DEUXIÈME MÉDITATION
Nature des relations amicales du Prêtre avec Jésus (suite)
Il. — Ce qu'elles doivent être (suite)
3. — Des relations suivies et constantes.
En rapport avec l'action ininterrompue de Jésus, souverain Prêtre, dans l'âme sacerdotale, et l'influence continuelle qu'Il exerce sur tous les actes de sa vie.-11
En conséquence du besoin incessant que le Prêtre a de Jésus : de sa puissance, pour l'exercer ; de sa grâce, pour la répandre ; de sa vérité, pour en faire la règle de sa vie ; de sa sainteté, pour inspirer et diriger ses efforts vers la perfection ; de son amour, pour en vivifier son âme ; de sa vie, pour donner de l'efficacité à ses vertus et à son apostolat.-12
Si le Prêtre pouvait un seul instant se passer de Jésus, il pourrait, pendant ce temps, agir par lui-même ; mais du moment qu'il tient essentiellement à Jésus et que, pour agir sacerdotalement, il est obligé de recourir à Jésus, dont il possède en son âme le Sacerdoce, il est forcé de demeurer en contact permanent avec Lui.13
Cette nécessité d'union essentielle avec Jésus le ramène sans cesse à ses pieds.
Le Prêtre doit tendre à Jésus de tout son être et s'efforcer, par toutes les puissances de son âme, à se rapprocher de Lui.
Son esprit, son cœur, sa volonté doivent Le rechercher comme d'instinct.
Tous ses efforts, comme son bonheur, doivent avoir pour objectif de ne jamais perdre contact avec la source vivificatrice de son Sacerdoce-14
4. — Des relations aimées et préférées.
Le Prêtre aime nécessairement la source d'où il vient, le foyer qui l'alimente, le principe vital qui le vivifie.
Il n'y a qu'une source, qu'un foyer, qu'un principe de son Sacerdoce : c'est Jésus.
En dehors de Jésus, son Sacerdoce ne serait plus qu'une source tarie, qu'un foyer éteint, qu'un principe sans vie.-15
Sous peine de ne pas s'aimer soi-même et de ne rien comprendre à son Sacerdoce, le Prêtre est forcé d'aimer Jésus, mais de L'aimer en tant qu'Il est tout son Sacerdoce ; et, dès lors, d'aimer à venir à Lui, d'aimer à se rapprocher le plus possible de lui, d'aimer à entretenir avec Lui les relations les plus suivies et les plus intimes.-16
Pour le Prêtre qui comprend sa vocation, ces relations doivent être les préférées entre toutes.
Dans la mesure où elles seront aimées, elles l'emporteront sur les relations humaines ; les entretiens plus ou moins utiles ; les pertes de temps fréquentes ; les petites satisfactions du bien-être ; les recherches de distraction et de passe-temps.-17
Jésus est là qui attend ! — C'est le divin Ami qui réclame ses droits d'amitié et qui prétend devoir passer avant tout le reste.
Le retour d'amitié doit Lui donner la préférence.-18
5. — Des relations désirées et recherchées.
Il ne suffit pas, le cas échéant, de préférer Jésus au reste. — Une amitié qui se bornerait à ce choix de préférence, serait une amitié restreinte et relativement passive.
Un coeur qui aime fait plus, il prend les devants ; il va vers l'être aimé, il cherche les occasions d'entretien et d'intimité, et, s'il ne les rencontre pas, il les fait naître.-19
Quand il s'agit de Jésus et du Prêtre, ces lois de toute amitié sincère reçoivent une application rigoureuse.
