Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

J'ai déménagé et Tellus ne donne pas le service, donc j'ai donc changer d'adresse  de @

voici la nouvelle

 

 

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DU COMITÉ DIOCÉSAIN
DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE ? OUI REGARDE LE LIEN PLUS BAS
Titre de la série :
Jésus et le prêtre
Titre de la page:
Tome II-
Livre 2- Lundi
Nom de l'auteur:
Père E. Prévost
2 ième livre -2-Lundi

Jésus et le prêtre

Ce que le Prêtre est pour Jésus: son ami et son confident

Avant-propos

La première Retraite Sacerdotale que nous avons publiée traitait des rapports du Prétre avec Jésus en tant que le Prêtre est son élu et son représentant. Avant d'étudier la nature de ces relations divines, il convenait de bien établir les conditions dans lesquelles le Prêtre se trouve à l'égard de Celui qui l'a appelé au Sacerdoce.

La participation au Sacerdoce éternel du Souverain Prêtre ne peut être que l'effet d'un choix de la part de Jésus : choix libre et gratuit, choix privilégié et miséricordieux, qui provient d'un amour personnel et qui comporte, avec une dignité sans égale, une mission toute divine, continuation de celle que Jésus a reçue de son divin Père en venant en ce monde.

Le Prêtre remplace Jésus dans l'humanité. Il parle en son nom, il agit par sa puissance, il dispense ses grâces, il applique les mérites de sa passion et de sa mort, il conserve sa présence dans le monde, il en nourrit les âmes, les arrache à l'enfer et les conduit au ciel.

Une dignité aussi grande et une mission aussi divine entraînent naturellement des relations spéciales et d'un caractère sacré entre Jésus et le Prêtre ; entre Celui qui donne et celui qui reçoit, entre Celui qui honore et celui qui est honoré, entre Celui qui commande et celui qui obéit, entre Celui qui agit et celui par qui Il agit, entre Celui qui est l'unique principe et celui qui en dépend, entre Celui qui se livre et s'abandonne et celui qui en a la garde et la responsabilité.

Ces relations cependant, dans les desseins de Jésus, ne sont pas seulement des relations d'autorité et de puissance, elles sont avant tout des relations d'amitié. Pour pouvoir confier au Prêtre des intérêts aussi sacrés et lui faire porter de telles responsabilités, Jésus tient en quelque sorte à s'assurer la fidélité de son Ministre, Il veut pouvoir compter sur lui et, pour cela, Il réclame son amitié et lui en impose le devoir.

Jésus a trop à dire et à confier à son Prêtre, Il lui a donné une mission trop élevée et il a trop souvent recours à lui, pour ne pas rechercher le secret de l'intimité : et Il s'en fait un ami.

De son côté, Jésus s'est constitué l'ami du Prêtre : Il le déclare, lorsqu'Il proclame qu'Il n'a rien eu de caché pour lui et qu'Il lui a révélé tout ce qu'Il avait appris de son Père. Le Prêtre, à son tour, ne peut répondre à tous les desseins que Jésus a eus en le choisissant pour l'honorer de son Sacerdoce, sans être pour Lui un ami et un confident, un ami sincère et fidèle, un ami constant et généreux, un ami tendre et dévoué, un ami de tous les instants, dont le souvenir est habituel, dont la compagnie est désirée, dont les entretiens sont prolongés et l'intimité recherchée.

Le « Prêtre-ami » de Jésus doit se considérer comme appartenant à Jésus par le coeur tout autant que par le caractère. Il ne lui suffit pas d'avoir été oint de l'onction sacerdotale et de savoir qu'il a reçu dans son âme l'empreinte d'un caractère indélébile ; il comprend que, dans son coeur, il a reçu une autre empreinte, ineffaçable aussi celle-là, l'empreinte de l'amitié divine qui le constitue par vocation et par volonté formelle de Jésus son sacerdotal ami.

Par besoin intime du coeur, tout autant que par devoir, le Prêtre doit se montrer en tout, partout et toujours l'ami de Jésus ; dans ses rapports personnels avec son Maître, comme dans l'exer­ cice de son saint ministère et dans toutes ses relations extérieures.

Rien n'est plus capable de garder le Prêtre fidèle à sa vocation, de le sauvegarder contre les tentations et les dangers du inonde, de le maintenir dans le désir généreux de sa sancti­ fication, de ranimer son zèle, de le rendre heureux et de lui faire apprécier la grâce incomparable de son Sacerdoce.

