Première
Partie-Trinité que j'adore
Tout
livrée à votre action créatrice.
Je ne pus concevoir, à coup sûr, ce
qui se passe, ce qui se fait, à cette heure, en moi, en
mon corps, en mon âme, en mon être entier, en toutes
ses puissances.
Une
postcommunion nous fait prier, ainsi, et si profondément
;
«Nous vous en supplions, Seigneur, faites qu’en participant
à votre sacrement, nous ressentions dans notre âme
et dans notre corps les effets de votre grâce; de sorte
que parvenant au salut dans notre coule substance, nous nous glorifions
de l’effet plénier de ce céleste remède
(1).»
L’action
créatrice de mon Dieu, Trinité que j’adore,
la voilà ; par l’eucharistie, par Jésus Hostie,
ce que, avant tous les siècles, et avant même notre
création, ce Dieu avait résolu de faire de nous,
de vous et de moi, c’était une opération magnifique,
vrai et digne de lui, et qui allât jusqu’à
une déification de nous-mêmes.
L’Apôtre
nous en assure. Il a voulu, éternellement, faire de nous
des saints, des êtes irrépréhensibles devant
lui ; nous ayant prédestinés, dans son amour, à
être ses fils adoptifs par Jésus-Christ et en lui,
et cela à la louange de la magnificence de sa grâce,
par laquelle, il nous rendrait agréables à ses yeux
en son Fils bien-aimés (2).
Quand
vous m’avez crée, mon Dieu, Père, Fils, Esprit-Saint,
vous n’avez voulu que cela, rien que cela, mais tout cela
; que je devienne votre enfant, ô Père, en votre
Fils unique, par votre Esprit d’amour. Oh! Vraiment, quelle
magnificence de conception de bonté, de libéralité
!
Toute votre action, sur moi votre action créatrice, cette
action que me recrée en le Christ Jésus que me fait
nouvelle créature (3) en lui,
c’est là le divin travail de Dieu en moi, inauguré
à l’instant même de mon baptême, sacrement
qui me greffait sur Jésus et me faisait l’enfant
de son Père, en lui, par son Esprit.
Mais ce n’était là qu’en simple naissance
; il fallait la soutenir, la nourrir ; il fallait l’amener
à son développement, à sa perfection. C’est
le travail de l‘eucharistie. Pour me faire votre création
renouvelée, vous voulez me nourrir de Jésus lui-même,
votre Fils. En mangeant sa chair adorable, en buvant son sang
très précieux , en communiant à mon âme
bienheureuse, en me faisant pénétrer de sa divinité,
je devinerai vraiment votre fils ; je serai par grâce de
qu’il vous est, lui, par nature. Quelle merveille !
Il n’est pas un atome de mon être qui ne subisse cette
transformation. Mon corps lui-même est tout pénétré
de votre action créatrice, re créatrice. Ce corps
mortel et qui doit connaître, la corruption du tombeau,
vous le préparez, par Jésus-Hostie, à une
résurrection qui transformera sa vileté, en le rendant
semblable au corps glorieux de Jésus, par le pouvoir qu’il
a de s’assujettir toutes choses (4) cette corruption, fruit
de la mort. Dès maintenant, vous déposez dans ses
moelles, si l’on peut dire, serment de vie immortelle dont
il doit jouir un jour.
Quant à mon âme, votre action créatrice la
subjugue par l’Hostie. Fille de Dieu, vous la disposez,
peu à peu et sûrement, à sa fin suprême
que vous êtes, on Dieu, Trinité de gloire, en la
pénétrant en toutes ses puissances, en ses énergies
les plus secrètes, des mystérieuses influences de
votre grâce, de cette grâce que l’eucharistie
fait affluer en elle, vous achevez insensiblement sa sanctification.
Vous
la rendez sainte, sainte de la sainteté de votre Fils bien-aimée,
en l’illuminant de votre vérité qu’il
est, en l’embrasant de la flamme vive de votre Esprit d’amour.
Vous l’adaptez, tous les jours un peu mieux, à sa
fin glorieuse. Vous êtes cette fin, mon Dieu, dans la vison
bienheureuse que j’attend, lorsque vous contemplant enfin
et dans cette Vérité, vous aimant de cet Amour,
je vous redeviendrai semblable.
Seigneur
Jésus, Hostie du Père, Eucharistie vivifiante, poursuivez
et achevez votre ouvrage en moi. Je me livre, tout entier, corps
et âme à votre action créatrice. Poussez-la
aussi profondément que possible, en cet être que
vous avez élu, pour prolonger, selon le degré de
sa prédestination, vote filiation, rendez-moi toujours
plus sensible, toujours plus soumis à cette action, que
rien ne lui fasse opposition ou obstacle en moi. Au contraire,
que ma bonne volonté en secondant la votre, mon Dieu, Trinité
que j’adore, puisse concourir en ne résistant pas
à votre action créatrice sur moi!
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