Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

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Titre de la série :
Les Prêtres- la vie au quotidien
Titre de la page:

L'Eucharistie

Nom de l'auteur:
Mgr Georgres Gilson Évêque du Mans
Série 15- Les Prêtres- la vie au quotidien 11/ 12
L'Eucharistie
Mgr Georges Gilson

LA CÉLÉBRATION DU SEIGNEUR

Dans la société productiviste dans laquelle le travail et l'argent sont considérés être la route du progrès et du bonheur, le premier jour de la semaine est le lundi. Pour les chrétiens, le dimanche est le premier jour de la semaine. Il ne s'inscrit pas d'abord dans un week-end. Il est aussi le huitième jour. C'est-à- dire, il est au-delà. Il est l'alpha et l'omega, le commencement et la fin. Puisqu'il marque symboliquement la présence bouleversante de Dieu dans l'Histoire. De l'éternité dans le temps. Le dimanche n'est pas le moment d'évasion ou de rêverie, bref de l'opium et de la drogue. Il est chant de Résurrection. Il est Pâques, chaque semaine.

C'est pourquoi, l'Église ne peut se dispenser de convoquer l'assemblée eucharistique. Ici, nous sommes à la limite de toute adaptation de la vie de foi chrétienne, au monde sécularisé. Le calendrier liturgique se heurte à l'agenda profane.

Et le prêtre a pour mission ultime et heureuse de convoquer le peuple des croyants pour la célébration du Seigneur. L'Eucharistie pascale chaque dimanche est le sommet de son ministère pastoral. Sa joie est d'appeler. Et les cloches sonnent... Sa souffrance — parfois terrible — c'est de constater que beaucoup de baptisés ne répondent pas à l'appel. Les raisons sont multiples et complexes. Il y a les nécessaires temps de repos. Il y a le sport. Il y a des rythmes et les nouveaux rites de la vie sociale. L'économie s'impose partout au monde culturel et dans les familles. On travaille le dimanche...

Il y a la vague d'indifférence pratique envers toute la vie religieuse. Souvent une incroyance apparemment tranquille. Il y a aussi l'extraordinaire mélange des religions et des sectes. Jamais un pays comme la France n'avait été préparé à cet éclatement du comportement religieux. Il y a l'individualisme des Français et le soupçon devant toute tendance communautaire qui apparaîtraient comme une immixtion dans la vie privée. « Je suis croyant et non pratiquant. Que l'Église me rende le service que je lui demande. Pas plus. » La tentation d'une religion de consommation peut être grande. D'ailleurs, on dit que beaucoup de gens regardent la messe à la télévision. On communie par la pensée.

Mais le Christ a voulu inviter ses disciples à sa table. Jamais l'Église ne renoncera à célébrer la messe dorninicale. Jamais le prêtre ne renoncera à inviter les chrétiens à la liturgie du dimanche. Jamais.

Si cette fonction ne se trouve évoquée qu'en dernier lieu, elle n'est donc pas pour autant la moindre, on s'en doute. Et elle culmine tout à la fois l'annonce de la Bonne Nouvelle et la présidence de la communauté. Célébrer, ce n'est pas seulement relire ou reformuler notre existence à partir de symboles ou de formes artistiques ; mais c'est avant tout accueillir le don que Dieu nous fait dans sa gratuité et sa nouveauté. L'opinion a retenu de l'après-Concile la querelle autour de la messe en latin et l'obstination de Mgr Lefebvre. Elle a oublié malheureusement l'insistance que le concile Vatican II a mise pour bien refonder la dimension liturgique de la foi chrétienne.

Un texte de la constitution sur la liturgie exprime expressément cette volonté : « ... Aussi puisque la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l'Esprit jusqu'à la taille qui convient à la plénitude du Christ, c'est d'une façon étonnante qu'elle fortifie leurs énergies pour leur faire proclamer le Christ, et ainsi elle montre l'Église à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations, sur lequel les enfants de Dieu dispersés se rassemblent dans l'unité jusqu'à ce qu'il y ait une seule bergerie et un seul pasteur 1. » Un très long Commentaire serait nécessaire pour goûter toute la richesse et la densité de ce passage. Il faut se borner à en reprendre ici quelques mots-clefs pour évoquer la fonction de célébration qui caractérise le ministère des prêtres.

