Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

ermitedelacroixofs@live.ca

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DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
St-Benoit-Labre-ofm.
Titre de la page:

Ensevelissement-Miracles

Nom de l'auteur:
Jean-Mantenay
Chapitre X
L'inhumation.
— Nouveaux miracles.
— Touchantes manifestations du peuple, du clergé, de l'aristocratie romaine.

Cependant l'heure de l'inhumation était arrivée. On avait creusé la fosse dans la chapelle voisine du sanctuaire, côté de l'épître, là où précisément, ont affirmé des témoins, les regards prophétiques du pauvre Benoît Labre s'étaient arrêtés plusieurs fois. En prévision de la Béatification du Serviteur de Dieu, la reconnaissance juridique du Saint fut dûment constatée en présence des témoins requis à cet effet; la flexibilité des membres et l'inodoration du cadavre furent particulièrement remarquées ; après quoi, on procéda à son ensevelisse­ment. C'est alors qu'en voulant lui changer ses vêtements, des assistants furent témoins d'un fait si prodigieux que nous ne pouvons le passer sous silence, car il semble tenir du miracle.

Pour ôter les habits du défunt et en substituer d'autres, on avait placé le corps sur une espèce d'estrade. Quelqu'un le soutenait du côté gauche, dans la position d'un homme qui est assis, lorsqu'on vit le bras droit se détacher et aller saisir le rebord de l'estrade comme pour se retenir.

Surpris, tous ceux qui étaient présents s'approchèrent et afin de se mieux convaincre de la réalité du prodige, on proposa de retourner le corps du côté droit, et alors on vit la main gauche, à son tour, saisir l'autre rebord de l'estrade. On observa distinctement que les quatre doigts saisissaient l'un des côtés de la planche, et le pouce de l'autre côté. Il fallut les en détacher pour remettre le corps dans sa première position. Ce lait parut assez extraordinaire pour qu'il en fût fait mention dans le procès-verbal de l'inhumation. Pendant cette opération, les professeurs de théologie Marconi et du Pino rédigeaient sur parchemin une notice latine du Bienheureux ; son genre de vie, ses héroïques vertus et sa mort précieuse devant Dieu, avec mention de ses noms, de sa patrie et de son diocèse. Cette notice, enveloppée dans un tube de plomb, fut placée avec le corps dans un cercueil de bois, lequel allait être cloué, lorsque de nouveaux cris s'élevèrent du dehors, de la part de quelques hommes suspendus aux grilles et aux barreaux de fer des fenêtres de l'église ; c'était une réclamation bruyante de voir encore le Saint, avant qu'il fût définitivement enfermé dans sa bière. On voulut bien accéder à cette demande, en dégageant la tête du linceul, et aussitôt retentirent de nouveaux cris de joie, des vivats en l'honneur du défunt : « Heureux Lui! Heureux Lui! » Enfin la dévotion des assistants étant satisfaite, le cercueil fut entouré de bandelettes croisées et scellées du sceau du cardinal vicaire, Marc-Antoine Colonna ; puis transporté vers la fosse préparée la veille.

Or, dans le trajet à travers l'église qui ne désemplissait pas, un homme perclus de rhumatismes toucha le cercueil et fut subitement guéri. La foule inlassable se mit à crier : « Grâce! Miracle! » Ce fut au bruit de ces nouvelles acclamations triomphales que le corps, arrivé à sa destination, fut enfin descendu dans le caveau. Quelques mois plus tard, un prélat chanoine de Saint-Pierre, fit couvrir le caveau d'une pierre sépulcrale de marbre, portant l'inscription suivante :

D — 0 — M
Ici repose  le serviteur de Dieu  Benoît-Joseph LABRE  du diocèse de Boulogne, en France, décédé le XVI des Kalendes de Mai, à Rome,  Le quatrième jour de la semaine Sainte. L'an 1783  âgé de 35 ans  enseveli le jour de Pâques,  au soir

D — 0 — M
Hic jacet servus Dei, Benedictus-Joseph LABRE  Bolonien, Dicecces. in. Gallia . mortuus. XVI Kal. majas. Ronaœ Fer. IV. hebd. majoris. AD. MDCCLXXXIII. œtatis. suce. XXXV sepultus. die. sancto. Pasclia sub. vesp.

