Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

ermitedelacroixofs@live.ca

Livre d'or-Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens.  Ne laissez pas de message personnel s.v.p.
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DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
L-Ombrie
Titre de la page

Sisto et Sesto-5

Nom de l'auteur:
H-Federer-M-Grandclaudon
Verset V

Sesto et Pozdo avaient entendu sans protestation la sentence. C'était donc pour demain matin à cinq heures. Huit heures viennent de sonner à la tour. Leur vie a donc encore une valeur de quelques heures. Puis, ils ont reçu le prêtre Zaccaria Mense et se sont confessés à haute voix sans crainte l'un de l'autre, le père et le fils. Jamais l'ecclésiastique n'avait entendu pareille confession, tant de brutalité dans l'action et tant de simplicité dans la pensée, ce grossier brigandage et cette délicatesse, pour lui glisser leurs oreillers sous ses pieds et se mettre les genoux nus sur le froid pavé, jusqu'à ce qu'il leur ait donné l'absolution... Demain matin, avait dit Zaccaria en sortant, je reviendrai encore une fois. Une heure avant..., il avala le mot affreux, vers quatre heures. Est-ce que cela va ? » Bien ! Il les aiderait donc de son bras à gravir la petite échelle et de ses prières à franchir les portes du ciel. Le pape s'en était remis à sa conscience. A présent, ils n'avaient plus à se creuser la tête, mais à dormir convenablement. Tout était maintenant en règle. Mais ils ne pouvaient pas penser à dormir. Ils n'avaient plus que sept heures à vivre. Oh! mon Dieu! et ils devraient les passer à dormir! Non, puisqu'ils étaient encore en vie, ils voulaient demeurer éveillés, éveillés comme jamais, éveillés non pas comme deux, mais comme dix mille veilleurs. Ils ne voulaient pas perdre une seule minute. Sesto est surpris de la conduite du pape. Il a promis à sa veuve à Paritondo de l'argent pour une maison, un champ, deux vaches et une servante. Sisto est donc bon. « Mais il aurait dû venir nous saluer, affirma opiniâtrement Pozdo. Il est orgueilleux. Il n'agit pas comme le Christ. Le Christ n'a pas envoyé d'apôtre aux pécheurs. Il est allé lui-même à eux. — Reste tranquille, mon enfant, fit Sesto. Nous ne voulons plus penser à cela, mais à la mort pour que demain nous n'ayons pas peur, lorsque nous verrons la hache et le bourreau. — Je n'aurai pas peur, répliqua Pozdo, en redressant son corps amaigri et en gonflant insolemment son nez pâle de garnement. Cela passera aussi vite qu'une gorgée d'eau. Nous nous dirons mutuellement addio... un... deux... trois et nous nous embrasserons déjà au paradis. C'est cela, n'est-ce pas, mon père ? Mais qui passera le premier ? Veux-tu, père ? » Sesto trembla à cette question. Pendant ces semaines de captivité, il a ouvert tout grand son coeur de père qui avait été fermé toute sa vie et il avait serré contre lui et flatté son Pozdo comme un poussin. C'était maintenant qu'il était devenu père et qu'il aimait comme un père. A présent, il lui serait impossible de voir son enfant s'agenouiller devant le billot, tendre le cou et laisser abattre sa tête, sa tête courageuse et fière. Jadis, il se serait fait un honneur de voir son fils mourir le premier comme un héros et ensuite de dire au bourreau : « Voilà comment meurent les Peretti. Mon fils vient de te le faire voir. Maintenant regarde ce que peut faire son père ». Mais cet orgueil est passé. Sesto est devenu un autre homme.

