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L'ANNONCE DE LA PAROLE |
En lien étroit avec la présidence des communautés et avec la convocation liturgique se situe la deuxième fonction des prêtres, l'annonce de la Parole. Le prêtre est un prophète et un apôtre. L'Église continue à écrire le livre des Actes des Apôtres. Dès sa première page, le Ressuscité envoie en mission : « Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie , et jusqu'aux confins de la terre » (Ac 1,8). L'Église est évangélisatrice ou elle n'est pas. Toute communauté croyante est mission-naire ou elle se sclérose et meurt. Les diacres, les prêtres et les évêques participent pleinement à l'Esprit de Pentecôte. Qui n'a pas porté dans sa prière ce désir — le grand désir (Ps 62,2-3 ; Rm 8,19 ; Ph 1,21-26 ; Jn 13,14) — d'aller, jusqu'au bout du monde ou au bout de l'âme, offrir la Parole qui libère et qui fait vivre ? Il y a une brûlure en nous.
C'est pourquoi l'annonce ne se réduit pas seulement à la proclamation de l'Évangile ; l'évangélisation passe aussi au travers du témoignage concret, la présence aux hommes qui sont loin de la foi, et la proximité des plus petits. C'est autour de cette dimension missionnaire que s'est forgée toute la tradition spiri tuelle française dont nous avons longuement parlé, ainsi qu'en témoigne le décret de Vatican II Presbyterorum ordinis 1. Une orientation que Paul VI a lui-même soulignée dans son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, en 1975, avec beaucoup de souffle et de clarté : « ... La présentation du message évangélique n'est pas pour l'Église une contribution facultative : c'est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire, il est unique. Il ne saurait être remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accom modation. C'est le salut des hommes qui est en cause. C'est la beauté de la Révélation qu'il représente. Il comporte une sagesse qui n'est pas de ce monde. Il est capable de susciter, par lui-même, la foi, une foi qui repose sur la puissance de Dieu. Il est la vérité. il mérite que l'apôtre y consacre tout son temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie 2 . » O n peut donc dire en suivant Paul VI, que les prêtres sont consacrés à cette annonce de la Bonne Nouvelle. Ce qui appelle deux exigences fortes.
La première demeure l'exigence d'unité; celle-ci a déjà été abordée à propos des intuitions conciliaires de Jean XXIII. Il ne peut pas y avoir mission s'il n'y a pas unité. « Qu'ils soient un pour que le monde croie... » (Jn 17,21). L'un des obstacles au rayonnement du christianisme, comme j'ai pu m'en rendre compte en Afrique lors d'un voyage récent, réside bien dans l'absence de charité qui a présidé durant longtemps aux relations entre les différentes confessions chrétiennes. Et il ne suffit pas qu'il y ait charité et tolérance : il faut que nous soyons vraiment unis dans la foi et la pratique. Unis, pas uniformisés ! Les non-croyants attendent de nous ce témoignage vivant. Malheureusement, nous ne sommes guère à la hauteur de cette première exigence. La plupart du temps, ceux qui se montrent les plus engagés dans la dynamique missionnaire ne sont guère impliqués dans la démarche oecuménique. Il est dommage en ce sens que les mouvements d'Action catholique se soient peu préoccupés de cette recherche de l'unité et que peu d'évêques soient réellement engagés dans cette voie, en dehors de déclarations d'intentions au demeurant sincères.
La seconde exigence de la mission se rapporte au contenu du témoignage rendu au Dieu de Jésus-Christ. Comment rendons-nous compte de l'espérance qui est en nous ? Comment renouons-nous avec le souffle d'un saint Paul, annonçant la Résurrection du Christ en d'autres langues, pour d'autres cultures, et se confrontant à des croyances religieuses ou des philo sophies différentes ? C'est toute la question de l'inculturation qui se trouve ici posée. Lors de ma visite au Cameroun en décembre dernier, j'ai réalisé à ce sujet combien l'Évangile pouvait être libérateur au sein d'un milieu culturel préexistant. On a longtemps cru, à tort, que le travail des missionnaires chrétiens n'avait consisté qu'à conforter la puissance du colonialisme. Or, aujourd'hui, force est de constater que les missions chrétiennes ont joué un rôle éminemment émancipateur. Pour la femme africaine, par exemple, dans une société soumise à des forces sacrales, la foi en Jésus-Christ a constitué une véritable libération ; car elle crée une distance entre les contraintes d'une religion omniprésente et totalisante, et la liberté de chaque personne. N'oublions pas que c'est l'Évangile qui a fait naître le sens exact de la personne et a révélé sa dignité.
