Cette
formule lapidaire résume bien le travail à
entreprendre pour « construire » une Tertiaire
« en vrai ».
Ce qu’il faut, en effet, ce n’est pas tant un
nombre rapide de frères et de sœurs pour dire
: « nous sommes beaucoup », ou : « nous
dépassons les autres ». Mais, sans négliger
bien sûr la quantité, ce qui importe surtout,
c’est d’avoir des Tertiaires vrais, formés
ouverts à l’esprit du Fondateur, pour vivre
pratiquement cet esprit dans le monde, dont ils doivent
par lui être le levain.
C’est pourquoi, dès le début, la Règle
pose la question essentielle : « des conditions d’admission
à l’Ordre ».
«Les conditions requises sont : les bonnes mœurs,
un caractère ami de la concorde, la fidélité
à la foi catholique et la soumission envers l’Église
Romane et le Siège Apostolique » (Règle,
chap. 1er par .1).
Selon notre méthode, du texte remontons à
l’auteur. Ce que François demande à
ses disciples, il l’a réalisé le premier.
Pont par point, ce paragraphe se trouve dans la vie du Modèle,
et celui-ci pourrait nous dire comme Jésus à
ses disciples : « Je vous ai montré l’exemple
afin que vous agissiez comme j’ai agi moi-même
».
Pour un chrétien la meilleure façon se le
devenir, c’est de bien « savoir » le Christ.
Pour un Tertiaire, c’est de regarder passionnément
saint François.
Or, François avant sa conversion, j’allais
dire avant sa vocation, partait nettement en tout de sa
petite personne, pour orienter tout vers sa petite personne.
Sa route, trouvée, converti, il part délibérément
désormais, du Christ en lui, ou aboutir au Christ
partout.
Ce début de la Règle nous oblige à
voir le Tertiaire idéal, ainsi présenté,
ainsi orienté, à ceux qui viennent voir.
Avant d’entrer dans la maison, avant même d’opter,
il y a cette présentation.
Or reste libre. La personne qui arrive a donc avantage à
regarder de près.
Comme il s’agit d’Elle, elle a le droit et même
le devoir de se rendre compte d’abord de ce qu’elle
veut, et si, avant même d’essayer, elle ne va
pas renoncer à la « marque spirituelle »,
à la «forme nouvelle » qui lui est proposée,
jugeant que cela ne peut lui convenir.
Jusqu’ici sa vie humaines, sa vie spirituelle, tout
a été centré sur elle-même, l’habitude
est prise. On lui présent eu autre méthode,
vécue par un Saint et ses disciples qui prétendent
y trouver leur épanouissement.
D’autres, lui ditons, présentent encore des
formules différentes.
Quant à celle de François, c’est clair,
elle part du Christ toujours et aboutit au Christ partout
et toujours. Faite passer cette habitude nouvelle chez soi,
est-ce possible ?
En réalité, il ne s’agit ni plus ni
moins ici, que du problème de la vocation, à
l’Ordre. Suis-je appelé ou non ? Comment ce
nouveau« vêtement spirituel » m’irait-il,
me convient-il vraiment ?
…Mais, y a-t-il, au fait une vocation au Tiers-Ordre
?
Personnellement, j’y crois. On peut e discuter. Quoiqu’il
en soit, il faut de toute façon un minimum.
Le Tiers-Ordre est une grâce et que grâce qui
requiert de la part de la personne à qui elle est
offerte, des dispositions bien marqués et d’aucuns
les regarderont précisément comme les signes
de la vocation. Ces dispositions, sans être précises
au même degré que pour les vocations directes,
puisque l’appel au Tiers-Ordre est une vocation surajoutée,
doivent pourtant être existantes, sans quoi, cette
grâce tomberait dans une terre non préparée
et ne produirait rien ou presque.
On peut ramener à trois ces marques « nécessaire
» de la vocation Troisième Ordre Franciscain.
1- Un désir de perfection.
La « Profession religieuse » obligera le «
consacré » à tendre vers la perfection,
c’est –à-dire à marcher, à
avancer, à s’orienter vers elle.
Pour pouvoir prendre et tenir cet engagement, il faut au
départ en avoir le désir.
La « perfection », c’est une Personne.
Ainsi François l’a compris : c’est Jésus-Christ.