« Père, répéta le jeune homme, veux-tu passer le premier ? J'aimerais mieux que ce soit moi. Tu seras content de voir que je ne tremble pas et que je souris à la mort. En disant ces mots, il riait de ses yeux durs et couleur de pierre. D'un geste flatteur, il s'agenouilla près de son père sur le matelas et passa ses dix doigts à travers sa longue et broussailleuse barbe de pri­sonnier. Donc c'est décidé, c'est moi qui meurs le premier. Ensuite, il te sera plus facile; si tu n'as pas besoin de penser : est-ce que mon fils montrera autant de coeur. Ne me laisse pas attendre trop longtemps tout seul là-haut. Il fait très sombre dans l'au-delà. Nous irons en nous serrant l'un contre l'autre. C'est pourquoi laisse-moi passer devant et viens tout de suite après. N'est-ce pas, père ? — Trésor de ma vie, jamais, jamais! laisse-moi passer le premier. Je t'ai précédé dans le mal, à présent je veux aussi être le premier dans le bien. — Père, si je pouvais seulement regarder! Mais je dois me cacher le visage. Et pourtant je voudrais te regarder jusqu'au bout, toi et rien d'autre, dilettissimo padre. — Tu tiendras bon, figliuolo mio! Tu es et tu resteras toujours mon brave et alerte Pozdo. Non, tu ne sourcilleras pas. Seulement, nous ne rierons pas. Nous pleurerons, si nous pouvons. Ce n'est pas une chose divertissante que devoir mourir... mourir maintenant, avant d'avoir un seul os usé, alors que le sang est encore pur, mais fou que je suis, pourquoi parler de moi ? Non, mais toi, toi si jeune, plein de sang et de force sauvage, alors que tu pouvais mener une existence grande et belle... Ah! Pozdo. Le géant est accablé à la pensée de tous les rochers que Pozdo pourrait encore escalader, de tous les dimanches où il pourrait sonner la messe, de toutes lesjolies filles de la montagne parmi lesquelles il pourrait choisir sa compagne.

— Père, mon bon, mon très cher père, ne pleure pas. Fais-le pour l'amour de moi et ne pleure pas », supplia Pozdo. Sa pensée n'allait plus, comme celle de son père, au-delà des barreaux. C'était fini. Un court instant pendant lequel on entendait les souris grignoter dans la lucarne, les Peretti se turent. Mais bientôt le père se ressaisit et dit plus gravement que jamais : « Tu viens de pardonner d'avance au juge, au bourreau et à tous ses aides, comme Dieu te pardonnera à ta dernière heure. Mais, mon enfant, ce ne sont pas les mousquetaires qui t'ont traîné de notre village jusqu'ici et ce n'est pas l'exécuteur qui va te décapiter... c'est moi, c'est moi, moi... Peux-tu me le pardonner. Tu dis oui... parce que tu ne connais pas encore la vie. Mais si tu la connaissais comme moi ou si de là-haut, dans l'éternité, un ange te faisait contempler du haut d'un nuage toute la vie magnifique que tu aurais encore eue devant toi, alors là-haut où d'ordinaire a cessé toute amertume, malgré les bons anges et la très bonne Vierge qui ne peut pas entendre pareille chose, alors tu me maudiras pour toute l'éternité. — Oh! père, interrompit Pozdo, avec amertume.