ÉDIFIER

Édifier, en premier lieu, c'est-à-dire bâtir, rendre plus solides dans le Christ tous les fidèles qui se rassemblent en son nom. C'est autour de ce ministère pastoral que s'édifie, s'ordonne et se structure toute la vie ecclésiale. En évoquant ces termes, je pense toujours à la cathédrale Saint-Julien, au Mans, qui, symboliquement, structure la ville et la rassemble. Cette fonction de célébration s'inscrit dans l'espace et dans le temps ; elle est aussi un acte d'humanité qui offre une vraie solidité spirituelle, une charpente.

En second lieu vient le verbe fortifier. La liturgie est nourriture qui offre le pain de Vie et la coupe du sang versé, qui nous rend plus forts, nous ouvre à la paix de Dieu. La Parole de Dieu est offerte aussi pour nous nourrir, dans un même mouvement de don et d'amour : « Mange le livre ! » signifie vigoureu­ sement l'Ange de Dieu à l'auteur de l'Apocalypse. L'un des soucis du Concile a été justement de bien remettre en valeur la place de la Parole au coeur de la liturgie dominicale.

Les prêtres passent beaucoup de temps dans la semaine à préparer l'homélie qui est le commentaire liturgique des lectures de la Parole de Dieu. Donner l'homélie est une tâche pastorale essentielle. Celle-cl est réservée aux évêques, aux prêtres et aux diacres. Elle est un des actes les plus graves et heureux du ministère. Son genre littéraire est particulier. L'exercice en est difficile. Mais tout prêtre sait que
l'homélie est un moment exceptionnel où il exerce pleinement sa fonction sacerdotale. Ce temps, souvent très court, aujourd'hui trop court dans nos liturgies , est un creuset où l'Esprit Saint donne au témoin privilégié qu'est le prêtre de dire Dieu avec les mots de ses compatriotes, ses frères dans la foi. Il ne s'agit pas d'un cours d'exégèse ou de théologie ni même d'une catéchèse ou d'un discours. L'homélie est une expression vivante de l'Évangile situé dans l'expérience concrète de la vie de son peuple. Le prêtre éduque son peuple... c'est-à-dire qu'il l'introduit dans le mystère qui est lumière pour aujourd'hui. Passer beaucoup de temps à lire, travailler, réfléchir, méditer, prier son homélie, c'est sans aucun doute une démarche spirituelle qui sous-tend toute une semaine.

L'expérience chrétienne qui est faite dans la célébration eucharistique n'est pas donnée pour qu'elle soit gardée comme un secret : elle est là pour que les croyants en témoignent et qu'ils partagent le Christ. Ils doivent annoncer sa Résurrection à tous. Elle exige de dépasser la dichotomie dommageable entre la mission et la vie sacramentelle, entre la mission et la communion. Comme le dit le texte sur la liturgie déjà cité, elle permet de « montrer l'Église comme un signal », un phare dressé au-dessus des peuples. Voilà la fonction épiphanique, sacramentelle de l'Église.

Enfin, rassembler. Les chrétiens ne se rassemblent pas autour d'hommes consacrés qui seraient des signes abstraits d'un sacré quelque peu magique, mais grâce au ministère des prêtres qui sont les témoins de l 'unique Pasteur, Jésus, le Christ. Le lien reste donc étroit entre la mission de présidence de la communauté et celle de célébrer le Seigneur en communauté.

Un peuple est d'abord une entité abstraite ou anonym e s'il n'est pas convoqué, rassemblé, constitué en ecclesia ; c'est-à-dire en assemblée. C'est par le ministère ordonné que les baptisés trouvent leur identité de Peuple de Dieu et confessent qu'ils ne se rassemblent pas par eux-mêmes mais parce que L'Église les y invite et leur donne l'énergie spirituelle pour accomplir la démarche.

DOMAINE RÉSERVÉ

Écoutons notre synode :

•  C'est la communauté tout entière, rassemblée et présidée par son pasteur, normalement accompagné d'un diacre, qui célèbre le mystère pascal de son Seigneur.

