Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

ermitedelacroixofs@live.ca

Livre d'or-Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens.  Ne laissez pas de message personnel s.v.p.
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DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
Les-Martyrs-de-Gorcum
Titre de la page:

Chapitre-11 Les Oeuvres
Chapitre- 12 La Glore, Appendice-Bio

Nom de l'auteur:
Père Hubert-Meuffels ofm

CHAPITRE XI

A CHACUN SELON SES ŒUVRES

C'est dans cette grange et au-dessous de ces poutres que restèrent ensevelis les corps des martyrs. Les catholiques ne perdirent pas de vue des frères qui leur avaient fait tant d'honneur. Mais, jalouse et haineuse, l'hérésie veillait autour de leur tombeau. A. aucun prix elle n'en céderait la propriété aux catholiques; elle leur en refusa même obstinément l'accès. Autrefois l'opprobre et la mort, désormais le silence et l'oubli; tel semblait être le mot d'ordre du parti.

Mais Dieu allait déranger ce programmé, et en attendant il laissait libre cours à sa justice et à sa miséricorde.

On se rappelle qu'au moment où les confesseurs de la foi furent conduits au supplice, le curé de Maasdam, Adrien Bonders, et le chanoine Pontus de Ruyter ne furent pas dérangés dans le logis plus confortable que leur avait valu une lâche complaisance. Mais les Gueux ne durent se fier qu'à demi à leur conversion au calvinisme. Le mercredi 16 juillet, exactement huit jours après la mort glorieuse de leurs compagnons, ils furent cherchés par Jean d'Omal et conduits eux aussi dans la propriété de Ten Rugge pour y être pendus. Adrien Bonders, la figure contractée par la peur, demande grâce; et comme on ne lui répond pas, il crie à tue-tête qu'il renonce à sa foi, à son sacerdoce, à tout ce qu'on voudra. C'est peine perdue. La corde qui l'étreint est jetée par-dessus la branche du premier arbre venu, et le malheureux expire sans qu'on ait jamais su si la mort le surprit dans un dernier blasphème ou dans un mouvement suprême de repentir.

C'était maintenant le tour de Pontus de Huyter. Mais, le croirait-on, notre cauteleux chanoine réussit à se tirer du mauvais pas et à calmer Jean d'Omal lui-même. Il devint le secrétaire de l'apostat. Il est vrai qu'à son service il gagna plus d'injures et même de coups que de faveurs, mais il parvint à s'échapper. Une fois en sûreté, il comprit ce que sa conduite avait eu de lâche ; il se réconcilia avec l'Église et reprit ses travaux d'histoire et de littérature. Jusqu'à sa mort, qui arriva en 1602 à Saint-Trond, il vécut, sinon dans une ferveur qui semble n'avoir jamais été dans sa nature, du moins dans les sentiments d'une humilité sincère dont témoigne le récit qu'il nous a laissé des souffrances de ses compagnons. Elle allait — dit la vieille chronique — jusqu'à lui faire refuser dans la conversation le nom de Monsieur. « Non, non, disait-il avec simplicité, ne m'appelez plus ainsi, car je n'ai pas persévéré dans la société des martyrs. »

Les deux religieux qui avaient apostasié dans la grange , en présence de leurs confrères expirants, eurent, eux aussi, un sort bien différent. Le Père-Guillaume avait pris du service chez les Gueux et — comme il arrive souvent à ceux qui tombent de plus haut — il surpassait ses nouveaux compagnons en cruauté et en débauche. C'est là que l'attendait le châtiment divin. Traître à ses voeux, à son sacerdoce, à son Dieu, il essaya aussi de trahir le comte de la Marck , son nouveau maître. Mal lui en prit.. Accusé de vol et de tentative d'empoisonnement, il fut arrêté, convaincu, condamné et, séance tenante, exécuté. Trois mois à peine s'étaient écoulés depuis le jour où il avait laissé passer, sans en profiter, l'occasion unique de racheter par une mort glorieuse les longues infidélités de sa vie de religieux relâché.

Le jeune Frère Henri, coiffé d'un bonnet, armé d'un fusil, avait été incorporé lui aussi parmi les, Gueux. Et nous avons raconté comment le malheureux avait dû décharger son arme sur le corps inanimé de son supérieur. Mais Dieu, qui abandonne' parfois à sa justice le sort d'une âme basse et vile, comme semble avoir été celle de Guillaume, par donne avec une inépuisable bonté les fautes qui procèdent de la faiblesse. C'est la mort dans l'âm• que Henri avait apostasié et qu'il avait commis l'infamie que les bourreaux lui commandaient. Dans. les rangs des Gueux et bientôt au service d'un particulier, il éprouva, durant plusieurs semaines, angoisse sur angoisse, avanie sur avanie. Mais il parvint, lui aussi, à s'échapper ; il arriva jusqu'à Bois-le-Duc où il fut accueilli, pardonné, réconcilié avec l'Église. Il fit pénitence jusqu'à la mort qui, contrairement à l'affirmation de beaucoup d'historiens, ne vint le prendre que dans une extrême vieillesse. C'est par lui, témoin oculaire jusqu'à la fin, ainsi que par Pontus de Huyter, que la postérité a connu la plupart des détails que nous avons pu donner sur les derniers combats et sur la mort des confesseurs de la foi.

Pendant ce temps, la justice de Dieu atteignait les uns après les autres les grands coupables du drame du 8 au 9 juillet. Une fois de plus on voyait retomber sur les persécuteurs le sang des victimes immolées.

Jean Vrouvvelingh, le misérable qui avait livré les deux Prémontrés de Monster et les avait suivis de ses sarcasmes jusqu'à la mer, mourut, dit-on, de la rage. Jean d'Omal, l'apostat de Liège, le sanguinaire satellite du comte de la Marck , fut arrêté pour l'excès de ses cruautés, quelques mois après le crime de Brielle. Et bien qu'il essayât de rejeter sur son maître la responsabilité de ses infamies, il n'échappa point au supplice.