On aurait pu croire qu'après de telles ovations la piété des fidèles, se serait, sinon refroidie, tout au moins ralentie les jours suivants ; il n'en fut rien. Ce concours, que ceux qui en furent témoins comparaient à un torrent qui, après avoir rompu ses digues, court précipiter ses flots à la mer, ce concours se renouvela dès le lundi de Pâques avec une effervescence nouvelle. De toute part, de nombreux infirmes se rendaient au tombeau, ou y étaient transportés, les uns pieusement agenouillés et versant des larmes, les autres s'étendant sur les planches qui couvraient la maçonnerie sépulcrale, tous pressés et attendant leur tour de grâce, comme les infirmes de Jérusalem autour de la piscine probatique. A chaque instant l'église retentissait des gémissements et des supplications de ces pauvres malades, des actions de grâces, des transports de joie de ceux qui étaient subitement guéris, des acclamations enthousiastes de l'assistance.

C'étaient des scènes indescriptibles.

Pour avoir une idée exacte des prodiges qui s'accomplirent durant cette première semaine pascale, qu'on lise la lettre suivante, écrite quelques jours après de mai, par un médecin de Rome à sa soeur, Carmélite au couvent de Carvaillon. La compétence de son auteur est une garantie absolue de l'exactitude des faits qu'il raconte. « Depuis Pâques, jour de son inhumation, c'est un concours extraordinaire qui ne se ralentit point. De Rome et des campagnes environnantes on ne cesse de visiter le tombeau du Bienheureux qui ne cesse d'opérer des miracles en faveur de ceux qui l'invoquent avec foi : les muets parlent, les aveugles voient, les paralytiques et perclus marchent librement et reviennent chez eux sans secours; les femmes hydropiques sont marchent librement et reviennent chez eux sont guéries sur-le-champ. Dimanche dernier, l'une d'elles fut mise, en présence de tout le monde, sur la pierre même qui couvre le tombeau. On vit aussitôt sortir de ses pieds une eau corrompue qui inonda le sol entièrement. « Les jambes cassées, les ulcères invétérés, tout est remis et disparaît à l'instant; enfin tous les estropiés se font porter sur le tombeau et se retirent pleins de force, aussi agiles que s'ils n'eussent jamais été incommodés.

« Voilà ce qui se répète tous les jours, et dont toute la ville de Rome est témoin. Je ne saurais vous exprimer combien cela excite d'admiration et de surprise ; les incrédules comme les autres en sont atendris jusqu'aux larmes. J'en ai entendu plusieurs faire cet aveu : « Je ne pouvais me persuader tout ce qu'on dit sur les miracles; j'ai été curieux; j'ai voulu voir de mes propres yeux; je me rends aujourd'hui. » Quel triomphe, ma chère soeur, pour la religion! Personne ici n'a jamais rien vu de pareil. On en voit, qui, sans penser à man­ger, du matin au soir, ne quittent pas la place dont ils viennent de s'emparer, dès que la porte de l'église est ouverte, pour être témoin des mi­racles qui s'opèrent à chaque instant.... « Ce Bienheureux Pauvre a fait, dans l'intervalle de sa mort jusqu'à ce jour, soixante-sept miracles du premier ordre, entre autres la gué­rison d'une fille de vingt-deux ans, née muette, qui a reçu aussitôt le don de la parole. »