— Ah! si j'avais été un autre homme, poursuivit Sesto d'un ton tout aussi amer et le désir de la vie s'empara de lui à nouveau malgré ses cheveux gris, certainement nous ne mourrions pas demain, ni dans cinquante ans. Nous serions maintenant dans l'herbe à Sassalpe où le célèbre Barbone a encorné le loup et nous regarderions à nos pieds notre vallée ou bien nous mangerions des fraises dans la forêt de Quercia ou bien encore nous grimperions au sommet des monts Sibyllins, nous chasserions et tirerions sur des aigles... — Et sur des hommes aussi, papa. » Sesto hésita. « Oui, je t'ai appris à tuer, tu as raison, s'écria-t-il », et c'est pourquoi je dis qu'à cause de moi tu as tout perdu, les montagnes et leurs chèvres, la cabane de Paritondo, la sonnerie de la messe, la liberté, l'honneur et la vie. Toi, on devrait te laisser en vie et me tuer deux fois. — Papa, tu dis des sottises, tais-toi, répliqua Pozdo. Tout cela n'est pas vrai. Je sais bien mieux que jamais tu n'as voulu m'emmener avec toi. Souvent, lorsque, vous autres hommes, vous vous prépariez pour un coup, tu m'as envoyé adroitement sur les Alpe Pigori pour rien, oui pour rien. Un jour, je dus aller à la tonte des moutons à Visso et bien souvent aller chercher des écorces de chêne dans la forêt de Quercia. Oui, tu voulais toujours m'écarter. Mais, un jour, je me suis glissé derrière toi. Te le rappelles-tu, c'était au-dessus de la gorge de Maja, où vous faisiez du feu, que je t'ai rattrapé. Les autres se sont écrié : < bravo, Pozdo, bravo! »; mais toi tu m'as..., Pozdo riait de toutes ses dents, tu m'as rossé et renvoyé à la maison comme un chien. Mais la seconde fois, j'ai résisté à fond et tu as dit : « Au nom du ciel, nous n'y pouvons rien, il a cela dans le sang ». C'est ainsi, père, que tu as dit ».

Que pouvait répliquer Sesto ? Il se sentait à la fois plus lourd et plus léger, comme quelqu'un à qui on prend d'une main pour donner de l'autre. Il fut content d'entendre, dans le silence embarrassé qui avait suivi, des pas devant la cellule. Les trois verrous de la petite porte furent poussés. Le gardien parut dans l'ouverture. Jusqu'à présent, froid et déclinant à l'avance toute question de ses petits yeux muets, il était main­tenant retourné comme un gant. Il portait au bras une petite corbeille. Il s'inclina avec politesse et jeta d'un geste habile une serviette propre sur le bloc de pierre qui leur servait de table. En même temps, il faisait signe d'entrer au page qui attendait derrière lui sur le seuil. Celui-ci portait un large plateau d'argent avec une petite cruche, des assiettes et des gobelets qui s'entre-choquaient joyeusement et répandaient dans la cellule un parfum inexprimablement délicat de rôti et de pâtisserie. Partout sur la vaisselle étaient gravés la triple couronne et les clefs de saint Pierre. Mais le page avait en chemin, on le voyait à son nez retroussé, à son menton et à son col plissé enduits de sirop, picoré comme un oiseau avec son bec dans le compotier de pêches. Car, à cause des anses du lourd plateau, il n'avait pas un seul doigt de libre. Il s'était bien hâté de faire disparaître avec sa langue les traces sucrées autour de sa bouche. Mais les traces laissées au nez et au menton où n'arrivait pas sa langue friponne le trahissaient. « Ne m'en veuillez pas! » se préparait-il à demander gaiement. Mais lorsqu'il entra pour la première fois avec ses bottines de salon dans ce trou infect et inhumain et sentit la pourriture des murs couverts de moisissure et lorsqu'il vit le jeune garçon, à peu près de son âge, enchaîné pour ses méfaits, alors la plaisanterie lui passa et il se rappela seulement sa mission. D'une voix harmonieuse, mais tremblante, il fit cette invitation : Signori, régalez-vous. Le couvert vient de Sa Sainteté. C'est la vaisselle et le dessert du pape. Il vous prie de le manger avec d'aussi bon coeur et avec autant d'appétit qu'il s'est régalé, il y a une heure avec vos deux écuelles. Que Dieu vous bénisse ».