Le comte de la Marck lui-même tomba en disgrâce. Dans ce même mois de juillet, après les martyrs de Gorcum il avait mis à mort avec des raffinements inouïs de cruauté le vénérable Musius, recteur du monastère de Sainte-Agathe à Delft . Ce vieillard de soixante-neuf ans, universellement estimé dans les Pays-Bas, était personnellement connu et aimé du Prince d'Orange. Sa mort fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Le Prince eut, comme toutes les honnêtes gens, un haut le cœur; il renia un lieutenant qui le déshonorait plus encore par sa cruauté que par son insolence. Il lui ôta son commandement et le donna à Blois de Treslong. De la Marck fut décrété d'emprisonnement; il fut tour à tour arrêté, relâché, et saisi de nouveau. On lui demandait compte d'innombrables actes de cruauté et notamment du crime commis le 9 juillet dans la grange de Brielle. Il est vrai que clans le réquisitoire officiel Jean d'Oural était seul nommé. Mais c'était là un de ces bons procédés de pure forme dont on use parfois envers les criminels de haute volée. Le comte était net­tement visé dans la personne de son farouche lieutenant. Il le comprit. Dans sa Réponse(1) et dans son Apologie(2) il chercha à se disculper. A l'entendre, sa conduite méritait plutôt des éloges que du blâme. Ceux qu'il avait châtiés avaient opposé de la résistance à ses hommes lors de la prise de Gorcum. Le lecteur se rappelle le caractère de cette résistance, à laquelle plusieurs des martyrs n'avaient pas eu la moindre part. Si la justice avait suivi son cours, continuait de la Marck , c'est que les prisonniers avaient persisté dans leur fausse religion papiste ».

Que ce fut là à ses yeux leur grand crime, nous le savions déjà. Toutefois cet aveu explicite du tyran qui envoya nos confesseurs au supplice est pour nous d'un prix inestimable. En ces quelques mots le persécuteur livrait le fond de son àme. Il donnait le vrai motif de la mort de ses victimes, celui qui à nos yeux en fait des martyrs.

De la Marck convenait du reste « que les choses auraient pu se passer avec un peu plus de mesure ». Mais il eut beau plaider les circonstances atténuantes. Il ne parvint pas à donner le change sur les turpitudes que la conscience publique indignée lui reprochait. On dut malgré tout le ménager. Il se retira d'abord à Liège, au pays de ses pères, puis à Aix-la-Chapelle , simulant ici et là une conversion qui ne trompa personne. Fut-il lui aussi mordu par un chien enragé, comme plusieurs historiens le rapportent? Le fait ne nous semble pas suffisamment prouvé. Nous savons seulement avec certitude qu'il mourut vers 1578, honni de tout le monde(3). De nos jours encore son nom ne provoque que du dégoût. « De la Marck , dit un de nos historiens protestants(4) n'avait d'autre religion que sa haine du papisme.... Chez lui ce n'était ni fanatisme ni fausse conception du devoir. La cruauté tout court, le plaisir dans le mal, tel fut le mobile de ses actions, et la seule chose qu'il mérite de tout Néerlandais est un mépris sans partage. »

Ce mépris s'attache également au nom de Marin Brant. Après la prise de Gorcum , il fut pendant quelque temps sur le pinacle. Il reçut même un commandement supérieur avec le titre d'amiral. C'est à ce poste d'honneur qu'il essuie, le 18 mai 1573, une déroute complète sur le lac de Harlem , où les Espagnols lui prennent vingt-deux de ses vaisseaux. Cette humiliation n'est que le premier acte du châtiment. Deux ans plus tard, le 23 juin 1575, cet homme sans honneur trahit le Prince d'Orange et sa patrie. En compagnie de Swartekens ou Noirot de Gorcum dont on se rappelle la dureté envers nos martyrs, il passe à l'ennemi, et il finit sa vie dans la honte. L'histoire a ratifié le jugément d'Estius; le nom de Marin Brant porte dans nos Annales la flétrissure indélébile du traître et du parjure.

Un châtiment pèse encore de nos jours sur les villes dont les habitants se montrèrent durs pour nos martyrs. Au point de vue de la vieille foi catholique, Dordrecht et Brielle sont, tout comme Gorcum, des endroits désolés. Il en est de même de Terheide. Quand après avoir quitté la Have et laissé au loin, sur la gauche, le village de Ryswyck où se conclut le célèbre traité de 1697, on s'enfonce vers le Westland pays de l'Ouest), on arrive bientôt à Monster. Un prêtre catholique, disposant d'une petite église bien tenue, veille là sur un noyau de bons catholiques. Mais la grande et vieille église restaurée appartient aux protestants, qui forment la majorité de la population. Le ministre a sa demeure au centre de la grande propriété où s'élevait en 1572 le presbytère d'Adrien de Hilvarenbeek et de Jacques Lacops. De la grande église — sa tour, comme celle de Brielle, servait autrefois de phare — on est en quinze minutes à Terheide et à la mer. Le spectacle est grandiose. Dans le lointain on distingue à sa droite la plage de Scheveningue et à sa gauche, non loin de Brielle et de l'embouchure de la Meuse , Hoek van Holland , le lieu d'embarquement pour l'Angleterre. Tout droit devant soi s'étend le champ de bataille où, dans un combat acharné contre les Anglais commandés par Georges Monck, la flotte hollandaise perdit son grand amiral, le Briellois Martin Tromp. Sa mort eût été pour la patrie un désastre irréparable, si le héros ne lui avait laissé en Michel de Ruyter un disciple dont la gloire allait égaler, dépasser même celle du maître (5). Mais quand du théâtre de

cette bataille glorieuse et funeste tout à la fois, les regards se reportent vers le continent, on reste rêveur et triste. La terre qu'on foule fut témoin d'une grande iniquité. C'est ici que dans la nuit du 6 au 7 juillet 1572 furent embarquées de force et conduites là-bas dans la direction de Hoek van Holland et de Brielle les trois Victimes surprises par trahison dans le presbytère de Monster. On sent le cœur se serrer, quand on rapproche de ce pénible souvenir le spectacle d'une nier qui est plus menaçante ici que nulle part ailleurs sur nos côtes. Plus d'une fois déjà elle a emporté un morceau du littoral, et l'on craint qu'un jour ou l'autre elle ne parvienne à engloutir ce village de Terheide qui refusa, devant un léger sacrifice, de sauver la vie à ses pasteurs.