•  Les laïcs, jeunes et adultes, participeront de plus en plus à la préparation et à l'animation des célébrations (en particulier pour le rassemblement du dimanche, les baptêmes, les mariages, les sépultures), afin que tous puissent célébrer leur Seigneur en lien étroit avec leur vie. »

•  L'Eucharistie (Action de Grâce) que célèbrent et président l'évêque et les prêtres est "le sommet de la foi, l'action principale" que posent les chrétiens.

•  Pour toute communauté qui célèbre, chaque Eucharistie permet à chacun sa participation (selon les charismes) aux différents actes liturgiques et l'apport de ce qui fait sa vie d'homme. Chaque Eucha­ ristie permet l'accueil mutuel, signifié de temps en temps d'une manière concrète, dans le respect de la diversité des participants.

•  Le partage du Pain de Vie, qui unit au sacrifice du Christ, rend chacun solidaire de tous et l'engage à construire avec Dieu un monde plus fraternel.

« Toute communauté qui célèbre offrira une catéchèse sur le mystère de l'Eucharistie aux enfants (initiation), aux jeunes et aux adultes » (Lois synodales n° 83 et 84).

Il faut conclure cette dernière partie.

Plus j'avance dans l'écriture de ces pages, plus j'ai le sentiment d'en dire trop et de n'en dire pas assez. Comment parler justement de nos existences ? Il me faudrait les accents de Paul (1 Tm 1,12-17). Comment décrire les tâches essentielles qui sont le ministère propre des évêques et des prêtres ? Nul ne peut nous les ravir. Elles sont sacrées. Comment révéler aux jeunes hommes le don que Dieu nous a fait pour le service de tous ? Il y a du secret et du silence en nous.

Cette question est sérieuse. Elle concerne directement les vocations et la crise.

Il y a quelques années, nous avons, dans le diocèse, proposé à plusieurs laïcs la charge de présider les sépultures. Plusieurs ont accepté. Et après un temps de préparation, ils président aujourd'hui, avec beaucoup de qualité et de présence, des moments exceptionnels dans une vie familiale qu'est le temps d'un deuil. Le synode a confirmé cette option. Et c'est bien.

Un jour, nous avons organisé une rencontre avec les prêtres d'un secteur pastoral et ces ministres institués pour la présidence de la célébration des funérailles. La réunion fut très riche et de grande qualité. Un séminariste, qui sera ordonné quelques mois plus tard, participait au dialogue. Vers la fin de la r encontre, je lui ai demandé de nous confier ce qu'il pensait de cet effort pastoral neuf. Il ne s'était pas encore exprimé. Il me regarda et simplement me posa cette question : « Père, lorsque je serai prêtre, est-ce que je pourrai encore présider moi-même les sépultures ? Le ministère de la compassion est très important pour moi. » Il ne remettait pas en cause la nécessité de partager les responsabilités dans une Église en pleine mutation. Il savait que sa génération ne pourrait faire face à tout. Il acceptait volontiers que des laïcs prennent leur place. Toute leur place. Mais rien que leur place. Derrière son interpellation, j'ai saisi une crainte : celle de ne pas bien savoir, de son Église même, les fonctions, les tâches, les responsabilités qui sont propres aux ministres ordonnés. C'est pour lui aussi que j'écris ce livre.

Il est vrai que nous disons qu'un prêtre ne peut rien faire sans la communauté. De même que la communauté ne peut pas être Peuple de Dieu rassemblé en Église, sans le prêtre. Cependant, lorsqu'on se retrouve tous ensemble pour le repas familial autour de la table, encore faut-il connaître la place qui revient à chacun et quelle est la responsabilité de chaque membre de la famille.

Si nous voulons que, demain, de jeunes hommes s'engagent à vivre le sacerdoce presbytéral, il importe de mieux spécifier et préciser les responsabilités propres et les actions indispensables qui signifieront authentiquement la mission confiée par le Christ. Elles sont mises par l'Église entre les mains de ces servi­ teurs de Dieu que nous sommes, nous ministres ordonnés.

