| Première
Partie-Trinité que j'adore
Tout
odorante…
Il
est en moi… Je crois qu’il est en moi ; j’adhère,
de tout mon âme, à ce dogme de ma foi, qui me
livre le mystère qui contient tous les autres ;qui
est la synthèse de toutes ces merveilles, Jésus-Hostie
est en moi. Son action m’unit, par lui, au Verbe qui
est sa personne, et par ce Verbe, au Père qui l’engendre,
à l’Esprit–Saint qui procède du
Père et du Fils.
Je dis: Mon Dieu, Trinité que j’adore ! …
Peut-être vaut-il mieux que je ne dise rien, que je
me taise, que je fasse silence, que j’entre dans les
silences imperturbable où Dieu habite, qu’est
Dieu lui-même. Mais ce silence qui retient mes lèvres
closes, où mon imagination ne s’égare
plus, où mon esprit ne cherche plus ses phrases, où
mon cœur se repose, ce silence c’est la louange
qui lui convient (1), la plus
solennelle louange, que je puisse lui rendre. On a dit : parler,
c’est difficile ; mais se taire, c’est le suprême
hommage ; et c’est là ce qu’on appel adorer.
L’adoration,
si l’on consulte l’étymologie du mot, c’est
le geste de la main qui, en touchant les lèvres envoie
un baiser: ad os, adorare. On dirait, ici, que la mais cueille,
affleurant à ces lèvres le souffle intime d’une
âme, s’échappant entière comme à
elle-même, pour adhérer à Dieu.
Et
cette adhésion, toute d’amour, comme l’exprime
ce baiser, incline l’âme à l’adoration
qui se traduit par un autre geste, la prostration. La créature,
reconnaissant ce qu’elle est, de qui elle est faire,
sent le besoin, devant son Dieu si grand, de coller se lèvres
au limon dont elle est pétrire. L’âme incline
son corps jusque à terre; elle rejoint, par lui, son
néant devant le tout de Dieu. Mais cette face de l’homme
ne s’identifie, pour ainsi dire, à ce limon terrestre,
que pour affirmer que son adoration, vrai baiser des lèvres,
et une adoration d’amour.
C’est
cette adoration-là qui , en ce moment, sied au suprême
degré, à celui qui vient de communier à
Dieu même, Un et Trine, par la réception du corps
et du sang de Jésus-Christ Notre Seigneur.
Car, pour que cette adoration du Père, du Fils et du
Saint-Esprit ne soit pas trop indigne de celui à qui
elle s’adresse, le communiant la lui offre par un Homme-Dieu.
C’est Jésus-Christ qui adore, en moi. Dès
lors, cette adoration de l’Unité dans la Trinité
Sainte est une adoration infinie, adéquate comme gloire
et comme hommage à la divinité à qui
elle s’adresse.
Passé
e Jésus-Christ, en son corps, en son sang, en son âme
bienheureuse, en sa divinité même, moi pauvre
petit néant sorti de la boue du chemin, je puis donner
à Dieu, tout l‘honneur que mon Sauveur lui rend
aux siècles des siècles.
Communiant à l’état glorieux de Jésus,
en l’eucharistie, on dirait que m’échappant
à tout le terrestre je suis transporté en gloire;
et que, là-haut, où règne mon Seigneur,
mais où, aussi, son humanité sacrée adore
ineffaçablement, je reste enveloppé dans l’adoration
éternelle que, ressuscité, il offre à
la sainteté de Dieu.
Et c’est pourquoi, en ce moment ou Jésus est
en moi, où il me fait participer à tous ses
états, de vie, l’eucharistie état la synthèse
de ses mystères, c’est pourquoi je me tais, je
fais silence, je pénètre en le silence imposant
du Dieu trois fois saint ; et j’adore…
C’est
pourquoi, m’unissant aux adorations infinies du Fils
de Dieu, Verbe Incarné, je m’oublie pour adhérer
à ses sentiments; pour me référer à
Dieu, par lui, avec tout ce qui je suis, tout ce que j’ai
; pour déclarer que je ne suis eu sa créature,
le néant à qui l’a donné être
pour qui dire que cet être le reconnaît, lui,
le Tout; pour confesser, enfin, qu’à ce titre,
il est digne de louanges aux siècles infinis.
Quelle «actions de grâces» que celle-là
! l’home disparaît à lui-même, pour
ainsi dire, il se donne, il se livre, il se lie, il s’enchaîne,
à celui qu’il aime, dans une oblation qui lui
cri : vous êtes mon Dieu, Trinité que j’adore
!
Seigneur Jésus, je vous adore vous-même, vous,
on Seigneur et mon Dieu (2) ,
pour être mon médiateur auprès du Père,
dans l’esprit d’amour, vous n’en êtes
pas moins adorable, adorable comme l’un et l’autre
des Trois.
Je suis à vos pieds, que mes lèvres ne cessent
de baiser, les embrasants de toute l’ardeur de l’amour
que vous répandez en mon cœur, lorsque communiant
à vous, je communie au Père, au Fils et au Saint-Esprit. |