Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

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Titre de la série :
Les Prêtres- la vie au quotidien
Titre de la page:

L'Église et les églises

Nom de l'auteur:
Mgr Georgres Gilson Évêque du Mans
L'Église et les églises
par Mgr Georges Gilson

VOIR ET ENTENDRE L'ÉGLISE

Le cinquième lieu de la vie du prêtre n'est pas le moindre, on s'en doute, puisqu'il s'agit de l'église paroissiale, ou une autre.

Tous les autres bâtiments religieux peuvent avoir une apparence anonyme. L'église, non. L'église du village, comme celle du quartier dans la ville, est plantée comme la Croix au sommet du Golgotha. Elle est à la croisée des chemins. L'histoire de notre pays est rythmée par cette présence. Certes, l'héritage est lourd. Mais personne ne peut y renoncer. Et pourtant la visibilité du message chrétien se trouve souvent ailleurs. Il se manifeste aujourd'hui par les media. L'Église catholique en France se présente à l'opinion publique au travers des déclarations de quelques évêques qui sont toujours sollicités. La télévision devient un écran. L'Église, c'est aussi les mouvements, les institutions, les courants religieux, divers et nombreux. Un rassemblement de la JOC /F à La Courneuve est la proclamation d'un Évangile. Les charismatiques savent chanter Dieu sur la place publique et occuper le devant de la scène. Le pape témoigne. Il rassemble de par le monde un peuple de croyants, nombreux. Le lieu, c'est le champ de foire, mieux, le stade. Tout passe par l'image et les ondes.

Et les églises sont souvent fermées. Même en ville !

J'ai déjà affirmé qu'il n'était pas question de brader les églises au profit de la construction des « maisons de chrétiens », car si ces dernières apparaissent aujourd'hui indispensables pour permettre les réunions, favoriser les relations et assurer l'accueil, elles ne sauraient remplacer l'église. Celle-ci doit rester le lieu privilégié de la célébration, le lieu où s'accomplit pleinement la manifestation du mystère d'amour du Dieu de Jésus-Christ. Lieu de célébration où nous recevons la vie que Dieu nous offre, l'église nous est donnée aussi comme le fruit d'une histoire, la trace d'une mémoire commune, un patrimoine. Et puis, pour bien des gens éloignés de l'Église, elle demeure une référence, une visibilité, ou une proximité du christianisme, lequel a fortement marqué notre pays dans sa culture et son paysage. Souvenons-nous, par exemple, de la petite église de campagne qui apparaissait en fond sur l'affiche électorale de M. François Mitterrand, en 1981, et qui venait appuyer le fameux slogan de la « force tranquille »...

C'est pourquoi le synode diocésain que nous avons célébré à la Pentecôte 1988 a pris deux décisions : la première est de créer des paroisses nouvelles, paroisses à plusieurs clochers, la seconde est de reconnaître à toute famille catholique le droit à célébrer mariages et sépultures dans l'église de leur propre village. C'est dire qu'aucune église ne sera désacralisée dans les temps qui viennent. La population exige ce respect des églises rurales, elle qui, par ses conseils municipaux, fait un grand effort financier pour les entretenir, voire les restaurer.

Mais pour que l'église soit vraiment ce lieu offert à la célébration et à la fête de Dieu, il faut que le prêtre l'habite, qu'il soit heureux de pouvoir y manifester, avec tous, la joie d'accueillir et de vivre la Bonne Nouvelle du christianisme.

RESTAURER LES ÉGLISES

La célébration liturgique est le temps de cette manifestation. Or, elle n'est pas toujours facile à réaliser dans les conditions actuelles. La plupart des prêtres n'ont pas en charge un lieu paroissial déterminé, mais ils « desservent » le terme est tout à la fois inélégant et bien peu pastoral plusieurs lieux de culte. Parfois une dizaine. Et du coup, quand on se voit chargé d'autant de petites églises, on se désintéresse un peu de chacune ! En revanche, si le prêtre garde son église, s:i1 l'habite avec le peuple croyant pour rendre gloire a Dieu, alors la signification de la spécificité de l'église Paraît plus facile à percevoir. Même si cela n'est pas toujours simple à réaliser, je crois qu'une des églises doit être plus particulièrement « habitée » par le curé rendue plus vivante par les chrétiens de l'endroit. L'on ne peut plus envisager de rendre habitables ou d'embellir les quelque quatre cents églises de la Sarthe ' on peut imaginer, cependant, qu'une soixantaine d'entre elles seront des espaces effectifs et quotidiens de célébration de la foi. Le choix est délicat, il pe ut paraître sélectif ou arbitraire ; mais je le crois nécessaire.