Cependant les corps des martyrs restaient ensevelis sans gloire. On se racontait leur vie et leur mort, on rassemblait les documents pour l'histoire, on eût voulu posséder leurs restés précieux. MaiS l'hérésie veillait toujours. En 1615, quarante-trois ans après le martyre, l'armistice conclu entre le roi d'Espagne et les Provinces-Unies apporta un moment de calme. Les catholiques en profitèrent pour faire une première fouille, suivie bientôt de deux autres. Chaque fois, il est vrai, il fallut opérer pendant la nuit. Mais Dieu permit qu'on ne travaillât, pas en vain. Le précieux trésor fut déterré, et comme les provinces du Nord restaient exposées aux pires éventualités, on jugea plus prudent d'envoyer les reliques dans le territoire plus sûr de la Belgique. L'archevêque de Malines , Mathias Hove, après avoir reconnu leur authenticité — l'acte est du 22 juin 1616 — organisa une fête solennelle en l'honneur de leur translation de l'église Sainte-Gudule de Bruxelles au couvent des Frères Mineurs de la même ville. La fête, à laquelle assistèrent le nonce du Pape et les archiducs Albert et Isabelle, eut lieu le 18 juin 1618.

Ce jour-là fut le premier de la glorification de nos martyrs. Dès l'année suivante on introduisit la cause de leur béatification. Parmi les nombreux témoins qui furent entendus il s'en trouvait qui avaient assisté au dernier sermon de Léonard Vechel, au jour de la Visitation de la Sainte Vierge. D'autres s'étaient confessés à lui, à son collègue Nicolas Janssen et aux Pères du couvent des Franciscains. Mais bientôt de nouvelles difficultés surgirent. Après avoir examiné les pièces du dossier, la Congrégation des Rites n'osa rendre une réponse décisive. Avait-on dans les origines omis quelqu'une des précautions dont l'Église aime à s'entourer, quand elle est invitée à se prononcer sur la sainteté de ses enfants? La chose est possible. Elle paraît même probable, quand on se rappelle la triste condition des temps et des lieux. Par surcroît de malheur, l'état de persécution dans lequel continuait à demeurer le pays et l'intolérance des protestants ne permettaient pas pour le moment de réunir un complément d'informations que réclamait la prudente réserve de Rome . Ce n'est que soixante- quatre ans plus tard et plus de cent-trois ans après leur martyre que les dix-neuf confesseurs de la foi furent mis par le pape Clément X au nombre des Bienheureux (14 novembre 1675).

L'acte du Souverain Pontife eut une immense répercussion dans la patrie des confesseurs, dans leurs diocèses et leurs familles religieuses. Dans les Pays-Bas du sud, et surtout à l'Université de Louvain qui voyait mettre sur les autels quatre de ses anciens élèves, on put donner libre cours à l'enthousiasme. Il n'en fut pas de même dans les provinces du Nord. Les catholiques durent concentrer dans leurs coeurs et manifester dans l'intimité de leurs réunions les sentiments de joie et de bonheur dont débordait leur âme. Car pour eux les mauvais jours duraient encore, malgré la prospérité de la jeune république et la gloire dont elle continuait à se couvrir. Depuis que le traité de Westphalie (1648) avait consacré son indépendance, la Hollande , quoique aux prises avec des divisions intestines, avait pris parmi les États de l'Europe un rang que ne lui assuraient ni le chiffre de sa population ni l'exiguïté de son territoire. Ses navigateurs, Schouten, Heemskerk, Tasman, découvraient de nouvelles terres. Elle établissait partout ses florissants comptoirs et créait son grand empire colonial. Son armée, avec les inévitables vicissitudes de la fortune, tenait tête tantôt à l'Espagne, tantôt au Saint-Empire, tantôt à la France de Louis XIV. Sa marine, sous les ordres de Martin Tromp et de Michel de Ruyter, humiliait l'Angleterre de Cromwell. Pendant ce temps les Oldenbarneveldt, les Grotius, les Jean et Corneille de Witt, les Heinsius se faisaient un nom de grands hommes d'État, et les Huyghens, les Boerhave, les Rembrandt, les Vondel donnaient à leur patrie une gloire encore plus enviable que celle de ses capitaines et de ses marins.

Les catholiques, malgré les souffrances endurées, étaient fiers de la grandeur de la patrie (6); mais celle- ci persistait à leur 'endroit dans des sentiments de marâtre. Au régime par trop violent inauguré par les Gueux avait succédé celui de la persécution calculée, organisée. Tous les biens d'Église étaient confisqués ; les catholiques étaient dépouillés de leurs droits politiques et exclus de toute fonction publique. L'enseignement public à tous ses degrés leur était interdit. L'exercice du culte en public leur était sévèrement défendu. Tout au plus toléra- t-on plus tard des réunions privées qui se tenaient en ville dans des greniers ou des magasins, à la campagne dans les remises et les granges des fermes.

Si du moins on avait mis un peu de libéralisme à interpréter ces lois! Mais non, elles étaient appliquées partout avec une sévérité mesquine et tracassière. C'est ainsi que les magasins où se tenaient leurs réunions ne devaient pas avoir de vitrage, et leurs toits n'être ni en tuiles ni en ardoise. Que les catholiques, comme à OudHeusden où ils étaient en majorité, se permissent de vénérer quelques reliques de nos martyrs conservées dans la chapelle du châtelain, l'on entendait les protestants crier « à l'audace exorbitante des papistes », les dénoncer aux États de la Province , et ceux-ci prendre la chose au tragique, casser les fonctionnaires catholiques de l'endroit et les remplacer par des protestants absolument sûrs.

Voilà sous quel régime durent vivre et se maintenir fermes et fidèles les catholiques des provinces du Nord. Ce n'est qu'après l'invasion des armées de la Révolution et plus tard sous le gouvernement de Louis-Napoléon que la tyrannie sectaire dut adoucir ses exigences. Une fois le mouvement imprimé, la liberté religieuse fit son oeuvre. Beaucoup d'églises furent rendues aux catholiques. Ils en restaurèrent et en construisirent un plus grand nombre encore. Le 5 mars 1853, Pie IX créait une nouvelle province ecclésiastique, comprenant l'ar­chidiocèse d'Utrecht et les évêchés suffragants de Harlem, Bois-le-Duc, Bréda et Ruremonde. Ce jour-là, la « mission de Hollande » prenait fin et laissait la place libre à la juridiction épiscopale ordinaire.