Combien de Prêtres seraient plus fervents et trouveraient le secret de la sainteté et de l'effi­ cacité dans leur ministère, s'ils traitaient Jésus comme on traite un ami, s'ils s'habituaient à aller à Jésus comme on va à un ami, s'ils s'entrete­ naient coeur à coeur avec Jésus comme on le

fait avec un ami, s'ils mettaient au service de Jésus le même entrain, la même ardeur et le même dévouement que l'on met au service d'un ami que l'on estime et que l'on aime !

Quand on porte dans sa poitrine un coeur sacerdotal, aucune affection purement humaine ne devrait plus y avoir accès, l'amour qui y brûle pour Jésus le Souverain Prêtre devrait suffire à faire notre bonheur et à nous porter à l'héroïsme qui fait les saints.

Puisse cette deuxième Retraite faire mieux comprendre aux chères âmes sacerdotales, aux­ quelles elle est destinée, les devoirs sacrés de l'amitié divine qui les lie à Jésus, leur en faire goûter les charmes et les y garder délicatement et amoureusement fidèles !

Que Marie, la divine Mère du Souverain Prêtre et la tendre Mère de tous les Ministres de son Fils, daigne bénir ces pages et raviver en tous ceux qui les méditeront l'amitié et l'amour de Jésus !

Père EUGÈNE PRÉVOST

Paris, 8 Septembre 1921

Directoire générale

Jésus aurait pu ne pas m'appeler au Sacerdoce ; sa miséricorde et son amour à mon égard l'ont poussé jusqu'à daigner m'honorer de cette sublime dignité.

En me consacrant son Prêtre, Jésus n'a pas voulu seulement se constituer un représentant auprès des âmes, mais encore se donner un ami qui Lui tienne compagnie, sur qui Il puisse s'appuyer et dans le coeur duquel Il ait la consolation de déverser le sien.

Les liens sacrés qui unissent le Prêtre à Jésus sont trop étroits pour qu'il n'y ait pas entre eux un commerce habituel d'amitié et des relations d'intimité qui soient le secret de leur joie mutuelle et de leur commune félicité.

Faits l'un pour l'autre, le Prêtre reçoit tout de Jésus, jusqu'à l'essence même de son Sacerdoce éternel, et Jésus, en retour, devient le Maitre absolu de celui qu'Il a fait un autre Lui-même.

Si Jésus est venu gagner le coeur des hommes, Il tient avant tout à s'emparer du coeur de son Prêtre. Ce n'est ni à distance, ni par intermittence, ni avec réserve que le Prêtre doit se considérer l'ami et le confident de Jésus ; mais cette amitié divine est éternelle comme son Sacerdoce. Elle tient à l'essence même de son caractère sacerdotal, au point qu'un Prêtre ne peut être un Prêtre selon le cour de Jésus sans être en même temps son ami.

D'où, pour lui, l'obligation douce et sacrée de traiter avec Jésus selon toutes les lois et les exigences de l'amitié, de ne jamais oublier dans sa conduite personnelle qu'il est l'ami de Jésus et d'apparaître toujours comme tel aux yeux des peuples.

Le Prêtre n'a pas la faculté de restreindre ses rapports d'amitié avec Jésus. Son Sacerdoce les réclame et Jésus les exige.

Ce serait un immense malheur de ne pas le comprendre et ce serait déflorer sa vocation, en contrecarrant les desseins formels de Jésus qui a voulu se faire des « amis » de tous ses Prêtres.

Quel sujet d'examen et de réflexion ! Comme il est important d'approfondir pratiquement cette grande vérité et d'y conformer sa vie !

Cette retraite m'en donne l'occasion. Avec quelle ferveur ne dois-je pas me livrer à ces saintes considérations, afin d'en embaumer mon âme et d'en remplir ma vie !

Me souvenir que le Jésus qui m'a fait « son ami », par qui et pour qui seul je suis Prêtre, demeure tout près de moi au Très Saint Sacrement. Me tenir en sa présence, m'exposer à ses divins regards, pénétrer dans son Coeur et y établir ma demeure.

Supplier Marie, ma tendre Mère, de me donner l'intelligence de tout ce qu'exige de moi mon titre d' « ami de Jésus », de m'en rendre digne et d'en faire pour moi et pour les âmes un principe de sanctification et de salut.

