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Chapitre
trois
Le
Révérendissime Père Bello, dans lettre sur le Tiers-ordre
(1939), fait allusion à une cérémonie usitée
autrefois pour la réception des postulants au Tiers-Ordre. Il ne
semble pas que cet usage se soit conservé.
Actuellement la réception officielle dans la famille spirituelle
se fait après une préparation ou un postulat plus ou moins
long, par la prise d’habit.
Celle-ci, quelques soit sa formule, si on ne le regarde, qu’en surface
paraît un peu singer l’impressionnante et belle cérémonie
des prises d’habit des religieux et religieuses dans leur communauté.
On peut souhait que le Tiers-Ordre reprenne une telle valeur dans les
esprits, après avoir repris toute sa valeur dans ceux qui le vivent,
qu’on puisse publiquement présenter comme un témoignage
marquant de christianisme intégral, une cérémonie
où le vêtement du grand habit de l-Ordre affirmerait devant
tous un désir réelle de mise en route vers la perfection.
Les témoins de la cérémonie continueraient de l’être
sur le pan de la vie courante, en rencontrant le novice en veston ou en
robe, à l’essai depuis quelques semaines, ou quelques mois.
Ils le verraient réalisant dans le concret, l’esprit dont
il a prétendue se vêtir plus qu’eux.
Nous n’en sommes pas là.
Le plus souvent, si la prise d’habit se fait avec la bure Franciscaine,
il faut la réaliser en chapelle fermée. Les étrangers
ne comprendraient pas. Les candidats reçu ne sont pas pour l’instant
encore suffisamment capable de témoigner plus que d’autres;
et les préjugées défavorables dont l’opinion
habile les Tertiaires en général, par suite d’un passé
lourd de léthargie, ou d’originalités malencontreuses
de devanciers mal formés, sont loin d’être éliminés.
Si elle se fait avec le scapulaire et la corde, le goût et l’art
en souffrent suffisamment aussi, pour qu’elle n’ait lieu vraiment
que devant les initiés.
Au reste, la question n’est pas là. L’avenir en revalorisant
le Tiers-Ordre revalorisera la cérémonie d’introduction.
Il s’agit de savoir le sens, l’esprit de ce vêtement
nouveau.
Cet homme qui vient de le prendre veut être un chrétien distinct
des autres chrétiens. Sans doute, comme par le passé, il
se promène au milieu de ses frères en Jésus-Christ,
il vit avec eux, il leur parle, mais pourtant il a l’ambition d’être
plus qu’eux. Il se le dit, il le dit quelquefois à d’autres.
Pourquoi ?
En réalité, il a raison. Mais il ne saurait pas toujours
se l’expliquer à lui-même, ni faire valoir son bon
droit.
Simplement, parce qu’il a reçu un appel particulier, parce
qu’il répond à cet appel, parce qu’il prépare
un don plus entier de sa vie.
a) Il a reçu un appel particulier…
Nous l’avons vu précédemment, il faut une certaine
vocation pour entrer dans l’Ordre. Qui dit vocation dit appel de
Dieu, du Christ, pour recevoir d’eux une mission, un travail particulier.
C’est donc une marque de confiance.
Quand un chef convoque un de ses subordonnées, de préférence
aux autres, pour lui donner une responsabilité, il lui marque en
même temps une confiance plus intense, il le fait entrer dans son
intimité, il lui fait partager ses intérêts, ses soucis
et ses joies.
Pour le chrétien, être choisi par le Maître parmi des
frères pour une fonction de choix et participer dans une sorte
de communion à ses projets, à ses entreprise, provoque toujours
une certaine fierté.
Il est choisi, «Ce n’est pas vous, qui m’avez choisi,
c’est moi.»
a) A ce choix il répond avec empressement.
Non pas sans crainte sans doute, ni sans une certaine appréhension.
Il répond pourtant en acceptant, en se rendant disponible, en recevant
avec joie les explications, les enseignements, qui vont développer
ses aptitudes, préparer son être tout entier à bien
réaliser ce qui lui sera demandé.
Et cette préparation particulière, ce temps de vie plus
intense, plus orienté vers une fin précise, plus centré
sur la responsabilité qui lui sera confié, en ce temps qu’on
appelle ici noviciat, devient une réponse effective, pratique,
qui dépasse la réponse verbale de l’appel et prépare
la réponse signée de l’engagement de la Profession.