Tout comme en Angleterre, l'acte .de Pie IX rendant sa hiérarchie catholique à un pays qui avait tant souffert n'alla pas sans provoquer chez les calvinistes une terrible explosion du fanatisme d'autrefois. Le ministère Thorbecke, qui avec beaucoup d'équité avait rendu possible cette résurrection et qui l'avait même favorisée, fut renversé. Mais les catholiques gardèrent leur sang-froid, et le souverain, Guillaume III, son esprit de justice. Les passions sectaires d'antan furent vite honteuses d'elles-mêmes, et, grâce à quelques concessions mutuelles, le calme se rétablit, présageant l'ère de liberté et de prospérité qui depuis lors fut assuré à l'Église et à la Nation.

CHAPITRE XII

LA GLOIRE

C'est au milieu de ce renouveau, à la préparation duquel leur culte n'avait pas été étranger, que les bienheureux martyrs de Gorcum reçurent la dernière consécration de gloire qui leur manquait encore ici-bas.

Martyrisés en 1572, ils avaient été béatifiés, on s'en souvient, le 14 novembre 1675. Ils attendaient bientôt depuis deux siècles les honneurs suprêmes de la canonisation. Le vote favorable du Consistoire fut rendu le 25 juin 1866. Mais le grand jour était reculé au 29 juin de l'année suivante. La date avait été choisie avec une grande délicatesse par Pie IX lui-même. C'est en ce jour qu'on devait célébrer, avec une pompe que Rome libre savait donner à ses tètes religieuses, le dix-huitième centenaire de la mort de saint Pierre et de saint Paul. L'occasion paraissait unique à celui qu'on a appelé le Pape- Martyr de glorifier en ce jour avec quelques autres saints, dont sainte Germaine Cousin, saint Léonard de Port-Maurice, saint Paul de la Croix , sont les plus connus, ces di,(-neufmartyrs du Nord, qui, mis dans l'alternative « de renoncer au Pontife de Rome ou de mourir » étaient morts simplement, noblement, dans leur fidélité inébranlable au Vicaire de Jésus-Christ. La canonisation fut l'acte le plus solennel de cette fête. Le moment fut parti­culièrement touchant pour les pèlerins hollandais répandus dans l'assistance, quand après l'Évangile, après l'homélie faite en grec et en latin, le pape, assis sur son trône, déclara, comme Docteur infaillible de l'univers, que tous les fidèles du Christ pouvaient honorer comme de vrais saints les B. B. Nicolas Pieck de Gorcum, Jérôme de Weert, Théodore van der Eem d'Amersfoort, Nicaise de Heeze, Willehald du Danemark, Godefroid de Melveren, Antoine de Weert, Antoine de Hoornaar, François van Rooy de Bruxelles, Pierre d'Assche, et Corneille de Wyk-by-Duurstede, tous de l'ordre des Frères Mineurs de l'Observance; Jean de Cologne, (le l'ordre des Frères Prêcheurs ; Adrien de Hilva­enbeek et Jacques Lacops d'Audenarde, tous les deux de l'ordre des Prémontrés ; Jean d'Oosterw yk, chanoine régulier de Saint-Augustin ; Léonard Ve­chel de Bois-le-Duc, Nicolas Janssen, surnommé Poppel, de Weelde, Godefroid van Duynen de Gorcum et André Wouters, tous les quatre prêtres du clergé séculier. Le pontife fixait leur fête au 9 Juil­et,jour anniversaire de leur martyre. Au Confiteor, comme le veut le rit antique, le nom des nouveaux saints suivit immédiatement celui des saints Apôtres Pierre et Paul. Le reste (le la cérémonie se déroula lentement, majestueusement. Quarante cardinaux, près de quatre cents évêques et prélats et une foule innombrable de fidèles— le nombre des étrangers présents à Rome fut évalué à cent mille pèlerins — assistaient à cette inoubliable cérémonie à laquelle la reconnaissance du Vicaire de Jésus- Christ avait su donner un cadre si grandiose. Car Pie IX, tout en exerçant ici une prérogative des plus sublimes de son magistère suprême, payait en ce moment une dette de reconnaissance. En glorifiant leurs héroïques ancêtres du xvie siècle, il récompensait les prêtres, les religieux et les catholiques de la Hollande de leur fidélité à la foi de Willibrord et de Boniface et de leur attachement au Saint-Siège.

En ce moment même cet attache­ment était tout simplement admirable. Car on était à Rome dans la douloureuse crise qui devait aboutir trois ans plus tard à la spoliation du Saint-Siège. Avec la France, la Belgique et l'Irlande, pays catholiques et terres classiques de la générosité et du dévoûment chevaleresques, on voyait la petite Hollande, pays réputé protestant et âpre au gain, faire, elle aussi, l'office de Cyrénéen auprès du Pape-Roi gravissant son calvaire. Les aumônes du denier de Saint Pierre affluaient. Mais on voyait surtout accourir et prendre rang parmi les zouaves pontificaux, ces grands jeunes gens de Hollande, au teint rouge, à la chevelure blonde : les Pierre Jong de Lutjebroek, les Heykamp, les quatre Robyns d'Amsterdam, les trois Zwarthoed de Volendam et tant d'autres. Ils furent de bons soldats ; ils ne comprenaient pas la langue des Lamoricière, des Pimodan, des Charette, mais tous, sous les ordres de ces vaillants capitaines, se battaient comme des braves. Au combat de Monte-Libretti, sur le nombre total des victimes la moitié était des Hollandais'; et à la journée de Mentana (3 novembre 1867) ils décidaient de la victoire, victoire, hélas ! passagère. Ils étaient au nombre de sept cents dans une réunion que présidait au Colisée, quelques jours avant la canonisation de leurs héroïques compatriotes, Monseigneur Wilmer, l'évêque de Harlem d'où dépend la ville de Brielle. A un diplomate qui s'étonnait devant Guillaume III de l'enrôlement de tant de ses sujets leur nombre s'éleva jusqu'à trois mille — le roi protestant fit cette noble et fière réponse : « Ils vont défendre la cause du juste et de l'opprimé, je m'honore d'être leur souverain.