Je vais donc conclure ce chapitre en affirmant ceci : pour que l'Église soit signe et sacrement du Salut , il est nécessaire que le prêtre exerce quelques act es qui lui sont, de par la volonté du Christ, réserves'

Nul ne peut les accomplir à sa place. Et ces actes sont sacramentels. Être théologiens, les laïcs le peuvent. Nous avons, dans le diocèse, un homme jeune encore, laïc, à qui j'ai demandé de passer sa licence de théologie ; il se prépare à être un enseignant de la foi au bénéfice de la formation permanente. Être éducateurs et catéchistes, beaucoup peuvent l'être, etc. Mais présider l'Eucharistie et donner le pardon du Seigneur, seuls les évêques et les prêtres peuvent répondre à l'initiative de Dieu et ont la capacité spirituelle de les accomplir validement. Nos mains sont les mains de Dieu... Ici nous sommes situés dans le Saint des Saints.

Le théologien peut nous aider à comprendre qui nous sommes, en ces instants surnaturels. Mais seule l'expérience chrétienne peut nous introduire dans ce mystère extraordinaire. L'évêque en fait l'expérience d'une manière exceptionnelle. Présider l'ordination sacerdotale, c'est toucher les limites et même aller au- delà de notre humanité. Lorsque l'évêque impose les mains et invoque l'Esprit Saint pour que Dieu saisisse pleinement l'homme qui est à genoux devant lui, il rend tangible l'invisible. Et le nouveau prêtre se lève. L'assemblée des croyants, sans aucun doute ni aucune incertitude, le reconnaît pour ce qu'il est devenu en vérité : prêtre de Jésus-Christ. Elle applaudit, et chante le Credo.

A la sortie de la cathédrale, quelqu'un pourra aborder le Jeune prêtre qui vient de concélébrer sa premièremesse, et lui dire : « Pardonnez-moi, mon Père, parce que j' ai péché... » Puis s'entendre répondre : « Je te Pardonne au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Mystère de Foi ! Il est grand le Mystère de la Foi.

Le Concile ne dit pas autre chose :

Dieu a voulu s'associer des hommes comme collaborateurs et humbles serviteurs de l'oeuvre de sanctification. Ainsi, par le ministère de l'évêque, Dieu consacre des prêtres qui participent d'une manière spéciale au Sacerdoce du Christ, et agissent dans les célébrations sacrées comme ministres de Celui qui, par son Esprit, exerce sans cesse pour nous, dans la liturgie, sa fonction sacerdotale. Par le baptême, ils font entrer les hommes dans le Peuple de Dieu ; par le sacrement de pénitence ils réconcilient les pécheurs... ; par l'onction des malades, ils soulagent ceux qui souffrent ; et surtout, par la célébration de la messe, ils offrent sacramentellement le Sacrifice du Christ 2 ... »

Enfin, quels que soient les sacrements célébrés, l'évêque et les prêtres ont la charge d'accueillir le chrétien. Au bout du chemin et en dernier ressort, suivant le cheminement catéchuménal ou après le temps de préparation au mariage..., c'est nous qui disons : « Viens. » Nous répondons pour Dieu (Jn 20,19-23).

Notre synode diocésain a très justement noté la nécessité de la présence et de l'engagement des membres laïcs de la communauté chrétienne dans les préparations aux sacrements. Nombre d'équipes existent qui aident des jeunes à préparer leur mariage ou accompagnent des parents au moment du baptême de leur enfant, etc. Le prêtre ne peut pas être seul dans ces différentes démarches religieuses. Et c'est heureux que des laïcs chrétiens s'engagent, non seulement pour le témoignage, mais au service de la préparation catéchétique et sacramentelle. Cependant , seul, le prêtre peut assumer la décision ultime. Il a cette autorité. Elle lui est donnée. Dieu lui en demandera compte. Dieu qui l'habite.

Références

1. Cité par G. MARTELET in Les idées-maîtresses de Vati­ can II, Le Cerf, 1985, p. 27.

2. Décret conciliaire, Le ministère et la vie des prêtres, n ° 5 '

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

Le Resto de mon fils

François Christiaenssens

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