La petite employée de bureau perdue au milieu de ses compagnes
qui, un beau jour, reçoit une convocation du directeur, se présente
avec joie et crainte à la fois. En apprenant qu’on la distinguée
choisie pour une fonction à laquelle elle doit se préparer
pour prendre dans une année d’ici, des responsabilités
particulières n’est-ce pas également la crainte et
la joie qui dominent dans son cœur !
Mais elle a répondue «oui», touché par la marque
d’estime particulière qu’on vient de lui manifester.
Immédiatement elle se prépare et tout son travail est en
vue de ses responsabilités futures.
Elle veut être prête pour se donner plus à ceux qui
veulent également lui donner plus.
b) Et c’est dans cette volonté d’un don plus
fort, plus réussi de soi, que le Tertiaire choisi et tout tendu
par son acceptation, vit cette année d’apprentissage de vie
spirituelle.
Il veut être apte à être consacré, voué
au service de qui l’a choisi. Il veut que la signature de son engagement
définitif, fasse foi de sa volonté toute ouverte à
la réalisation de la volonté du maître qui veut croire
en lui.
Le noviciat est donc un temps précieux, lourd de plus en plus d’une
réponse qui va éclater dans un «Fiat» joyeux,
semblable à celui de la Vierge si bien préparée et
qui se trouve instantanément envahie par la «Vie» elle-même.
Semblable à celui des Saints des
tous âges et de toutes nuances, répondant à la formule
de vie particulière qui leur était proposée.
Semblable a celui de François qui, de Saint-Damien à la
Grotte de sa première grande méditation ; de sa pauvreté
mendiante, au Latran, aux églises de pierre rebâties des
ses mains, parvient à sa fonction particulière ; refaire
la grande Église, revivre, l’Évangile en le copiant
et en le faisant copier par ceux qui le suivent.
Au novice, d’une façon théorique, on enseignera que
cette période préparatoire, comme dans les Ordres religieux,
est nécessaire pour connaître et aimer l’Ordre et son
fondateur, son efficacité de sanctification, à sa règle,
en pénétrer l’esprit et se familiariser avec les usages
de la Fraternité Que l’année est rigoureusement exigée
pour la validité de la Profession. Qu’un minimum de douze
réunions spéciales doit lui être opposé sous
la direction d’un Maître de noviciat, …
Pratiquement, le noviciat lui sera présenté comme un temps
De formation : études, méditation, science spirituelle,
organisation de vie intérieure;
De probation : travaux, actes, attitudes pour se prouver à lui-même
et à ceux qui le forment, comme à ceux qui vont le recevoir
dans leur groupe, qu’il y a volonté persévérante,
d’être prêt.
D’intégration : participation directe ou indirecte à
la vie de l’Ordre et de la Fraternité, à ses activités,
à sa réputation, à son rayonnement.
Mais tout cela n’aura de valeur que si l’année terminée
le novice, regardant François, le grand maître de noviciat,
peut se dire : comme lui, je suis prêt à être unique
au service du Seigneur. Comme lui, je veux que le Christ devienne le tout
de mes affections, de mes entreprises, de mes activités, comme
lui, je veux «faire aimer l’Amour qui n’est pas aimé».
François a été novice au début de sa conversion,
il a cherché, il a étudié, il a retranché,
il a transformé pour que le vêtement nouveau dont il voulait
s’habiller : le Christ Jésus le revête de plus en plus
et de mieux en mieux.
Le scapulaire et le cordon ne sont qu’un symbole. Comme pour François,
ils marquent le dépouillement de soi, le travail à effectuer,
à poursuivre jusqu’à l’adaptation aussi parfaite
que possible eu Christ, homme nouveau, que seul devra commander, agir
et aimer dans son disciple.
«Exuat te Dominus» : que le Seigneur vous
dépouille du «vieil homme» et de ses œuvres.
«Induat te Dominus» : que le Seigneur vous
revête de « l’homme nouveau »
«Precingat te Dominus» : que le Seigneur
vous ceigne de pureté.
«Accipe Frater lumen Christi» : recevez Frère
la «Lumière-Christ»
Ce sont les prières de la cérémonie de la prise d’habit.
Le Maître des novices définitif, c’est Jésus-Christ
comme pour François.
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