La lettre ajoute : « Au milieu de cette foule tumultueuse, je crains que des désordres ne se produisent; aussi a-t-il fallu fermer les portes et n'en permettre l'entrée qu'aux malheureux et aux personnes privilégiées; mais il faut une forte garde pour arrêter le peuple mécontent.» En effet, les gardes, placés à la porte extérieure et en divers points de la nef, suffisaient à grand'peine à réprimer cette foule envahissante ; en sorte qu'il fut impossible, ce lundi de Pâques, de célé­brer aucun office, ni de faire aucune cérémonie à Notre-Dame-des-Monts ; et alors on dut enlever le Saint-Sacrement du tabernacle et le transporter dans la chapelle attenante à la sacristie; et dépouiller de leurs ornements les autels latéraux qui étaient sans cesse escaladés par les plus hardis visiteurs. Enfin comme les Quarante-Heures y devaient être célébrées quelques jours plus tard, le ven­dredi, l'autorité ecclésiastique crut devoir en trans­férer la solennité dans une autre église : on choisit celle de Saint-Cyr et Sainte-Julitte qui se trouve dans le même quartier. Pour l'exécution de ces ordres, il fallut se hâter, car le transport du peuple attroupé au dehors était tel, qu'après avoir attendu jour et nuit, il ne menaçait de rien moins que de forcer les portes pour arriver au tombeau.

Parmi ce défilé ininterrompu de pèlerins, les gardes corses avaient parfois à frayer le passage à des femmes de la plus haute distinction, accourant donner au Bienheureux les marques de leur vénération. L'une d'elles eut la pensée de quitter sa chaussure avant d'entrer dans l'église ; elle s'avance pieds-nus, reste longtemps agenouillée en prières et retourne au dehors, à la grande édification de l'assemblée. Le bon exemple est contagieux ; une autre dame, la princesse Pallavicini, s'empressa de l'imiter; tandis qu'une troisième voulut faire à genoux tout le trajet de la porte de l'église au tombeau miraculeux. Ainsi, à peine Benoît Labre a-t-il rendu le dernier soupir, que le monde qu'il fuyait et qui l'évitait, comme on évite un lépreux, court à lui; son nom passe admiré, acclamé sur toutes les lèvres; la beauté de son âme attire, ses haillons ont des attraits, on s'en dispute les lambeaux; on le contemple, on le prie, on l'invoque ; on veut le connaître, on en parle avec éloges; les miracles, les guérisons se multiplient, évidentes, irrécusables; le peuple, le clergé, l'aristocratie, la Cour romaine, tous publient ses louanges à l'envi.

Son tombeau est véritablement glorieux, constate l'abbé Rosière. Le Sépulcre n'était pas dans l'église la seule station qui fût visitée, on s'arrêtait dans toutes les parties du lieu saint que Benoît avait sactifiées par ses prières ; en particulier, le gradin sur lequel il s'agenouillait et la balustrade qui lui servait de point d'appui, recevaient les baisers émus des pèlerins. Enfin, la maison de Zaccarelli était aussi l'objet de continuelles visites. Cette seconde station n'était pas moins impressionnante que la première. La rue était encombrée d'équipages ; les personnes du plus haut rang voulaient visiter la chambre du Saint, son lit, ses guenilles. On priait auprès de ce lit mortuaire, comme dans une chapelle. Ainsi qu'au lendemain de son expiration, les fidèles faisaient toucher, non plus au corps vénéré, mais à son grabat, des chapelets et autres objets que ce contact devait sanctifier. Ici, comme à Notre-Dame, on ne put éviter le désordre qu'en plaçant à toutes les issues des gardes ayant une consigne rigoureuse. Sur la liste des illustres visiteurs romains, il faudrait inscrire les DOMS des cardinaux et des évêques, de l'ambassadenr de France à Naples et de nombreux pèlerins compatriotes du Bienheureux enfant d'Amettes.

Des miracles se produisent de toutes parts, la vue est rendue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, a écrit l'abbé Moigno; les maladies les plus invétérées sont parfaitement guéries. Et ces miracles ont lieu non seulement à Rome, mais encore dans les diverses villes de l'Italie, spécialement à Notre-Dame-de-Lorette ; ils se multiplient tous les jours en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et dans presque tous les royaumes de l'Europe. Plus de deux cents miracles ont été constatés juridiquement, d'innombrables suppliques ont été envoyées au Souverain Pontife pour demander la béatification, mais Rome agit toujours avec une sage lenteur ; elle exigea de minutieuses enquêtes dans tous les lieux qu'avait habités Benoît-Joseph. La procédure ne fut terminée qu'après soixante ans ! Grégoire XVI déclara alors que le vénérable Benoît-Joseph Labre avait pratiqué la vertu à un degré héroïque, et le Pape Pie IX, comme nous le verrons plus loin, lui décerna les honneurs de la béatification.