Premier jour

Ce que le Prêtre est pour Jésus : son ami

Sicut dilexit me Pater, et ego di­lexi vos. Manete in dilectione mea. »4 1 0.12., XV, 9.

Directoire

Jésus, en se choisissant un Prêtre, a voulu l'attacher à sa divine Personne. Ne pouvant demeurer parmi les hommes, Il en a fait son mandataire et son représentant auprès d'eux. Mais pour accomplir sa mission, tout autant que pour rendre à Jésus les devoirs sacrés auxquels il est tenu de par son Sacerdoce, le Prêtre est obligé de rester en contact permanent avec son divin Maître.

Il ne peut être Prêtre sans Jésus. Il n'est Prêtre qu'en participant au Sacerdoce de Jésus. Jésus est le Prêtre unique qui agit par le minis­ tère de son Prêtre. Si Jésus, par sa puissance sacerdotale, n'influait sans cesse dans l'âme de son Ministre, le ministère du Prêtre serait totalement infructueux. Si Jésus Prêtre n'était pas l'unique Prêtre dans son Prêtre, le Prêtre ne serait pas Prêtre.

D'où, le Prêtre ne peut se concevoir sans Jésus. Il ne peut vivre de son Sacerdoce sans vivre de Jésus ; et il ne peut vivre de Jésus sans Lui rester étroitement uni, sans s'éclairer à sa lumière, sans s'embraser à son amour, sans se sanctifier à son contact, sans s'identifier avec Lui.

Cette continuité de relations essentielles avec Jésus constitue l'amitié divine qui unit pour jamais Jésus à son Prêtre.

Le Prêtre n'est donc pas libre de régler lui- même le caractère de ses relations avec Jésus, suivant ses désirs, ses caprices, ses appréciations et ses dispositions. Ces relations ne peuvent être que des relations d'amitié, telles que lui impose son Sacerdoce, telles que Jésus, dans son immense amour, les a établies entre Lui et celui qu'Il a fait « son ami ».

Avec quelle délicatesse le Prêtre ne doit-il pas sauvegarder et développer ces relations d'amitié divine !

Première méditation
Fondements et raisons de l'amitié divine qui existe entre Jésus et le Prêtre

1. — Le choix et l'amour de Jésus

Pour son Prêtre appellent forcément entre eux des relations d'un caractère particulier.

En choisissant son Prêtre, Jésus est allé à lui, s'est abaissé jusqu'à lui, pour l'élever, l'établir parmi les princes de son peuple' 1, se le réserver et le consacrer au service de sa Personne adorable' 2

Ce choix privilégié le rapproche considérablement de Jésus et le fait vivre, pour ainsi dire, dans sa perpétuelle compagnie 3

Mais l'amour qui préside au choix des âmes sacerdotales et qui anime toute la conduite de Jésus à leur égard, donne encore un cachet plus sacré à leurs relations.

On ne peut être traité et aimé de la sorte, sans qu'à cette condescendance divine réponde une assiduité de rapports qui facilite l'échange sentiments mutuels 4-

2. — La communication de son Sacerdoce que Jésus fait à son Prêtre crée entre eux une communauté de pensées, de sentiments, de volontés et de vie. 5-

Jésus se livre trop à son Prêtre pour avoir des réserves quelconques.

Il se donne pour que le Prêtre Le remplace, Le fasse connaître et aimer, dispose de ses grâces et de sa Personne-6

Il tient, dès lors, à se révéler à lui, à lui découvrir les secrets de son Cœur, à lui manifester ses volontés et ses desseins, à lui communiquer sa vie divine, afin qu'il accomplisse plus parfaitement la mission qu'il a reçue-7-

De son côté, le Prêtre sent le besoin de mettre ses pensées, ses sentiments, ses désirs et ses volontés à l'unisson de ceux de Jésus, lesquels doivent être l'unique règle de sa vie-8

Le Prêtre n'a de raison d'être que pour Jésus. Il ne peut plus penser comme pense le monde, ni agir avec des vues terrestres, ni vivre pour lui-mêm-'9

Il est à Jésus, et c'est en Lui seul qu'il doit puiser la vie de son âme'.

3. — L'exercice de son Sacerdoce met le Prêtre en relations continuelles avec Jésus, ses mystères, ses enseignements, ses grâces, ses sacrements, sa vie même qu'il inocule aux âmes.