De la même manière que nous avons évoqué la nécessité d'une certaine personnalisation des « maisons des chrétiens » ou du cadre de vie plus intime des pasteurs, il peut être enrichissant que le prêtre et la communauté de tous les catholiques donnent une couleur, une saveur plus particulières à leur église en fonction de ce qu'ils sont, de ce qu'ils vivent. Certes, il y a de multiples manières de traduire cette personnalisation 1 : dans les siècles passés, nombre de curés de villages ont contribué à agrandir et embellir leur église paroissiale' et, jusqu'à ces trente dernières années, il n'était pas rare qu'un prêtre laisse trace de son séjour dans une paroisse en offrant un vitrail ou une cloche, une statue ou un autel... une fresque ou un tableau.

Il y a un problème. Il est réel et complexe. La communauté chrétienne n'est pas libre de s'installer dans son église. Le passé et les habitudes pèsent trop ; les services des monuments historiques, parfois également. Certes, il ne suffit pas d'être prêtre pour avoir le sens de l'art sacré. Mais je sens une paralysie de l'imagination créatrice chez beaucoup. Il est temps de reprendre, à frais nouveau, la mise en place de la réforme liturgique du concile Vatican II. Non seulement dans quelques édifices modernes ou dans certaines cathédrales... mais dans toutes les églises habitées par des communautés chrétiennes. Il est urgent d'habiter les églises. Quelquefois, j'ai le sentiment de célébrer le Seigneur trois fois saint dans u n vieux grenier au milieu d'un bric à brac de vieilles choses... qui souvent sont de grande valeur ! Ce n'est pas digne. Le beau est aussi un chemin vers Dieu. Dieu est beau !

Et comment voulez-vous que les jeunes générations s'y retrouvent ?

Nos églises doivent être davantage parlantes pour les jeunes générations. Moins austères. Pas tristes du tout ! Il existe encore tant de lieux qui restent inhabi­ tables pour ces jeunes, simplement parce qu'on n'a pas fait ou voulu faire les travaux d'aménagement ou de peinture indispensables. Il ne faut pas que nous ayons honte d'inviter les jeunes à venir prier dans nos églises, et à entrer ainsi dans le mystère chrétien ! Ce qui ne veut pas dire qu'il faille verser d'emblée dans l'ultramoderne ou l'avant-gardisme ; les jeunes ne le souhaitent pas forcément ; ils font très bien la différence, dans cette perspective, entre un concert de rock au Zénith ou ailleurs, et la célébration du mystère de Dieu dans un lieu religieux, réservé à la liturgie de Dieu. A une condition : qu'il soit beau.

L'ART SACRÉ

Si nous voulons que les générations nouvelles retrouvent le goût de fréquenter les églises, il paraît souhaitable de repenser trois données principales de leur aménagement intérieur. D'abord, mieux maîtriser notre patrimoine d'art sacré, sans doute dans le sens d'une plus grande purification. Il ne s'agit pas là de brader, de supprimer systématiquement chemins de croix ou statues de plâtre, sans discernement. Il s'agit plutôt d'inviter les chrétiens, les équipes pastorales, à faire des choix. On ne peut pas tout laisser dans l'église : il convient alors de choisir les objets, les formes qui peuvent encore parler de Dieu aux hommes de ce temps. Et ce n'est pas parce qu'un chemin de croix, une statue ou une chaise sont restés là pendant des décennies qu'ils doivent y demeurer. Et pourquoi ne pas ouvrir des musées d'art sacré ? Pourquoi ne pas rassembler — avec toutes les autorisations requises — des belles choses dans une église du canton ? Pourquoi ne pas organiser une saine conservation de ces objets religieux qui ne servent plus et qui souvent se détériorent dans des sacristies que l'humidité habite bien plus que l'encens ?