Dans la préface de sa rie de Jésus, M. Ernest Renan a fait cet aveu étrange, mais précieux : « Si le miracle a quelque réalité, mon livre est un tissu d'erreurs. Si, au contraire, le miracle est une chose inadmissible, j'ai eu raison d'envisager les livres qui contiennent des récits miraculeux, comme des légendes pleines d'incertitudes et d'erreurs de partipris. » Or, la démonstration rigoureuse et complète par la science la plus avancée des cinq miracles que nous allons citer, a été apportée devant le tribunal le plus impartial de l'Univers et ces cinq miracles sont en tout semblables aux miracles de l'Évangile. Ils ont été opérés de nos jours, en plein xvine et xixe siècle, l'incrédulité, débusquée de son avant- poste ; l'Impossibilité, est donc ramenée forcément sur le terrain du Fait. Comme on comprend, dès lors, que l'impiété, la franc-maçonnerie, la librepensée aient accueilli avec une rage si haineuse, la nouvelle de la canonisation de Saint Benoît-Joseph Labre

Telles étaient pourtant les répugnances que le Pauvre de Jésus-Christ inspirait à tous qu'il a fallu pour l'élever sur les autels, le courage de l'un des plus forts parmi les Souverains pontifes : de Pie IX. Ces procès, en effet, ne sont pas autre chose que la comparution du miracle au tribunal de la science de la science médicale, dont il ressort, et les sciences accessoires, la physique, la chimie, l'anatomie, la physiologie, la pathologie, la médecine, la chirurgie comparution aboutissant à un jugement solennel, irrécusable qui approuve ou confirme et comme fait éclatant certainement accompli, et comme miracle, la guérison instantanée, parfaite, sans récidive, de maladies déclarées incurables par les forces de la nature et les ressources de l'art. Le Tribunal appelé à se prononcer, la sacrée Congrégation des Rites, présente des garanties de moralité et de désintéressement absolues; il a son ministère public. Le promoteur de la foi, qui fait fonction de procureur général, formule les difficultés, les observations critiques, soulève les objections, et ne s'arrête qu'après une, deux ou quelquefois trois luttes acharnées, quand tous ses arguments ont été complètement et victorieusement rétorqués.

Il y a un secrétaire qui dresse les procès verbaux, un notaire qui minute tous les actes. Les experts et médecins, les interprètes sont choisis parmi les membres les plus distingués des corporations auxquels ils appartiennent. Toutes les plaidoiries pour et contre sont écrites, rien n'est laissé au hasard de l'improvisation ou de la surprise d'une parole habile, éloquente, insidieuse. Quelle incontestable supériorité sur les cours de la justice humaine ! Il ne s'agit pas ici d'arrêts rendus après une ou deux audiences de quelques heures chacune. Les procès de béatification et de canonisation durent des années, de longues années, un demi-siècle en général, et comportent des centaines, des milliers de séances particulières ou générales. Enfin, il ne s'agit pas de l'audition, une fois pour toutes, d'un petit nombre de témoins, plus ou moins désintéressés, plus ou moins indépendants. Il s'agit d'enquêtes nombreuses, publiques, presque universelles.