Comme bien l'on pense, tout le monde n'a vait pas, en Hollande, la largeur d'esprit du monarque. La canonisation de nos martyrs venait de provoquer chez beaucoup de protestants une nouvelle levée de boucliers. Au ton violent que prirent soudainement leurs principaux organes, on se serait cru ramené trois siècles en arrière. A les entendre, l'acte de Rome ne tendait qu'à réveiller les vieilles haines, à marquer au fer rouge les serviteurs de l'indépendance et même à jeter le blâme sur la maison régnante et sur son chef Guillaume d'Orange, le Père de la patrie. Les catholiques n'eurent pas de peine à faire justice de ces accusations. Si çà et là quelque écrivain sectaire continua de soulever les passions, la grande majorité des protestants de Hollande sut bientôt reconnaître que Rome avait raison d'honorer des hommes intègres qui avaient fait honneur à l'Église catholique, et que c'était encore rendre plus glorieux les souvenirs de l'indépendance nationale que de condamner certains actes qui avaient accompagné son établissement, mais que le Prince d'Orange avait été le premier à flétrir et à châtier.

Les fêtes de Rome purent donc avoir dans la petite patrie de splendides lendemains. Quelque chose était changé dans le tempérament de la nation depuis la béatification, et la joie des catholiques put se donner libre cours. Le culte des martyrs croissait toujours. Un homme en était l'infatigable ouvrier, le professeur Jean Smit, du grand Séminaire de Warmond. Aidé de savants collaborateurs, parmi lesquels nous citons avec reconnaissance un modeste religieux, le Père Nieuwenhuyzen, archiviste du couvent franciscain de Weert, M. Smit parvint à identifier l'emplacement exact où avait eu lieu le martyre des confesseurs de la foi. Quand, à la suite de négociations délicates, l'enclos du vieux monastère de Ten Rugge fut devenu propriété du diocèse de Harlem (20 mai 1867), on vit s'élever à l'endroit du supplice un monument convenable. Dans la ville de Brielle, aujourd'hui comme autrefois la cité sainte du protestantisme, non loin de la tour Sainte-Catherine qui fut témoin de beaucoup de faits que nous avons racontés dans ce livre, à l'endroit même où se joua le dernier acte de ce lugubre drame, le « Martelaarsveld » ou Champ des Martyrs — c'est le nom que les protestants aussi bien que les catholiques donnent au monument commémoratif — est devenu le pèlerinage le plus aimé et le plus fréquenté de la Hollande. Et grâce au profit palpable qu'ils en retirent dans les mois des pèlerinages et des processions, les Briellois conviennent de bonne grâce que le sang des martyrs ne crie pas vengeance contre leur ville.

Mais c'est surtout à d'autres points de vue que les protestants aussi bien que les catholiques ont bénéficié de ces événements. Le culte qu'on rend à nos martyrs fait encore du bien à toute la nation. La Hollande a fait l'expérience de l'ostracisme et de la violence; désormais son choix est fait. Elle est, elle entend demeurer une terre de liberté. Elle tient à ces articles de sa constitution revisée : « Chacun professe sa religion avec une entière liberté.... A toutes les confessions religieuses du royaume est accordée la même protection. Les membres des diverses confessions religieuses ont tous les mêmes droits civils et politiques, et peuvent prétendre aux mêmes dignités, fonctions et emplois(8)». Le pouvoir assure son appui bienveillant à toutes les oeu­vres d'assistance, de préservation, d'enseignement, indépendamment du caractère neutre ou confessionnel de ceux qui les dirigent. L'enseignement est obligatoire ; mais il peut être donné, à tous ses degrés, par quiconque justifie des diplômes nécessaires, et se soumet à une inspection nullement tracassière. Le pays ne croit compromettre ni son indépendance, ni ses intérêts, en soutenant, même par ses subsides, l'enseignement libre aussi bien que celui de l'État. La législation favorise de tout son pouvoir, et sans aucune restriction odieuse, l'esprit d'association. Cet esprit s'épanouit au grand jour, comme peut-être nulle part ailleurs. Depuis les ligues florissantes d'action sociale, de tempérance, de moralisation, jusqu'aux syndicats de commerçants, d'hommes d'affaires, d'agriculteurs, d'ouvriers de chaque industrie, et jusque aux plus modestes sociétés d'art et de sport, tout le monde en Hollande sent le besoin de s'unir, de travailler de concert avec ceux qui ont les mêmes intérêts à servir, le même idéal à réaliser. L'on voit parfois des communes de deux à trois mille âmes ne compter pas moins de quinze à vingt associations dont la plupart ont leurs statuts approuvés par le gouvernement.

Les catholiques ne restent pas en arrière. En plus des oeuvres de la charité sous toutes ses formes, ils ont leurs séminaires et leurs grands collèges ; leurs écoles normales pondes instituteurs et institutrices ; leurs sociétés électorales fonctionnant dans tous les districts et puissantes par leur discipline; leurs congrès régionaux ou nationaux, périodiques ou annuels; leurs belles associations « Foi et Science » pour donner des conférences aux classes instruites dans les villes, et « Honneur et Vertu » pour combattre par les jeunes gens eux-mêmes les dangers des publications licencieuses.

La presse catholique se fait honneur à elle-même et, Dieu merci, il y a encore des provinces où le mauvais journal n'a aucune chance d'être lu.

L'archevêque d'Utrecht et ses suffragants de Harlem, Bois-le-Duc, Breda et Ruremonde se réunissent deux fois l'an pour se concerter sur les intérêts de leurs églises et pour adopter, autant que possible, une action uniforme dans le gouvernement des âmes. L'épiscopat est à la tête d'un clergé digne, zélé, instruit, exemplaire dans sa soumission à ses chefs et honoré à son tour de la confiance respectueuse du peuple.

