| O
Feu consumant
Seigneur
Jésus, vous avez dit : Je suis venu apporter le feu
sur la terre, et que veux-je, sinon qu’elle en soit
embrasée (1) ?
C’est
le prodige qui s’opère en ce moment, dans le
tréfonds de l’être. Il y a là, les
saints le ressentent un incendie allumé tout à
coup, et qui dévore l’ âme et ses puissances.
L’imagination elle-même en recueille la grâce
; ne peut-elle, en effet, se représenter votre cœur,
ô mon Dieu, apparu jadis à tant d’autres,
votre cœur entouré de flammes ardents et jetant
ses étincelles d’amour, par atteindre ceux et
celles qu vous visitez ?
La
mémoire s’embrase au souvenir de tant de bontés
de votre part; l’intelligences, éclaire vivement
au contact de ce feu consumant qui le pénètre
; le cœur se fond dans le ardeurs de ce braiser ; et
la volonté se jette, comme aveuglément, en l’amour
que ce feu représente. Le corps lui-même éprouve
comme une purification que le spiritualise de plus en plus.
Oui, c’est tout l’être qui subit l’action
de ce feu consumant qu’apporte l’Hostie que vous
êtes, Dieu de l’eucharistie.
En
ce moment, ne sis-je pas un peu comme le buisson où
Moise adorait Celui este qui est (2)
quand il voyait dévoré par un feu qui ne le
consumait ? C’est bien cela. Comment se fait-il que
Dieu soit en moi, en ce moment, et que je ne sois pas annihilé
par la vive flamme de son être ? le cœur du Christ
brûle dans le mien, et le mien brûle dans le sien,
et je meurs pas consumé dans le brasier de Dieu ?…
Qui êtes-vous, feu consumant (3)
apporté par Jésus-Christ, mon sauveur ? L’église
me répond que c’est son Esprit–Saint. L’Amour
éternel du Père et du Fils, L’Amour éternel
du Père et du Fils, l’Amour qui embrase la Trinité
entière et l’humanité sacrée de
Jésus. D’elle, il vient à mon âme,
à mon corps ; et me voilà envahi du même
feu pour brûler, avec Dieu, du même amour qui
le dévore.
C’est
là le prodige quotidien que ma foi adore, lorsque recueillant
mes puissances à l’heure de ma communion je me
livre à l’amour du Sacré-Cœur de
Notre Seigneur Jésus-Christ. Quelle donation mutuelle
! Je me donne, je lui ouvre toutes les avenues de mon âme
; rien ne lui reste caché ; il envahit mon être
jusqu’en ses dernières retraites… Alors,
il souffle sur lui les flammes de ce feu divin qui dévore
sa propre humanité, le buisson adorable qu’avait
reconnu et salué le prophète, et dont je ne
suis que le misérable image.
Soufflez sur moi, Seigneur Jésus, ce feu de l’Esprit-Saint
qui envahissait l’hostie à l’heure de la
consécration, pour la changer en vous, pour en faire
le sacrifice auguste qu’agrée votre Père
céleste et qu’il assume à lui, pour en
faire retomber, sur tous, la plénitude des bénédictions
et des grâces ! C’est cette hostie que je viens
de recevoir, vous-même, ô Jésus, humanité
sacrée qui se livre à moi, feu qu’elle
apporte à cette terre que je suis.
Cœur
sacré de mon Sauveur, dardez donc sur mon cœur
à moi quelques rayons de cette flamme que j’adore,
de ce Esprit qui vient renouveler la face de ma terre; et
que s’emparant de mon amour, il le transforme en le
vôtre, me faisant communier à l’amour du
Père, du Fils et du Saint–Esprit !
Face bénie de mon Sauveur, vous qui brillez comme le
soleil, quand il est dans sa force (4),
dardez vos rayons sur mon propre visage, et que soient dissipées
dans mon âme, enfin, les ténèbres qu’accumulèrent
mes innombrables péchés, offenses et négligences
de tous genres ; que s’efface, par la vertu de l’Esprit-Saint,
qui est le Rémission des péchés (5),
toute trace d’infidélité et de faiblesse.
Mains sacrées de mon sauveur, dont les plaies que j’adore
restent des foyers brûlants de lumière et d’amour,
envoyez à mon âme, les salutaires influences
de l’Esprit qui purifie toutes mes actions et les rend
agréables au Dieu que me les ordonne.
Pieds bénis de mon Sauveur, où Madeleine brûlante
d’un amour qui lui rendait comme une plus haute virginité,
versez en torrents les grâces, qui font pleurer les
ingratitudes, les lâchetés, et mériter
le baiser de mon Dieu.
Feu consumant de la Très Sainte Trinité, Amour
éternel, qui ne cessez de me poursuivre de vos puissantes
opérations, venez à mon âme et restez
ave elle, afin que tout ce jour, je brûle de votre propre
amour, pour aimer mon Seigneur Jésus-Christ !
|