Voilà le Tribunal ! voilà les jugements! comment dès lors n'admettrait-on pas qu'un arrêt prononcé dans ces conditions de lenteur, de maturité, de sévérité, de sollicitude, d'inquisition, hors de l'influence de toute pression humaine, en présence et sous l'inspiration de Dieu, est nécessairement infaillible et l'expression manifeste de la vérité absolue? Benoît-Joseph Labre a voulu être, comme l'a dit excellemment l'abbé Moigno, le dernier des Saints : aucun Saint ne s'est fait aussi humble, aussi petit ; aucun ne s'est plus anéanti ! Il a été au plus haut degré un « de ces riens humains » qui, échangeant leur néant contre la Toute-Puissance divine, sont seuls capables de confondre les plus forts. Nul lien, même infiniment petit, ne le rattachait à la terre. Il était toujours en prière, toujours en extase, toujours prêt à monter vers le Ciel, accomplissant sans cesse des actes héroïques, d'amour de Dieu et du prochain. Des milliers de personnes l'ont vu, les bras croi­sés sur la poitrine, le corps soulevé de terre et comme suspendu en l'air, le visage enflammé resplendissant d'une vive lumière, depuis les pieds jusqu'à la tête. Le miracle est en permanence et brille de tout son éclat aux lieux de pèlerinage, dans les sanctuaires bénis,consacrés par l'apparition de la sainte Vierge, par le berceau, la demeure, le tombeau des grands serviteurs de Dieu.

Chapitre XI
Les miracles au tribunal de la science.

Examinons maintenant les trois principaux miracles qui ont permis de prononcer la béatification. Une jeune fille d'une quinzaine d'années, Marie Rosa de Lucca, demeurant à Nassamo, tomba malade de la rougeole en mars 1783 (un mois avant la mort du saint) et dut s'aliter. Bientôt, son état s'aggrava, une pleuro-péripneumonie s'étant déclarée, elle fut, a dit un des nombreux témoins « réduite à la peau et aux os ». Il y avait oedème, les jambes étaient enflées, la toux violente, l'oppression intolérable. Les médecins estimèrent que la malade était désespérée, et on lui administra l'Extrême- Onction.

La mère de la pauvre enfant attendait, dans l'an­goisse que l'on devine, le dernier soupir de sa fille, lorsqu'un soldat, nommé Antoine Gavetti, qui arrivait de Rome, parla de la sainteté de Benoît-Joseph Labre qui venait de mourir et apporta quelques images de lui.

La mère déposa une de ces images sur le lit de la malade et fit voeu d'aller en pèlerinage à Rome , si Dieu guérissait son enfant. Le miracle s'accom­plit, non à Nassamo, mais à Rome , sur la tombe même du Saint. En effet, la malade voulut se rendre sur le champ dans la Ville Éternelle.

Et si téméraire que fût une telle décision dans l'état où se trouvait Marie Rosa, les médecins ne s'y opposèrent pas. « Les secours de l'art sont devenus inutiles, dit l'un deux, dans ces conditions je ne m'oppose pas au voyage ; elle mourra à Rome ou plus probablement en route, mais au point où elle en est, on peut lui accorder tout ce qu'elle désire ».

La mère, dont la foi était profonde, accéda aux désirs de son enfant, et toutes deux priaient avec ferveur le Saint. On partit donc, la jeune fille fut assise sur un petit âne et elle voyagea ainsi, soutenue par sa mère et sa cousine, car elle était dans un tel état de faiblesse qu'elle serait tombée si elle n'avait pas été soutenue sur la selle. Ce trajet dura treize heures. Il fallut s'arrêter vingt fois. Rosa de Lucca suppliait sans cesse qu'on lui donnât à boire, la fièvre la dévorait. Quand elle entra à Rome , elle était mourante. Il était neuf heures du soir; la nuit fut atroce. Marie Rosa ne put prendre un seul instant de repos et ne cessa de se lamenter. Le matin, la malade fut traînée à l'église de Sainte-Marie-des­Monts, où les restes du Bienheureux sont conservés. « Je la soutenais d'un côté, a écrit la mère, et sa cousine de l'autre.... Nous entrâmes dans l'église, on il y avait une grande foule de peuple. Dans cette foule, l'étouffement augmenta tellement, que je ne pus plus la faire avancer. Il me fallut la porter hors de l'église. Je la fis asseoir sur les escaliers, et afin de lui humecter un peu les lèvres, je lui donnai quelques cerises » Un des témoins a dit de son côté.