Et l'exigence d'inculturation, de transmission de la foi dans un contexte culturel donné, doit être prise au sérieux également dans nos pays européens. C'est d'ailleurs tout le sens du débat actuel autour de la « nouvelle évangélisation » à laquelle Jean-Paul II nous appelle depuis quelque temps, et qui voit s'affronter en France deux approches différentes, deux traditions spirituelles assez typées 3. D'un côté,
le courant porteur de la dynamique de « l'influence implicite », qui invite les chrétiens à ne pas craindre d'être « levain dans la pâte », à jouer pleinement le jeu de la sécularité, et d'un autre, le courant qui s'attache davantage à promouvoir le témoignage explicite, l'affirmation forte de la foi et de l'identité catholique, fût-ce même à travers les paroles et les prières publiques dans la rue. Sans doute parce qu'il insiste sur la dimension conviviale et l'enthousiasme, parce qu'il bénéficie de l'attrait de la nouveauté, ce second courant semble bien rencontrer la sympathie d'une bonne partie des jeunes, comme le montre leur présence dans le Renouveau charismatique.
Et cette attirance des jeunes pour ce nouveau type d'expression de la foi n'est pas sans dérouter les générations précédentes plus proches de l'idéal de l'enfouissement et de la présence. Le prêtre, comme l'évêque, ne peut choisir. Qui sont-ils pour commander à l'Esprit ? Ils doivent « simplement » faire oeuvre de discernement. Là aussi, leur autorité pastorale est service. Là aussi, leur responsabilité de pasteur est engagée. C'est pourquoi l'évêque doit faire synode. C'est pourquoi le prêtre doit faire assemblée de chrétiens, communauté de croyants.
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ENFOUISSEMENT ET ANNONCE |
Il est vrai. La dimension missionnaire du ministère presbytéral, à l'instar du débat sur l'annonce de la foi dans notre modernité sécularisée, n'a pas fini sans doute de susciter des réactions. Dans l'Exhortation apostolique que nous citons plus haut, Paul VI n'avait effectivement pas tort de signaler les risques perma nents « d'indifférence », de « syncrétisme » ou « d'accommodation ». Cependant, pour dépasser un peu ce clivage entre enfouissement et annonce explicite, il me semble intéressant de signaler quelques accents qui doivent caractériser cette deuxième fonction du ministère du prêtre.
Le premier accent conduit à retrouver l'une des intuitions les plus saillantes de la tradition missionnaire : il est indispensable que le prêtre puisse avoir l'expérience, dans sa chair, du contact direct avec l'incroyance. Qu'aurait été la théologie missionnaire de saint Paul s'il était resté à Damas (Ac 9), et ne s'était pas heurté aux intellectuels d'Athènes (Ac 17,16-34) ? Paul nous livre sa pensée apostolique en s'adressant à des gens culturellement situés, des églises particulières, des chrétiens de Corinthe, de Laodicée, etc. Et que serait devenu l'Évangile si saint Pierre n'étais pas allé à Césarée et n'avait pas rencontré le centurion romain, l'étranger (cf. Ac 10, ). Paul et Pierre libérèrent le message de son vêtement judaïque. Ils firent éclore au monde universel la Parole pour tous. L'évangélisation est toujours dialogue.
C'est pourquoi il faut que le prêtre demeure en relation avec des hommes et des femmes qui vivent une réalité autre que celle de la foi chrétienne. Avec le recul des années, je perçois toujours la mission des prêtres-ouvriers comme une provocation pour chacun d'entre nous à aller dans ce sens, à garder des lieux de contact et d'insertion avec des personnes qui ne partagent pas notre foi. Dans un diocèse comme Le Mans, il ne faut pas perdre le capital spirituel que représentent les prêtres-ouvriers qui y sont implantés. Ils constituent pour moi un engagement, une fidélité, une présence évangélisatrice qui se sont manifestés quotidiennement au fil des années. Et il n'y a pas que le monde du travail. Trois secteurs de la vie sociale appellent de nouveaux témoins : le monde divers des nouvelles et anciennes pauvretés, le monde étonnant de la jeunesse, enfin le monde de la culture, du cinéma et des médias.