Les congrégations religieuses sont légion sur un sol qui leur était autrefois si hostile. L'habit de saint Dominique et de saint Norbert qu'illustrèrent saint Jean de Cologne et les Prémontrés Adrien de Hilvarenbeek et Jacques Lacops y est encore porté avec honneur, et les frères de Nicolas Pieck se montrent là comme partout ailleurs les enfants pieux et zélés de leur saint patriarche d'Assise. Les fils de saint Benoît et de saint Ignace, de saint Vincent de Paul et de saint Alphonse de Liguori avec les disciples de beaucoup d'autres fondateurs plus anciens ou plus jeunes y servent Dieu et les âmes en toute sécurité. Les Carmélites, les Ursulines, divers ordres qui ont choisi saint Vincent de Paul pour patron et les Filles de la Charité qui l'ont pour fondateur, sans parler d'un grand nombre d'autres congrégations enseignantes ou hospitalières, se livrent en paix à la vie contemplative, à l'enseignement ou au soulagement (les pauvres et des malades. La nation a fait oublier sou intolérance de jadis par la charité avec laquelle elle accueille les persécutés de pays réputés plus civilisés, et par la protection efficace dont jouissent sur cette terre vraiment libre tous les hommes de bonne volonté.

Quiconque a voyagé en Hollande Sait que les églises sont belles, le sentiment religieux sincère et intense, les sacrements fréquentés, le travail du dimanche inconnu, le mariage respecté, et la natalité digne de moeurs Chrétiennes. En raison du contact plus ou moins immédiat avec les protestants, les catholiques paraîtront plus énergiques dans les provinces du Nord, plus démonstratifs dans celles du Midi ; niais sauf de rares exceptions, catholique et pratiquant sont deux mots synonymes dans tout le pays.

Sans doute ici comme partout il y a des ombres au tableau. Le travail souterrain des sectes, la mauvaise presse, l'esprit de révolte et de désordre qui sollicite les sociétés, quand il ne les ronge pas encore, peuvent finir par déchaîner sur le pays une tempête qui pour n'être pas imminente n'en reste pas moins à redouter. En attendant, le peuple lui-même veille et prépare son avenir. Ses qualités de bon sens et de froide énergie lui évitent beaucoup de faux pas. Sur le terrain politique la prévoyance d'un grand homme, le docteur Schaepman, a fait contracter entre catholiques et calvinistes croyants des alliances fécondes en bons résultats, pour résister aux efforts des ennemis du christianisme. Le clergé, guidé par ses évêques, s'intéresse avec un tact parfait à la création et au fonctionnement des oeuvres sociales. Son intervention universellement acceptée et demandée par les catholiques agissants ne gêne pas leur liberté d'action ; elle coupe court à beaucoup d'erreurs et elle maintient la subordination des intérêts matériels aux intérêts supérieurs de l'âme et de l'éternité.

Si, malgré cette vigilance, l'avenir ramène dans le pays le temps des troubles et de la persécution, les catholiques ne se décourageront pas. Ils se replieront sur le passé et reprendront à leur compte la tactique de leurs pères. Ennemis par nature des démonstrations stériles et des illusions par lesquelles l'homme voudrait parfois s'aveugler lui-même, les ancêtres convenaient sans difficulté qu'ils étaient un parti vaincu, quoique au service d'une cause qui doit nécessairement triompher à nouveau. Ils savaient donc se taire, se recueillir, et garder dans leur défaite passagère cette noble dignité qui convient à des blessés, qui les honore et qui leur permet de préparer dans le calme et le silence la victoire prochaine. Ils savaient prier et souffrir, se maintenir fidèles et disciplinés, pratiquer dans la famille les vertus dont on ne leur permettait plus de faire preuve dans la vie publique. Ils réussirent ainsi, lentement mais infailliblement, d'abord à reconquérir leurs droits à l'existence, puis à provoquer cet épanouissement de la vie chrétienne du pays dont nous avons esquissé quelques traits.

C'est encore ainsi que feraient les catholiques de Hollande si la persécution venait à les abattre momentanément ; et s'il fallait, pour assurer un nouveau triomphe, le sacrifice de nouvelles victimes, tout permet de croire qu'on verrait d'autres noms venir s'aligner à la suite de ceux du curé Léonard Vechel et de Nicolas Pieck, de Jacques Lacops le martyr pénitent, ou de Godefroid van Duynen, le doux vieillard. Il est encore des pages blanches au martyrologe de tout peuple qui croit en Dieu et espère en Lui

APPENDICE

BIBLIOGRAPHIE

N. B. — En plus des sources directes des « Martyrs de Gorcum », nous signalons quelques ouvrages d'ordre plus général ou d'objet plus déterminé, à l'intention des lecteurs qui voudraient étudier plus à fond, l'événement que nous avons raconté, l'état religieux de la Hollande d'autrefois et de maintenant, ou une période précise de son histoire.

A quelques exceptions près, nous ne mentionnons pas à nouveau les écrits déjà cités dans le cours de notre travail.

A. — En latin.

Estius. Historix martyrum Gorcomiensium, majori numero Fratrum Minorum, qui pro file catholica a per­duellibus inter fccti sunt anno Domini MDLXXII, libriquatuor. Duaci, Baithasar Bellerus, 16o3, in- 12. C 'est l'édition princeps.

Une autre édition fut donnée à Namur, 1655. Une autre, enrichie de notes par le professeur Reusens, à Louvain . Charles Peeters, 1867.

Acta sive Processus Beatificationis et Canonisationis.
Acta sanctorum. Julii, t. II. — C'est le Bollandiste J. B. du Sollier (Sollerius) qui a disposé les Acta Martyrum Gorcomiensium et écrit le Commentarius Prœvius. — Anvers, r 72 I .
Franciscus van Dusseldorp. Annales Belgici. — Colonix Agrippine, 1616.
Opmeer. Historia Martyrunz batavicorum. — Coloniw, Sumptibus Gualtheri et Henningii, 1665.
Van Heussen. Historia episcopatuum fcederati Belgii.— Anvers , 1733.
Van Heussen. Batavia sacra. — Bruxelles. Foppens, 2 vol. in-folio, 1714.

Strada. De Bello belgico. — Romae, 1640-47, 2 vol, infolio.Hoynck van Papendrecht. Analecta belgica. — Hage Comitis, 1743.Busch. Chronicon Windesenzense, suivi du Chrozzicon Morais S' Agnetis de Thomas a Kempis, édités par le jésuite Rosweyde, à Anvers , apud Petrum, et Joannem Belleros, 1621, 1 vol. in-18.
Jacobi Revii. Daventriœ illustratœ. — Leyde. Pierre Leffen, 1651 petit in-4.
Knippenbergh. Historia ecclesiastica ducatàs Geldriœ.