Par la rue, je conduisais à grand'peine la pauvre enfant, parce qu'elle ne pouvait pas se tenir et qu'il fallait lui donner un appui; à cause de sa faiblesse et de son étouffement, il fallait à chaque instant s'arrêter et lui laisser reprendre haleine. Au tombeau du Saint, la jeune fille parut recouvrer un peu de force. Mais après avoir regagné à grand'peine son logis, elle sentit ses souffrances augmenter cruellement, mais elle s'endormit soudain, et du sommeil le plus paisible, dès qu'on eut approché d'elle une image du Bienheureux. A son réveil elle était calme, elle ne souffrait plus. « Je suis guérie », dit-elle joyeusement à sa mère. Et de fait, elle se lève, s'habille rapidement, à la stupéfaction de son entourage, et se rend à l'église sans être soutenue, plus de toux, plus d'oppression; elle a repris ses forces, ses couleurs ; elle mange avec appétit et elle marche d'un pas si rapide, pour se rendre à l'église Sainte-Marie-des­Monts, que sa mère et sa cousine ont peine à la suivre. Après avoir remercié le Saint avec la ferveur et l'allégresse que l'on devine, la famille reprit le chemin de Mazzano. Marie Rosa fit gaiement le voyage sans avoir besoin d'aide. Tous ses concitoyens émerveillés se rassemblaient autour d'elle et en croire leurs yeux. Les médecins n'étaient pas moins émus, et le chirurgien Sgarzi s'écriait :

« On ne peut songer à nier un miracle aussi clair et aussi évident ! » Depuis, la santé de la jeune fille fut parfaite. De nombreux témoins, parmi lesquels les trois médecins qui soignèrent Marie Rosa, ont attesté ces faits. Leurs interrogatoires sont très précis, très circonstanciés. Le second miracle se produit également en faveur d'une jeune fille,Thérèse Tartu foli, du village de Civitanova, qui souffrait depuis plusieurs années d'une tumeur à la gorge. Plusieurs opérations furent pratiquées qui aggravèrent l'état de la malade. Un ulcère se forma, les souffrances devinrent insupportables. La jeune fille fut soumise à toutes les tortures de la chirurgie. Ce fut en vain. Les opérateurs reconnaissaient leur impuissance, ainsi que cela ressort nettement de leurs interrogatoires. « Je la jugeais incurable », écrit loyalement le docteur Crémonini. La malade ne pouvait plus supporter les angoisses, les douleurs que lui causait son mal. Convaincue de l'inutilité des moyens humains, elle résolut d'implorer Saint Benoît-Joseph Labre; et un soir en se couchant elle applique avec confiance sur sa gorge une image du Saint et le lende­main à son réveil, elle retira cette image toute souillée de matières putrides. Elle porta alors la main à sa gorge, l'ouverture était fermée, elle ne souffrit plus. Courant à sa glace, la miraculée constata que la peau s'était refermée.

Il n'y a plus trace de plaie. « Je confesse que telle fut ma surprise, a déclaré le chirurgien, qu'à peine pouvais-je retenir mes larmes, et, pendant toute cette journée, je restai comme interdit ». Ceci se passait en mai 1783, un mois après la mort du Saint. Jamais depuis cette miraculeuse guérison, Thérèse ne fut malade. Elle se maria quelques années plus tard. La troisième miraculée fut une religieuse du monastère de Saint-Antoine de Vennuabili, soeur Angèle-Joséphine Marsini qui était atteinte d'une affection squirrheuse. Elle ne dormait plus, elle mangeait à peine. Des vomissements de sang se produisirent. Enfin, la malade fut frappée d'une hémiplégie dans tout le côté droit. Son état fut jugé désespéré par les médecins et elle reçut les derniers sacrements. Elle attendait la mort, lorsqu'une sœur converse, c'était le Mardi-Saint de l'année 1818, lui conseilla de recourir à Benoît Labre. « Alors, raconte la sœur Angèle-Joséphine Marsini, alors elle me présenta une image que je reconnus pour être celle du vénérable serviteur de Dieu, Benoît-Joseph Labre, tel que je l'avais vu pendant sa vie, quand il vint à San Leo et que je lui fis l'aumône d'un pain. Ayant pris l'image, je fis cette prière : « O vénérable serviteur de Dieu, pour ce pain que je vous ai donné, obtenez-moi l'une de ces trois grâces, ou la santé, ou la mort, ou la patience, puis toujours tenant l'image, je me signai au front, ainsi que sur les parties douloureuses, baisant et derebsaite lèvres e l'image, d'image, répétant souvent ma prière et du coeur, avec une émotion intérieure dont je ne pourrai exprimer la vivacité.