C'est dans cet esprit que j'aime bien rappeler aux communautés chrétiennes, en particulier lors de l'accueil d'un nouveau curé, qu'elles ne sont pas propriétaires de leur prêtre et qu'elles n'ont pas à l'accaparer. Les prêtres sont, en effet, autant que pasteurs, des fondateurs et des missionnaires. Les chrétiens doivent accepter que les prêtres ne soient pas toujours parmi eux, mais qu'ils soient investis aussi ailleurs, pour la mission évangélisatrice dans un milieu, un lieu ou un secteur donné.
Garder pour un prêtre ces lieux de rencontre avec l'incroyance est tout à fait vital, même si cela n'apparaît pas toujours facile à ménager dans un emploi du temps surchargé, c'est l'occasion d'approfondir la dimension paulinienne du ministère, si importante : « Je ne suis pas envoyé baptiser, mais annoncer l'Évangile » (I Cor 1,17), « Malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile » (I Cor 9,16). Autant d'injonctions actuelles de l'apôtre des gentils. On a quelquefois joué avec cette affirmation de Paul pour opposer l'évangélisation et la sacramentalisation. Dans le texte de Paul, la priorité du discours n' est pas dans une rupture, mais dans le refus de créer l'église d'un apôtre particulier : celle d'Apollos, celle de Céphas, celle de Paul. « Le Christ est-il divisé ?... Nul ne peut dire que vous avez été baptisés en mon nom. Ah si ! J'ai baptisé la famille de Stéphanas. » L'Évangile que prêche Paul est la folie de la Croix.
Dans la vie concrète d'un prêtre, la famille peut constituer aujourd'hui un de ces lieux de rencontre de l'incroyance, à partir du dialogue avec un frère qui a abandonné la pratique, des neveux qui ont tout rejeté ou qui ont embrassé une religion différente... Tous ne sont pas forcément ainsi ! Et puis, bien entendu, les communautés d'Église sont autant d'occasions de rencontrer des personnes « qui sont plus loin », à l'occasion d'un baptême ou d'un mariage, d'une réunion d'aumônerie scolaire...
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LE CATÉCHUMÉNAT |
Le second accent relève de ce que j'appelle l'attention à la démarche des catéchumènes et plus largement à la place du catéchuménat dans toute communauté d'église. C'est une dimension tout à fait importante dans les pays de missions étrangères : dans la paroisse d'origine du prêtre Fidei donum coréen que nous venons d'accueillir au Mans pour cinq ans, on trouve près d'une centaine de catéchumènes adultes tous les ans ! Et dans nos contrées pourtant longtemps marquées par la tradition chrétienne, cette situation catéchuménale n'est plus un phénomène rare comme elle pouvait l'être voici encore trente ans. Il est courant désormais de voir des aumôneries de lycée célébrer des baptêmes de grands adolescents ou des adultes se mettre en route vers les sacrements de l'initiation chrétienne. Nous ne sommes plus aujourd'hui sur une terre de chrétienté : la plupart des jeunes et des enfants n'ont plus de bonnes connaissances religieuses et relèvent justement de cette démarche catéchuménale.
Autrefois, dans l'Église primitive, l'éducation à la foi des futurs chrétiens relevait directement de la responsabilité de l'évêque. C'est dire l'importance que la tradition attachait à cette première explicitation du kérygme. Aussi je crois que chaque prêtre doit, d'une manière ou d'une autre, rencontrer des catéchumènes. Là aussi, notre Église devrait réfléchir à la manière de les mieux accueillir, de leur trouver une place originale. Le synode diocésain s'en est soucié. Justement. Il a voté ce texte :
« L'évêque est celui qui a la charge pastorale d'accueillir les catéchumènes et de présider au baptême des adultes. Les communautés chrétiennes sont responsables de l'initiation aux sacrements.