Le second effort doit porter sur le lien étroit entre l'art sacré et la symbolique sacramentelle. Prenons, par exemple, les cas des autels, tels qu'ils se présentent aujourd'hui dans bien des églises de France. L'autel, dans la symbolique sacramentelle chrétienne, se présente comme une donnée tout à fait fondamentale : il est le signe du Tombeau ouvert. Il est le rappel de la Résurrection. Il est la table de l'Eucharistie. Il est la pierre du Sacrifice. Il est le symbole du Christ Vivant. Au centre de l'église, l'autel rassemble les chrétiens, structure l'assemblée. Bref, il préside. C'est pourquoi, il n'est pas anodin qu'il soit de pierre. Pierre d'autel qui contient les reliques des martyrs , selon la grande tradition.

Mais comment un jeune d'aujourd'hui peut-il percevoir toute la portée de ce symbole, si l'on a gardé trois autels majeurs dans une seule église ? Un peu partout, en effet, on n'a pas touché au vieil autel du fond du choeur, on en a mis un deuxième devant le peuple voici trente ans et puis on a rajouté une table pour célébrer la messe lorsque les chrétiens sont peu nombreux ! Si l'on peut comprendre ces dispositions successives, qui constituent autant de suites concrètes de la réforme liturgique, il reste qu'elles rendent incompréhensible la véritable signification sacramentelle de l'autel pour la plupart des gens, et en particulier pour les plus jeunes. Car le regard structure la pensée : si dans une église trois autels majeurs s'offrent à notre regard, nous nous trouvons un peu comme dans la salle à manger d'une maison familiale, où l'on trouverait trois tables de repas ! Un détail qui ne serait pas sans nous choquer ou nous dérouter. De même qu'il est un peu choquant de voir tant d'autels recouverts d'une nappe blanche — ou qui fut blanche ! — alors que l'on n'y célèbre plus la messe depuis fort longtemps. Il serait plus juste de dépouiller totalement tous les autels secondaires, d'y mettre quelques fleurs...

Enfin, il nous reste un effort à faire dans la disposition des lieux. A l'instar de ce qui doit être exigé pour qu'une « maison des chrétiens » soit accueillante et personnalisée, il serait bon de revoir, par exemple, les bancs, la place des chaises, l'endroit du baptistère et le confessionnal. L'église, en effet, n'est ni une école, ni une salle de spectacle, même si à sa manière elle peut être un lieu d'enseignement et de manifestation visible du mystère chrétien. Sa disposition intérieure traduit aussi le type de relations avec le Christ dans sa dimension proche et sacramentelle. Si nou s ne voulons pas voir les jeunes générations abandonn er définitivement l'église, il nous faut absolument accentuer cette dimension d'accueil. Nous leur disons sans cesse qu'ils sont l'Église, qu'ils ont leur place dans l'église, mais en pratique ils n'y sont pas dans l'église. Et nous refusons souvent leur sensibilité et leurs attentes.

La maison des chrétiens, l'appartement privé, la résidence des prêtres, la convocation du presbyterium et l'église, voilà donc les cinq lieux « de la vie et du ministère des prêtres ». Et je n'ai rien dit de toutes les maisons privées qu'habitent les catholiques et les autres... Le prêtre, certes, n'est pas chez lui, chez eux ; cependant, bien des foyers ouvrent régulièrement leur porte au pasteur et à l'ami. Tout un réseau se constitue peu à peu. C'est une grande richesse.

Le débat est ouvert. La recherche est nécessaire. Les réactions sont diverses. Certains remarquent que cette présentation de l'existence quotidienne du prêtre paraît utopique. D'autres disent qu'il est difficile d'habiter à cinq endroits en même temps sans verser dans une certaine superficialité. Je crois pourtant que l'habitation de ces multiples lieux correspond au rythme même de la vie moderne et aide à mieux expérimenter l'identité propre des prêtres diocésains qui vivent dans le siècle. A l'horizon de l'an 2000.

Références
1. P. BOUTRY, Prêtres et paroisses au pays du curé d'Ars , op. cit.
 
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

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François Christiaenssens

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