Au simple contact de la sainte image, la religieuse se sentit soudain délivrée du poids de tous ses maux. Elle dormit d'un sommeil réparateur, ce qui ne lui était pas arrivé depuis près de six mois, et le lendemain, elle put se rendre au réfectoire et mangea avec appétit. Elle était absolument guérie.... « Je puis certifier, a dit le médecin, qu'étant venu visiter la malade vers neuf heures du soir, je la trouvai aussi mal que d'habitude. En revenant le lendemain matin, je dus constater la parfaite guérison et de sa maladie et de toutes les autres. « J'étais extraordinairement surpris ; je lui tâtais le pouls; la fièvre avait disparu. » Le chirurgien Castellani dit de son côté : r Je suis obligé de reconnaître hautement et avec certitude qu'une telle guérison instantanée laquelle, depuis, n'a laissé aucun motif de faire supposer une rechute possible, a été l'effet d'une puissance surhumaine. » Pie IX proclama alors le décret de béatification du pauvre de Jésus-Christ, Benoît-Joseph Labre, protestation solennelle « contre le sensualisme impie qui a envahi la société moderne et qui ne saurait être énergiquement et fructueusement combattu que par l'amour et la pratique de la pauvreté, si amoureusement aimée du bienheureux Benoît- Joseph Labre. »

Il y avait à peine un an que les fêtes de la béatification étaient passées, lorsque le postulateur sollicite la reprise de la cause en vue de la canonisation. Il montra combien il était opportun, a dit l'abbé Moigno, d'opposer à l'orgueil du siècle et aux vanités du monde un si merveilleux exemple d'humilité et de détachement. Il emprunta à cet effet les admirables paroles prononcées dans la cathédrale d'Arras, par l'éloquent évêque de Poitiers , le cardinal Pie, lorsqu'il disait : « Le naturalisme, comme un fleuve qui a brisé ses digues allait engloutir la terre, un humble serviteur de Dieu s'est levé pour repousser le torrent dévastateur; Benoît Labre a planté sur le sol son bâton de pèlerin, et le flot s'est arrêté, et le naturalisme a fait un pas en arrière. » Pie IX approuva la reprise de la cause en mars 1861. La commission romaine, nommée à cet effet, avait surtout à examiner les nouveaux miracles que le postulateur exposait à l'appui de sa demande. On en chosit deux qui s'étaient produits l'un à Rome, l'autre à Monte Falco. Une dame romaine, Thérèse Massetti, avait quarante ans lorsqu'elle fut atteinte d'un cancer à la poitrine. Après une longue consultation, trois médecins déclarèrent qu'une opération était urgente, si affaiblie que fût la malade.

L'opération fut faite en 1859, c'est-à-dire à l'époque où les fêtes de la béatification de Benoît Labre allaient être célébrées. Mme Massetti avait alors quarante-trois ans. Mais le mal reparut bientôt accompagné d'accidents graves, et un chirurgien, non moins remarquable par sa piété que par sa science, estimant qu'une seconde opération ne ferait qu'accélérer la mort, engagea sa cliente à recourir à l'intercession de Benoît Labre. Ce conseil fut accueilli avec joie. Mme Massetti se rendit à la basilique vaticane ; c'était le jour où l'on devait découvrir l'image du Bienheureux. Pendant qu'elle contemplait avec une pieuse ardeur cette sainte image, les cruelles douleurs qu'elle éprouvait cessèrent subitement, ses forces même étaient revenues, son corps s'était redressé, la joie brillait sur son visage, et dans ses regards. Elle passa le reste de la journée en prières et quand elle rentra chez elle, elle constata que le cancer avait disparu. « Alors, rapporte un témoin, elle se mit à crier, pleine de joie, qu'elle était guérie, courant, sautant avec facilité par toute la maison, et se donnant de grands coups dans la poitrine pour montrer qu'elle n'y avait plus aucun mal. »

