéciales doit lui être opposé sous la direction d’un Maître de noviciat, …

Pratiquement, le noviciat lui sera présenté comme un temps

De formation : études, méditation, science spirituelle, organisation de vie intérieure;

De probation : travaux, actes, attitudes pour se prouver à lui-même et à ceux qui le forment, comme à ceux qui vont le recevoir dans leur groupe, qu’il y a volonté persévérante, d’être prêt.

D’intégration : participation directe ou indirecte à la vie de l’Ordre et de la Fraternité, à ses activités, à sa réputation, à son rayonnement.

Mais tout cela n’aura de valeur que si l’année terminée le novice, regardant François, le grand maître de noviciat, peut se dire : comme lui, je suis prêt à être unique au service du Seigneur. Comme lui, je veux que le Christ devienne le tout de mes affections, de mes entreprises, de mes activités, comme lui, je veux «faire aimer l’Amour qui n’est pas aimé».

François a été novice au début de sa conversion, il a cherché, il a étudié, il a retranché, il a transformé pour que le vêtement nouveau dont il voulait s’habiller : le Christ Jésus le revête de plus en plus et de mieux en mieux.

Le scapulaire et le cordon ne sont qu’un symbole. Comme pour François, ils marquent le dépouillement de soi, le travail à effectuer, à poursuivre jusqu’à l’adaptation aussi parfaite que possible eu Christ, homme nouveau, que seul devra commander, agir et aimer dans son disciple.

«Exuat te Dominus» : que le Seigneur vous dépouille du «vieil homme» et de ses œuvres.
«Induat te Dominus» : que le Seigneur vous revête de « l’homme nouveau »
«Precingat te Dominus» : que le Seigneur vous ceigne de pureté.
«Accipe Frater lumen Christi» : recevez Frère la «Lumière-Christ»
Ce sont les prières de la cérémonie de la prise d’habit.
Le Maître des novices définitif, c’est Jésus-Christ comme pour François.

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