| «Postulant»,
«novice», «profès», trois termes de vie spirituelle
et consacrée, correspondants aux trois termes connus de vie humaine
: «orienté», «apprenti», «spécialiste».
L’enfant, au
sortir de l’école, ou l’étudiant à la
poursuite de diplômes cherche à s’orienter.
Tantôt tel métier, telle situation les captive, puis les
attraits s’effacent et c’est un autre emploi qui miroite ;
à leur esprit, jusqu’à ce qu’un choix définitif,
personnel ou aidé, vienne les fixer.
L’Office d’Orientation Professionnelle joue de plus en plus,
surtout dans la classe ouvrière.
Cet office existe aussi au spirituel : les prêtres et religieux
soucieux de proposer aux âmes généreuses la vie du
Christ à plein présenteront des diverses formes de vie intérieure
à leurs dirigés et les orienteront vers un choix correspondant
à leur tempérament spirituel, pour que leur vie d’action
ne soit pas sans âme.
L’apprenti, l’étudiant, doté de diplôme
s’exerce, se forme, fait des expériences concrètes
pour devenir un ouvrier compétent, un rouage social sérieux
au service des hommes. De cette préparation, de cette mise en route,
dépend pour eux l’avenir humain de leur existence.
L’apprentissage spirituel du Tertiaire se fait au «Noviciat».
Sa compétence de Chrétien plus engagé plus «perdu
» dans et pour le Christ, dépend pour beaucoup de cette année,
où l’instrument se forge, où la graine tombe en terre,
où l’esprit vient informer le corps et le modeler en chrétien
«plus chrétien que les autres chrétiens» (Pie
X).
Le spécialiste, le professionnel, c’est celui, non seulement
qui connaît son métier, mais l’exerce, le perfectionne,
perpétuellement par des adaptations vivantes, l’apprend aux
autres avec joie et laisse derrière lui des disciples qu’il
verra avec bonheur aller plus avant que lui au besoin,
Nous y sommes. Le professionnel,
de « l’Ordre de la Pénitence » c’est tout
cela. Le jour de la «Professio» n’est pas une installation
dans un fauteuil spirituel devant une grande glace de salon pour s’admirer.
Non, c’est une responsabilité
endossée, un engagement pour gagner une cause, une vie humaine
à la disposition, au service d’une vie divine.
Ce n’est pas une arrivée au but pour y dormir et y endormir
les autres. C’est un point de départ, départ d’un
carrefour vers la belle aventure, vers le risque de l’incarnation,
en montant la route à ceux qu’on rencontre et qui hésitent.
Le routier équipé, sac au dos, souliers ferrés, ne
se regarde pas indéfiniment dans son accoutrement. Il part se «fiance»
avec la route, qu’elle soit facile ou dure et son allure décidée
brise les obstacles, s’acharne et en son allure décidée
brise les obstacles, s’acharne et parvient aux cimes, en établissant
des cordées au besoin.
Le soldat sans combat, sans victoire, sans recul stratégique, sans
avance, sans espérance contre toute espérance, devient un
porteur d’uniforme et finit par rentrer dans la vie civile. «Spécialiste»,
routier, soldat. Le Trinitaire est là. Un «consacré»,
un «déclaré» par a Profession officiellement,
professionnel de vie intérieure, spécialiste d’Évangile,
marchant de charité.
À la suite de François il devient « routier »
vers les cimes. Puis, le texte même de la prise d’habit l’a
précisé : «commilitons Christi», frère
d’arme du Christ.
Son équipement est prêt, il approfondit sa vie et au doctrine
de chrétien. Il continue, par engagement de Règle : «
messe, office, examen, de conscience, méditation », à
se pourvoir de mentalité, de pensées, de présence
du Christ, pour être ce Chrétien « qui donne impression
du Christ partout », à la manière de saint François.
On a dit que la profession religieuse équivalait presque à
un nouveau baptême.
Au baptême, le « Propriétaire » vient chez lui
: «in propira venit» (Saint Jean I.II ) Toutes les portes
de cette vie nouvelle s’ouvrent à lui et tout ce qu’il
y a dans la maison et tout ce qui y entrera restera et deviendra propriété
du Maître du logis. Du moins, c’est ce qui se dit pour ceux
qui réalisent le baptême, c’est le contrat qui s’établit
entre l’homme et le Christ, pour que le «fils de l’homme
» devienne » «fils de Dieu».
Le profession renouvelle à un âge plus conscient après
une année d’étude du contrat, donc en toute connaissance
de cause, cette entrée du Propriétaire chez lui ».