Le Prêtre n'existe que pour remplir dans la sainte Église le rôle que Jésus y exercerait Lui- même s'Il agissait en personne-10

Il est le gardien et le dispensateur de tout ce qu'est Jésus, de tout ce qu'Il a dit, de tout ce qu'Il a enseigné, de tout ce qu'Il a fait.

Il puise clans ce trésor divin et il en dispense les richesses aux âmes.

Sa mission est d'aller de Jésus aux âmes, et des âmes à Jésus.

Sa vie se déroule autour de Jésus. Il y revient sans cesse par devoir et par besoin.

Les actes de son Sacerdoce sont un enchaîne­ ment continuel de rapports personnels et intimes avec Jésus'-11

4. — La volonté formelle de Jésus, dans le choix de ses Prêtres, a été de s'en faire des amis.

Jésus le déclare expressément, et cette déclaration est d'autant plus touchante, qu'il y a une condescendance infinie à vouloir que ses Prêtres soient pour Lui des amis-12-

Jésus aurait pu seulement traiter ses Prêtres comme des amis, Lui qui est le Maître et qui est libre de prodiguer ses dons et son amitié divine à qui il Lui plaît ; mais il n'était pas tenu d'exiger d'eux qu'ils Le traitassent de la même manière.

Il veut que l'amitié soit réciproque-13

Il voile en quelque sorte sa majesté, pour ne faire ressortir que son amitié et pour être payé de retour-14

Il leur rappelle toutes les preuves d'amitié qu'Il leur a données, — Lui qui leur a révélé tous les secrets de son Père-15—comme pour les convaincre davantage qu'Il est bien leur ami, de même qu'Il les considère ses amis ; que, dès lors, ils doivent Le traiter toujours comme tel, entretenir avec Lui des relations assidues d'amitié et n'oublier jamais les devoirs sacrés que leur impose leur condition exceptionnelle vis-à-vis de Lui-16

Le Prêtre pourrait-il méconnaître ou mépriser - cette inconcevable condescendance et cette touchante tendresse de Jésus à son égard ?

Et s'il le faisait, comme il serait coupable et malheureux ! — Comme il déflorerait son Sacerdoce, en changeant le caractère des relations que Jésus veut avoir avec lui !

Il tromperait Jésus, s'il n'était pour qu'un ministre et un représentant, sans être un ami-17-'.

DEUXIÈME MÉDITATION

Nature des relations amicales du Prêtre avec Jésus Ce qu'elles ne doivent pas être

1. — Des relations d'étrangers ou d'inconnus.

Avec le caractère d'indifférence, de désintéressement ou de simple politesse, que comportent de pareilles relations.

Jésus et le Prêtre se connaissent. — Ils traitent fréquemment ensemble. — Ils ont les mêmes intérêts. — Ils disposent des mêmes moyens. — Ils poursuivent le même but.

Ils possèdent tout en commun. — Le Prêtre est comme l'associé de Jésus. Jésus fournit les fonds, le Prêtre les fait valoir'-18

Leurs relations ne peuvent donc pas être froides, calculées, réservées, méfiantes même, comme entre étrangers et inconnus

2. — Des relations d'étiquette et de convenance.

Avec tout le formalisme que revêtent les relations officielles.

Il ne s'agit pas ici simplement d'honneur à rendre, de compliments à faire, d'attitude irréprochable à garder. — Ce genre de relations tout de commande n'est qu'extérieur ; le coeur peut en être totalement absent.

Les relations qui existent entre Jésus et le Prêtre sont trop intimes pour avoir ce caractère.

Il ne peut suffire au Prêtre de traiter Jésus avec dignité et respect. Il doit encore le faire avec affection et amour-19

II ne peut davantage se contenter d'aller à Lui comme en réception officielle et de cérémonie. Son ministère, et plus encore son coeur, l'appellent fréquemment à ses pieds ; il y va simplement, avec foi, attachement et confiance.

C'est le disciple qui traite avec le maître, l'enfant avec le père, le frère avec le frère, l'ami avec l'ami-20

3. — Des relations de hasard.

Occasionnées par les événements, les circonstances, les rencontres fortuites, les situations inattendues, les nécessités du moment.