L'accueil, le cheminement et la célébration des sacrements d'initiation seront assurés par les communautés en lien avec le service diocésain du catéchuménat. Le baptême des adultes se fera selon le rituel, en trois étapes échelonnées dans le temps. Le lien organique des trois sacrements d'initiation sera toujours présenté et sauvegardé » (Lois synodales n° 92
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COMMUNAUTÉ MISSIONNAIRE |
Je reprends le titre d'un ouvrage célèbre du Père Michonneau. Je dis volontiers que la paroisse est oujours une « communauté missionnaire 4 » — c'est le troisième accent.
La paroisse 5 constitue un lieu d'enracinement, de stabilité dans une société où tout bouge, où la mobilité est constante. L'homme d'aujourd'hui fait des kilomètres en semaine pour son travail ; il circule en voiture ; il se déplace facilement pendant le week-end pour passer quelques heures chez des amis ; il part en vacances en montagne ou ailleurs. A l'instar de la maison familiale, la paroisse peut offrir un lieu d'ancrage et d'enracinement précieux.
La paroisse doit se manifester comme une communauté épiphanique par son atmosphère fraternelle. Tous ceux qui regardent les communautés que nous formons ici ou là devraient pouvoir dire : « Voyez comme ils s'aiment, voyez comme ils sont heureux de célébrer ensemble, voyez comme ils sont solidaires et ont le courage de s'engager au service des plus pauvres ! » La dynamique missionnaire qui s'exprime à travers les mots du Christ, dans l'Évangile de Jean : « Venez et voyez 6 » devrait nous habiter davantage. Car là réside le témoignage rendu à la vraie Lumière, là est l'annonce concrète des Béatitudes déjà présentes au milieu de nous. D'une certaine manière et malheureusement les sectes ont bien perçu la force que peut représenter le témoignage de chaleur fraternelle et de convivialité, et leur succès actuel s'explique en grande partie par ce caractère. Mais l'Église n'est pas une secte, elle laisse les portes ouvertes et une totale liberté à qui désire croire et vivre de l'Esprit, e t à qui refuse de croire. Comme l'a souligné Vatican II 7
Ce témoignage de libre fraternité est essentiel dans l'annonce de la Parole. Il ouvre un chemin de libération : « Viens et vis en communauté avec nous, si tu veux... »
La paroisse s'implique aussi dans la mission à travers la célébration du Seigneur. Je pense en particulier aux sépultures. Des prêtres m'avouent parfois leur souffrance de rassembler durant ce type de célébration des personnes qui paraissent indifférentes, ne répondent pas à l'invitation à la prière et semblent rester extérieures. C'est vrai. Mais tous ces gens ont un droit strict à être là, à participer à ce dernier adieu. Pendant toute une époque, on a estimé d'ailleurs que ce type de pratique liturgique n'était pas missionnaire, qu'il fallait mieux « laisser les morts enterrer leurs morts ». Or je suis frappé de voir combien cette occasion même est missionnaire, surtout dans une société qui a besoin d'entendre une parole religieuse sur la mort. Tout un travail d'évangélisation peut se faire à travers l'accueil de la famille, la préparation de la célébration, le rassemblement d'un village ou l'évocation du défunt. Il n'est pas vain, en effet, d'affirmer vigoureusement la résurrection du Seigneur et la valeur infinie de toute personne humaine à un moment où fleurissent les gnoses, voyances et autres croyances occultes. Aujourd'hui, ce n'est pas la résur rection ou le néant, mais souvent le choix du croyant doit s'affirmer entre la résurrection et la réincarnation 8 ! « Je crois à la résurrection des morts et à la vie éternelle. » |
AUMÔNIERS |
Enfin, quitte à réaffirmer mon attachement à une tradition missionnaire de l'Église de France qui a fortement dynamisé et structuré ma vie sacerdotale, j'estime que tout prêtre devrait être aumônier d'un mouvement d'Action catholique ou d'apostolat bien enraciné dans la vie quotidienne des personnes.