Or, la veille, les médecins l'ont constaté, elle ne pouvait même plus supporter le léger frottement de la plume avec laquelle on lui appliquait les liniments prescrits. Le bras gauche ne pouvait faire aucun mouvement, la maigreur'de la ma­ade était excessive. A Monte-Falco, ce fut une religieuse, la B. Mère Marie-Louise de l'Immaculée-Conception, qui fut miraculeusement guérie. Elle souffrait d'une grave maladie d'estomac, maladie héréditaire, car ses parents avaient succombé à une affection de cette nature. Ne pouvant supporter aucun aliment et arrivée au dernier degré de la consomption, elle avait dû s'aliter. Tous les remèdes étaient inutiles, le médecin prévoyait une issue fatale. Un jour, pendant que ses compagnes étaient au choeur, la pauvre malade invoquait avec ferveur Benoît Labre, lorsque le saint lui apparut. Il traça le signe de la croix sur le front et la poitrine de Marie-Louise et lui annonça qu'elle était guérie. Saisie à la fois de frayeur et de joie, soeur Marie- Louise se demanda si elle n'était pas l'objet d'un rêve. Elle regarda sa poitrine où se voyait quelques minutes auparavant une tache livide. Cette tache a disparu! La religieuse se lève, s'habille, descend au réfectoire et devant ses compagnes stupéfaites elle mange avec appétit, elle qui ne pouvait supporter les aliments les plus légers, elle boit même du vin pur, ce qu'elle n'avait jamais pu faire jusque-là. Elle était guérie, elle était sauvée !

Mais, dira-t-on, les cinq miracles ainsi constatés ont été accomplis en faveur de femmes. N'est-il pas singulier qu'aucun de ces sujets ne soit un homme ? L'abbé Moigno, qui éprouvait à cet égard, certain scrupule, s'en ouvrit à Léon XIII qui le rassura pleinement : Quand il s'agit, lui dit-il, des miracles féminins, la sacrée Congrégation des Rites est encore plus sur ses gardes; elle exige une surabondance de preuves extraordinaires, et, s'il était possible, le miracle serait rendu encore plus certain. » Et, en effet, par cela même qu'il est féminin, ce miracle fait la partie incomparablement plus belle au promoteur de la foi, c'est-à-dire à ce ministère public qui ne manque jamais de donner une place énorme à la névrose, et lui fait jouer un rôle im­mense dans la maladie pour dissimuler sa gravité dans la guérison, pour lui enlever tout ce qu'elle pourrait présenter de miraculeux, pour en faire un jeu de la nature. Nous devons relater maintenant un fait curieux et, croyons-nous, assez peu connu : 96 prêtres, religieux et religieuses, 443 victimes appartenant au peuple, périrent à Arras et à Cambrai, pendant la Terreur sous le gouvernement de Joseph le Bon. Parmi ces malheureux, deux furent victimes de leur dévotion à saint Benoît-Joseph Labre. C'étaient des femmes nommées Lagache et Dupont qu'on arrêta en Belgique. L'une était couturière à Vaucricourt, l'autre servante du curé de Saint-Hilaire. On les accusa de « s'être exilées volontairement du sol sacré habité par la liberté et l'égalité et d'avoir conservé en leur possession plusieurs livres de piété : La Clef du Paradis ou le Chemin du riel, une oraison à Marie, mère de Dieu, conçue sans péché, une parcelle d'étoffe arrachée au manteau du bienheureux serviteur de Dieu Benoît-Joseph Labre, et l'attestation du vicaire général du ci-devant évêque de Boulogne que cette parcelle était vraiment tirée du saint manteau. »

Tel était le crime commis par ces pauvres femmes qui furent impitoyablement guillotinées.

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Le Resto de mon fils

François Christiaenssens

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