Jésus est nécessaire au Prêtre constamment. Le Prêtre ne peut rien faire, en tant que Prêtre, sans recourir à Lui-21

Le Prêtre est tout aussi nécessaire à Jésus, car Jésus s'est lié à son Prêtre et Il dépend de lui-22

Ils sont l'un et l'autre en contact permanent. — Et lors même qu'il n'y aurait aucune action sacerdotale précise à exercer, ils restent des amis qui se retrouvent à tout instant et se communiquent le plus intime de leurs pensées-23

Ces relations n'ont donc rien du caractère des relations de hasard, où l'on se rencontre sans s'y attendre, et où souvent l'on se quitte sans se revoir.

4. — Des relations de caprice et d'intermittence.

Suivant les dispositions du moment, les fan­taisies de l'imagination, les caprices du caractère ou l'humeur du tempérament.

Il serait inconvenant de faire dépendre nos relations avec Jésus de semblables mobiles-24

Ces relations n'auraient rien de digne et d'élevé, et encore moins de surnaturel et de vertueux.

Elles ne correspondraient nullement à l'amitié qui doit unir Jésus et le Prêtre, et elles détruiraient la nécessité de leurs rapports mtituele.

Pour aller à Jésus, le Prêtre n'a pas à consulter ses dispositions et ses sentiments, pas plus que ses goûts et ses humeurs : toutes choses qui sont changeantes et qu'un rien parfois peut influencer.

Il est uni à Jésus par des liens qui L'en rapprochent et le tiennent en communication constante avec Lui-25

II doit dominer toutes les impressions et affermir son âme dans la volonté énergique de garder avec Jésus des rapports permanents, comme avec l'Ami le plus cher-26-

5. — Des relations superficielles et de sentiments passagers.

D'où la réflexion est exclue ; qui s'appuient sur des impressions momentanées plutôt que sur des motifs raisonnés ; qui n'atteignent que la surface de l'âme et n'y produisent aucun effet durable.

Ces relations sont instables, parce qu'elles reposent moins sur des réalités que sur des apparences.

Elles sont de courte durée, comme les sentiments qui les font naître.

Elles ne peuvent établir des rapports de réelle intimité, parce qu'elles ne pénètrent point dans l'âme.

Aussi, le Prêtre ne doit-il, en aucune manière et dans aucun cas, s'en contenter.

Il n'est point fait pour traiter avec Jésus de loin, ou pour en approcher comme à la dérobée-27

Le visiter à la hâte, venir à Lui en passant, Lui parler avec inattention, ne point arrêter son esprit sur Lui, ne point échauffer son coeur à son contact, ne point chercher à Le mieux connaître, ne point fixer son âme en Lui pour en puiser la vérité et la sainteté avec la vie : ce ne serait point se conduire en ami-28

Prenons garde de ne prendre avec Jésus que les dehors de l'amitié ; de ne nous montrer ses amis que pour la forme ; et, pendant ce temps, de négliger l'essentiel, qui consiste à L'aimer de toute son âme et à entretenir avec Lui des rapports intimes et secrets d'amitié divine-29

EXAMEN

Mon Sacerdoce n'étant point indépendant de celui de Jésus, mais n'en étant que le prolongement, je suis inséparable de Jésus, en tant que Prêtre. — L'ai-je bien compris ? Ne l'ai-je pas oublié, par indifférence ? N'y ai-je attaché qu'une attention vague et superficielle ? Au lieu d'y trouver ma consolation et ma force, tout autant que mon honneur et ma dignité.

Ne faisant qu'un avec Jésus par le caractère sacerdotal, je ne dois faire qu'un également avec Lui dans la vie de mon âme. — N'y a-t-il pas des contradictions entre Jésus et moi ? Mes pensées, mes sentiments, mes volontés, sont-ils inspirés par Jésus, empreints de l'esprit de Jésus, vivifiés par Jésus ? Ma vie reflète-t-elle les vertus, les maximes, les enseignements de Jésus mon Maître ? Sinon, je ne suis Prêtre que de nom ; et ce sera pour ma condamnation.

Jésus n'a pas pu m'unir si étroitement à Lui et s'obliger à se servir de moi, par mon Sacerdoce, sans établir entre nous des rapports incessants d'amitié. Il me le déclare formellement : vos dixi amicos. — Suis-je un ami pour Jésus, ou simplement un mandataire, un dispensateur des sacrements, un administrateur ou même un fonctionnaire ? Vais-je à Jésus avec mon coeur ? Est-ce que je cherche à pénétrer dans le sien ?