— Bruxelles. Foppens, 1719, in-4.

Ponti Heuteri. Opera omnia. — Lovanii. Apud Coppenium, 1649, in-folio. Ne contient pas l'écrit en vers hollandais (signalé p. 59), sur les martyrs de Gorcum.

En français.

Estius. Histoire véritable des martyrs de Gorconz comprime en quatre livres; traduite du latin de Guillaume
Estius par M. D. L. B. — Douai , 1606, in-8°. D'autres traductions françaises parurent à Mons (1606), Douai (1608), Cambrai (1618), Namur (1655), Louvain (1668).

Laforet. Les Martyrs de Gorcum:— Louvain . Peeters, 1867, in-r2.
De Ham. Notes historiques et iconographiques sur les martyrs de Gorcum qui ont fait leurs études à l'université
de Louvain. — Louvain . Van Linthout, 1865, in-8°.
Van Cauwelaert. François de Roye de Bruxelles. Notice généalogique et historique. — Bruxelles. Goemaere, 1867, in-12.
Groen van Prinsterer, continué par Krâmer. Archives ou Correspondance inédite de la maison d' Orange-
Nassau. —Bruxelles, 1835. Leyde. Sythoff, 1907. Gachard. Correspondance de Philippe Il sur les affaires des Pays-Bas. — Bruxelles, 1848.

• De Bavay. Le procès du comte d'Egmont avec pièces justificatives. — Bruxelles. Muquardt, 1854, in-8°.
Nàmêche. Le règne de Philippe II et la lutte religieuse dans les Pays-Bas au XV le siècle. — Louvain .
Fonteyn, 1885, 8 vol. in-8°.

C. — En hollandais.

Pontus Heuterus. Nous connaissons déjà (page 59) son récit en vers hollandais du Martyre de ses compagnons de captivité. (Revue hollandaise : De Katholiek, 1866, p. 41 seq.)

Estius, traduit par Spoelbergh. Waerachtige Historie van de Martelaers van Gorcum.... Eerst beschreven int latijn door Willem Estius.... ende nu in onse duytsche tael overgeset door B. Willem Spoelbergh, gardiaen der Minderbroeders binnen Mechelen. — Anvers . Plantin,1604, in-I2.

Smit. De ware ligging der voornzalige Aloosterschuur van St-Elisabeth te Rugge. 's Hertogenbosch . Lutkie en Cranenburg, 1869, in-4°.
Van Rootselaar. De H. Theodorus van der Eem en diens bloedvernanten. — Haarlem , 1888, in-8°.
Kronenburg. Neerlands Heiligen in liner Eemven.

Eene bladzijde ait ons Martelaarsboek. — Amsterdam . Bekker, 19or, , in-8°.

Avant-propos, et longue énumération d'écrits, livres, brochures, manuscrits, pièces officielles, articles de revue, etc., concernant les martyrs de Gorcum depuis l'année 1572, date de leur mort jusqu'en 1900. Cette précieuse liste chronologique », quoique incomplète au jugement de l'auteur, ne remplit pas moins de neuf pages in-8°.

Meyer. St. Dominicus' Bloemen. Deel. — Nijmegen. Malmberg, 1900.
Van Toorenenberg. De Martelaren van Gorcum. — Utrecht . Van der Post jr., 1865, (Un échantillon de la mauvaise humeur de certains protestants, à l'an­nonce de la canonisation).
Van Groningen. Ge.schiedenis der Wate•geuzen. — Leyden . Luchtmans, 184o,
Van Alkemade. Beschrijving van:de stad Brick en vanden lande van Foorn. — Rotterdam . Philippus Losel, 1729, infolio.
Joh. Been. Archivaris. Gcillustrecrde Gids 'pool. denBriel. — Brielle. Moerman, petit in-8°, sans date.
Plokker. Geschied-en aardrijkskundige beschrijving van het ciland Foorne en Putten. — Zwijndrecht, 1851.
H. de Jager. De B•ielsche arcizieven. Geschiedhundigemededeelingen. — Brielle. Posthumus junior 1884.

Kaart van Brielle en Rugge naar de oorspronkelijke teekening door Jacob van Deventer, omstreeks 1550, vervaardigd en berustend in het Nederlands-Rijksarchief.

Van Zomeren. Beschrijving der stadt Gorinchenz.
Gorinchem. Tennis Horneer, 1755, petit in-folio.
Van Goch. Fan .drkels onde Veste. — Geschied-en oudheidkundige aanteekeningen betreffende de stad Gorinchem. Gorinchem. Tennis Horneer, 1898, in-folio.H. van Rijn. Historie ofte beschrijving van 't Utrechtschc Bisdom.— Leiden . Christiaen Vermey, 1719,

3 D. in-8°.

H. van Rijn. Oudheden en gestichten van Zuid-Holland en Scizicland. — Leiden . Christiaen Vermey, 1719, in-8°.
Hoynck van Papendrecht. Historie der Utrechtsche Kerke, 1728.
Coppens. Algemeen overzicht der Kert-geschiedenisvan Noord-Nederland. — Utrecht . Van Rossum, 1902,in-8°.

Habets. Gesciziedenis van bet Bisclom Rocrmond. —Roermond. J. J. Romen, 1875, sec!. 3 D. in-8°.
Reitsma en van Veen. Acta der Provinciale en parti­culiere S'ynoden gehouden in de Noordelijke Nederlanden gedurende de jaren, 1572-1620. — Groningen , 1892 seq. Wolters, 8 D., in-8°.

Arcizief voor de Nederlandsche-Xedgeschiedenis oncles redactie van Acquoy, Bogge, Wijbrands, P)pes Gravenhage. Nijhoff, 1885, seq. Recueil protestant. Moll. Xedgeschiedenis van Nederland cnicir de HerVOIMing — Arnhem . Utrecht . Kemink en Zoon, 1866, seq. 6 D., in-8°.Bor. Oorsprongh, Begin en vervolgh der Nederlandçche Oorlogen. — Amsterdam , 1679, 4 D., in-folio. —

Ouvrage précieux à cause des documents qu'il renferme. La deuxième édition (1679) conserve en marge la pagination (folios) de la première (1595), et c'est d'après celle-ci que se font les citations. Joh. van Vloten. Nede•land tijdens den volt sopstand tegen Spanje (1564-158 1). — Haarlem . Kruseman, 1856, seq. 3 D., in-8°. Blok. Geschiedcnis van het Nederlandçche volé. Groningen Wolters. Leiden , Sythoff, 1892, seq., 8 D. in-8°.

