| Quatrième
Partie- O Feu consumant
Esprit
d’amour, survenez de moi.
Sans
ma sainte communion, voilà la grande grâce parmi
tant d’autres que j’implore de Jésus-Hostie
: C’est qu’il daigne répandre en moi son
Esprit-Saint, l’Esprit du Père et du Fils.
Savoir
ce qu’est l’Esprit-Saint, c’est mieux comprendre
la raison de cette demande, c’est saisir son importance
capitale dans l’ordre de la conformation avec Jésus,
ce qui constitue toute la sainteté.
On
l’appelle, Esprit, Souffle sacré, parce qu’il
est l’aspiration, le soupir amoureux de la volonté
de Père et du Fils Jésus souffle sur ses apôtres,
quand ailleurs donne l’Esprit -Saint. Il leur fait comprendre
par là, qu’il leur communique ce soupir d’amour,
qui va du Père au Fils, qui retourne du Fils au Père,
et qui fait de l’Esprit le souffle amoureux du Père
et du Fils ; souffle sacro-saint, dans lequel ils s’étreignent
ineffablement, dans lequel Dieu veut embrasser l’âme
qu’envahit son Esprit.
Et parce que l’amour fait l’union et l’unité
du Père et du Fils, ce qui leur éternelle perfection,
c’est aussi leur sainteté plénière.
Et c’est pourquoi, nous l’appelons le saint, le
Saint-Esprit, nom adorable de la sainteté de Dieu.
Pour
autant que notre raison peut saisir quelque chose de la vie
divine, nos surprenons, dans le sein du Père, comme
un double pulsation d’ineffable dilection : le Père
contemplant son essence et ses perfections infinies s'en forme
une parfaite image, terme de sa connaissance, qui est son
Fils, le fils de ses complaisances. Et le Fils se retourne
vers celui qui l’engendre ; il le reconnaît, s’il
se peut dire, en s’abîmant en cette même
essence et perfections qui leur sont communies, et se voyant
l’un et l’autre infiniment parfaits, infiniment
aimables, il est impossible qu’ils ne s’aiment
infiniment. De l’amour réciproque du être
et du Fils résulte un amour infini égal en toutes
choses à la bonté qu’ils aiment, et c’est
pourquoi, cet amour est Dieu, le Saint des Saints, Dieu comme
le Père et le Fils dont il procède.
Cet
Esprit-Saint, certes, ne peut appeler Dieu son Père
: c’est le privilège du Fils engendré
du Père. Mais, chose admirable, dans ceux en qui il
surviendra et qu’il fait les enfants adoptifs de Dieu,
dans les cours, dont il prendre possession, c’est lui,
qui par sa longue de feu, criera vers Dieu. Père, Père
(1) !..
Et
c’est ainsi que l’Esprit- Saint, de que nul ne
procède au sein de la Trinité, créera
en dehors de Dieu des enfants à qui il donnera la liberté,
dans une confiance pleine d’amour, d’appeler Dieu
lui-même et de l’invoquer, disant : Notre Père
(2)…
Adorable Esprit-Saint, que ne vous dois-je pas, moi, la plus
indigne de vos créatures ? Souffle du Père et
du Fils, vous me donnez de communier à l’aspiration
ineffable du Père dans le Fils, à la aspiration
du Fils dans le Père ; et, mû par ce souffle
d’amour, vous me permettez de crier vers Dieu : Père,
mon Père à moi !…
C’est au baptême que vous me donnez droit à
cette capacité de vie divine, en moi. Mais, que faut-il
dire de l’eucharistie, sacrement des sacrements, à
laquelle l‘ordonnait directement le sacrement de la
régénération spirituelle, mon baptême
?
Par
vous, Jésus- Hostie, en vous, dirais-je mieux, dans
une unité qui jette en stupéfaction des anges
du ciel, j’aspire le souffle d’amour infini, dont
vote cœur est l’immense réceptacle et la
fournaise ardente, par vote sacret admirable, je communie
au mystère d’amour qui unie le Père au
Fils, le Fils au Père.
Esprit-Saint,
qui remplissez le cœur eucharistique de Jésus,
survenez donc en moi ! Survenez en moi, comme vous surveniez
au baptême de Jésus, pour faire de lui l’objet
des complaisances, de son Père.
Survenez en moi, Amour sans lequel je ne suis plus rien, sans
lequel il n’y a plus en moi de vie éternelle,
même commencée ! Soufflez sur moi, par le cœur
de Dieu qui vit en règne en ma poitrine, qu’il
fait son brasier dans le temps, en attendant qu’il en
fasse, par lui et en vous, la vive flamme d’amour éternel.
Ainsi soit-il
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