Après ce souhait et une inclination gracieuse comme seuls les pages de la famille Colonna — les Orsini sont plus fiers et plus raides — sont capables de la faire, il prit congé et devant la gravité de ce qu'il avait vu, oublia pendant son trajet de retour d'essuyer les traces de son larcin, bien qu'il eût ses deux mains libres. Ce fut seulement lorsqu'il fut arrivé dans les jardins du Vatican et que, s'époussetant comme un oiseau, il se fut remis près du délicieux jet d'eau de la Fortuna Conti de l'odeur et de l'effroi du cachot, qu'il retrouva la malice et l'espièglerie de sa profession et se mira dans l'eau claire. Alors, il vit les taches de sirop et les effaça en riant du bout des doigts portés à sa bouche. Cette toilette avait encore un goût délicieux. L'autre garçon dans la prison se conduisait bien plus royalement. D'un regard méprisant, il parcourut toute la table et dit d'un ton sec au geôlier : « Pourquoi toute cette vaisselle ? Qu'avons-nous besoin de boire et de manger ? On aurait dû y penser plus tôt. Est-ce que cette corbeille vient aussi de mon oncle le pape ? « Non », répondit le gardien avec embarras. Il y a des semaines qu'un vieillard l'a apportée des Abruzzes, un curé ou quelqu'un de ce genre. Il parlait moitié en latin et moitié en un romain que je n'ai encore jamais entendu. Mais je ne puis rien laisser entrer ou sortir pour les prisonniers, jusqu'à ce qu'ils soient acquittés ou bien... oui... ou bien... « Nous le savons, tu peux le dire », firent Sesto et Pozdo, l'un doucement, l'autre fièrement. « Ou bien arrivés à leur dernier jour. Et maintenant votre condamnation est affichée à la porte et c'est ainsi que vous avez aussi cette corbeille, bien que je ne comprenne pas pourquoi quelqu'un ait apporté de si loin jusqu'ici cette saleté ». A cet instant, rouge et sifflante comme un éclair, une gifle s'abattit sur sa joue, telle que dans toute la ville de Rome on n'en vit jamais plus forte et mieux appliquée. En effet, Pozdo avait déjà versé la corbeille sur le couvert d'argent. Il en avait dégringolé quelques pierres et des mottes de terre de Paritondo, quelques rameaux d'olivier de la montagne et la barbe hirsute d'un bouc des Abruzzes. Et ces richesses, en comparaison desquelles toute la ville de Rome avec ses dômes et ses colonnes n'était qu'un jouet fragile, cet homme les avait... bon, tant mieux... il était déjà sorti. Il avait sans doute fait une profonde révérence devant la gifle du neveu du pape et s'en vanterait désormais comme d'une marque de distinction. Et maintenant que ce cadeau des Abruzzes, au milieu de l'argenterie, appartenait aux montagnards sans témoins, le vrai visage des Alpes leur apparut et son parfum pénétrant leur monta à la tête, ils ne trouvèrent pas des mots, mais des cris d'enthousiasme. « Père, la patrie! — La patrie, Pozdo! » Ils ne demandaient pas après da Dia ou après qui pouvait avoir apporté cela, ni après la femme ou la mère qui avait peut-être envoyé la corbeille. Qu'était-ce que da Dia et qu'était-ce surtout que Anizia ? Lui était un prêtre et elle davantage la ménagère Peretti que la femme Peretti; toutes ces femmes de la montagne, après qu'elles ont donné des enfants à leur époux, retombent auprès de leur mari et même de leurs propres fils devenus plus grands, au rang d'une servante dont elles ne sont sorties que pour une courte période de fête. Qu'était-ce que tout cela, et quand da Dia aurait été un prêtre comme saint Bernard et Anizia une femme comme la grand-mère du Christ. Cette corbeille c'était le pays, il n'y a rien au-dessus.

