Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s

Série 3- À la Trinité par l'hostie 44/52

L'enfant des complaisances

Don-Vanadeur

 Cinquième Partie- Et vous, o Père

Ne voyez en elle que le Bien-Aimé, en lequel vous avez mis toutes vos complaisances.

Je ne suis plus que le bien–aimé de mon Père des cieux dans le Fils bien-aimé de se complaisances éternelles… Je le crois.. Mon âme est saturée de cet amour qui règne en moi ; elle s’enivre à la pensée que je suis aimé du Père, autant que son Bien- aimée..

Ce fut sa dernière prière, au bord du Cédron. Les yeux au ciel, Jésus s’adressant à son Père, lui disait : Père saint… Père juste, faites que l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux et moi en eux (1). Et lui, il est toujours exaucé, c’est donc bien vrai ; je ne puis en douter.

Il y a quelques instants, dans le Supplices qui suit la consécration (2), l’amour du Saint-Esprit m’ a emporté élevé, avec la sainte humanité du Christ, sur l’Autel sublime qu’est le Verbe, en la Trinité qu’on adore. Cette humanité est inséparable de ce Verbe; mais le geste sanctificateur du Père reprend cette Hostie. S’il se peut dire, pour en faire son oblation la repose sur le Verbe, autel du ciel, le seul qui puisse sanctifier cette victime ; il la repose dans le sein de son Père c’est-à-dire dans l’essence de Dieu et l’abîme de ses perfections infinies.

Offert en Jésus, je repose avec lui sur ce autel, je viens de pénétrer dans ce sein du Père, avec lui conduit par l’Esprit du Père et du Fils. Or, là dans ce Saint des Saintes, il ne peut y avoir qu’un bien-aimé : Jésus, Jésus-Hostie. Si je suis là, avec lui, c’est que je suis en lui ; c’est que je suis aimé par Dieu, avec l’amour dont il s’aime, dont il aime Jésus, dont il m’aime, moi, sa créature !

Et, le Père subit, à cette vue, ce qu’on pourrait appeler l’extase divine de l’amour. Devant cette oblation incomparable, qui lui est faite de son bien-aimé, s’échappe de son sien le torrent de la volupté aimé (3) que chante le Psalmiste, le fleuve impérieux des complaisances éternelles qui réjouit la cité de Dieu (4).

Entre les trois personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il y a comme un flux et reflux d’amour ; elles s’enivrent à ce torrent, tandis que le Père, dans cet amour et infiniment et mieux qu’au Thabor, redit de son Fils : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisantes (5).

Et ce torrent d’amour et de volupté divine, ce fleuve des complaisances infinies s’épanche sur cette humanité offerte sur l’autel sublime : elle y est immergée, pour la gloire de celui qui contemple le Fils de sa dilection (6),
Mais cette effusion ne se borne pas à Jésus-Hostie ; elle envahit et saisit l’âme communiant à ce sacrifice ineffable ; elle l’abreuve, à son tour, des délices d’amour qui fait le ciel de la Trinité bienheureuse.

Et c’est là la fin suprême du sait sacrifice de la Messe, le but de la communion que fait participer à cette oblation : le Père des cieux, ayant agrée à cette oblation : le Père des cieux, ayant agréé cette Hostie, nous la rend chargée des complaisances dont, si amoureusement, il l’enveloppe et la pénètre. Et l’Hostie, en revenant à l’âme l’inonde de grâce ineffables ; elle achève de consommer en elle son titre et son état d’enfant adoptive du Père, dans son Fils, par l’Esprit- Saint. Il n’y a pas d’autre sainteté.

Cette âme peut dire, alors, que, par Jésus, son médiateur ; avec lui et en commun de ses mystères ; en lui, c’est-à-dire, en union avec tout les membres de ce Corps mystique qu’est l’Église, toute religion de toute gloire (4) sont rendues au Père tout puissant, dans l’unité d’amour du Saint-Esprit, aux siècles des siècles.

Le soif de Dieu pour une âme, c’est en lui ce besoin de mettre ses complaisances en elle ; pour lui, c’est y trouver sa gloire . Une âme qui se perd éternellement, c’est celle en qui il n’a pu réaliser ses complaisances. Aimer, chez Dieu, c’est assouvir ce besoin-là. Or, la communion d’un chrétien, c’est cela : un acte par lequel une âme se fond pour ainsi dire, dans le Christ, pour recevoir, en lui, le torrent de la volupté divine. Alors, elle devient la complaisance même du Père : elle devient, sa bien-aimée, en Jésus-Hostie

 
Références
1- Joan XVII., II,25-26
2-La troisième prière
3-3- Ps., XXXV.9
4-Ibied.,XLV,5

5-Matth.,XVII,7
6-Col
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