Ce quatrième accent confirme l'importance de cette intuition évangélisatrice du « voir, juger, agir ». Car l'expérience du service d'aumônier provoque tout à la fois au sens de la responsabilité et engage à la construction d'un monde plus juste, plus humain. Il y a peu d'endroits dans la société où l'on peut ainsi prendre du recul par rapport à l'existence, où l'on garde la liberté de partager avec d'autres tout à la fois les difficultés et les engagements personnels et collectifs. Regardons, par exemple, la réflexion entamée par le mouvement des cadres chrétiens sur le profit et l'entreprise, toute l'analyse de la condition féminine approfondie par l'Action catholique générale féminine, tout l'effort fait actuellement par la Jeunesse ouvrière chrétienne pour rejoindre les milieux populaires en situation de chômage ou de précarité. Personne d'autre ne remplit réellement ce service dans notre monde d'aujourd'hui. Voilà pourquoi ce trésor spirituel que représentent les différents mouvements a du prix. Il est donc indispensable que les prêtres puissent les accompagner dans le cadre de leur ministère. En auront-ils demain et le temps... et le goût ?
Il serait dangereux que les chrétiens laïcs ne se reconnaissent comme mission que celle d'assumer les ministères et les différentes tâches nécessaires à la vie de l'Église. Ces services sont indispensables certes, pour que l'Église soit vraiment signe et sacrement du Salut. Cependant, la tâche première des laïcs est leur devoir d'état dans le monde professionnel, en famille, au service de la culture, pour une plus grande justice sociale, grâce à l'engagement politique, etc.
L'évangélisation passe aussi et nécessairement par ces divers engagements. Et c'est là, qu'à mon avis, se situe la nécessité des mouvements d'Action catholique, notamment des mouvements d'Action catholique spécialisée. Ils font vivre à l'Église sa dimension « royale », c'est-à-dire le service de l'humanité. Aujourd'hui encore, même et surtout dans un monde pluraliste et séculier, l'Église doit soutenir et développer les mouvements de laïcs qui s'engagent au témoignage de la foi au coeur des réalités humaines. C'est pourquoi l'engagement personnel du militant chrétien doit rester un des traits caractéristiques de l'Action catholique.
Ainsi, la découverte du mystère de Dieu en Jésus- Christ développe en notre Église la passion et le service de l'homme. Nous avons foi en un Dieu reconnu en J ésus-Christ, dans la lumière de l'Esprit. Le christianisme puise son énergie à cette source qu'est le mystère de l'Incarnation. Et l'Église doit vivre cette incarnation comme Épiphanie de Dieu.
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Références |
1. Presbyterorum ordinis n° 2 « Participant, pour leur part, à la fonction des apôtres, les prêtres reçoivent de Dieu la grâce qui les fait ministres du Christ-Jésus auprès des nations, assurant le service sacré de l'Évangile... »
2. Evangelii nuntiandi n° 8.
3. Il est significatif de constater que toutes les grandes publications religieuses de ces cinq dernières années ont tourné autour de cette problématique, durcissant de manière parfois mani chéenne cette opposition. En ce sens, on peut citer : J. M. LUSTIGER, Le choix de Dieu, Bernard de Fallois, 1987;P. VALADIER, L'Église en procès, Calmann Lévy, 1987 ; sous la direction de R. LUNEAU : Le retour des certitudes, 1987 et Le rêve de Compostelle, 1989 (tous deux parus au Centurion) ; R. LAURENTIN, Église qui vient au-delà des crises, Desclée, 1989.
4- Le livre du P. MICHONNEAU, Paroisse, communauté missionnaire est paru en 1945 au Cerf.
5 Dire « paroisse » ne veut pas enfermer les chrétiens dans le territoire de leur domicile. Aujourd'hui, il est des croyants qui choisissent leur lieu, il est des « paroisses personnelles »•
6. Jean, ch. I, y. 40.
7 . Cf. Déclaration sur la liberté religieuse, Dignitatis humanae, et la constitution sur la Révélation divine, Dei Verbum
8. Des équipes de laïcs se constituent pour accueillir et accom pagner des familles dans le deuil et participer à la célébration des funérailles en qualité de représentants de la communauté . chrétienne. Par ailleurs, des chrétiens (une dizaine aujourd'hu i ' dans le diocèse) ont été institués pour la présidence de ces célé brations.
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