Ne passé-je pas des jours, des semaines, des mois peut-être, sans connaître les douceurs de cette amitié divine, sans me soucier ou sans trouver le temps de ce « coeur à cœur » divin auquel Jésus convie tous ses Prêtres ?

Jésus est l'unique ami du Prêtre et I1 veut que le Prêtre le paie de retour. Cette amitié mutuelle est inhérente au Sacerdoce et, par conséquent, est de tous les temps et de tous les lieux. — N'y ai-je pas souvent porté atteinte ? N'ai-je pas traité Jésus en étranger ? Ne sont-ce pas les événements ou le caprice, plutôt que le coeur, qui ont réglé mes relations avec Lui ? Est-ce que je sens le besoin de Jésus ? Est-ce mon coeur qui me porte vers Lui ? Et si je ne sais traiter avec Jésus comme avec un ami, n'est-ce point parce que mes rapports avec Lui sont purement de raison et non de coeur ?

Je ne puis être vraiment Prêtre que si je suis pour Jésus un « ami ». — Cette vérité doit être une vérité directive dans ma vie. Toute mon ambition doit tendre à devenir pratiquement et à demeurer constamment l' « ami de Jésus ».

PRIÈRE

O JÉSUS. qui en m'appelant à l'honneur d'être votre Prêtre, avez daigné me constituer votre ami, je m'humilie profondément devant Vous, en considérant ma misère et mon indignité.

Mais touché de votre miséricorde et de votre tendresse divine à mon égard, je veux de toute l'ardeur de mon âme, me rendre à votre appel et correspondre fidèlement à vos desseins d'amour sur mon âme sacerdotale. Vous voulez que je sois votre ami ; je le serai, je Vous le promets. Je trouverai mon bonheur à venir vers Vous ; je Vous ouvrirai mon coeur, et Vous me révélerez le vôtre. Je m'efforcerai de vivre dans votre divine intimité et de confondre mon coeur avec le vôtre.

Oh! gardez-moi fidèle aux devoirs de l'amitié divine dont Vous avez daigné m'honorer. Que je sois pour Vous, partout et toujours, un ami sur lequel Vous puissiez compter. Amen.

Pratique. — Apprécier par-dessus tout mon titre d' « ami de Jésus s, et m'en inspirer dans tous les actes de ma vie.

Oraison jaculatoire. — O Marie, prenez sous votre pro­tection maternelle ce Prêtre devenu l' « ami » de votre Fils.

Références Jour 1 Tome 2

1- Suscitans a terra inopem, et de stercore erigens pauperem, ut collocet eum cum principibus. » Ps. cxii, 7, 8.

2-« Non estis vestri. Vos estis Christi. » I COR., VI, 19 ; III, 23.

3-« Quos elegerit (Domitius) appropinquabunt ei. Num., xvi, 15.

4-« O vita mea, vita felix, qua: abscondita est ipsi mundo, et societas ipsi Christo in Deo centro suo quietatur. » S. BONAV., Op. de prEepar. ad Missam.

5-« In Ecclesiœ ordine constituti in hoc positi sunt, ut Deum reprœsentent, non solum secundum quod in se est, sed etiam secundum quod aliis influit. » S. l'Hom., Supplem., q. 31, a . 1.

6-« Deus te in familiaritatem vocat, et se tibi familiarem exhibuit, antequam te infamiliaritatem vocavit. » S. JOAN. CHRYS., Hom. 2 in Joan.

7-« Sacerdotes debent forman visibilem Christi in seipsis ostendere. Vicarius enim Christi vicem Christi debet gerere In beneplaciti ejus promotione, in potestatis ejus auctoritate, et in similitudinis ejus representatione. ut eum se imitabilem moribus et vita demonstret. » S. BONAV., de sex alils Seraph., c. 6.

8-« Hic in nostris mysteriis, nihil terrestre est, sed omnia ccelestia et spiritualia ; ubi hymni angelici, ubi claves regni ccelorum, ubi peccatorum remissio ; ubi nostra conversatio, in cœlis est, quomodo non coelestia sunt quœ apud nos sunt ? » S. JOAN. CHRYS.

9-« Quazrite Deum, et vivet anima vestra. » Ps. Lxvm, 33. « Filium suum unigenitum misit Deus in mundum, ut vivamus per eum. » I JOAN., IV, 9.