Acquoy. IIet Alooster te Windesheim en zijn invloed.— Utrecht . van der Post., 1875, 3 D. in-8°.

Les recueils catholiques : Bijdragen voor de Geschieclenis van het Bisdo ü Haarlem. Haarlem , v. d Heuvel. Leiden . Théonville, 1872, in-8°. Archief voor de Gesehiedenis van het Aartsbisclom Utrecht . — Utrecht . van Rossum, 1874, seq. in-8°.

Les revues : de Katholiek et de Stueliën.

Alberdingk Thijm. De H. Willibrordus apostel der Nederlanden. — Amsterdam , van Langenhuysen, 1861, in-8°.
Alberdingk Thijm. Karel de Groote en zijne mur,(1741-814). — Amsterdam , 1867, in-8°.
W. Nuyens. Geschiedenis der Nederlandsche Beroerten in de 16de eeuav. — Amsterdam . Van Langenhuysen, 1867, 4 D. in-8°.
W. Nuyens , continué par Douwes. Algemeene geschiedenis des Nederlandschetz Folks. — Amsterdam , Van Langenhuysen, 1871, seq. 25 D. in-8°.Albers. Geschieclenis van het herstel der .Hierarchie in de Nederlanden. — Nijmegen . Malmberg, 19o3-o4. 2 D. in-8° A. Nuyens. Gedenkboek der Pauselijke Zouaven.

Roermond, v. d. Marck, 1892, in-8°.

Grâce à l'obligeance du R. P. v. d. Crommenacker, Prémontré, recteur à Koningslust nous avons pu consulter un manuscrit en deux gros volumes in-folio. « Die chro­nycke der stadt ende nzeierye van 's hertogenbosch Cette curieuse chronique de la ville de Bois-le-Duc, la patrie de saint Léonard Vechel, remonte à 1140 et va jusque dans l'année 1700. Elle n'est pas paginée. C'est vers les deux tiers du premier volume qu'on trouve environ quatre pages in-folio une intéressante relation du martyre de Léonard Vechel et de ses compagnons.

Pour de plus amples recherches sur l'histoire des Martyrs de Gorcum nous conseillons une visite à la bibliothèque du Grand Séminaire de Warmond où est conservée avec un religieux respect la précieuse collection des documents réunis par M. le professeur Jean Smit ; et à la bibliothèque du couvent franciscain de Weert, chef-lieu de la province hollandaise (Germania inferior) des Frères Mineurs. Cette dernière visite présente même un intérêt historique. Fondé vers 1460 par un comte de Hornes, le couvent de Weert a vraisemblablement exercé une grande influence sur la vocation religieuse de deux de nos martyrs, Jérôme et Antoine de Weert. Il est situé dans la proximité immédiate des maigres ruines du château des comtes de Hornes dont le dernier, Philippe de Montmorency, fut exécuté avec le comte d'Egmont (cf. chap. II de ce livre). Il fut enterré dans l'église paroissiale de Weert où l'on voit encore son tombeau.

Références
(1) Missive van het Hoff (van Holland) aen den graeff van der Mark nopende Jan du Made — — Antwoort van den graeffvan der Mark. Register van Missieven s' Hofs van Holland, 15 juny 1573-24 juny 1583, fol. 3 seq.
(2) Elle se trouve en entier dans l'ouvrage que nous cite­rons de Bora (cf. Bibliographie) I, fol. 311, p. 425, seq.
(3) Ce mépris se fait jour dans cette épitaphe flamande composée dans le goût du temps : Hier leydt begraven, Wilm van der Marcken Leefde als een Hondt, stierf als een varcken Ci-gît Guillaume de la Marck : Il vécut comme un chien et mourut comme un pourceau.
(4). Robert Fruin's Verspreide Geschriften. La Haye , 1900, D. II, p. 321.
(5)A la bataille navale de Terheide (Io août 1653) combat­taient, sous les ordres de Tromp, les commandants de Ruyter, Jean Evertsen, Jean Floriszoon, le Briellois Witte Corneliszoon de With, tous de grands noms dans l'histoire de notre marine. La flotte anglaise avait cent vingt vais­seaux, et la flotte hollandaise en comptait cent cinq. L'issue de cette bataille mémorable, où deux puissances rivales se disputaient l'empire de la mer, fut indécise. Tromp avait cinquante-six ans quand il mourut. Ses dernières paroles furent : e J'ai fini. Tenez-vous bien. Ayez pitié mon Dieu, de moi et de ces braves gens. Il était adoré des marins qui ne lui donnaient celui de « grand'père » bestevaer, d'autre nom que landais. selon le vieux mot hollansais
(6) Ils tinrent toujours à honneur d'être de bons patriotes. On le voit même par certains détails qui révèlent un état d'esprit habituel. C'est ainsi que lors des réjouissances qui eurent lieu en 1792 à l'occasion de la naissance du Prince héréditaire de la maison d'Orange, on lisait au programme des fêtes de la petite ville, entièrement catholique, de Venlo, une messe pontificale suivie du chant du Te Deum et du « Wilhelmus van Nassoucve », le chant patriotique consacré au Père de la patrie.
(7) Le héros de la journée de Monte-Libretti (13 octobre 1867) fut Pierre Jong de Lutjebroek. Charger et décharger son fusil allait trop lentement à son gré, et de la baïonnette il ne pouvait atteindre qu'un ennemi à la fois. Il retourne son arme, saute au milieu d'un groupe de garibaldiens et, frappant à droite et à gauche avec la. crosse de son fusil, il assomme à chaque coup un ennemi. Enfin n'en pouvant plus, il tombe près des quatorze cadavres qui gisent à ses pieds, il fait le signe de la croix et il meurt, percé de coups.

(8) Grondwet, chap. vi, art. 167, 168, 169.
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