Prêtres du Monde

+Sr Denise Christiaenssens ermite de la croix o.f.s.

À la Trinité par l'hostie 11/52

L'adoration de Dieu

Don-Vanadeur

 Première Partie-Trinité que j'adore

Tout odorante…

Il est en moi… Je crois qu’il est en moi ; j’adhère, de tout mon âme, à ce dogme de ma foi, qui me livre le mystère qui contient tous les autres ;qui est la synthèse de toutes ces merveilles, Jésus-Hostie est en moi. Son action m’unit, par lui, au Verbe qui est sa personne, et par ce Verbe, au Père qui l’engendre, à l’Esprit–Saint qui procède du Père et du Fils.

Je dis: Mon Dieu, Trinité que j’adore ! … Peut-être vaut-il mieux que je ne dise rien, que je me taise, que je fasse silence, que j’entre dans les silences imperturbable où Dieu habite, qu’est Dieu lui-même. Mais ce silence qui retient mes lèvres closes, où mon imagination ne s’égare plus, où mon esprit ne cherche plus ses phrases, où mon cœur se repose, ce silence c’est la louange qui lui convient (1), la plus solennelle louange, que je puisse lui rendre. On a dit : parler, c’est difficile ; mais se taire, c’est le suprême hommage ; et c’est là ce qu’on appel adorer.

L’adoration, si l’on consulte l’étymologie du mot, c’est le geste de la main qui, en touchant les lèvres envoie un baiser: ad os, adorare. On dirait, ici, que la mais cueille, affleurant à ces lèvres le souffle intime d’une âme, s’échappant entière comme à elle-même, pour adhérer à Dieu.

Et cette adhésion, toute d’amour, comme l’exprime ce baiser, incline l’âme à l’adoration qui se traduit par un autre geste, la prostration. La créature, reconnaissant ce qu’elle est, de qui elle est faire, sent le besoin, devant son Dieu si grand, de coller se lèvres au limon dont elle est pétrire. L’âme incline son corps jusque à terre; elle rejoint, par lui, son néant devant le tout de Dieu. Mais cette face de l’homme ne s’identifie, pour ainsi dire, à ce limon terrestre, que pour affirmer que son adoration, vrai baiser des lèvres, et une adoration d’amour.

C’est cette adoration-là qui , en ce moment, sied au suprême degré, à celui qui vient de communier à Dieu même, Un et Trine, par la réception du corps et du sang de Jésus-Christ Notre Seigneur.

Car, pour que cette adoration du Père, du Fils et du Saint-Esprit ne soit pas trop indigne de celui à qui elle s’adresse, le communiant la lui offre par un Homme-Dieu. C’est Jésus-Christ qui adore, en moi. Dès lors, cette adoration de l’Unité dans la Trinité Sainte est une adoration infinie, adéquate comme gloire et comme hommage à la divinité à qui elle s’adresse.

Passé e Jésus-Christ, en son corps, en son sang, en son âme bienheureuse, en sa divinité même, moi pauvre petit néant sorti de la boue du chemin, je puis donner à Dieu, tout l‘honneur que mon Sauveur lui rend aux siècles des siècles.

Communiant à l’état glorieux de Jésus, en l’eucharistie, on dirait que m’échappant à tout le terrestre je suis transporté en gloire; et que, là-haut, où règne mon Seigneur, mais où, aussi, son humanité sacrée adore ineffaçablement, je reste enveloppé dans l’adoration éternelle que, ressuscité, il offre à la sainteté de Dieu.

Et c’est pourquoi, en ce moment ou Jésus est en moi, où il me fait participer à tous ses états, de vie, l’eucharistie état la synthèse de ses mystères, c’est pourquoi je me tais, je fais silence, je pénètre en le silence imposant du Dieu trois fois saint ; et j’adore…

C’est pourquoi, m’unissant aux adorations infinies du Fils de Dieu, Verbe Incarné, je m’oublie pour adhérer à ses sentiments; pour me référer à Dieu, par lui, avec tout ce qui je suis, tout ce que j’ai ; pour déclarer que je ne suis eu sa créature, le néant à qui l’a donné être pour qui dire que cet être le reconnaît, lui, le Tout; pour confesser, enfin, qu’à ce titre, il est digne de louanges aux siècles infinis.

Quelle «actions de grâces» que celle-là ! l’home disparaît à lui-même, pour ainsi dire, il se donne, il se livre, il se lie, il s’enchaîne, à celui qu’il aime, dans une oblation qui lui cri : vous êtes mon Dieu, Trinité que j’adore !

Seigneur Jésus, je vous adore vous-même, vous, on Seigneur et mon Dieu (2) , pour être mon médiateur auprès du Père, dans l’esprit d’amour, vous n’en êtes pas moins adorable, adorable comme l’un et l’autre des Trois.

Je suis à vos pieds, que mes lèvres ne cessent de baiser, les embrasants de toute l’ardeur de l’amour que vous répandez en mon cœur, lorsque communiant à vous, je communie au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

 
Références

Références

1- Ps., LXIV,I, d'après l'hébreu
2- Jean, XX,28

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