10--Sacerdotes Christi figura et expressa forma. » S. CYRILL. ALEX., De ad. in spirit. et verit., lib. 13.

11-« Quam viderts, relictis omnibus, Verbe, votis omnibus, adhœrere, Verbo vivere, Verbo se gerere, de Verbo concipere quod pariat Verbo, quœ possit dicere : mihi vivere Christus est, et mors lucrum ; hanc puta conjugem Verbo­ que maritatam. » S. BERN., Serin. 38 in Cant.

12-« 0 quanta est misericordia Conditoris nostri ! Servi digni non sumus, et amict vocamur ! » S. GREG. MAON., Hom. 27 in Joan,

13-« O stupenda benignitas Dei, o veneranda pietas Christi, quœ ante tibi in amicitias obvenit, quam te sibi amicum constituit ! » S. JOAN. CHRYS., Hom. 1 in Joan.

14-« Non melius nec decentius, quam per dilectionem rependi potest, quod per dilectionem datum est. » S. Auc., De sp. et anima, c. 17.

15-« Vos autem dixi amicos, quia quHcumque audivi a Patre meo nota feci vobis. » JOAN., xv, 15.

16-« Juvat vaide pro adipiscenda Del amicitia familiariter colloqui per interna mentis verba. TH. A KEIVIPIS, De fidei dispens., c. 3, parag. 10.

17 « Erubesce, qui in amicitias Christi vocaris, nec obsequeris : qui familiaris diceris, nec ejus mandatis intendis. » S. JOAE. CHRYS., Hom. 1 in Joan.

18 « Dominus Jesus ipse est sacerdos et hostiaIpse est qui per ministros Ecclesiœ baptismi tribuit sacramentum ; et per eosdem ministres corporls et sanguinis sui conficit sacramenta. » S. LAUR. JUSTIN., Serm. de Euchar.

19-« Qui adhaaret Deo, unus spiritus est. Quia si ponis ceram juxta ignem, liquefiet ; et si ipsam ponis in igne, efficitur ignis. Ita accidit anime, quia si appropinquat Deo, calefit amore divino ; et si amat ipsum cordialiter, unitur Deo, et transformatur in ipsum.. » S. BERN. SEN., Serin. 43.

20- Familiaris est Dominus simplicibus, quibus non dedignitatur arcana sua revelare. » S. ALBERT., De paradiso anima, p. 1, c. 30.

21-"Sicut palmes non potest ferre fructum a semetipso, nisi manserit in vite : sic nec vos, nisi in me manseritis. Ego sum vitis, vos palmites. Qui manet in me, et ego in eo, hic fert fructum multum : quia sine me nihil potestis facere. » JonN., xv, 4, 5.

2 2-Sic ministris suis Christus eccleslastica consecrationis delegat officium, ut tamen apud se omnium ordinum contineat principaliter sacramentum. » S. PETR. DAM., Op. 6, c. 2. Neque adiri ad Deum potest, neque accepta esse victima, sine Levita. » S. CYRILL. ALEX., De ad. in spir. et verit., lib. 13.

23- Qui electus ad sacerdotium semper fere sanctus est ; neque est ut quidam Deo ac mundo divisus, sed assidue atque individue totus ex omni parte Domino suo adhœret, ac propemodum clamat : Vivo, jam non ego, vivit vero in me Christus. » S. CYRILL. ALEX., De ad. in spirit. et verit., lib. 12.

24-« Omni tempore diliget qui amicus est. » PROV., xvii, 17.

2 5 « Ne sis tantum pacis tempore Jesu amicus, et tempore belli inimicus. » S. CYRILL. HIER., Catech. 13.

26 « Qui adhœret Deo, unus spiritus est. » I COR., VI, 17.

27-« Tui omnes in Jesum et sensus dirigantur et actus. » S. BERN., Serin. 15 in Cant. « Populus hic labiis me honorat ; cor autemeorum longe est a me. » Ie., xxix, 13.

28-« Amici quid aliud quam unum esse conantur ? Et quanto magis unum, tanto magis amict sunt. » S. Atm., De Ordine, Lib. 2, c. 18.

29-« Jam non nostam, sed Christi vitam, sed Christum ipsum vivimus. » S. AMER.

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Le Resto de mon fils

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