Le robuste Sesto prend chaque motte de terre et chaque caillou dans ses mains, les embrasse et les couvre de regards humides. Pozdo respire l'odeur de la barbe de bouc et des feuilles d'olivier desséchées et pourtant si chères et, dans ses yeux enflammés par l'atmosphère fiévreuse de Rome, monte avec une fraîcheur majestueuse, calmant et pacifiant son coeur, cette patrie des Abruzzes sauvage, affamée, déguenillée et pourtant si infiniment chérie. Comme un clair amas de nuages, elle se dresse devant eux, sortant du ciel très bleu de leur imagination; elle leur fait signe avec des centaines de figures, puis disparaît de nouveau lentement. Ils revoient le misérable hameau de quatorze cabanes, ils entendent le piétinement des chèvres blanches et des brebis jaunes. L'ombre vert-foncé de la forêt de Quercia avance et recule ; tantôt blanches comme la joie tantôt grises comme le malheur, les cimes rocheuses des monts Sibyllins se dressent devant eux. Tout cela monte de ce misérable feuillage et de ces mottes de glaise et ravit les sens des deux hommes. Quel est donc le ciel des gens de Paritondo ? Aussi haut que le ciel au-dessus de Rome, plus beau qu'un ciel de Naples , aussi calme que l'âme divine qui y dort. Aussi en ce lieu tout se tait et les anciennes sibylles ne se sont jamais réveillées de leur sommeil millénaire. Seuls deux petits points sombres vivent dans cet océan céleste, l'aigle mâle et l'aigle femelle dans leur aire de Quines. Chaque jour, vers midi, ils prennent leur bain de soleil à dix portées de fusil en hauteur, l'aigle femelle décrivant un cercle assez court et regardant sans cesse vers ses petits dans le nid; le mâle, lui, décrit de vastes cercles protégeant sa compagne et ses soucis. En bas, dans le nid humain de Paritondo, on voit aussi de jeunes et de vieilles créatures humaines. A la fenêtre de sa chambre, vit et se cramponne toujours le vieux Solio; les poules des Teresi et des Purani se querellent encore toujours près du petit ruisseau. Ce benêt de Simione aussi bégaye toujours devant la demeure du sacristain son sempiternel : s Ga. .. arr... rasso... grasso, fate sempre gr... arar... asso » (vous faites toujours de la grasse cuisine), bien que la pauvre Anizia ne cuise que de la salade. Dans la maison, près de la petite église, la femme Peretti file le chanvre. Elle ne lève pas les yeux mais s'approche tout près du fil. Est-ce qu'elle ne voit plus bien et la solitude lui fait-elle déjà baisser autant la tête. Oui, il faut le reconnaître, elle a été irréprochable. Elle a bénéficié de peu d'amour. Elle se remariera sans doute, quand le chagrin sera dissipé. Allons! allons !... Mais ce doit être samedi.

Don da Dia monte lentement, en soufflant, de Surigno. A l'église, sacristain! Demain, il y aura messe chantée. Nous y sommes, mais quel désordre! Les bénitiers sont à sec, les couronnes sur l'autel sont desséchées, les bannières pleines de poussière et la lampe du Saint Sacrement vacille et crépite comme pour s'éteindre. Tout est négligé, depuis que nous ne sommes plus là. Mais comment se fait-il que la Madone près de l'autel soit sans poussière et toile, d'araignée ? Comme elle sourit toujours! Ah! rien ne lui fait mal. Elle peut demeurer toujours à Paritondo, au pied des hautes montagnes, dans la fraîche petite église et écouter le vent et les grelots des chèvres au dehors et dans les bancs le chant des litanies. Elle a une bonne place. Voyez, voyez, son sourire devient de plus en plus grand et pourtant elle n'a toujours pas de voile. Et cependant! Qu'est-ce donc ? est-ce sa chevelure flottante ou son sourire ou bien est-ce un voile transparent ? Mais oui, c'est un voile d'une blancheur de neige qui brille dans sa main pure comme un fin rayon de lune et descend jusqu'à eux. « Prenez... mes fils... mon voile... pour protection... prenez! »

Sous le souffle de ce voile, Sesto et Pozdo se sont endormis, malgré leur résolution, tenant fortement dans leurs mains les mottes de la terre de la patrie. Et le sourire de la Madone continue et son voile flotte à travers leurs rêves. Ils ne respirent plus comme dans l'obscurité de la dernière nuit des condamnés, mais comme des hommes libres sous un beau soleil de midi ombrien, étendus sur l'herbe et tandis que d'innom­brables petites merveilles chuchottent à leur oreille, ils sommeillent une petite heure, pour suivre gaiement leur chère liberté d'autrefois.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.
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Le Resto de mon fils

François Christiaenssens

En Estrie Québec Canada
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