La première marque de vocation sera donc : de vouloir
de plus en plus s’identifier au Christ.
2- La connaissance du guide.
Expérimente qui apprend à marche r vers et
conduit au Christ, et sa « manière »
à lui, car chaque guide à sa «façon».
Autrement dit, connaître saint François et
sa spiritualité.
Et donc qu’on ne donne plus l’habit, qu’on
n’a plus la naïveté de le recevoir, sans
avoir lu ou sans avoir faire lire pratiquement et attentivement
une vie de saint François et sans avoir deviné
qu’il introduit le Christ en lui, en le «copiant
dans l’Évangile».
Et donc, que le «Livre» qui continent la vie
de la « vie» ego sum vita, soit plus connu encore
que le livre qui contient la biographie du disciple, et
qu’il soit étudié et vécu plus
et avant la Règle elle-même.
Défions-nous des Tertiaires qui connaissent mieux
la Règle que l’Évangile et saint François
mieux que le Christ. Il ressemble à des gens arrêtés
devant une pancarte spécifiant les beautés
d’un site voisin et qui s’en contenteraient!
3-
L’acceptation de la Règle
Telle qu’elle est. Elle vient après saint François
et l’Évangile, mais elle est là tout
de même !
Elle est un moyen, une aide précieuse pour trouver
le guide qui va conduire au Christ, lequel conduit au Père
en utilisant l’âme «consacré»
et pour continuer sa mission d’entraîneur d’âmes
par un apostolat auprès des rachetés qui n’ont
pas la même grâce qu’elle.
La Règle qui donne `a l’âme le goût
de l’esprit du Fondateur et le goût de l’Évangile
et qui oblige celui qui s’y engage à s’imprégner
de l’un et de l’autre.
«Le postulant regarde». Il regarde l’Ordre,
son but précis, les moyens d’y aboutir et le
guide qui y conduit. Plus, il regarde, pour constater s’il
a une âme disposée à accepter et à
remplir les trois conditions qui vont l’assurer de
sa vocation.
Ainsi, préparer par cet examen préalable avant
de franchir la porte pour essayer ses forces et faire son
apprentissage, réel, un dernier coup d’œil
sur son tempérament le confirmera dans sa générosité
et dans sa vocation.
Le Maître de postulat lui faire lire le premier paragraphe
de la Règle et sans en pénétrer encore
tout le sens profond, ce qui se fera au noviciat, il se
rendra compte immédiatement s’il est utile
de poursuivre ou non.
A) «Il faut avoir de bonnes mœurs ».
En résumé, cela signifie dans l’esprit
de la Règle :
1- Ne pas en avoir de mauvaise, d’où surveillance
généreuse de la mauvaise nature qui est en
nous;
2- Ne avoir un minimum de bonnes, c’est-à-dire
posséder une réputation sans tache et être
considéré comme une personne sérieuse
et équilibrée.
3- Avoir un désir marqué de copier les mœurs
du Christ, à la manière de saint François.
B) «Un caractère ami de la concorde».
C’est en quelques mots le résumé de
l’Évangile : la CHARITÉ.
Il faut donc éloigner du Tiers –Ordre les personnes
d’un caractère difficile, susceptible, rancunier,
original, celles qui critiquent, aient les railleries, les
contestations et ne sont propre à semer la discorde.
La Règle est formelle : « un caractère
ami de la concorde », c’est–à-dire,
se créer à soi-même un tempérament
qui établisse d’un façon stable en nous,
une amitié ( l’amitiés c’est fort,
c’est tenace, c’est persévérant
), avec une belle vertu de charité appelée
ici : CONCORDE , ce qui veut dire : les cœurs les uns
dans les autres, « On vous reconnaîtra pour
mes disciples disait-il Christ, à l’amour que
vous vous porterez les uns aux autres».
Pour le Tertiaire, cette loi évangélique essentielle
est à prendre à la lettre.
c) «Être fidèle à la foi…,
soumis à l’Église»
Fidélité et soumission actives, donc nous
aurons à reparler. Dès le seuil du Tiers –Ordre,
ces qualités se présentent comme conditions
et marques absolues de ceux qui y prétendent, tant
bien entendu, qu’ils devront les affermir et les développer
en cours de route.
Ainsi renseigné, le choix peut se faire.