Dans son entrée première, le Christ purifiait tout, blanchissait
tout, rayonnait sa Lumière dissipatrice des ténèbres.
Dans cette nouvelle entrée, acte d’amour parfait du profès
s’ouvrant à tous les droits de Christ sur lui, l’envahissement
de la «Vie» purifie tout à nouveau, et entraîne
tout dans la lumière pour un travail communautaire.
L’unique souci affectueux des intérêts du maître
«de la maison», pour y opérer les transformations,
les améliorations qu’il y d désire et pour l’aider
à entrer à d’autres « propriété
» restées partiellement ou totalement fermées, remplace
les soucis personnel et égocentristes si facilement encombrants
dans les vies mal orientées ou désorientées.
Le «professionnel»
spécialisé dans sa profession peut -être employé
sans crainte à son travail, il le fera avec compétence.
La couturière, la modiste, n’ouvre magasin sur rue qu’après
avoir prouvé ses qualités. Un chapeau mal fait, une robe
mal taillée suffiraient pour lui faire de la contre-réclame.
On dirait qu’elles ne connaissent pas, qu’elles réalisent
mal leur profession.. La maçon, le couvreur, le comptable ne sont
employés que dans la mesure de leur savoir-faire.
Dans hiérarchie des Chrétiens, les Tertiaire est un «
professionnel» de christianisme. Il doit mieux savoir que les autres,
qui est le Christ, sa doctrine, son Évangile. Il est en communauté
d’intérêts avec Lui.
Dans une administration, dans une armée, il y a ceux qui exécutent
sans comprendre, il y a ceux qui dirigent un bureau, une troupe, et en
connaissent la marche ; il y a le conseil d’administration qui pense,
prend des décisions secondaires ; il y a les intimes du chef. Ces
derniers sont en communauté perpétuelle de pensées,
de volontés, de joies, de soucis, d’intérêts
avec le Chef.
Les Chrétiens peuvent se répartir en différentes
zones u peu de la même manière. Ceux qui en savent plus ou
à peine qu’ils le sont ; les chrétiens réduits,
minimisés, n’accomplissant que les stricte nécessaire;
les vérités de façade ou «bien pensants»
; les chrétiens formalistes ; les chrétiens d’action
catholique auxiliaire ; les « engagés » dans l’action
catholique proprement dit ; les « consacrés » dans
le modèle ; consacrés par la vie religieuse conventuelle
et le sacerdoce.
Les «consacrés dans le monde» : parmi eux, les Tertiaires
qui ont accepté et voulu leur consécration. Ils sont tout
près du Christ, le grand Chef et par le fait, avantage que les
autres dans ses intérêts, dans sa cause, ce sont des familiers
choisis par une faveur particulière : «Ce n’est pas
vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai préféré».
Responsabilité de l’engagé, du professionnel, de l’intime,
par rapport à Celui qui l’a choisi et en face de ceux vers
qui Il les enverra pour réaliser ses intérêts, partout.
Par trois fois saint Pierre a due manifester au Maître son attachement
et son affection absolue. Il est vrai que c’était après
un triple reniement, mais n’avons-nous jamais trahi plus ou moins
consciemment nous aussi.
Il nous a été demandé comme au Prince de Apôtres
une première fois à notre baptême : «M’aimes-tu?»
et nous avons répondu par intermédiaire : «Oui, Seigneur,
je vous aime».
A notre communion, la même demande nous a été posée
: «M’aimes-tu?» - «Oui , Seigneur, vous saviez
que je vous aime».
Et voici qu’appelé à «l’Ordre de la Pénitence»,
pour revenir un associé plus direct de la cause chrétienne,
choisi pour travailler avec plus de responsabilité que d’autres
à la construction de l’Église avec François
d’Assise, le Maître a voulu avoir un témoignage plus
profond encore, et comme à Pierre une troisième fois et
avec plus d’insistance, il a repris :«M’aimes- tu vraiment
?» semblant dire : «Puis-je compter sûrement sur toi,
j’ai besoin de toi comme militant, comme dirigeant de mon entreprise».
et comme Pierre, nous aussi, c’est tout angoissé, tout hésitant,
tout craintif et tout confinant que nos avons répondu : «Mais,
Seigneur, vous le savez bien, Vous, que je vous aime».
Et l’engagement a été pris, la «Profession»
d’ami intime du Christ, tout voué à ses intérêts
est maintenant en activité. L’Église a registré
le contrat officiellement.
Le Profès peut compter sur le Christ et le Christ sur le Profès.
François a été le « professionnel » d’amour
consacré, d’amour dévoué à son Christ,
le plus passionné qui soit. À sa suite exerçons notre
« contrat spirituel »
|