Jésus est un tout tellement nécessaire pour le Prêtre, que celui-ci, s'il est fidèle, éprouve un désir véhément et un besoin intime de Jésus.-20
Les aspirations de son âme vont à Jésus, comme au centre et au foyer de sa vie.21
Avec Jésus il se sent heureux. — Il ne recherche rien autre. — Il ne trouve de joie et de satisfaction que dans la compagnie de Jésus.-22
Parler à Jésus et L'écouter ; multiplier et prolonger les moments à ses pieds ; s'occuper de tout ce que Jésus a à coeur, et pour cela chercher à faire l'intimité toujours plus grande avec Jésus : voilà les désirs et les ambitions d'un Prêtre ami de Jésus'.23
EXAMEN
Mon Sacerdoce ne peut se comprendre sans une union étroite avec Jésus. Jésus revit dans son Prêtre ; c'est sa vie que le Prêtre doit s'inoculer sans cesse. — M'en suis-je bien persuadé ? Cette vérité n'est-elle pas restée dans le vague pour moi ? Et si je ne l'ai pas approfondie, comment ai-je pu en vivre ? N'est-ce pas à cause de cette ignorance, ou peut-être hélas ! de mon infidélité, que mon âme est si languissante et qu'elle ne connaît plus les ardeurs de l'amour divin ?
Mes rapports avec Jésus doivent être d'autant plus constants qu'ils sont indispensables. — Est- ce que je ne les néglige pas souvent ? Ne me laissé-je pas gagner par l'insouciance ou entraîner par le zèle et l'activité extérieure ? Jésus ne passe-t-il pas souvent après tout le reste ? Et si je ne Le rencontre pas, si je ne Lui parle pas, si je ne m'entretiens pas amicalement avec Lui, si je ne cherche pas constamment à connaître ses pensées, ses désirs et ses volontés pour m'en inspirer et diriger ma vie, qu'y a-t-il d'étonnant si mon âme se dessèche et si mon ministère porte si peu de fruit ?
Jésus m'a fait son ami pour que je trouve mon bonheur dans son amitié et dans mes rapports avec Lui. — Sais-je goûter Jésus ? Vais-je à Lui, entraîné par mon coeur ? A ses pieds, suis-je heureux et désiré-je y rester longtemps ? Ou bien, les moments que je passe en sa présence ne me paraissent-ils pas trop longs ? Si les entretiens avec Jésus n'ont pour moi aucun attrait ou n'engendrent que l'ennui ou la lassitude, n'est-ce pas un indice suffisant que, dans ma vie, je n'ai point donné à Jésus la place qu'Il doit occuper et que je ne vis pas des grâces de mon Sacerdoce ? Et s'il en est ainsi, comme je dois me hâter de sortir d'un état où Jésus rencontre de si cruelles déceptions dans son amitié.
Jésus veut être pour son Prêtre un ami, le premier des amis, l'ami préféré, l'ami recherché, l'ami tendrement entouré. — En a-t-il été toujours ainsi ? En est-il ainsi présentement ? Jésus est-il à la place d'honneur dans mon coeur ? N'y rencontre-t-Il pas des rivaux ? Ne me contenté-je pas de ne point L'offenser, sans me mettre en peine de Lui faire plaisir, sans chercher à satisfaire ses désirs de s'entretenir avec moi, sans développer dans mon coeur les sentiments d'amitié que je dois avoir pour Lui ?
Être Prêtre de Jésus et n'être point son ami, c'est être Prêtre de nom, mais non de fait. Comme cela doit me faire réfléchir
PRIÈRE
O MUS, je comprends les désirs de votre Coeur de trouver en vos Prêtres des amis et des confidents. Mon désir le plus ardent est de correspondre à vos desseins pleins de tendresse.
Je Vous supplie de me donner une intelligence toujours plus grande des devoirs d'amitié que j'ai contractés vis-à-vis de Vous, et de m'accorder la grâce de ne jamais leur porter atteinte.
C'est Vous seul, ô Jésus, que je veux aimer. Vous êtes tout mon Sacerdoce ; soyez tout mon amour. Faites que je soupire après Vous, que je Vous cherche sans cesse, que je vive dans votre souvenir habituel et dans votre divine intimité.
Puissé-je Vous consoler et, en me montrant partout et toujours votre ami, mériter de pénétrer dans votre Coeur pour en connaître les secrets et m'embraser du feu de votre amour. Amen.
Pratique. — Me conduire à l'égard de Jésus comme un ami sincère qui revient souvent vers Lui par la pensée et trouve son bonheur dans sa compagnie.
Oraison jaculatoire. — O Marie, soyez mon éducatrice dans mes rapports d'amitié divine avec Jésus votre Fils.